L'Alamblog

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mardi 20 septembre 2016

Derrière l'abattoir

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En 1917, les concierges s'avisèrent, en installant leurs poubelles devant leurs portes, qu'il passait encore trop d'hommes dans les rues. Moloch, au même moment, exigeait des fournées nouvelles. Ce fut alors que l'on décida de passer au crible, une fois de plus, les déchets virils de l'arrière et que l'on décréta la 'récupération', c'est-à-dire la mobilisation des malades, des éclopés, des mal-foutus.
Il y eut un grand cri dans la presse (...).



Albert-Jean Derrière l'abattoir. - Paris, Éditions du Monde nouveau, 1923.



dimanche 11 septembre 2016

Kenneth Rexroth à Beaubourg, ses livres surtout pas (chez Flammarion)

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L'exposition Beat génération qui a lieu à Beaubourg met en évidence, sans trop forcer non plus, le rôle de Kenneth Rexroth.
C'est bien. C'est déjà ça. (Claude Pélieu peut se brosser, lui, et les noms de Mary Beach, de Daniel Mauroc ou de Daniel Giraud n'apparaissent même pas.)
Lorsqu'au terme de la visite on déboule dans la librairie improvisée, une salle à bouquins, on réalise rapidement qu'un problème se présente : pas un livre de Rexroth. Ah ? Bigre..
Des tas de "Folios" et de bouquins de chez Gallimard par contre.
Forcément, cette partie périphérique de l'exposition dépend de la librairie Flammarion qui occupe les lieux. Et il se trouve que Flammarion appartient au groupe Gallimard et consorts.
Pour faciliter le travail des salariés de Flammarion qui doivent subir, on suppose, le sort des esclaves de la grande distribution, nous allons leur mâcher le travail pour leur faire gagner de précieuses minutes : les gars, voici où trouver les livres de Kenneth Rexroth dont le plus récent vient de paraître (on ne vous fait pas la blague de vous pousser à trouver ceux de Daniel Mauroc ou de Daniel Giraud) :

Les poèmes d'amour de Marichiko. Traduit par Joël Cornuault. — Paris, Erès, 2016, 12 €

Les classiques revisités, essais traduits par Nadine Bloch et Joël Cornuault. — Bassac, Éditions Plein Chant, 1991, 18 €

L’automne en Californie, poèmes traduits et présentés par Joël Cornuault. — Paris, Fédérop, 1994, 13,72 €

En prime, trois publications peut-être plus difficiles à obtenir, mais ça n'est pas certain :

Le San Francisco de Kenneth Rexroth, chroniques traduites de l’américain et présentées par Joël Cornuault, Plein Chant, n° 63, été 1997.

Huit poèmes pour la musique d’Ornette Coleman ; deux poèmes pour Brew et Dick, traduits par Joël Cornuault, Europe, octobre 1997.

Les constellations d’hiver, poèmes traduits par Joël Cornuault (Vichy, Librairie La Brèche, 1999)

Il est notoire que le dossier "Kenneth Rexroth" de la revue Plein Chant, traduit et présenté par Joël Cornuault (n° 24, avril 1985) est épuisé.


Dites pas merci, c'est à nous que ça fait plaisir.

jeudi 25 août 2016

Pour la rentrée littéraire une idée



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dimanche 21 août 2016

Frisch déblaye

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C'est Max Frisch depuis sa tombe qui nous explique pourquoi règne globalement aujourd'hui "l'écrivain à fiches", cet adepte de la mercatique adaptée au livre de fiction, de la "bonne idée" (transposable au cinéma si possible), cet "explorateur du social et du monde" qui se nourrit de sujets pour magazines (bien incapables de lui acheter ses papiers rédigés avec une plume embarrassée, sans engagement, sans intuition ni vigueur), des sujets potassés en fiches pour avoir l'air maîtrisés, des proses "précises" qui finissent en "romans" aussi romanesques que ce blog est papal. Suivez sous la visière notre regard.

Un écrivain croit-il aujourd'hui qu'on le lira peut-être encore dans cent ans ? Ecrire est devenue une autre entreprise, une conversation avec des contemporains, et rien de plus : la mission de l'écrivain, consistant à communiquer aux enfants de ses enfants un peu de son époque, devient une illusion. Il y a quarante années de cela, Brecht parlait encore aux générations futures.




Max Frisch Esquisses pour un troisième journal, traduit de l’allemand par Olivier Mannoni, texte établi et postfacé par Peter von Matt. — Paris, Grasset, 2013, 256 pages, 18 €


mercredi 10 août 2016

Les Incipits de l'été (8)

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Il est clair que le monde est purement parodique, c'est-à-dire que chaque chose qu'on regarde est la parodie d'une autre, ou encore la même chose sous une forme décevante.





Georges Bataille L'Anus solaire, suivi de Sacrifices. — Paris, Lignes, 2011, 64 pages, 9 €

jeudi 4 août 2016

Feu la censure (en 1827)

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Feu la censure
(en 1827)


« La censure périodique n’existe plus depuis longtemps ; mais qui n’a conservé le souvenir de ses infamies et de ses turpitudes ! qui ne se rappelle l’impudence de ce M. Lourdoueix que nous avons vu jouer avec son ignominie, aussi aisément qu’un jeune singe joue avec sa queue, et septembriseur littéraire, assommer parfois le génie, souvent l’esprit, avec cette apathie, cette insouciance-mécanique du garçon boucher qui frappe à coups redoublés le coronal du bœuf livré à son impitoyable merlin ? Ce n’est pas nous qui l’avons oubliée, du moins !… aussi nous empressons-nous de rappeler au public les noms des grands coupables qui furent assez éhontés pour se faire égorgeurs en chef, dans cette Saint-Barthélemy de colonnes de journaux. Puisse le mépris dont ils ont été et dont ils sont encore couverts être un exemple terrible pour les générations futures de censeurs, si, toutefois, hélas ! cette graine exécrée n’a pas disparu pour toujours du sol de la France constitutionnelle !
« Censeurs en 1827. « Lourdoueix, chef du bureau de la censure (ce monsieur s’est retiré des affaires censuriales avec 7 ou 8 000 fr, de pension, à lui accordés comme homme de lettres !)
Deliége, secrétaire.

Censeurs en activité de service.
Fouquet, archiviste ;
Coiivret de Beauregard, ancien sous-préfet ;
Pain (Joseph), vaudevilliste ;
Ces messieurs n'ont pas jugé à propos d'accepter les ignobles fonctions dont on avait voulu les investir; ils ont donné leur démission : Rio, professeur d'histoire ; Caix.

Membres du conseil chargé de la surveillance de la censure.
Vicomte de Bonald, pair de France, et le Jacques Clément du régime censbrial ;
D'Herbouville, pair de France ;
Comte de Breteuil, pair de France ;
De Frenilly, député, connu par ses sublimes improvisations à la tribune en faveur de tout ce qu'il y a au monde de bête, et de niais ;
Olivier (de la Seine), député ;
Baron Cuvier, et le savant, démissionnaire, conme MM. Rio et Caix ;
De Guilhermy, président de la cour des comptes ;
De Broé, maître des requêtes ;
Ensuite est venu un Sillans, honnête Marseillais qui fut long-temps l'un des secrétaires de la chambre des députés, et qui veut grossir le régiment du jovial Lourdoueix. »




Le Grondeur, journal non politique, mai 1829.

dimanche 17 juillet 2016

Autoédition, poil au menton

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Autoédition, maisons d'édition, solutions hybrides


C'est le sous-titre d'un livre pour Gros Couillons, Couillons Frimes et Couillons 2.0.
Un volume des éditions Eyrolles par deux qui "managent" du "content" (sic) (1).
Franchement !?



Marie-Laure Cahier, Elizabeth Sutton Publier à l'ère du numérique. - Parus, Eyrolles, trop de pages, trop cher.



(1) prononcer "continte". Il s'agit du "contenu", c'est-à-dire de toute matière issue, plus ou moins, d'un crâne dont un tiers mieux organisé peut espérer tirer un profit.


samedi 16 juillet 2016

Les incipits de l'été (4)

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Les voitures des marchands de tapis étaient vite repérées par les Herbig. Celles-ci roulaient à vive allure sur la piste avant de ralentir pour pouvoir s'approcher discrètement des premières maisons. Et avant même qu'on ait eu le temps de sortir sur le pas de la porte pour refouler d'un geste les visiteurs, une voiture se trouvait déjà postée dans la cour. Deux étrangers descendaient. L'un d'entre eux, tapis sur l'épaule, se dirigeait alors en direction des habitants de la maison, jetait sa marchandise à leurs pieds et étendait les plus belles pièces sur le perron en briques.



Marie-Luise Scherer Les Chiens du rideau de Fer. - Actes sud - novembre 2014, 94 pages, 13 €


mercredi 6 juillet 2016

Misère des jurés, par Francis de Miomandre

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Misères des Jurés


Je sais rien n'est plus choquant pour celui qui en est l'objet que le témoignage d'une pitié dont il ne veut pas.
Car, de deux choses l'une ou il est vraiment malheureux, et alors on l'accable, on lui retire toute l'énergie dont il aurait besoin pour lutter ; ou il se trouve "parfaitement content comme ça", et alors on a l'air, un peu ridicule du monsieur qui a donné deux sous à Rockfeller parce qu'il lui trouvait l'air miteux.
De toutes manières, on risque d'être mal reçu.
Ces délicats scrupules ne m'empêcheront pas, pourtant, de dire ce que je pense dans le cas suivant.
Il s'agit des membres des jurys de prix littéraires.
Je les plains.
Je les plains d'avoir à lire tous les livres qui leur sont soumis. Je ne dis pas : "de les lire". L'impossible n'est pas de ce monde. Mais seulement d'avoir à les lire. Car, quand on est doué pour les subtilités de la vie morale (et c'est le cas de tout malheureux armé d'une plume), on éprouve toujours des remords quand on n'a pas fait une chose qu'on devait faire, même si cette chose était manifestement au-dessus des forces humaines. Et c'est justement là ce qui est diabolique dans les jurys de prix littéraires, et qui fait éclater jusqu'à l'évidence la perversité épouvantable, antiphysique, des fondateurs desdits prix, depuis une dizaine d'années qu'il se sont tant multipliés.
Ils toujours les mêmes personnes.
Qu'on ne vienne pas me dire que c'est par hasard. Une coïncidence peut avoir lieu deux ou trois fois sans rien signifier. mais quatorze, quinze, vingt fois, cela sue la préméditation. Les fondateurs de prix, en désignant comme jurés des messieurs qui ont déjà, mettons quatre déjeuners littéraires par mois (je suis modeste), savent très bien que ce cinquième banquet leur enlève autant d'heures susceptibles d'être employées à la lecture des oeuvres soumises.
Ils tablent là-dessus.

Francis de Miomandre.

Les Nouvelles Littéraires, 16 juin 1934.

Illustration du billet : Reportage de l'agence Roll en ligne sur Gallica.

dimanche 29 mai 2016

Sans lumière...

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Pas de photo sans lumière...

Pas de boulot sans costière...



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