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Les lauriers sont fanés

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dimanche 4 décembre 2016

Les couvertures du siècle dernier (LXIX)

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Watership Down, le fameux roman lapinesque de Richard Adams (1974)... Il a reparu dans un magnifique fracas graphique chez Monsieur Toussaint Louverture, mais voici pour information la couverture de 1976 dans son jus.
Elle a vieilli sans doute, mais elle prouve au moins une chose :
En matière de camouflage les lapins sont champions.


dimanche 23 octobre 2016

Henri Béraud se paye les glabres

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Glabres

Le contraire de « poilu » c'est « glabre» » ̃– et sous le titre de "Glabres", M. Henri Béraud a écrit des sonnets qui valent d'être cités. Le volume, élégant et bien imprimé, qui les contient, porte la mention « Editions du Rigole-Haut de Meuse. » Transcrivons.

Stratèges

Si l'on cherchait un jour à Joffre un successeur,
il suffirait d'aller au café du Commerce.
C'est là, devant un jeu de dames, que s'exerce
l'Etat-Major qui doit vaincre l'envahisseur.

Ils sont trois : le notaire, un ancien professeur
et l'agent-voyer du canton. Leur controverse
guide nos généraux en leur tâche diverse :
les premiers ils ont pris la Maison-du-Passeur.

Des marins de Dixmude ils sonnèrent les charges ;
et, plus tard, écoutant leurs conseils, aux Eparges,
nos vitriers ont culbuté les Bavarois.

Si l'on veut en finir, que nos chefs se démettent :
ces messieurs vont chasser les Allemands, à trois
avec un encrier et quelques allumettes.


Résignation

Les heures de bureau n'ont pas changé. Monsieur
Badin ne souffre pas des horreurs de la guerre.
Il s'en fiche, s'il peut encore, au ministère
nimber d'un rond-de-cuir, son maigre postérieur.

Il tiendra. Le devoir est bien selon son cœur :
vivoter en peinard, attendre, se distraire,
commenter la bataille au jargon militaire
enfin se préparer à fêter le vainqueur.

La guerre de cinq ans, Badin l'accepterait
dix ans, vingt ans, trente ans, cinquante ans, il tiendrait,
n'ayant la-bas ni fils, ni frère, ni personne.

Et, comme s'amuser un brin n'est prohibé,
qu'on tolère en haut lieu la gaité polissonne,
il va voir Duconnot dans "On purge Bébé".


Tyrtées

0 muses ! divines grognardes,
célébrons en mille buccins
la gloire de nos fantassins ;
ohé ! c'est nous qui sont les bardes !

Que nos lyres, jadis paillardes,
prennent des timbres de tocsins.
Plus de stances de traversins,
ni de fadaises égrillardes.

Ne préconisons plus Vénus :
voici les âges revenus
qui mirent Bellone à la mode ;

et chantons luttes et combats
sans quitter l'asile commode
de la Closerie-des-Lilas !

Henri Béraud n'y va par quatre chemins pour dire leur fait à certains. Nul n'est forcé d'être un héros mais on ne se moquera jamais assez de ceux qui font de l'héroïsme avec la peau des autres.




L'Humanité, 5 octobre 1915.

vendredi 6 mars 2015

Bustaret l'amorphe

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Pour trouver l'équilibre, cessons de remuer !

Sans doute Bustarret-Graullot, acrobate du slow-thinking, a eu son idée de génie en promouvant l'amorphisme. Et en particulier au moment précis où l'Idée lui vint, c'est à dire trois lustres avant la Grande Guerre, immense débauche de mouvements.
Comme il faut de tout pour faire un monde, ainsi qu'on le sait déjà en maternelle, reconnaissez qu'un monde sans zozo serait franchement déplaisant. Tout particulièrement en période électorale. L'entretien paru dans Le Clou du 31 mars 1900 disait sous la signature de Cabrion comment pensait cet équilibriste loufoque, ce Diogène sans tonneau.

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Bibliographie
L'Équilibre et ses lois dans le monde physique et dans le monde moral appliqué à tous les faits de la vie individuelle et collective dans toute la société humaine, ou Formule biologique des nations (par Bustarret-Graullot), publié par le Comité révolutionnaire de la Gironde. - Bordeaux, impr. de Demachy, Peck et Cie, (1898), in-16, 8 p.
Le Testament du siècle, revue populaire du savoir populaire, mensuelle... (Paris, 1899)
L'Équilibre social : entretiens populaires sur la politique, l'économie, la morale passée, présente et future, par L.-J. Valette et Bustarret-Graullot, publicistes-sociologues (1900, n° 1à 5.
La Philosophie positive dans ses entretiens populaires, par Louis Valette et Bustarret-Graullot. - Paris, 272, rue du Faubourg-Saint-Antoine, 1903, In-fol. plano.


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vendredi 14 novembre 2014

Contre le retour de l'esprit contre-révolutionnaire : Léon Cladel

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On peu s'étonner de certains aspects du nouveau jeu de console Assassins' Creed Unity dont le décor n'est autre que le Paris de 1789. Face à cette kolossale "nouveauté" commerciale, ces petits rapporteurs sans jugeote que sont les journalistes des grandes chaînes et antennes françouaises s'extasient sur la "reconstitution" du Paris d'ancien régime. Et rien ne les étonne, nos modernes Mercure, et sans doute pas le sous-titre du jeu : "Combattez pour une autre vérité". Parce qu'on nous cache tout, vous vous souvenez ? (la bonne vieille théorie du complot se renouvelle !). Et rien ne leur met la puce à l'oreille dès lors qu'ils ont bien ingurgité le marketing du produit de Noël, en particulier que le concepteur de la partie "documentaire" du jeu soit un descendant d'aristocrate décollé dans la tourmente. Autrement dit, une caricature de la Révolution française dirigée par des criminels et mise en œuvre par un peuple carnassier passe comme une lettre à la poste. D'autant qu'on va enfin apprendre qui sont ces "vraies forces qui agissent dans l’ombre de la Révolution" !
Bref, tout ça aurait tendance à fleurer le remugle, l'initiative contre-révolutionnaire et le rejet de la démocratie.
Pour ne pas tout mélanger, lisez donc N'A-Qu'un-Oeil de Léon Cladel : il vous en coûtera de moins 36,99 € que le jeu. (figurez-vous que le coffret collector "Guillotine" vaut même jusqu'à 139,99 €. Mais si. On ignore si sont vendues des reliques de Louis XVII en plastique).



Léon Cladel N'A-Qu'un-Œil. — Talence, L'Arbre vengeur, 350 pages, 15 €
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samedi 20 septembre 2014

Lyon, proie des mercantis

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Lyon en proie aux mercantis

Un Russe, régisseur des théâtres du feu czar, vint, en 1912, de Saint-Pétersbourg à Lyon pour mettre en scène Boris Gondonnow. Avant de reprendre le train, il dit à quelques gones qu'il avait connus au restaurant :
— Dans votre ville, il n'y a pas de place pour les oisifs.
Ce maître de ballet voyait juste et comptait bien et cela ne doit point surprendre car, au contraire de ce que pense de Beaumarchais, c'est peut-être parmi les danseurs que l'on trouve les plus habiles calculateurs.
Lyon n'invite point au farniente. Les maisons massives et sévères, qu'elle accroche à ses deux collines, ne montrent point les riantes façades qui, partout ailleurs, pareraient ces faubourgs suspendus ; ce sont, sous le ciel plombé, sous la pluie sans fin et sous les brouillards malsains, autant de visages durs et fermés. Tout est commerce, travail, calcul, économie et rien ne se passe, là-bas, ni en discours ni en chansons — pas même les émeutes ! La canuts « montaient » leurs barricades comme des métiers Jacquard et ils façonnaient la liberté comme on tisse une pièce de soie.
Le Lyonnais naît marchand. Lyon demeure une colonie milanaise et ses plus aventureux enfants gardent toujours, dans leurs entreprises les plus risquées, le placide entregent des Sforza. C'est une ville où les poètes ont sans cesse vendu leurs vers, où les cabarets sont tout faits de recoins propres à la discussion des affaires et au paiement des commissions, où les curés savent les dates des inventaires. les commis-voyageurs sont estimés en raison inverse de leur éloquence, où les journaux impriment les mercuriales aux places d'honneur.
Qu'est devenue cette capitale du négoce au milieu de la crise présente ? Comment a-t-elle subi la « vague de mercantilisme » que nous devons aux méthodes économiques de ces ministres dont nul ne déplore la disparition ? Ceux qui croyaient connaître Lyon, doivent convenir que bien des choses ont changé — et, non pour le mieux.



Le nouveau riche qui pullule partout en France, grouille à Lyon d'une manière surprenante. Le culte des affaires y a. pris un caractère de fureur sacrée. Et nulle part, on ne voit aussi clair dans les manœuvres des mercantis qu'en ce pays de brumes et d'ombre. Tout se passe au vu et au su de tout le monde ; les fortunes scandaleuses » n'ont l'air de scandaliser personne. On entend d'austères bourgeois lyonnais vanter, d'un ton presque cynique, l'astuce de tel négociant notoire et honoré, qui fournissait l'Allemagne de soies destinées à la confection des gargousses à poudre, tandis que ses fils mouraient sur les champs de carnage ! Le rigorisme local a disparu ; les gains fusent tout. Les enrichis parlent avec jovialité de leurs condamnations, qu'ils considèrent comme des encouragements à persévérer et que, d'ailleurs, ils ont raison de juger telles. Certains petits fonctionnaires « facilitent » les transactions et j'en sais qui, à ce petit jeu, gagnent cent mille francs par mois. Un scandale récent a provoqué l'arrestation d'un spéculateur qui, achetant des salaisons en stocks aux intendants militaires, a gagné trente millions en quelques mois. On rit de sa mésaventure et l'on, ne cache point qu'on admire son savoir-faire. Une presse locale soucieuse de ne point s'aliéner les puissances du jour se tait ; et il fallut l'intervention récente d'un journal parisien, pour obtenir l'arrestation et la condamnation d'un fripon convaincu d'avoir, en 1918, introduit des obus défectueux dans un lot de munitions destiné aux armées.



Je suis Lyonnais. Je sais qu'en d'autres temps, ces choses eussent soulevé l'unanime réprobation de mes compatriotes. On était, alors, fort sourcilleux, dans mon pays, sur le chapitre de la probité commerciale. Je pense que cette antique vertu du « soyeux » - Il n'en a guère d'autres ! — n'a point disparu tout à fait. Mais je crois aussi que l'afflux de certains aubains est pour beaucoup dans cette modification du caractère local, La réussite de ces mercantis ne pouvait manquer de tenter un peuple commerçant et qui ne craint rien au monde tant que d'être « roulé ». Et ces succès ont donné de l'audace aux timides. On l'a bien vu quand le maire Edouard Herriot fut accusé par des monopoleurs, dont les offices municipaux de ravitaillement gênaient les manigances. On vient de le voir encore dans les campagnes menées contre le socialiste Cuminal qui créa une coopérative alimentaire, considérée, à juste titre, comme le modèle du genre.
Il faut d'ailleurs considérer que tout cela aura bientôt une fin. Ce serait, comme a dit le poète, une erreur de croire que ces choses finiront par des chants et des apothéoses. La vieille et rude honnêteté lyonnaise reprendra le dessus et, de même que Lyon vit naître les premiers mouvements révolutionnaires purement ouvriers, on apprendra quelque jour que les fils des « Voraces » de la Croix-Rousse auront, les premiers accroché des mercantis aux lanternes de la « Grand' Côte » et du « Gourguillon ».


Henri Béraud

Floréal, n° 12, 24 avril 1920, p. 273.



Illustration par Marix (1920).

vendredi 23 août 2013

La presse selon Paul Brulat (1900)

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Un directeur de journal n’est pas un père de famille ; c’est un homme d’affaires… Vous ne savez pas ce que c’est que de diriger un journal, à notre époque. Voulez-vous que je vous dise toute ma pensée, entre nous ? Eh bien ! un journal honnête ne peut pas vivre. Ce n’est pas la vente du papier qui nous soutient ; nous y perdrions plutôt, car nous donnons parfois huit pour cinq centimes. Nous avons des frais énormes et qui augmentent sans cesse, avec la concurrence. Le prix des articles s’élève, il nous faut couvrir d’or les écrivains dont nous voulons nous assurer la collaboration exclusive. Au surplus, les formats s’agrandissent, on serre les textes, la matière a doublé. Enfin, nous avons ici cinq mille francs de frais, par jour… Comment subsisterions-nous sans les affaires, sans les annonces, sans le bulletin financier, sans les pronostics, sans le chantage ? Nous sommes bien obligés de faire payer notre influence et notre autorité. Tout s’achète aujourd’hui… Les éditeurs traitent avec nous ; les théâtre feront bientôt de même ; la critique dramatique sera supprimée, comme l’est la critique littéraire. On n'obtiendra plus rien de la presse, même pas le silence, sans argent... Voyez, la réclame, reléguée d'abord à la quatrième page, envahit maintenant tout le journal, depuis le premier-Paris, jusqu'à la signature du gérant; elle se glisse dans les faits divers, dans les échos, partout !... Et nous devions en venir là, c'était fatal. Quant à moi, je me plie simplement aux exigences, aux conditions de vie du journalisme contemporain. (...)





Paul Brulat, La Faiseuse de gloire. - Paris, V. Villerelle, 1900, pp. 202-203

mardi 16 juillet 2013

Bientôt sur l'Alamblog !



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mardi 23 avril 2013

Pointes et piques de 1975

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En juin 1975 paraissait le "Dictionnaire imaginaire de quelques poètes réels", de Raymond Marquès, dans la Tour de Feu de Pierre Boujut, dont il constituait la 126e livraison. Farfelu en diable, on y trouvait des notices plus ou moins tordues qui ne manquent toujours pas d'air, non plus que de mordant. Comme en témoigne, in cauda venenum, le final du numéro :

« (...) Nous avons commencé par statufier les pires. Que les meilleurs se consolent ! Nous ne les oublierons pas ! »

A titre d'exemple, nous donnions en septembre 2009 celle qui consacrait Henri Simon Faure bouillant parmi les bouillants. Marquès s'y montrait essentiellement déférent :

« Enfant de l’assistance a écumé très jeune son Clermont. Chef de bande redoutable connu sous le nom de Sigismond le Fol. Sauvé par de Gaulle à la bataille de Montcornet, fait dix ans à Cayenne cinq à Clairvaux et sept à la Santé. Depuis toujours en cavale. Eructe des poèmes et sent de la hure. Famille très nombreuse qui remonterait jusqu’au XIIe siècle. Ne sait plus lui-même. Correspondant de journaux de mode féminine, pose pour manger dans des académies de nu (tarif sur demande). »

Donnant la liste des autres "poètes réels" arrangés, nous furent réclamées les notices consacrées à René Char, à qui va convient assez bien la péroraison, à Michaux, à Bonnefoy, et à tutti pasti. Les voici enfin...



Saint-Pol Roux : « A perdu sa craquette avec un boucher allemande qui se cachait sous l'uniforme. Très bieux manoir, s'est dissipé dans le brouillard. A laissé son nom à une espèce d'étourneau breton et à une fille inconsolable (le boucher a été fusillé). »

Aragon : « Parce qu'il était fils d'une lingère et d'un préfet de police s'est pris pour le Péguy de son époque. Froufrouteur de Nancy Cunard qu'il fourgua à la morgue, s'afficha avec Elsa, petite vendeuse de la Butte, dont il chanta les charmes dépucelés. Trempa sa plume dans le nombril de Staline et endossa la veste d'un résistant de salon pour honorer Benjamin Peret. Blanchi sous le veuvage, fait le fête à la Courneuve où il saute sur les genoux de Madame Edmonde Charles-Roux qui le confond avec Gaston Defferre »

René Char : « De son vrai nom Fouquier-Thinville a décapité Félix Faure d'un coup de serpe sur le gland. Ppète secret, n'aurait vraisembablement rien écrit de son vivant. Admirateur de Camus qu'il prenait pour une sorte de merguez. »

Henri Michaux : « A pris les fourmis pour des poétesses et les Indiens pour des ronds de citron. Mais quel artiste ! A remporté le Tour de France en catastrophe après avoir comblé deux précipices. A coincé, comme il convenait, Pierrette Micheloud sur le talus. Censuré. »

Yves Bonnefoy : « Son goût pour les haricots blancs au gigot de mouton lui a fait commettre certaines indélicatesses dont ses déboires à l'Académie Française et au Syndicat des Balayeurs de rues ne sont qu'une pâle conséquence. A la manie de piétiner les plates-bandes des squares. Connaît tous les commissariats du Mont Saint Michel. Poète discret et fort bien habillé pour son âge. »

Paul Valéry : « Percepteur de campagne a fini les bras en croix, en vieux granit, à l'entrée du cimetière de Sète. Photographié à cahque saison par le même touriste américain qui le confond avec Brassens. A laissé une oeuvre célèbre tombée dans le domaine public : La Salade mythologique d'un style très universitaire. Réimprimé par Filhol en cachette de sa femme. »

Georges Fourest : « Transforma Alice Cluchier en négresse blonde pour la sirprise lyrique et le bonheur délicat d'Aimé Césaire qui se mit à rouler des r comme Démosthènes des cailloux. Une révolution à la biguine naquit de ce poème oral ; la France, comme d'hbaitude, paya les frais de banane. »

samedi 9 février 2013

Bonnand se la pète en Syrie

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On pouvait aisément attendre quelle soit close pour lire la correspondance électronique d'Alain Bonnnand à Roland Jaccard. Il n'y avait nulle urgence à nous balancer Le Testament syrien car Bonnand en est à meubler.
Dans ce nouvel opus, il se montre pataud, enfile des perles, des sentences de broc, fait des endives au jambon, statue (en se plantant) sur le passage dans le domaine public d’Émile Zavie (cf. apostille), nous met sous les yeux sa bien inutile existence au pays des Centre Culturel Français et autres regroupements d'expatriés (mais il joue au football, lui, l'intellectuel, symptôme bien clair de cet élitisme condescendant et faussement alerte). Tout en nous faisant bien comprendre que les femmes, hein, il les observe, les connaît, et les tient à sa pogne.
Le pauvre vieux.
Et puis, puisqu'il est français et philosophe (au moins), il fait de l'humour et se demande par exemple si les tanks syriens sont climatisés. Bonnand s'essaye à l'humour noir (une révolution ça mérite, non ?)... Son coq-à-l'âne avec Jaccard (dont on se demande bien quelles pouvaient être ses réponses) en devient vite oiseux, puis ennuyeux, puis pénible, au point que l'on regrette beaucoup sa première manière, celle de Martine résiste.

Et puis on passe à autre chose en allant chercher des livres de Cingria sur AddAll et sur Galaxidion.



Alain Bonnand Le Testament syrien. — Paris, Écriture, 128 pages, 14,95 €



NB L’œuvre de Zavie ne tombera dans le domaine que le 1er janvier 2014.

dimanche 9 décembre 2012

Billevesées pour période économique troublée (De la servitude volontaire I)

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Monsieur,
Je ne puis me pardonner moi-même le ton avec lequel je me suis permis de vous parler et les paroles insolentes qui sont sorties de ma bouche. Il faut que la colère m'ait entièrement privé de la raison pour que j'aie agi de la sorte. Vous êtes mon supérieur, je vous dois donc le respect en toute occasion et, eussé-je eu mille fois raison pour le fond, je n'aurais pas dû montrer une obstination que je regrette bien sincèrement aujourd'hui ; mais, indépendamment de ce motif, il y en a un autre que je n'aurais jamais dû oublier : c'est que, par votre caractère personnel, vous êtes à tous égards, bien digne de considération et de respect ; aussi je suis tout à fait confus de mon inexcusable vivacité, ou, pour mieux dire, de ma grossièreté. Mais cependant une chose me rassure : connaissant la bonté de votre cœur, je suis certain que vous excuserez ceui qui vous témoigne aujourd'hui les plus vifs regrets de sa faute, et qui est, avec le plus profond respect.
Monsieur,
Votre très-humble et très obéissant serviteur.





Armand Dunois Le Secrétaire des familles et des pensions, contenant 1° Les règles du style épistolaire ; 2° Des exercices (matières et corrigés) sur les sujets de lettres les plus usuels ; 3° Des lettres choisies des écrivains célèbres. — Paris, Librairie Garnier Frères, 1931, 317 pages.

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