L'Alamblog

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Les Lacunes de l’Alamblog

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mardi 25 mars 2008

Un curieux booklet

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Curieux booklet que celui-ci.
Pour un curieux bouquin.
Pour ce que l'on peut en juger.
Et juger un livre pareil, ma foi, nous ne le tenterons pas sans en avoir lu un long bout.
Christophe Deshoulières, "architecte de la dérision" nous dit son éditeur, propose (lisez bien) son "Gonzoméron" en la villa Malin avec complots et aventures. C'est (au moins) une gageure, prétentieuse s'il parvient seulement à nous y faire accroire, tout à fait foireuse s'il m'est à côté.
Nous ne nous forgerons aucun avis après la seule lecture de 48 pages (sur 1100 !).
Starring Charles Fourier, Coralie, Delphine et Joseph Fourier, les ressources du clavier d'ordinateur et...
Indice : Les précédents ouvrages de C. D. avaient été chroniqués par Typhaine Samoyault et Joseph Macé-Scaron...
Un nouveau "néo-roman" après les déblatérations de Houellebecq, de Littell, de Le Dantec ?
Nous réservons notre avis.
A suivre (éventuellement).

vendredi 19 janvier 2007

L'empreinte de François Le Lionnais


On l’ignorait (on mourra moins bête) : François Le Lionnais (1901-1984), éminent oulipiste, tenait une chronique relative aux échecs dans les volumes de la collection l’Empreinte, tout à la fin (pp. 251-255).
Mathématicien, co-fondateur de l’Association des écrivains scientifiques, membre du Comité des sciences à l’ ORTF et animateur de l’émission “La Science en marche” et chroniqueur d’échecs. Une autre vie bien remplie.
La Collection “L’Empreinte”, dirigée par Alexandre Ralli était publiée aux éditions de la Nouvelle Revue critique entre 1932 et 1940.
Quant au Britannique Eric Ambler (1909-1998), grande figure du roman d’espionnage, faut-il encore le présenter ?

Eric AMBLER Epitaphe pour un espion, suivi de La Chronique d’Echecs de “L’Empreinte” — Paris, Edition de la Nouvelle Revue Critique, 1939, collection “L’Empreinte” (n° 167).
Dans ce volume, imprimé en juin 1939, parassait la “vingt-deuxième chronique”, regroupant les problèmes n° 37 et 38.

samedi 4 novembre 2006

Wanted


Le Préfet maritime ne serait pas mécontent de dénicher enfin :

La Revue critique des idées et des livres (tome XXI, n° 121, 25 avril 1913) ;
Les deux catalogues de la librairie Espagnon et Le Bret consacrés aux Manifestes (politiques et littéraires) ;
L’Homme roux, de Rachilde ;
La Revue doloriste (livraison de mars 1937).

pour commencer, et entre autres trésors…

jeudi 28 septembre 2006

Francisque Monnet

Malgré ses recherches, il a été impossible au Préfet maritime de trouver quelque information que ce soit sur Une histoire au-dessus du crocodile, de Francisque Monnet, un roman de 261 pages, publié sans marque d’éditeur, à Saint-Etienne, en 1876.

Et Le Préfet est d’autant plus intéressé qu’on trouve en ces pages un récit aussi fou que possible où, de la Polynésie au Pôle Sud, une manta, femme sirène, accompagne le héros à travers ses découvertes de la Montagne aux échos (avec voix en celte et en hébreux, congelée depuis le déluge), du géant Séphor, bienveillant immortel qui narre la lutte des géants ses aïeux avec les petits hommes querelleurs, et l’on en passe.

Cet ouvrage qui n’est pas sans rappeler les Voyages fantastiques du baron Brambeus, d’Ossip Senkovski, merveilleusement traduits du russe par Paul Lequesne (Esprit des péninsules, 21,34 €), mériterait d’avoir été inscrit à l‘Encyclopédie de l’utopie, des voyages extraordinaires et de la science fiction de Pierre Versins (1972).

Franchement, il lui tarde d’en savoir plus.

dimanche 3 septembre 2006

Chanson de fou, par Léon Laval


Au noir carrefour
Entends la musique,
Orgue mécanique,
Vieil air de toujours…

Personne n’écoute
Mon Dieu ! qu’il fait noir !
Le vieux toit s’égoutte
Au bord du trottoir…

Toute la semaine
J’ai traîné ma peine
Sous le ciel transi
— Tiens ! cette fontaine
Pleure mon souci ! —

Allons, je vais boire
Mes larmes ici :
La drôle d’histoire
De finir ainsi…

—Ca c’est bien ma veine !
Il faisait si noir ! —
C’est un urinoir
Qui pleurait ma peine…




Faut-il ajouter que Léon Laval, qui donnait ce poème à la revue des Primaires, à une date indéterminée, n’a pas connu le succès ?
Mais nous ignorons tout de ce poète, qui pourrait être un auteur luxembourgeois, à moins qu’il ne s’agisse de l’instituteur, qui, alerté par deux de ses écoliers, constata leur découverte des grottes de Lascault. Allez savoir.
Quant au fou, il serait émêché qu’on n’en serait pas autrement surpris.

jeudi 6 juillet 2006

Le Mystère de Novgorode (suite) et ''La Vénus perdue''

Tandis qu’un anonyme informateur nous signalait qu’une version manuscrite et traduite en français de La Légende de Novgorode circulait à Paris dès le début des années 1990 - ah ! ah ! l’enquête avance… - nous eûmes la bonne joie de tomber dernièrement sur l’édition originale d’un roman tout ce qu’il y a de curieux : La Vénus perdue de François Prieur, que voici


Ce joli roman narre les exploits archéologiques d’un employé municipal de Marseille à la recherche de l’antique temple dédié à Vénus dans la vieille ville dévouée aux filles, aux marins et aux bars louches. L’objectif est de retrouver l’hellène Massilia qui sommeille sous la Liverpool du Sud. Une gageure, qu’un projet urbanistique d’envergure rend tout à coup possible. Et tout cela, mené tambour battant comme un Jules Romains pousse Les Copains, comme on abat les pages dans un bon roman d’aventures, donne un récit fort plaisant, très frais et rédigé dans une langue vraiment superbe, et pleine de malice, pour ne rien gâter. On avait dévoré le bouquin, on a tout simplement réitéré.
La Vénus perdue nous avait été recommandé il y a une paire de lustres par André Dimanche, lequel se tâtait, et se tâte toujours : rééditera, rééditera pas… Il a tort, à notre humble avis, de ne pas tenter le coup. Ne serait-ce que pour sa clientèle marseillaise, qui y trouverait son compte. C’est dans la réédition de la FNAC (mais oui ! mais la FNAC de 1977, la militante), aisément dénichée, que nous avions lu une première fois ce petit joyau.
Pour autant, la découverte de l’originale fut pleine d’émotion, au point de nous plonger à nouveau dans ces bonnes vieilles pages qui sentent la chasse au trésor. Et pourquoi donc de l’émotion ? Tout simplement parce que François Prieur (circa 1886-1963), personnage encore bien mystérieux dont l’activité fut, semble-t-il, liée à la vie portuaire de Marseille, n’escomptait tirer aucune traite sur ses talents littéraires. Non ? Si.
C’est-à-dire que François Prieur, dont la plume pouvait soutenir la comparaison avec celle de plusieur(e)s magnat(e)s du milieu de l’époque, faisait procéder à l’impression de son livre à son compte, pour les amis. C’est dire s’il n’est pas courant. Il n’en est pas moins délectable, et enjoué. Soit : on le recommande.
D’autres que nous enquêterons à Marseille pour savoir qui fut vraiment ce virtuose du Provençal. Les quelques pistes dont on dispose sont celles-ci : Né en Corse, il fut mobilisé dans la Royale pendant la Première Guerre mondiale, dont les campagnes le menèrent dans l’Adriatique. Il avait auparavant fait ses d’humanités et une formation à l’Ecole d’hydrographie, puis il réussit un concours d’officier de la marine marchande. Rendu à la vie civile, il s’installe au cinquième étage de la rue de la République, auprès de sa mère, et entame une carrière de journaliste au Petit Provençal.
Son roman, fruit de ses vadrouilles de journaliste, connut un destin sans pareil. Aussitôt imprimé et broché, il fut regretté par son auteur qui chercha à en détruire les exemplaires. Seuls quelques amis - Marcel Pagnol, Louis Brauquier, Carlo Rim, Edouard Peisson, André Négis, Pierre Humbourg et Léon-Gabriel Gros - parvinrent néanmoins à sauver l’exemplaire qui leur avait été d’abord offert.
Les excavations qui mirent Marseille sans dessus dessous en 1967 remirent le chef-d’oeuvre en péril sous les feux de la rampe : c’est bien là où François Prieur l’avait indiqué, quarante-quatre ans plus tôt, dans son livre que sommeillaient les ruines antiques de la vieille Massilia, et notamment ce Mur de Crinas et ces murailles… Mais que sait-on encore de François Prieur ? Qu’il fit à la Libération un voyage aux USA avec un Jean-Paul Sartre indifférent aux beautés du Colorado, qu’il poursuivit l’elfe Marie Bashkirtseff chère à son coeur, qu’il mena ses enquêtes chez les Félibres, fit des recherches sur le théâtre à Marseille et voua toujours un culte à Stendhal.
Ce n’est pas si peu.

François Prieur, La Vénus perdue. Paris, Aux dépens de l’auteur, chez Jean Ribou, libraire vis-à-vis de la Sainte-Chapelle, 1923 (achevé d’imprimer 25 octobre), 260 pages.

François Prieur, La Vénus perdue. Préface d’Edmée Santy et Pierre Roumel. S. l., FNAC, 1977, 234 pages.

N. B. Il est frappant que les épigraphes des chapitres choisies en 1923 par François Prieur soient signées Stendhal, Levet, son compatriote Edmond About, Valery Larbaud, Jules Laforgue ou Caylus.

mercredi 5 juillet 2006

Le Mystère de Novgorode, ou Les intempestives apparitions de M. Blaise Cendrars

On se souvient peut-être du barouf qu'occasionna, en 1996, la parution de La Légende de Novgorode de Blaise Cendrars chez Fata Morgana. Il faut dire que l'ouvrage était mythique, et si mythique qu'on avait songé, parfois, que l'auteur de La Main coupée avait mystifié son monde en prétendant avoir publié à l'enseigne de Sozonoff (Moscou-Saint-Pétersbourg), en 1907, à 14 exemplaires, et dans une traduction en russe d'un mystérieux R. R., ce poème qui préfigurait La Prose du Transibérien et les Pâques à New-York.
La découverte par Kiril Kadiiski, à Sofia, en 1995, d'un exemplaire du fascicule rendit au monde la première publication de Cendrars - alors 'Frédéric Sause' dans sa version russe, ce qui se prononce Sozé, comme certain terrifiant Kaiser, dans le fameux Usual Suspects. Mais je m'égare. Peu après l'invention de la plaquette trop mythique pour être honnête, de mauvaises langues soufflèrent qu'il s'agissait d'un faux. Allez savoir.
Mouais...
Une récente chine dans des bacs à occases m'a permis de mettre la main, non sur l'original à la couverture cyrillique noir au blanc - à mon grand dam -, mais sur un opuscule étrange, un tantinet bricolé, insolé, à peine poussiéreux, bref pas tout neuf, répondant au titre de... La Légende de Novgorode.

Pour être tout à fait bibliographique, donnons dans le détail :

  • format : 210/145 mm
  • couverture : papier grenu, rainuré, avec rabats. Vignette contrecollée portant le nom de l'auteur et le titre (impression laser ou photocopie, apparemment), sur laquelle est contrecollée une seconde vignette, plus petite et représentant le jeune Frédéric Louis Sauser Hall, avec la raie au milieu (photocopie découpée à la main).
  • brochage : 6 feuilles indépendantes retenues par des agrafes métal, collage.
  • corps de l'ouvrage : offset ou impression laser
  • - folio 1 non paginé : Blaise Cendrars/ LA LEGENDE DE NOVGORODE | page blanche
  • - fol. 2 n. p. : 34 vers | page blanche
  • - fol. 3 n. p. : 48 vers | page blanche
  • - fol. 4 n. p. : 46 vers (une correction manuscrite au stylo noir au v. 5) | page blanche
  • - fol. 5 n. p. : 28 vers | page blanche
  • - fol. 6 : p. blanche | p. blanche

Si la leçon du texte retenue dans cette édition pirate - elle a en effet tous les attributs de la publication sous le manteau, sans autorisation, voire en contravention tout à fait volontaire avec le droit d'auteur : c'est à dire qu'elle ne porte, justement, nulle marque d'éditeur ou d'imprimeur, non plus que de traducteur, et pas la plus petite mention légale, de millésime ou de lieu -, bref, si la leçon retenue correspond grosso modo à la version publiée par Miriam Cendrars, il n'en reste pas moins que le texte n'est pas identique. On peut avancer qu'une autre plume (ne) signa (pas) cette traduction.
Ainsi, cette version inconnue semble plus proche du texte russe. Moins apprêtée (plus fidèle peut-être, mais il nous faudra le métier d'un Paul Lequesne pour nous avancer sur cette voie). En revanche, elle a négligé la ponctuation originale. Pourquoi ? Si cette traduction est apparue en réaction à un lissage par Miriam Cendrars jugé trop interventionniste, pourquoi n'avoir pas respecté les virgules et traits d'union ? Tout cela est bien étrange. En revanche, si elle est antérieure, à partir de quel exemplaire a-t-elle été réalisée ? L'idéal, évidemment, consisterait à dater l'opusculet. Pas aisé. Apparemment contemporain de l'édition officielle. Mais rien ne le prouve. Peut-être antérieur (l'insolation et divers signes d'usure tendraient à laisser penser que. Mais la vie des livres peut être si confuse...).
La question primordiale est celle-ci : se trouverait-on ici en présence de la véritable édition originale en français de La Légende de Novgorode ?

Le mystère reste entier.
Quoi qu'il en soit, voici toujours une photographie de la première de couverture :

mardi 13 juin 2006

Mystères et enquêtes

L'Alamblog patauge...

Tout occupé par une pile de vieux bouquins harassés de poussière (ou propres comme des choux neufs dans leur jaquette du dimanche), il se pourrait qu'Apostolos Mangematin, préfet maritime bien connu des lecteurs de feu La Main de Singe, patauge dur lorsqu'il s'agit d'éclairer la situation passée, présente, probable et posthume d'un quarteron d'écrivain(e)s problématiques.

A savoir Georges Portal, Georges-A. Denis, Marcel Lami.

Pour commencer.

Depuis son île lointaine, il cherche en outre à retrouver la trace des héritiers de Jean-Pierre Martinet. C'est sûr, il peut toujours pagayer...

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