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Le Petit porte-voix des gens du métier

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jeudi 14 décembre 2017

La radio pour les sourds

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France Culture mène grand tapage pour annoncer le 23e numéro de sa revue Papiers, sorte de mook (qui est lui-même un genre de) reprenant certaines interventions diffusées à l'antenne. Agrémentée des portraits photographiques des intervenants, Papier nous mène donc où la rédaction de la maison de la Radio nous avait laissé. C'est plaisant. Un genre de mise au net des paroles émises, une inscription en dur des paroles envolées.

Certes, le podcast, ce memento presque permanent, permet de relancer la balle en cas d'oubli ou d'absence devant sa radio - et c'est un luxe inouï que comprennent bien les anciens qui devait ou bien ne jamais entendre, ou bien se faire enregistrer sur cassette audio l'émission par une bonne âme de son entourage. (Autrefois, les enfants, lorsque Papa devait chasser le tyrannosaure pour vous nourrir).

Reste à savoir quoi entreposer dans ses Papiers. Il se peut que tous ne soient pas d'accord sur les choix effectués et les interventions retenues. Mais il faut bien choisir, il faut bien trancher. Et il faut bien faire un mook qui aie une chance de se vendre. La récente livraison s'intéresse ainsi aux "Nouveaux Marchés de la Croyance" (1). Quelques mois après l'élection de Macro, ça ne manque pas de sel. Plus loin Amélie Nothomb vit "une dictature de l'écriture absolue", tandis que Erik Olin Wright évoque les utopiques (on en a dit un mot ici même). Il y a aussi du doute dans l'art (tiens donc), de la douceur dangereuse (Claire Underwood), quatre pages de chronique, des interrogations sur l'existence ou non d'une internationale anarchiste, les pin-up des années 1950, la gastronomie selon Michel bras et la guerre de Troie à travers les propos d'archéologue, guide touristique, sociologue, prof de littérature et même de Katerina Fotinaki qui chante un très beau rebetiko tous les dimanches du côté de la Bastille.

Bref, finalement, Paroles, c'est France Culture pour les sourds. Ils ont beaucoup d'images en plus, en particulier les photos de Sandra Chen Weinstein.
Pas de chance ils doivent aussi se fader la mère Angot.



Papiers, n° 23
Editions Exils
176 pages, 15,90 €



(1) Le hasard veut que la revue Conférence lance un nouveau numéro dont le thème est identique. Serait-ce que la Nativité approchant le penseur se fait meuble ? Je veux dire qu'il ramollit ? On peine à croire que notre époque subisse une problème de croyance. Elle manquerait plutôt de convictions. Passons, c'est lassant ce gratouillage sans fin de la plaie de la bêtise et de la naïveté.



jeudi 30 novembre 2017

Marie Morel expose

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Marie Morel expose à la galerie de l'Espace des Femmes, à Paris, à partir de ce soir (19 h) et jusqu'au 30 décembre 2017.
Le premier panneau du tableau Les Femmes oubliées sera exposé et pendant le vernissage Anaïs Frantz signera son dernier livre : Portraits de Marie Morel.



Espace des femmes
mardi au samedi de 14h à 19h
35, rue Jacob 75006 Paris

dimanche 26 novembre 2017

Les couvertures de notre siècle (29)

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Vous aimez faire le vide autour de vous ?
Vous ne craignez pas de passer pour un/une dingue ?
Recouvrez vos livres de poche avec une jaquette de la maison Sortons Couverts qui s'est spécialisée dans le produit drôle et provocant.
Depuis le Kama Sutra pour les handicapés jusqu'au Code du travail des enfants, tout y passe, du mauvais goût à l'auto-ironie ravageuse.
Nous ne saurions laquelle recommander tant le choix est vaste... La vie sexuelle du Christ ? l'âme des femmes ? la revente de médicaments aux drogués ? l'annuaire des meilleures piscines pour se laver ?
Les trajets en métro vont être plus amusants désormais...


«Sortons Couverts» est un éditeur de fausses couvertures. Ce concept fort défend à la fois la liberté d’expression par l’image sur le livre, qui sera visible de tous, mais aussi la liberté de rester discret. Nous revendiquons le droit de lire le livre qui nous plaît sans avoir à subir le jugement d’inconnus…
«Sortons couverts» fait le pied de nez à la curiosité mal placée, en jouant parfois avec les préjugés et croyances de chacun. En détournant l’usage de cette couverture vous serez tantôt incognito, tantôt provocants et, pourquoi pas, faussement sages…
Bref, amusons-nous en lisant, amusons-nous dans la vie, amusons-nous de et avec ceux qui nous entourent et, pour tout ça, n’oublions pas de sortir couverts !



mardi 21 novembre 2017

Douze nouvelles merveilles de Ronan-Jim Sévellec

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L'exposition à ne pas rater, c'est celle de Ronan-Jim Sévellec à la Galerie Antonine Catzéflis du 24 novembre 2017 au 17 février 2018. Le vernissage aura lieu Jeudi 23 novembre à partir de 18h en présence de l'artiste.
Récemment exposé au Palais de Tokyo, à la BnF et à la Halle Saint Pierre, Ronan-Jim Sevellec montre douze de ses nouvelles boîtes, des mondes autonomes, rares, qu'il a parfois mis plusieurs lustres à bâtir.
Il faut avoir vu ces fascinantes pièces pour rêver plus fort à nos univers enfuis.



Galerie Antonine Catzeflis
23 rue Saint-Roch
75001 Paris
Mardi au samedi, 14h à 19h et sur rdv.
01 42 86 02 58
info@antoninecatzeflis.com

vendredi 17 novembre 2017

C'est le moment d'en profiter

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Si vous avez envie de vous distraire un peu des romans grisaille, des mauvaises bio déguisées en fiction et des essais aqueux, tentez un tour du côté du Salon des Editions indépendants qui se tient aux Blancs-Manteaux ce week-end à Paris. Les étals devraient vous offrir de quoi lire bon.
Héros-limite, Anacharsis, Murmure, Signes et Balises, RN, Marchialy, Mémo, L'Ogre, Le Vampire actif, Ypsilon, Le Sandre, Le Miel des Anges (qui n'y seront sans doute pas), Nous, La Part commune, L'Oeil d'or, Claire Paulhan, Le Sonneur, Prairial, Asphalte, L'Echappée, Al Manar, qui sais-je encore ! (244 éditeurs seront présents...), les maisons vertueuses et généreuses seront légion, piles dressées en votre honneur.
Pour notre part, nous rions voir de près ce Nanar Wars qui nous fait de l'oeil, non loin de C'est la jungle d'Harvey Kurtzmann, ancêtre majeure de la dd d'aujourd"hui, deux must présentés cette année sur le stand des éditions Wombat - qui élargit en outre sa collection de poche à une vitesse redoublée...
Petit rapport de visite dans quelques heures, c'est promis.

jeudi 16 novembre 2017

Les éditeurs indépendants peuvent être élégants aussi

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Les éditeurs indépendants savent être élégants
Les éditeurs indépendants peuvent aussi produire proprement.
La preuve...
A l'aube du salon des édigteurs indépendants (ce week-end aux Blancs-Manteaux), qui rassemble une partie du ban et de l'arrière-ban de l'édition en devenir, L'Oeil d'or se lance dans une campagne d'adhésion pour asseoir son activité associative, fortifier ses programmes et maintenir une production qui fait fonctionner des imprimeries en France, et des imprimerie œuvrant avec le label Imprim'vert (1) sur du papier FSC avec de l’encre végétale. (2)
Plusieurs types d’adhésion sont proposées. Faites votre choix.

Et n'oubliez plus de consulter l'achevé d'imprimer des livres que vous achetez...




(1) Oui, consommateur que vous êtes, même si les "médias" n'ont pas encore découvert le sujet aux oeufs d'or, vous avez aussi le droit d'être regardant lorsque des éditeurs peu scrupuleux vous fournissent des encres bien sales (jusqu'à trois métaux lourds pour composer une encre) sur du papier dégueulasse à base de bois. Les solutions propres existent, il suffit de s'en servir. Même en France. Merci de votre attention.

(2) Les gougnafiers qui impriment dans des pays sans protection sociale vendent leurs produits aux mêmes prix que ceux qui font des efforts financiers pour un commerce propre. Voulez-vous des noms ? (Et on n'a pas commencé à parler de la qualité des livres...)

samedi 9 septembre 2017

Pardon si ça tache

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Dans quelques jours paraîtra L'Os quotidien, l'un des grands livres de cet auteur qui a tout pour devenir "culte" aux côtés de Martinet ou de Bove : Gaston Criel

L'Os quotidien est sa dernière prose publiée en 1987 par Samuel Tastet alors que Criel atteint le terme de son existence. Il revient dans cet écrit jeté comme un expresso serré pour lendemain de cuite sur ses jeunes années passée en partie dans un stalag puis dans le Saint-Germain-des-Près décontracté de l'après-Libération.

Tandis que Sartre, Romains et Duhamel brossent des sagas ou des romans pleins de pages, un homme plus tout à fait jeune (Criel est né en 1913 - son alter ego romanesque Robert lui ressemble comme deux gouttes d'eau) mène son existence comme on se jette à l'eau. Le poète qu'il était avant-guerre (il a publié dès 1937 sa poésie) est parvenu à traverser l'épreuve du travail forcé dans les fermes allemandes sans trop de dommages. Il a même lancé un canard à Magdeburg, l'XI A. Cahiers littéraires du Stalag, un mensuel de camp de prisonnier dont il est le "directeur". Un numéro qui pourrait être unique paraît le 29 février 1944. Il n'a jamais combattu. Il a été raflé au cours de la Drôle de guerre. Après un très long trajet Aller vers les profondeurs agricoles de l'Allemagne, il y a un long retour en train et puis... Saint-Germain-des-Près, le havre où les pépés roucoulent aux bras des GIs.

Dans L'Os quotidien, l'encre arrive vite à la cible, et pardon si ça tache.

Avec le whisky des Ricains tout va. Lorsque les Ricains s'éclipsent pour aller combattre le Teuton en Forêt noire, ça devient une autre histoire. Les petits commerçants font grise mine : le dollar s'est barré. Les gosses girondes espèrent bien un peu le retour du chéri bientôt papa, mais bernique... Tout ce petit monde doit réinventer son quotidien et au milieu de ces Français déboussolés, le poète qui doit gagner son pain. Et puis il lui faut lui nourrir l'enfant qu'il a fait à Jacqueline. Si l'on en juge par la coulée de dégoût paternel, il est clair que la reproduction n'était pas le mobile des faits. Robert est cynique comme on l'est rarement, mais ses sorties dégoûtées sont d'une terrible drôlerie que beaucoup de jeunes mamans ne pourraient pas lire sans hoqueter de rage. Sanies, odeurs sûres de la maternité, pissats du nouveau-né, Criel donne sans mesure dans le criant de vérité. — Il faut noter qu'il publiait, lui, Gaston Criel, Hygiène sur un véritable papier hygiénique aux éditions Le presse à bras en 1948...
Mais baste, il faut nourrir la famille. Les conditions d'existence n'étaient pas si reluisantes. Homme à tout faire pour des maisons d'édition technique ou, à son corps défendant, semi-escroquières, Robert doit trouver l'os à ronger. Il chôme, se forme à la comptabilité, et puis... Et puis, on ne va pas tout vous raconter d'autant que l'anecdote n'est pas ce qui prime. Ce sont les sentiments muris, cuits et recuits d'un homme d'expérience (Criel a été serveur de bar de nuit), qui confirment que latence et récurrence forment bien en littérature la trame des oeuvres solides comme de la toile de marine.

Le livre ne ressemble d'ailleurs qu'à Criel. L'ambiance des camps - ni Guérin, ni Hyvernaud -, la vie des bars - ni Yonnet, ni Giraud -, le soulagement du sexe et la déception des attachements — ni Calaferte, ni Deux —, du Criel tout craché. L'énergie qui jaillit des lignes de L'Os et le coupant de ses esquilles sont assez troublants pour empêcher de dire quand le livre a été composé. Peut-être dans les années 1980, mais à partir de notes anciennes qui apporteraient cette sensation d'instantanéité et la vibration intense de scènes saisies au vol. En tout cas, les lecteurs de Phantasma ou de Sexaga reconnaîtront son petit air, son tempo, et cette figure de mâle singulière, gorgée d'une angoisse qui se pare d'insolence ou de mutisme pour faire face. Avec l'ironie mêlée de désolation des gars à qui on ne la fait plus. Marque unique d'un être déchiré qui mesure les difficultés et l'irresponsabilité des êtres.

Un grand bouquin, et une excellente porte d'entrée au bar Gaston Criel.



Gaston Criel L'Os quotidien. Préface de Jacques Josse. — Paris, Le Sonneur, 176 pages, 16 € Parution le 28 septembre.

NB : En 2016 le recueil Gris aurait reparu aux éditions Samuel Testet à Orléans.

vendredi 12 mai 2017

Illustration des causes de l'agitation de certains bibliopoles

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Rencontre littéraire le dimanche 21 mai à 14h30 sous la halle du Marché Georges Brassens autour de la question du pourquoi et du comment. Une rencontre animée par Agnès Denis, de la librairie Courant d'air.

dimanche 16 octobre 2016

Salon du fromage de tête

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Le monde change à une vitesse qu'on maîtrise mal. Les jurés du prix Neubel s'étant rendu compte de cette insistance du présent à frapper aux carreaux, ils se sont récemment portés aux lectures poétiques de Robert Dylan, un fier troubadour du Nouveau Monde. C'est un signe de leur adhérence aux temps présents (et en Suède, de l'adhérence, il en faut). On nous signale qu'un autre librettiste d'envergure, Didier Barbelivien, se prépare pour l'année prochaine.
En revanche, les organisateurs du Salon des revues n'ont pas vu venir la nouvelle tendance des revuistes modernes : plus de papier, et même plus d'octets virtuels : du comestible. C'en est fini du jus de crâne. Ils nous proposent désormais du potage de tête et de la croûte de lait. Comme disait Poulet-Malassis qui s'y connaissait en victuailles fermières : il n'y a pas ici le poisson de tout le monde.


lundi 10 octobre 2016

Deux projets à soutenir

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Des piles et de la clown.
On ne fait pas plus varié pour un lundi.
Adeptes du financement participatif, voici deux projets estimables et nécessaires que vous pouvez soutenir en mettant la main à la poche.

Le premier est technologique : il s'agit de permettre la mise en œuvre d'un petit appareil qui va vous permettre de réutiliser vos piles jetables jusqu'à vingt fois ! Ce projet est soutenu par Paléo-Energétique (un point ici sur cette initiative utile).

Le second est zygomatique et nipponant : c'est un un tour clownesque au Japon, par Nathalie Le Guillanton.
Franchement, il n'aura échappé à personne que la saison des clowns bat son plein, non ?

Alors, sans crainte, mes sœurs, mes frères, finançons, clownons, rechargeons !


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