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mardi 8 août 2017

Un moustique héroïque

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《Quel vaste cimetière je suis ! 》



Durant la quête suicidaire d'un moustique, tout un monde de petite bête, d'étrangetés humaines et de soûlographies narcotiques...
Un roman qui ose déroger à la bienséance linéaire et au confort du lecteur. Voilà qui tient à distance les fictions formatées façon séries et les bioficts qui dévalent les pentes désquamées de la sainte Rentrée.
Pour les amateurs de Macedonio Fernandez, Carlo Emilio Gadda, Roberto Arlt et André Biely.

Erlom Akhvlediani, Un moustique dans la ville. Traduit du géorgien par Isabelle Ribadeau Dumas et Rusudan Turnava, le Serpent à plumes, parution le 7 septembre 2017, 174 pages, 17 €


dimanche 7 mai 2017

Quinzinzinzili pour tous !

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Longtemps au catalogue de la collection L'Alambic, le grand roman de Régis Messac, Quinzinzinzili, vient de trouver place dans la collection "La Petite Vermillon" des éditions La Table Ronde.
C'est la preuve de son succès auprès des lecteurs. Et c'est la preuve de l'absence de routine au sein des éditions de L'Arbre vengeur qui, ne pouvant se résoudre à réimprimer sans cesse les mêmes ouvrage, poursuivent leur conquête littéraire.
Régis Messac, que l'on a souvent évoqué ici depuis 2006, se mesure à l'aune de ce roman d'après le cataclysme et à celle de son essai novateur sur les Détective Novels qui prenait date dès les années 1930 sur un sujet dont l'explosion interviendra à partir des années post-1945 seulement.
Dans Quinzinzinzili, roman de 1935, un instituteur fait visiter une grotte à ses élèves lorsqu'un cataclysme éradique l'humanité en surface. Au sortir de la grotte, la vie continue pour cette petite troupe qui réinvente des règles en se souvenant partiellement et imparfaitement des enseignements de leurs parents.
Les néologismes fusent.
Les habitus reviennent au galop...
Publié dix-neuf ans avant Sa majesté des mouches de l'Anglais William Golding (1954), Quinzinzinzili est un roman-clé de la littérature française du siècle dernier.
Si vous ne l'avez pas encore lu, il vous reste à le découvrir.
Autant vous dire qu'on envie cette chance.



Régis Messac Quinzinzinzili. Préface du Préfet maritime. — La Table ronde, 2017, "la Petite Vermillon" (n° 438), 208 pages, 7,1 €

jeudi 27 avril 2017

Ôé

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La collection "L'Imaginaire" a fini par prendre belle allure. (Ceux qui ont plus de trente ans se souviennent de ses premières années calamiteuses où des reprints véritablement salopés constituaient le prétexte d'une maison occupée à conserver des droits sur des oeuvres de son propre catalogue en déshérence et à donner le change, très maigre, à des héritiers pour les maintenir dans l'orbe : les choses ont changé). Avec la publication du Faste des morts de Kenzaburô Ôé (né en 1935), magnifique recueil de trois textes fondateurs de l'oeuvre du Japonais, il y a lieu de se réjouir.
"Le Faste des morts", "Le ramier" et "Seventeen" (autrefois traduit "Dix-sept ans") sont trois textes absolument remarquables. Il n'y a pas besoin d'épiloguer. Ils évoquent la mort et la faiblesse, la douleur et la fatalité, l'orgueil et la honte, les frustrations et les désirs comme peu de nouvellistes savent le faire. Publiés entre 1957 et 1961, ils donnent d'Ôé une idée impressionnante et démontrent qu'il abordait sans faux-fuyant des sujets majeurs d'emblée. Manipulation de vieux cadavres défraîchis dans une morgue, une grossesse ambivalente, les jeux pervers d'enfants encagés dans une isntitution de redressement, recours à l'extrême-droite pour apaiser des désirs sexuels inassouvis, ce sont des troubles et des troubles qu'empile Ôé sans barguigner et avec une terrible précision, une terrible sensibilité. Voilà un gaillard dont on ne se demande pas pourquoi il a eu le prix Nobel.

Dans les rixes nocturnes j'ai castagné. Dans ces violentes ténèbres qui grondaient de cris de douleur et de peur, d'insultes et de lazzis, je voyais Sa Majesté Impériale rayonner sous une auréole, moi, seventeen, le seul à être au comble du bonheur. Ce soir-là, où il bruinait, le bnuit qui courait sur la mort d'une étudiante avait réduit un instant la foule chaotique au silence. Et les étudiants, trempés de pluie, accablés d'exaspération, de tristesse et de fatigue, observaient le silence ; pendant tout ce temps, moi, j'avais un orgasme de violeur, moi, le seul seventeen, au comble du bonheur, jurant le massacre devant cette vision dorée.

C'est à se demander pourquoi on n'a pas lu Ôé plus, et plus tôt. On se demandera aussi pourquoi "L'Imaginaire" et pourquoi pas "Folio", mais là, hein, on nous dira de nous taire.


Kenzaburô Ôé Le Faste des morts. Traduit par Ryôji Nalaùura et René de Ceccatty. - Paris, Gallimard, "L'Imaginaire", 191 pages, 6, 90 €

lundi 27 mars 2017

Zurn et Hans

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Hélène Parmelin avait proposé son Histoire des nus, Perrine Le Querrec donne des Ruines.
C'est un recueil de "télégrammes" à phrases parfois censurées par l'auteur elle-même d'un bon trait noir épais. Elle y poétise les relations d'Unica Zurn, Hans Bellmer et la Poupée, "dans leur 10 mètres carrés".
Là, c'est

armes blanches, voiles noirs, chairs roses.




Perrine Le Querrec Ruines. — Paris Tinbad, 65 pages, 12 €

samedi 4 mars 2017

Les leçons de Rouletabille

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Excellente initiative des éditions Amadava qui, après l'exposition consacrée à Gaston Leroux par la BnF, s'occupent de faire jaillir des archives Francis Lacassin déposée à l'Imec des pièces intéressantes du père de Rouletabille.
Et en l'occurence, outre Le Dîner des bustes, nouvelle de première qualité bien connue, un excellent point de vue sur le journalisme à propos du "rouletabillisme" de son temps. C'est lors d'une conférence que Leroux, assez fier de ses intrépidités — qui confinaient parfois à la fraude, en particulier par l'usage de fausses identités —, raconta comment le nouveau journaliste de son temps, le Rouletabille donc, n'attendait pas que lui tombe toute cuite la circulaire ou le poulet, le petit bleu ou l'indiscrétion : il allait les chercher, les provoquant même. Il était fini le temps des avocats de Paris-chroniqueurs assis dans les brasseries des grands boulevards...

Rouletabille, c'est le journalisme moderne, le globe-trotter de la nouvelle, l'infatigable mémorialiste de cette époque formidable héroïque et incohérente qui a tout changé, tout bousculé, tout transformé, la Presse comme le reste du monde, et qui a mis au premier plan le Mouvement.

CQFD.
Quelques anecdotes amusantes viennent compléter le tableau. Leroux n'avait pas besoin d'internet pour faire le buzz.



Gaston Leroux Le Dîner des bustes, suivi de Conférence sur Rouletabille. — Caen, Amadava (7 impasse Dumont 14000 Caen), coll. "Romanex", 103 pages, 9 €

dimanche 26 février 2017

Rose de Sibérie

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Il y a bien longtemps qu'on ne s'était autorisé un week-end en compagnie d'un roman d'espionnage. C'est cette histoire de mammouth congelé qui nous a intrigué. Plus que le nom du héros, Johnny Porter, qui se nomme en réalité Jean-Baptiste Porteur, universitaire talentueux d'origine amérindienne, doué pour les langues dites primitives et capable, comme un véritable James Bond, de faire des prouesses avec une voiture russe qu'il a fabriqué lui-même. Si.
Le tout commence en Occident, se poursuit au Japon et se déroule finalement en Sibérie dans des conditions plutôt hivernales. De plus, les lieux sont secrets, les villes n'apparaissent pas sur les cartes (au bord de la Kolyma elles ont longtemps servi de goulag ou de centres de recherche secrets), les camions disposent de vingt vitesses — ils roulent d'ailleurs sur la glace avec des pneus dégonflés à demi - et on mange du poisson (1).
Ultime roman du Britannique Lionel Davidson (1922-2009), dont Graham Greene avait salué la Rose of Thibet (toujours pas traduit apparemment), ce Johnny Porter et son mammouth congelé composent un déicieux passe-temps bourré de suspens.
Un vrai roman d'aventure dont on aimerait beaucoup voir aussi la version cinématographique.



Lionel Davidson Johnny Porter et le secret du mammouth congelé. Traduit de l'anglais par Vélrie Bourgeois. Préface de Philip Pullmann. — Paris, Belgond, "Vintage noir", 676 pages, 18 €


(1) On notera au passage que si la couverture remplit son office en indiquant au lecteur qu'il s'agit bien ici d'un roman d'espionnage, les vêtements qu'elle propose au héros ne lui offrirait que quelques minutes de survie — préciser au graphiste que Tcherny Vodi (Eaux Noires) n'est pas Prague, en hiver tout spécialement : viser plutôt la vêture des peuples du Nord avec chapeau à oreilles fourrées.

vendredi 30 décembre 2016

Après Bibi et Ubu : bubu

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La revue NRV (en attendant la revue) est toujours pleine de surprises. Elle fait penser au Paresseux, en moins tout-fiction, qui se serait mélangé à feu Du Poil au genoux du fameux duo Peigné-Seron. C'est dire qu'on l'attend avec impatience.
Au sommaire de ce numéro 4, bien des choses à nouveau. La légende tient donc. Le farfelu maîtrisé se maintient, l'iconoclaste bourgeonne doucement, la culture du coq-à-l'âne s'expansionne, les pseudonymes poudroient, bref, la route est tracée droit : on avance.
Après un "petit rappel" sur le cannibalisme en maoïsme après lecture des Stèles rouges de Zheng Yi (Bleu de Chine, 1999), déboule Baptiste-Marrey, quatre-vingt-huit ans au compteur, dans un propos militant et ferme, montrant du doigt les nouveaux pompiers du théâtre d'aujourd'hui et les dérives de la culture dramatique officielle - tenue par une poignée d'apparatchiks. Ça commence fort. Plus loin une ministre Rossignol en prend pour son ignorance (à propos "De l'esclavage des nègres" de Montesquieu), au cours d'une leçon fournie par Dominique Lebailly, puis Marcellin Gabelou se plaint des vitres de voiture teintées, tandis que Tysette Grimm vante la littérature de Jakub Demi (1878-1961 tout de même), dont la Lumière oubliée (Fissile, 2015, 16 pages, 5 €) fut considérée de summum de la prose du XXe siècle" Bohumil Hrabal lui-même. La préfacière de ce pamphlétaire catholique, Erika Abrams, rappelle une anecdote à son propos :

"Le seul mot qui n'a pas perdu son sens, dit-il un jour à un ami en lisant le journal, c'est merde."

Qu'attendons-nous pour nous procurer l'opus ?
Au chapitre détente, "Des salons littéraires et des mots élogieux", article de Balzac (La Mode, 20 novembre 1830), et ces exercices de détournement de titres de livres célèbres par Marcellin Gabelou. Cela rappelle beaucoup les torpillages graphiques de Clémentine Mélois mais l'exercice va plus loin...

Ah ! le col...
Poèmes d'un grimpeur, allégés de leur ponctuation, comme il se doit dans ce type d'effort
(...)
Virginie (et Paul)
Par le Collection "la genre", les amours impossibles de deux enfants. De l'exotisme et des larmes.
(...)
J'irai crever sous vos bombes
Dictionnaire raisonné de l'antimilitarisme et de ses annexes.

On ne dira rien d'autre, si ce n'est que Jakob Adrian Vogelsang donne avec "La littérature bubu" un très très bel exemple de critique littéraire motivée, prônant le recours à Girolamo Rovetta, Aphra Behn et Francesco Gritti lorsqu'on veut du formalisme loué les sources. C'est bien vu.
BIen entendu, rien à avoir avec la Bibi de Raymonde Linossier, non plus qu'avec Ubu.
Un avant-goût ?

Le mouvement bubu a été fondé à leur insu par William Burroughts et Charles Bukowski. (...)






NRV (en attendant la revue) (n° 4, janvier 2016). "La revue n'a pas d'adresse et, par voie de conséquence, ne reçoit aucun manuscrit (dont, d'ailleurs, elle ne veut pas). (...) On peut tenter de se la procurer mais il y faut de l'esprit de finesse, l'intuition, et beaucoup de chance.". Le Préfet maritime souhaite dès lors en cette veille de bombance une bonne chasse à tous !
Illustration du billet : Willi Geiger, ex libris pour Ida Roessler (1878-1971) (circa 1928).

vendredi 16 décembre 2016

Les écrivains français oubliés des années 1930

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Beaucoup de choses dans ce nouveau numéro de la Revue italienne d'études françaises (RIEF), et en particulier un dossier poétique composé par Valerio Magrelli et les actes de la journée d'études de décembre 2015 consacrées aux écrivains français oubliés des années 1930.
Comme le disait Gianfranco Rubino, dont l'érudition et la finesse nimbent le préambule qu'il donnait en ouverture de la journée : « En dehors de toute hiérarchie, c'est l'amour inconditionné de la littérature qui légitime une telle entreprise ». Conclusion in petto : on aimerait avoir ici, dans l'hexagone, un œil aussi pointu dans le domaine de la liittérature italienne des années 1930... Encore un petit effort, mesdames-messieurs les Français.

Sommaire
Paola Perazzolo :« Méfiez-vous de celui qui veut mettre de l’ordre » : (in)achèvement et imperfection chez Isabelle de Charrière
Roland Chollet : Nerval et le temps. Le thème de l’horloge
Eric Pellet : Crise logique, crise poétique : Francis Ponge et Antonin Artaud (1923-1926)
Fabio Vasarri : Calembours poétiques et traduction : Glossaire j’y serre mes gloses, de Michel Leiris à André Masson
Frédéric Martin-Achard : Être moins ou ne pas être : sur quelques modalités paradoxales d’existence du personnage romanesque contemporain (Alféri, Chevillard, Modiano, Vasset)
Daniela Tononi : Génétique des textes et système chaotique

Les écrivains français oubliés des années trente Gianfranco Rubino : Autour d’écrivains oubliés
Ornella Tajani : Autobiographie d’un pécheur habitué. Sur Marcel Jouhandeau
Iacopo Leoni : André Thérive : résignation contre négation
Ida Merello : Jacques Spitz : un auteur au purgatoire
Maria Chiara Gnocchi : Un René Guillot inconnu : le romancier des années 1930
Olivier Maillart : Les ruptures de Georges Limbour
Francesca Lorandini : Relire Marcel Aymé
Teresa Manuela Lussone : Une oubliée sous les feux de la rampe : le cas Némirovsky
René Corona : Il y a Belle Lurette… Henri Calet… contre notre oubli
Fabrizio Impellizzeri : Maurice Sachs ou la chronique d’une exclusion
Henri Godard : Jean Malaquais, une étoile filante de la littérature
Grazia Tamburini : Jacques Decour, le visage oublié de la Résistance
Éric Dussert : De la gomme et de la perte d’adhérence dans les lettres françaises

Seuils poétiques
Trois poètes français traduits par trois poètes italiens. Avec une note sur la poésie d’un poète et traducteur français, sous la direction de Valerio Magrelli
Ce dossier se veut comme un hommage à la littérature française de la part d’un petit groupe de poètes italiens qui se sont particulièrement distingués dans l’exercice de la traduction. Il s’agit d'Antonella Anedda (qui a choisi un texte de René Char dédié à Georges Braque), Franco Buffoni (face aux vers de L’Albatros de Baudelaire) et Maurizio Cucchi (avec sa version d’un poème de Rimbaud, Au Cabaret-vert). Ces choix d’auteurs sont analysés avec attention par Simone Giusti. Le dossier se conclut avec une note de Valerio Magrelli sur la poésie de Bernard Simeone, disparu à Lyon le 13 juillet 2001 à quarante-quatre ans, et considéré comme un des plus importants « passeurs » entre les deux cultures. Valerio Magrelli Présentation
Antonella Anedda : Avec Braque, peut-être, on s’était dit... de Char
Franco Buffoni : L’Albatros de Baudelaire
Maurizio Cucchi : Au Cabaret-vert de Rimbaud
Simone Giusti : Trois poètes traducteurs de poètes
Valerio Magrelli : La poésie de Bernard Simeone

Le point sur Vincenzo De Santis, traduction et pornographie

Documents : Andrea Schellino : Lettres échangées entre Sainte-Beuve et Madame Aupick suivies du « dossier littéraire » sur Baudelaire par Sainte-Beuve
Anna Maria Scaiola, Lettres inédites de Pierre Loti à la princesse Mathilde Bonaparte et au comte Joseph Primoli

Aurélia Cervoni, Un compte rendu des Fleurs du mal dans le Courrier franco-italien du 9 juillet 1857

Relectures
Lionello Sozzi, La fonction de la littérature : culte du Moi et formation de l’opinion

lundi 12 décembre 2016

Les couvertures de notre siècle (21)

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Un récit plein d'esprit, par une femme perplexe.

"Le meilleure moyen d'éradiquer la mère parfaite, c'est de glandouiller. Le terme est important car il n'appelle à aucune espèce de réalisation, il est l'ennemi du mot concilier. Car si faire voeu d'inutilité est déjà courageux dans notre société, pour une mère, c'est la subversion absolue. Le jour où je refuse d'accompagner père et bébé à un déjeuner dominical pour traîner en pyjama toute la journée, je sens que je tiens quelque chose."



Amandine Dhée La Femme brouillon. — La Contre-Allée, 96 pages, 13 €


mercredi 7 décembre 2016

Crevel tout seul

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René Crevel est l’auteur des trente-quatre lettres inédites tout juste publiées par Alexandre Marc. Entre avril 1925 et l'été 1928, elles étaient destinées à Albert Flament (1877-1956), le critique littéraire et confident de Crevel, Caresse Crosby (1891-1970), jeune veuve et éditrice des Black Sun Press, ainsi que Jean Schlumberger (1877-1958), le co-fondateur de la NRF qu’on ne présente plus. Trois interlocuteurs et la même soif de contact, de confidences, de projets sans cesse renouvelés. Trois correspondances nimbées d’angoisse, parfois forte, qui émane de ces demandes incessantes de contact : « écrivez-moi », conclue-t-il ses lettres.
Son appel est si fort qu’il en est déchirant. René Crevel le confesse : « Je n’ai le courage d’aucune solitude. »

Mon cher Albert,
Ma vie ici est un quasi néant. Et c'est parce qu'il n'y plus rien à dire que ce silence entre mes amis et moi descend
Votre René



René Crevel La Sagesse n’est pas difficile. — La Nerthe, 114 pages, 12 €

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