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vendredi 9 mai 2008

Emile Reynaud a inventé le cinéma lui aussi

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Libraire d'ancien et ex-informaticien, Bernard Lonjon a donné il y a quelques mois un volume qui intéressera tous ceux qui se passionnent pour les inventeurs et pour l'histoire du cinéma. Ce volume illustré d'un fragment de film en couleur sur pellicule à trous permet de faire toute la lumière sur la personne d'Emile Reynaud(1844-1918), l'inventeur du praxinoscope et d'autres merveilles comme le film perforé.
Mais lorsqu'on parle à son sujet de lumière, c'est presque de la provocation...
A l'instar d'un Louis Ducos de Hauron, complice de Charles Cros dans l'invention de la photographie en couleur, Emile Reynaud n'avait pas encore eu droit à sa biographie ; la lacune est désormais comblée.
Du bon papa Reynaud à l'inventeur amer et défait, Bernard Lonjon offre un tour panoramique largement étayé de documents journalistiques et familiaux sur les activités de cet incroyable bonhomme qui finit, en 1910, par baisser les bras et qui, ruiné, détruisit ses oeuvres reposant sur pellicules très inflammables (il jeta ses films à la Seine...), mais également ses archives professionnelles afin, peut-être d'en préserver les secrets (les images animées en relief, par exemple). Il reste donc fort peu d'oeuvres, pistées néanmoins par le biographe.
A lire Lonjon, on reste un peu stupéfait du nombre d'améliorations et d'astuces que mit en oeuvre Reynaud au moment historique du glissement technologique de l'image fixe vers l'image animée et sonorisée. Et l'on verra, si l'on lit bien, que l'inventeur commit également au sujet de la sonorisation quelque avancée.
Bref, pour en savoir beaucoup plus sur l'archéologie scrupuleuse du cinéma, la biographie d'Emile Reynaud semble une pièce incontournable. On y voit d'ailleurs pourquoi s'effaça cette belle figure qui fit les beaux jours du Cercle Funambulesque de Paul Margueritte et du mime Raoul de Najac ou du Théâtre Optique du musée Grévin avec ses dessins animés — on voit du reste tous les fin-de-siècle dans ce livre. Emile Reynaud, inventeur hypereffervescent manqua souvent du bon gros capital qui permet tout et se trouva confronté parfois à la vilenie de copieurs comme les frères Lumière contre lesquels il eut le grand tort de ne pas porter l'estocade au moment où le droit de propriété industrielle le lui permettait.
C'est toute l'histoire du pot de terre et du pot de fer cette vie d'Emile Reynaud. Et pour les ignares — dont nous sommes — qui ignorent à peu près tout de l'histoire des techniques de l'image des années 1890-1910, c'est une solide mise à niveau.


Petit rappel : Bernard Lonjon avait précédemment livré un vie d'Edouard Gazanion, poète vellave à l'assaut de Montmartre.


Bernard LONJON Emile Reynaud, le véritable inventeur du cinéma. — Polignac, Editions du Roure, 232 p., 22 euros
Edouard Gazanion, poète vellave à l'assaut de Montmartre. — Polignac, Editions du Roure, 2004, 224 p.

Librairie A la Venvole
CR 100 Le Rebaut Bas
34500 BEZIERS
lonjonbernardATaol.com

dimanche 4 mai 2008

Rions un peu (des poètes)

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Une première version d'Amis de la poésie avait paru en feuilleton dans feue la Main de Singe et, déjà, on s'en était payé une tranche.
En volume, c'est bien pis. Emile Brami, bien connu pour ses ouvrages sur Louis-Ferdinand Céline et ses romans, ne nous avait pas habitués à de tels débordements malicieux. Sa goguenardise, affûtée à la fréquentation des Poëtes (prononcez poïètes), est d'autant plus efficace qu'il conserve sans faillir l'air de n'y pas toucher.
L'argument de son opus est simple : à la suite d'un malentendu, son narrateur est invité à participer au "salon littéraire" du château de Pontiac, organisé par une dame patronnesse, adepte de poésie contemporaine, qui rassemble chaque année en son castel du Sud-Ouest la fine fleur des poètes estampillés modernes : lettristes, bruitistes, formalistes mènent donc leur cirque en cercle confiné afin, croirait-on, de nous régaler de leurs vanités compilées.
Le fragment de Maurice Lemaître est authentique, les comportements grégaires décrits par notre moqueur le sont aussi.

En épigraphe, cet extrait d'une lettre de Jean-Patrick Manchette à Pierre Siniac :

Je crois tout platement qu'on a vraiment fait le tour des formes. Les gugusses modernistes ne font que réchauffer les restes de Céline, de Joyce, de Dada.


Amis de la poésie, ou les "formalistes" savent être aussi ridicules que les "lyriques".


Emile BRAMI Amis de la poésie... roman comique. — Paris, Fayard, 2008, 80 p. 8 euros.


Ses romans
Histoire de la poupée (Ecriture, 2000)
Art brut (Ecriture, 2001)
Le Manteau de la Vierge (Fayard, 2007)

Ses essais
Rigor Mortis (Ecriture, 2002)
Céline : Je ne suis pas assez méchant pour me donner en exemple (Ecriture, 2003)
Céline, Hergé et l'affaire Haddock (Ecriture, 2004)

Son DVD
Céline vivant (Montparnasse, 2007)

lundi 28 avril 2008

Les belles lettres (jubilé en art postal)

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Pour fêter la parution de la centième livraison de Regard, sa petite revue d'art, Marie Morel a fait la fête le 24 dernier à La Halle Saint Pierre, à Paris. Restés en notre île, nous avons raté l'occasion de la rencontrer ainsi que certains auteurs et artistes qui furent publiés dans son anthologie permanente de l'art à part. Néanmoins nous nous régalâmes des nouvelles pages qu'elle a composées.
Ce centième numéro historique reproduit en effet quelques-uns des plus somptueux courriers adressés à Marie Morel depuis le lancement de sa revue.
Imaginez un peu ce que peut récolter quelqu'un qui, comme Marie Morel, a semé intensivement au fil des ans...
C'est tout faux timbres et objets non conformes (os de poulet des postes, plume postale, cage à lettre en fil de fer postal, petite cuillère timbrée, etc.), compositions fantasques et couleurs éblouissantes, une succession de merveilles dont nous nous permettons d'extraire une image timbrée de Dominique Briffaut, là, plus bas.
Notez encore, ô nautes, que ce jubilé justifie aussi la parution d'une synthèse sous la forme d'une monographie de deux cents pages. Elle s'intitule Regard, Histoire d'une petite revue d'art et vous pouvez très aisément vous la procurer. A bon navigateur, salut.

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Regard, petite revue d'art
n° 100, avril 2008, 3 euros
01260 Le Petit Abergement

Regard, Histoire d'une petite revue d'art. — Le Petit Abergement, 2008, 200 p., 10 euros et 2 euros de port.

Prochaines expositions des oeuvres de Marie Morel au Musée Faure (Aix-Les-Bains) du 18 avril au 16 juin, mais aussi du 31 mai au 27 juin à la Galerie B. (Pont-Aven)

lundi 14 avril 2008

La Camargue, le marquis de Javon et le Sioux Jacob

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Un universitaire américain, Robert Zaretsky nous conte une drôle d'histoire où l'on voit un marquis, poète et éleveur de taureaux entreprenant, s'attacher à la sauvegarde de la Camargue, au prix de sa transformation.
Ce marquis de Javon se nommait aussi Folco de Baroncelli (1869-1943). Poète, et même félibre, il était né à Aix-en-Provence et consacra toute son énergie à maintenir la langue provençale auprès de Frédéric Mistral, avec lequel il fonda L'Aioli (1891-1932), avant de devenir le chef de la "nacioun gardiano".
De Baroncelli a peu écrit hors journalisme, mais on pourrait lire son Babali, nouvello prouvençalo, publié par J. Roumanille en 1890, puisque la traduction était livrée avec. Reste que ça n'est peut-être pas le Félibrige qui remua des montagnes mais la rencontre du Sioux Jacob White Eyes, membre du Wild West Show de Buffalo Bill, auquel le marquis assista lors de son passage dans le Midi.
Il n'en fallait pas plus pour réinventer la Camargue...
Yepee Hey.


Robert ZARETSKY Le Coq et le Taureau. Comment le marquis de Baroncelli a inventé la Camargue. Traduit par Cécile Hinze et David Gaussen. Préface de Sabine Barnicaud. — Marseille, Gaussen, 2008, illustrations in et hors texte, 20 euros


Notez encore que les Editions Gaussen font une double proposition aux lecteurs de l'Alamblog :
Pour l'achat du Coq & le Taureau, une plaquette signée du marquis de Baroncelli, Le Nom des Peaux-Rouges, vous sera offerte. Il s'agit d'une réflexion sur l'oppression des peuples minoritaires à travers l'éradication de leurs langues.
Dans un élégant format 104/148,5 mm, cousue, dos carré et collé, hors commerce et réservé aux souscripteurs... (Il n'y en aura pas pour tout le monde).

Et pour la réservation anticipée des quatre publications 2008 de la maison, une conséquente remise de 15 % vous sera faite. Les livres en question sont les suivants :
Claude Darras, Ateliers du Sud (24 peintres et plasticiens travaillant dans le Midi)
Eric Perruchot, Les Passeurs de la rue du Dragon (sur le couple Yvonne et Christian Zervos)
DJ Khéops (IAM) et Pierre-Yves Garcin La Bête du Gévaudan (collection "Musées de l'imaginaire")

Editions Gaussen
75 rue Sauveur Tobelem
13007 Marseille

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