L'Alamblog

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mercredi 3 juin 2009

La mort la Littérature (début XXIe siècle)

Tombeau.jpg Tombeau du roi Sakalava Babay



L’ambiance est si délétère, le sentiment de frustration si général que l’on voit fleurir partout des réflexions sur la mort de l’art, de la littérature, de la créativité - on ne prononce surtout plus le mot “décadence”, ça fait réac. Nous profitons de la mise en ligne de la 5e livraison d’LHT, revue universitaire en ligne, consacrée à la fin de la littérature pour en remettre une louche.
L’ensemble de la livraison est particulièrement intéressant. Depuis les trois textes historiques de Jacques Rivière (“La crise du concept de littérature”, 1924), Raymond Dumay (“Mort de la littérature”, 1950) et Jacques Etienne Ehrmann (“La mort de la littérature”, 1971) jusqu’à l’entretien avec Dominique Viart.

Sommaire
Alexandre Gefen : Ma fin est mon commencement : les discours critiques sur la fin de la littérature
Guillaume Artous-Bouvet : Versions d’un tombeau
Olivier Bessard-Banquy : Du déclin des lettres aujourd’hui
Stéphane Chaudier et Julian Négrel : Le Stabat Mater de Régis Jauffret : quel tombeau pour quelle littérature ?
Alexandru Matei : La perplexité devant la littérature
Mathilde Morantin : « Usages du roman pour une littérature usagée » : l’instrumentalisation du roman au service de la fin de la Littérature
Timothée Picard : La mélomanie porte-t-elle les écrivains à la « déclinologie » (et vice-versa) ?
Kôjin Karatani La fin de la littérature moderne
Dominique Viart Résistances de la Littérature contemporaine (entretien)
Enrique Vila-Matas : Les Dés des os des morts (fragments)

Notons encore ce fragment d’une synthèse assez juste d’Olivier Bessard-Banquy :

“il entre souvent, dans le discours des déclinologues, des arrière-pensées stratégiques (mieux vaut dénigrer ce qui existe si l’on veut valoriser sans le dire sa propre production). On peut surtout noter que cette vision noire de l’écrit s’explique par un amour pulsionnel de la littérature et une souffrance bien compréhensible devant le peu de cas que le monde contemporain en fait. Dans le discours alarmiste des prophètes du malheur, il faut voir en creux l’extraordinaire puissance des lettres pour ceux qui s’en nourrissent comme la difficulté de vivre dans une démocratie qui n’est pas plus active pour convaincre le plus grand nombre de la richesse ou de la splendeur des grands textes. Le discours sur le déclin des lettres est donc un discours sur le sens de la littérature dans la démocratie contemporaine. Aucun de ces sombres analystes ne part de l’idée que la démocratie en soi mène à l’extinction des humanités. Mais tous constatent dans les faits que la marchandisation de la culture débouche sur une quête délétère du marché de masse à l’évidence incompatible avec les visées élitistes de la littérature de création. Tous se rejoignent pour reconnaître à la littérature le pouvoir qui est le sien, permettre à celui qui s’en nourrit de se construire sa vision du monde, de s’humaniser en se plongeant dans des récits qui permettent de mieux saisir comment sont, comment pensent et comment vivent les autres. Mais tous constatent aussi que ce souci de s’humaniser, de s’approfondir, a été liquidé avec le culte de la performance de la société libérale. C’est finalement au cœur de ce triste constat que l’on doit voir une lueur d’espoir : puisque la littérature est la meilleure voie d’accès à un humanisme véritable, il ne fait pas de doute que tous les désenchantés du monde moderne et de la société marchande y verront longtemps le seul refuge possible pour lutter contre les sordides appels à consommer plus et penser moins en attendant la mort”


Voilà pourquoi nous nous permettons d’ajouter cette question, en attendant la camarde : Enrique Vila-Matas, malgré son aura de co-néo-Borges (partagée avec Alberto Manguel), n’est-il pas justement celui qui illustre le mieux la lassitude ? Que peut donc nous dire sa lente, ennuyeuse quoique roborative digestion de toute fiction ?
Alberto Manguel ou Vila-Matas et leurs séides (des exemples ?) n’incarnent-ils pas le paradoxe céciteux d’une époque de hauts cris néanmoins vouée aux Maxime Chattam, aux Fred Vargas, aux Marc Lévy ? Ils sont les plus vertueux, les plus cultivés, les plus livresques des écrivains du moment, les plus doués peut-être ou pas, mais ils semblent n’avoir qu’un rôle, ces vertueux : justifier le reste du bazar.

Petite piste en forme de note additionnelle
Le journal de l’interprofession des professionnels de la profession signale ceci : aux Etats-Unis (puisque tout ce qui prime doit être validé par l’expérience américaine), un mouvement se décèle qui prend de l’ampleur en France également depuis plusieurs années (sans que le journal susdit n’en parle bien fort) : l’autoédition. Le vilain mot… En 2008, l’autoédition américaine a produit plus que les maisons d’édition installées…
Ainsi, voici rassérénés les esprits exotiques éclairés (EEE), c’est-à-dire les esthètes à fort niveau d’indépendance - on regarde du côté des primates à paluches, par exemple - qui étaient déjà bien convaincus que la médiation des réseaux éditoriaux commerciaux ne sont plus une garantie, ni de qualité, ni d’intérêt, ni de pérennité. En somme, ce mouvement reposant sur l’autodétermination et sur un rejet net du toutégaletoutisme régnant, ainsi que des diktats d’une critique paumée, veule ou compromise avec la communication télochique et ses nervis (un exemple ?) va modifier la donne.
Alors, évidemment, pour faire le tri dans le monceau d’ouvrages joyeusement issus de zones de production incontrôlées, il faut et il faudra de l’audace, du nez, du savoir, de la sensibilité : où le Lautréamont du jour ? où le talent ?
C’est précisément là qu’on commence à rigoler.
Or le rire est le propre des vivants.
CQFD.

mercredi 20 mai 2009

Nicole Caligaris

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Nous n’avons pas parlé de Nicole Caligaris aussi souvent que nous l’aurions souhaité. Une curieuse “Place du mort” nous en offre l’occasion.
Cliquez, vous y êtes.

vendredi 20 mars 2009

Du Lérot s'affiche sur la toile

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Les éditions Du Lérot oeuvrent depuis 1982 en Charente, à Tusson, soit non loin de Bassac et autres lieux voués à l’encre d’imprimerie depuis plusieurs décennies. Leur site internet a ouvert récemment et c’est avec un grand plaisir autant qu’avec le sentiment des transmissions utiles que nous vous confions leur adresse.
Allez donc voir le catalogue de la maison : il fait peu de doutes que vous en développerez des appétits puissants. S’il faut attiser plus encore votre intérêt, voici quelques noms et quelques publications qui vont titiller les neurones de votre curiosité : nous nous arrêterions évidemment sur les noms d’Henri Simon Faure, très grand poète contemporain, de Maurice Ciantar, si nous disposions de plus de temps, et nous ajoutons ceux de Jules Vallès, André Léo, André Druelle, Henri Béraud, Zo d’Axa et des contemporains méritants tels que Eric Seebold ou Laurent Grisel.
Ne négligeons pas les revues Histoires littéraires ou l’Année Céline et le merveilleux Lérot rêveur, publication parmi les plus intempestives et achroniques du temps. C’est Jean-Paul Louis qui en est le pilote, et il sait décoiffer - se souvient-on de ses vacances au bord de la mer ? Allez donc voir Etudes de bigorneaux, ça paie.



Du Lérot éditeur
16140 Tusson



P. S. Jean-Paul Louis proposera sous peu, chez Gallimard, l’édition de la correspondance L.-F. Céline-Albert Paraz. On en espère mille joies, et autant de savoirs.

samedi 14 mars 2009

Nouvelles du front

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De très bonnes nouvelles sur le front de la littérature étrangère ce jour avec la création des éditions Le Bruit du temps, par Antoine Jaccottet, le fils du poète, et des éditions Perturbations, par Séverine Weiss, jeune éditrice et traductrice dont nous avons déjà parlé ici — elle dirige également la collection “Chaos” des éditions Isabelle Sauvage (nous en reparlerons le mois prochain).
De quoi remplir son panier de nouvelles traductions de Peter Weiss (L’Ombre du corps du cocher) — les éditions Perturbations s’intéressent aux expérimentateurs — ou de Robert Browning (L’Anneau et le livre) et d’Ossip Mandelstam (Le Timbre égyptien) — le Bruit du temps laboure les champs en jachère de grands auteurs.
Des débuts qui promettent.
Chapeau à nos deux bibliopoles.
Nous vous incitons à les acheter auprès des éditions Pertubations (contact@perturbations.net) ou en librairie pour leur donner un puissant coup de pouce.

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vendredi 13 février 2009

Le chameau qui rit (une image offerte par Christian Garcin)

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Une image dénichée par Christian Garcin sur le blog des Littératures d’extrême orient, où confesse-t-il, “on trouve parfois des trucs et des machins pas inintéressants”.

Commentaire que nous nous étions fait déjà après avoir constaté.

Mais ce chameau, hein… Et sur la muraille de Chine encore !


(Petit échauffement de la vanité : un bon commentaire de Louis Watt-Owen sur l’Alamblog ; en même temps des découvertes.)

jeudi 29 janvier 2009

En attendant la révolution...

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Sur le net, Radio L’Ombre

mercredi 14 janvier 2009

Les camps des Sokols selon Alexandre Pogoretsky

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Le Bibliophile russe, on l’a déjà dit ici, est un généreux blogmaster qui offre à rythme doux de partager ses trésors relatifs à l’immigation russe en France.

En ce moment, c’est la dissertation du cadet Alexandre Pogoretsky (1926-2005) qui nous passionne.
C’est un document des années 1936-1938.
L’enfant y raconte son séjour de vacances dans un camp russe des Sokols de Paris installé à Labenne Océan :

Il y a évidemment des lascars qui n’en foute (sic) pas une rame, et les autres pauvres bougres qui bossent comme des nègres. Enfin à neuf heures et demie tous se rassemblent et l’allumette craque, le feu pétille et les chants s’élèvent au ciel étoilé. “

lundi 22 décembre 2008

Le plus gros bosseur de la blogosphère (concours)

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Il nous semble temps de lancer le concours du PLUS GROS BOSSEUR de la blogosphère.



Nous, Préfet maritime, avons notre candidat

A vous de jouer.

dimanche 21 décembre 2008

Surprise toujours




Louis Watt-Owen n’est jamais de reste lorsqu’il s’agit de nous épater.
Encore une fois, la preuve : La Main de singe

dimanche 19 octobre 2008

Merd's Bar et autres livres de chiotte

cabanon.jpg NB Ce modèle est dépourvu de bibliothèque.



Christian Laucou, l'hardi meneur des éditions Fornax n'a pas hésité à entreprendre la bibliographie des livres qui composent sa bibliothèque de chiottes, de coins, de lieux (voir aussi la seconde page).
Il faut dire honnêtement qu'il existe, en dehors des périodes de rentrée littéraire où la matière abonde, et nous posons nos mots, des livres dont le sujet tourne autour du trou et des heures qu'on y passe.
Il nous souvient qu'Umberto Eco lui-même admettait dans le Nouvel Observateur, il y a bien dix ans (merci de ne pas râler, l'état de nos archives ne nous permet pas de retrouver les références exactes), que c'est avec le "trou du cul" (texto) qu'on lisait le mieux.
Et si l'on juge par les derniers suppléments littéraires de notre presse, l'assertion est exacte, quoique toute d'ambivalence.

En hommage à Bienvenu Merino et sa Diarrhée au Mexique, en hommage à Leo Lipski et son Piotrus, en hommage au Cabinet Portrait de Jean-Luc Benoziglio, nous signalons cette page bientôt historique.

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