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Les Vrais Coupe-Faim

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lundi 8 mai 2017

Le populisme en littérature

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Saluons en ce huit mai de repos le travail des éditions La Thébaïde qui proposent souvent des livres intéressants et des documents bien ficelés. Après les écrits de Magdeleine Paz, Jean Prévost ou Pierre Bost, c'est au tour de Léon Lemonnier (1890-1953), pédagogue à la Sorbonne de secouer sa gangue d'oubli grâce à François Ouellet qui lui taille un volume très illustratif.
Sous le titre de son Manifeste du Populisme, c'est la part idéologue/chef d'école de son personnage qui est mis ici en valeur, et non ses propres fictions. Il faudra avoir un jour le courage de s'y pencher, mais elles titrent tellement romans de moeurs à tendances sentimentales, autant dire qu'on ne s'est pas empressé d'y courir. Quant à ses biographies à la chaîne consacrées aux célébrités britanniques, elles sont probablement aussi désuètes que la plupart des biographies de cette époque qui en consommait des masses colossales. Passons, c'est le moteur du "populisme" littéraire qui importe aujourd'hui, c'est-à-dire lui-même et acolyte André Thérive (1891-1967), autre figure littéraire dont l'oeuvre a sombré corps et âme...
A la fin des années 1920, ils furent les fondateurs du courant « populiste » qu'ils tentèrent d'imposer. Et Thérive en avait les moyens puisqu'il prenait le poste de Paul Souday au Temps, place éminente, dominante d'où il est loisible de faire la pluie et le beau temps. Cependant, l'école littéraire de Thérive et Lemonnier ne prit pas bien et ne cristallisa qu'en un prix littéraire. Il fit date lors de sa première remise en désignant Eugène Dabit et son Hôtel du Nord en 1931 et c'est à la notoriété de ce dernier qu'il doit encore le fait que son souvenir ne soit pas complètement effacé. Le prix Populiste existe encore, on se demande pourquoi. Et comment. Mais il existe encore. Le milieu littéraire a de ces bizarreries parfois... Au-delà de ce nom assez mal venu à la fin des années 1920, le Populisme ne prit pas, d'autant que côté théorie, Lemonnier et Thérive y allait à la truelle en prenant le monde populaire comme décor plutôt que comme sujet. C'était Amélie Poulain avant l'heure, une tentative beaucoup trop candide à une époque où la vie politique bouillonnait, où, après 1917 et la Grande Guerre on imaginait mal la misère servir de seul décor pour des récits banals.
Le livre qui nous est servi aujourd'hui a le mérite de n'occulter aucune facette de ce "dossier" fugace de l'histoire littéraire. Le passage du Populisme s'écrit dignement et c'est une très bonne chose. Même si cette initiative de deux écrivains maladroits est arrivée à contretemps (Henry Poulaille allait occuper tout l'espace avec une "littérature prolétarienne" autrement plus étayée et relayée) — et sur une idéologie curieuse —, elle a le mérite de parler d'une époque où la question littéraire se vivait dans la prolongation de son passé glorieux d'écoles et de tendances, où la question littéraire ne se limitait pas à la photographie tout sourire des nouveaux impétrants coiffés pour l'occasion, où les chiffres de vente ne remplaçaient pas la question de l'art littéraire.
De quoi ?



Léon Lemonnier (et André Thérive) Manifeste du roman populiste et autres textes. Préface de François Ouellet. — La Thébaïde, 186 pages, 16 €

jeudi 13 avril 2017

Percy Fawcett et la civilisation amazonienne

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La cité perdue de Z... Elle en a fait couler de l'encre et s'évanouir dans la nature des explorateurs. Le plus célèbre d'entre eux, Percy Harrison Fawcett, a eu droit à plusieurs avatars, tout récemment encore puisque le livre de David Grann (2009) vient de voir sa version cinématographique paraître en France.
L'enquête de l'Américain reparaît en poche dans la foulée.
S'y raconte la vie aventureuse de l'Anglais Percy Fawcett, qui après un voyage topographie en Colombie était tombé raide dingue de la vie en forêt vierge, au point d'y retourner et de s'y perdre, corps et âme, à la recherche d'une civilisation dont il avait eu la démonstration en trouvant des poteries en pleine forêt... Une huitième et dernière expédition le conduisit à sa perte en 1925, et à celle de son fils, qui était parti avec lui. mais elle conforta sa mythologie au point que des expéditions partirent plus tard sur ses traces en espérant le retrouver, tout au moins des témoignages de son passage. Rien n'y fit, on perdit même les expéditions... Le fait que ses restes ne furent jamais découverts, non plus que celui de son fils et de ses partenaires, suscita beaucoup de rumeurs, de racontars et d'espoirs insensés... Avait-il atteint la cité de l'Atlantide qu'il cherchait ? douze expéditions successives se succédèrent en vain...
Cette obstination de la forêt à ne rien montrer et à ne rien rendre contribua naturellement à exciter les esprits. Un peu comme le triangle des Bermudes sans doute, ou l'Atlantide dont il se dit que, peut-être, c'est ce que cherchait au fond Fawcett. Bien entendu, ces "mondes perdus" eurent une influence conséquente sur l'imaginaire de son temps. Et sur le nôtre... Arthur Conan Doyle, qui se trouvait en relation avec Fawcett, se basa sur ses récits pour imaginer son roman Le Monde perdu. En 1911, Fawcett avait publié en effet le compte-rendu de ses premières explorations (la traduction a été rééditée chez Pygmalion). A l'instar du commandant Charcot ou Lawrence d'Arabie, Fawcett avait de quoi inspirer les apprentis rois du coupe-coupe. Il est devenu un élément majeur de la figure de l'aventurier-archéologue Indiana Jones. Et Allan Quatermain ne traîne pas ses bottes très loin.
Il y a quelques années, l'écrivain lyonnais Malek Abbou avait proposé une version de la fascination qu'un tel destin est de nature à exercer. Son livre s'intitulait Vies de Percy Harrison Fawcett, il était superbement sous-titré Du chien-tigre à double truffe aux lianes de l'illimité solaire. Malek Abbou concluait son livre en publiant une brèves de l'AFP... que vous découvrirez vous-mêmes. Nous n'allons pas gâcher le suspens.

Le curieux de toute cette magnifique histoire reste la découverte au début des années 2010, "grâce" aux effets dévastateurs de la déforestation amazonienne de plus de deux cents couloirs de circulation et canaux d'irrigation , ainsi que de poteries, justement...


David Grann La Cité perdue de Z. Une expédition légendaire au coeur de l'Amazonie. Traduit de l'américain par Marie-Hélène Sabard. - Paris, "Points", 432 pages, 7,95 €


Malek Abbou Vies de Percy Harrison Fawcett. Du chien-tigre à double truffe aux lianes de l'illimité solaire. - Perrières (Calvados), Impeccables, 2011, 40 pages, 12,50 €

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lundi 13 février 2017

Giacometti, les araignées et les éclats de couleur

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On se souvient du plaisir qu'avait constitué la parution des Ecrits d'Alberto Giacometti chez Hermann au début des années 1990. Voici que la maison, d'accord avec la fondation Alberto Giacometti, en publie une partie par fragments en quatre petits livres. On y retrouve des notes, des proses, des fruits d'entretien. C'est comme Giacometti, à la fois frais et fragile, audacieux et respectueux des formes.
On trouve en particulier Le Rêve, le sphinx et la mort de T. quelques pages assez intrigantes. Elles datent de l'époque où les surréalistes le poussent à mettre sur le papier ses rêves, assez élaborés. On trouve aussi ce que l'on peut appeler des ex voto et des credo, des programmes révolutionnaires de créateur, des poèmes parfois mono- ou bissyllabiques (Lulu) et cet étonnant "Eclat de sphère de la pomme d'or"

Eclat de sphère de la pomme d'or dans la lumière


Pieds de chaise, bois qui saute en éclat arraché
Respiration, dans la rue (avenue du Maine) en face du cinéma,
(les affiches de toutes les couleurs les plus violente)
un chien bas, bris, sale et frisé marche lentement le long du mur,
de l'autre côté deux yeux de lumière le regardent,
dans un manteau brun une femme passait au même moment derrière l'iris des yeux
mais il restait la dalle vide et grise,
dans la devanture du soleil la corbeille en paille tressée
les pas suivais sur le trottoir qui tourne dans la rue à côté,
l'autre toute ouverte en face, dans la neige sur une place le cou avance nouvelles bottine le doute à un mètre cinquante des pavés sur la verticale
l'horizontale, largeur des épaules 80.
mais le rire voilé qui fuit vite et disparaît devant nous à l'horizon son écho résonne immédiatement à l'oreille.



Alberto Giacometti Je fais certainement de la peinture - Paris, Hermann/Fondation Alberto Giacometti, 64 pages, 8 €
Notes sur les copies. - Paris, Hermann/Fondation Alberto Giacometti, 61 pages, 8 €
Le Rêve, le sphinx et la mort de T. - Paris, Hermann/Fondation Alberto Giacometti, 61 pages, 8 €
Pourquoi je suis sculpteur. - Paris, Hermann/Fondation Alberto Giacometti, 64 pages, 8 €


jeudi 9 février 2017

Petite Bibliographie lacunaire des éditions Bossard (fonds russe)

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Les éditions Bossard, déjà aperçus sur l'Alamblog pour leurs efforts engagés en faveur des écrivains oubliés, ont été également actives dans le domaine russe entre 1918 et 1929.
Rapidement concurrencées par la collection des Jeunes Russes chez Gallimard - ensemble peu dynamique qui existe jusqu'en 1938 et disparaît corps et âmes -, elle voit ses titres essentiellement basculer dans le catalogue de la rue Sébastien-Bottin. (Installée en 1923 43, rue Madame, la maison déménage est se trouve en 1925 au 140, boulevard Saint-Germain).
Deux collections se partagent chez Bossard les publications russe : la « Collection des textes intégraux de la littérature russe », dirigée par Henri Mongault (1888-1941), qui fait alors référence, et la « Collection historique de l'Institut d'études slaves ».
(Les éventuels compléments bibliographiques apparaîtront sur ce billet dans les jours qui viennent).

Catalogue
Pavel Nikolaevic Milioukov Le Mouvement intellectuel russe. Traduit du russe par J. W. Bienstock. — Paris, Bossard, 1918, 450 p.
Marc Slonim Le Bolchévisme vu par un Russe. — Paris, Bossard, 1921, 208 p.
Dmitri Mérejkowsky Le Règne de l'Antéchrist et autres textes. Traduits du russe. — Paris, Bossard, 1921, 263 p.
Dmitri Mérejkowsky Quatorze décembre. Traduit du russe, par Michel de Grammont. - Paris, Éditions Bossard, 1921, 418-(1).
Ivan Bounine Le Monsieur de San-Francisco. Traduit du russe, par Maurice. Avec un portrait de l'auteur, par Bakst. - Paris, éditions Bossard, 1922, 343 p.
Émile Haumant Le Problème de l'unité russe. - Paris, Bossard, 1922, 130 p.
Colonel Rézanof La IIIe Internationale communiste. Le "Komintern" Traduction du manuscrit russe. - Paris, Bossard, 1922, 127 p.
Ivan Bounine Le Village, roman traduit du russe par Maurice Parijanine. - Paris, Bossard, 1922. In-12, 292 p.
Dmitri Mérejkowsky Sur le chemin d'Emmaüs. Trad. du russe par M. Dumesnil de Gramont. - Paris, Bossard, 1922, 224 p.
__Dmitri Mérejkowsky. Le Mufle-roi. L'Avènement du cham''. Traduit du russe par Denis Roche. - Paris, Bossard, 1922, 223 p.
Dmitri Mérejkowsky Compagnons éternels, traduit du russe par MauriceParijanine. - Paris, éditions Bossard, 1922, 325 p.
Georges Grébenstchikov Les Tchouraïev, roman traduit du russe et préfacé par Henri Mongault. - Paris, Editions Bossard, 1922, 324 p.
Ivan Sergeïvitch Tougueniev Théâtre. Traduit du russe avec une introduction par Denis Roche. - Paris, Bossard, 1922-1923, 2 vol., 265 p., 235 p.
Alexandre Kouprine Le Duel, roman, traduit du russe par Henri Mongault, avec une postface écrite spécialement pour cette édition et une préface du traducteur. - Paris, Bossard, 1922, 333 p.
Jean Chuzeville Dmitri Mérejkowsky, esquisse de littérature russe. - Paris, Bossard, 1922, 75 p.
Fiodor Dostoïevski Les Frères Karamazov, trad. du russe par Henri Mongault et Marc Laval. - Paris, Bossard, 1923, 388 p. Constantin Balmont Visions solaires, trad. du russe avec une préface par Ludmila Savitzky. - Paris, Éditions Bossard, 1923, 338 p.
Zénaïde Hippius Le Pantin du diable, traduit du russe par Paul de Chèvremont. - Paris, Bossard, 1923, 285 p.
Fiodor Dostoïevski Les Frères Karamazov, roman en quatre parties et un épilogue. Traduit du russe, par Henri Mongault et Marc Laval. Seule traduction intégrale et conforme au texte russe. - Paris, éditions Bossard, 1923. 3 vol. 422 p., 388 p., 305 p.
Alexandre Kouprine La Fosse aux filles. Traduit du russe par Henri Mongault et L. Desormonts. - Paris, Bossard, 1923, 386 p.
Alexandre Kouprine Le caniche blanc et autres contes pour adolescents, traduit du russe par Henri Montgault, orné d'un portrait caricaturé de l'auteur par Don et de vignettes dessinées par Mme Lewitzka. - Paris, Bossard, 1924, 259 p.
Fiodor Dostoïevski Les Possédés, suivis de la confession de Stavroguine, seule traduction intégrale et conforme au texte russe, par Jean Chuzeville. - Paris, éditions Bossard, 1925, 3 vol., 343 p., 415 p., 420 p.
Léon Tolstoï Inédits. Le Mystère de Fédor Kouzmitch, dernier roman. Traduction de Georges d'Ostoya et Gustave Masson, - Paris, Bossard, 1925, 309 p.
Nicolas Gogol Les Aventures de Tchitchikov ou les âmes mortes, poème. Traduit, avec une introduction et des notes, par Henri Mongault. Seule traduction intégrale, conforme au texte russe, donnant l'historique de l'oeuvre, les principales variantes et les passages supprimés par la censure. Ouvrage accompagné d'un portrait de l'auteur et de quelques illustrations documentaires. - Paris, éditions Bossard, 1925, 2 vol., 437 p., p. 439 à 698.
Ivan Chmélov Garçon ! , roman traduit du russe par Henri Mongault. - Paris, Bossard, 1925, 293 p.
Dmitri Merejkowsky Le Roman de Léonard de Vinci. La Résurrection des dieux, traduction approuvée par l'auteur (intégrale et conforme au texte russe), par Dumesnil de Gramont . - Paris, éditions Bossard, 1926, 3 vol., p 1 à 308, p. 309 à 654, p. 655 à 950.
Georges Plékhanov Introduction à l'histoire sociale de la Russie. Traduite du russe en français par Mme Batault-Plékhanov. – Paris, éditions Bossard, 1926, XII-160 p. Collection historique de l'Institut d'études slaves (n° 3).
Fiodor Dostoëivski Mémoires écrits dans un souterrain, traduction intégrale et conforme au texte russe, traduit par Henri Mongault et Marc Laval. – Paris, éditions Bossard, 1926, 145 p.
Fiodor Dostoïevski Le Journal d'un écrivain. Traduction conforme au texte russe et annotée par Jean Chuzeville. - Paris, éditions Bossard, 1927, 3 vol. 360-384-411 p.
Dmitri Mérejkowsky Julien l'Apostat. La Mort des dieux. Traduction approuvée par l'auteur (intégrale et conforme au texte russe), par Henri Mongault. - Paris, Bossard, 1928, 468 p.
Dostoïevsky Un joueur. Notes d'hiver sur des impressions d'été. Traduction intégrale par Henri Mongault et Marc Laval. Avertissement et notes de Henri Mongault. - Paris, éditions Bossard, 1928, 408 p.
Léon Tolstoï Les Quatre livres de lecture, 1869-1872. Première traduction intégrale, avec introduction et notes, par Charles Salomon. - Paris, Bossard, 1928, 2 vol. LXXVI-552 p.
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Fyodor Sologoub Le Démon mesquin. Traduction de H. Pernot et L. Stahl. - Paris, Bossard, 1929.
Ivan Tourguéniev Mémoires d'un chasseur . Traduit du russe, avec une introduction et des notes, par Henri Mongault. Traduction intégrale et conforme au texte russe, accompagnée d'un portrait de l'auteur et de quelques illustrations documentaires. - Paris, Bossard, 1929.
Fiodor Dostoïevski L'Idiot. Roman en quatre parties. Traduit, présenté, annoté par Albert Rousset. Traduction intégrale et conforme au texte russe. - Paris, éditions Bossard, 1930, 2 vol. XI-574, p. 575 à 1095.
Fiodor Dostoïevski Crime et Châtiment. Roman en six parties et un épilogue. Première traduction intégrale et conforme au texte russe par Jean Chuzeville. - Paris, éditions Bossard, 1931, 2 vol. 481 p., p. 482 à 956.



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lundi 23 janvier 2017

Laissons croire que nous sommes simplement spirituels...

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"Laissons croire que nous sommes simplement spirituels"...
Voilà peut-être ce qu'était la méthode du Hongrois Dezső Kosztolányi (1885-1936Y), homme de presse et de littérature dont la chronique a retenu qu'il était l'enfant terrible de son pays. Poète, nouvelliste, romancier, satiriste aussi, Kosztolányi avait une tendance à cajoler le texte bref, déformation professionnelle du chroniqueur cloué à son marbre. Il avait aussi, et c'est plus que notable désormais, une souci de la langue qu'il employait et des effets de celle-ci.
Le recueil d'essais bref que publie Thierry Loisel aujourd'hui aux éditions Vagabonde permet de se faire une idée de ses pensées intimes sur le sujet, et ça n'est pas d'un mince intérêt puisque, au bout du compte, c'est son esthétique qu'il livre, son esthétique et sa vision politique du monde et des rapports humains, de l'inspiration, des étrangetés du comportement de l'Homme qui habite sa langue et la sent parfois étrangère (en particulier lorsqu'il revient au pays et qu'il lui faut remettre en branle sa langue maternelle).
On n'en finit pas de découvrir Kosztolányi et c'est une très bonne chose.

Une revue française adresse cette question mi-niaise mi-plaisante aux personnalités de la vie littéraire : quels sont, pour vous, les dix mots les plus beaux ? A cette question, on ne saurait répondre sérieusement. C'est comme si on nous demandait quelle est la plus belle note d'un piano.


Certains, alors qu’ils expriment des choses triviales, fumeuses et dépourvues d’intérêt avec médiocrité, confusion et de manière insipide, s’en consoleront en se disant qu’ils sont « profonds ». Nous autres, soyons modestes. Tout ce qui palpite en nous, ramenons-le à la surface lumineuse de notre esprit de manière à le rendre sensible et palpable comme la vie ; exprimons autant que possible ce qui est complexe avec simplicité, ce qui est obscur avec clarté, et laissons croire que nous sommes simplement spirituels.


Dezső Kosztolányi L'Âme et la langue, traduit du hongrois et préfacé par Thierry Loisel. Postface de Pierre Lafargue. — Marseille, Vagabonde, 160 pages, 16 €

samedi 24 décembre 2016

Bouffe et amarante

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Après le fesse-libris pour le moins... curieux de cette semaine, il nous a paru, depuis notre île, et l'on nous excusera cette courte vue, qu'une affiche publicitaire pour un magazine un peu grotesque, si ce n'est tout à fait con, ferait assez bien l'affaire.
En contre-point, et parce qu'on ne peut se laisser aller à la bêtise satisfaite sans manquer à notre dignité d'être humain, nous livrons le cadeau de saison que Christophe Macquet nous envoie d'Asie.
C'est "une petite strophe énigmatique du poète cambodgien krâm Ngoy pour passer Noël".


20. Ne foulez pas aux pieds
L'amarante « fiente de poulet »
Dans leurs paraboles, nos Aînés
Appelaient amarante
Deux, trois espèces de plantes
N'allez pas chier
Où vous avez mangé




jeudi 22 décembre 2016

Puisqu'on en est à parler de bons livres

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C'est Agathe Guillaume, libraire chez Millepages à Vincennes, qui avait été la première à le dire : Les Jeunes Constellations... "un premier roman qui se permet tout". Et elle avait parfaitement raison.

Nous profitons des fêtes pour rappeler à tous que c'est LE livre de 2016 qu'il faut avoir lu pour se procurer du plaisir.

Il est d'ailleurs encore temps de se le faire offrir.

Le père Noël fait une exception pour Les Jeunes Constellations de Rayas Richa.



Rayas Richa Les Jeunes Constellations. - Talence, L'Arbre vengeur, 2016, "L'Alambic", 223 pages, 18 €

dimanche 18 décembre 2016

La nuit aveuglante

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J'ai perdu l'habitude d'avoir peur dans le noir, et je ne crains jamais de perdre ma route. Tous les chemins mènent à mon désespoir.




André de Richaud La Nuit aveuglante (Robert Laffont, 1944 ; Robert Morel, 1966 ; "Bibliothèque Marabout", 1972, Grasset, "Cahiers rouges", Deyrolle, 1996 ; etc.).

La reliure éditeur présentée ici est celle des éditions Robert Morel, maquette d'Odette Ducarre. Une des plus ingénieuses reliure système du siècle dernier.


vendredi 18 novembre 2016

A quoi servent les visionnaires ?

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Aux bourrages de crâne les grands remèdes.

Lisez et relisez 1984 avant de mourir sans n'avoir jamais rien compris, ni à la vie politique, ni à la vie économique, ni à la vie pharmaceutique, ni à la vie électronique, ni à la vie chimique, ni à la vie télévisuelle, ni à la vie plastique, ni à la vie mercatique, etc.

Orwell ne l'a pas écrit pour les chiens.

A certains signes, tout le monde peut constater qu'il faut enfoncer le clou.


Naturellement vous allez trouver les références tout seuls, vous êtes des grands.

jeudi 27 octobre 2016

Les mots de Papier Machine

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Pour la revue Papier machine dont nous parlions il y a peu s'est concentré sur le mot "Coin" dans sa 4e livraisons. - En attendant l'à paraître "Oeuf". Auparavant, il y avait eu "Trappe", "Souffle" et "Manche", comme le prouvent ces couvertures.
Cela méritait d'être dit et montré.
A suivre.

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