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Les Vrais Coupe-Faim

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samedi 24 décembre 2016

Bouffe et amarante

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Après le fesse-libris pour le moins... curieux de cette semaine, il nous a paru, depuis notre île, et l'on nous excusera cette courte vue, qu'une affiche publicitaire pour un magazine un peu grotesque, si ce n'est tout à fait con, ferait assez bien l'affaire.
En contre-point, et parce qu'on ne peut se laisser aller à la bêtise satisfaite sans manquer à notre dignité d'être humain, nous livrons le cadeau de saison que Christophe Macquet nous envoie d'Asie.
C'est "une petite strophe énigmatique du poète cambodgien krâm Ngoy pour passer Noël".


20. Ne foulez pas aux pieds
L'amarante « fiente de poulet »
Dans leurs paraboles, nos Aînés
Appelaient amarante
Deux, trois espèces de plantes
N'allez pas chier
Où vous avez mangé




jeudi 22 décembre 2016

Puisqu'on en est à parler de bons livres

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C'est Agathe Guillaume, libraire chez Millepages à Vincennes, qui avait été la première à le dire : Les Jeunes Constellations... "un premier roman qui se permet tout". Et elle avait parfaitement raison.

Nous profitons des fêtes pour rappeler à tous que c'est LE livre de 2016 qu'il faut avoir lu pour se procurer du plaisir.

Il est d'ailleurs encore temps de se le faire offrir.

Le père Noël fait une exception pour Les Jeunes Constellations de Rayas Richa.



Rayas Richa Les Jeunes Constellations. - Talence, L'Arbre vengeur, 2016, "L'Alambic", 223 pages, 18 €

dimanche 18 décembre 2016

La nuit aveuglante

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J'ai perdu l'habitude d'avoir peur dans le noir, et je ne crains jamais de perdre ma route. Tous les chemins mènent à mon désespoir.




André de Richaud La Nuit aveuglante (Robert Laffont, 1944 ; Robert Morel, 1966 ; "Bibliothèque Marabout", 1972, Grasset, "Cahiers rouges", Deyrolle, 1996 ; etc.).

La reliure éditeur présentée ici est celle des éditions Robert Morel, maquette d'Odette Ducarre. Une des plus ingénieuses reliure système du siècle dernier.


vendredi 18 novembre 2016

A quoi servent les visionnaires ?

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Aux bourrages de crâne les grands remèdes.

Lisez et relisez 1984 avant de mourir sans n'avoir jamais rien compris, ni à la vie politique, ni à la vie économique, ni à la vie pharmaceutique, ni à la vie électronique, ni à la vie chimique, ni à la vie télévisuelle, ni à la vie plastique, ni à la vie mercatique, etc.

Orwell ne l'a pas écrit pour les chiens.

A certains signes, tout le monde peut constater qu'il faut enfoncer le clou.


Naturellement vous allez trouver les références tout seuls, vous êtes des grands.

jeudi 27 octobre 2016

Les mots de Papier Machine

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Pour la revue Papier machine dont nous parlions il y a peu s'est concentré sur le mot "Coin" dans sa 4e livraisons. - En attendant l'à paraître "Oeuf". Auparavant, il y avait eu "Trappe", "Souffle" et "Manche", comme le prouvent ces couvertures.
Cela méritait d'être dit et montré.
A suivre.

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jeudi 20 octobre 2016

Paris ruinée une nouvelle fois

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Excellent travail de l'acharné Jean-Luc Buard : il a déniché en se basant sur le seul hasard (on prend Gallica, un périodique et on pioche les yeux fermés), une annonce de procès assez curieuse pour lui permettre de trouver la pièce oubliée d'une thématique littéraire fort prisée : Paris en ruine. On se souvient que dix-huit ans avant la mise à bas de l’Ancien régime, l’utopiste Louis-Sébastien Mercier (1740-1814) avait le premier usé de ce ressort destiné à exciter l’imagination prospective de ses contemporains. Concluant L’An 2440, rêve s’il en fut jamais (1771) par une évocation des décombres de Versailles, il forgeait une figure qui allait beaucoup servir durant le siècle suivant. Il y eut (extrait de la liste) Joseph Méry et "Les Ruines de Paris", Alfred Franklin et "Les Ruines de Paris en 4908" (réédition L'Arbre vengeur), Hippolyte Mettais et "L’An 5865 ou Paris dans quatre mille ans" (1865), Théophile Gautier et sa « Visite aux ruines » (été 1871), Henriot et Paris en l’an 3000 (1912, réédition Phébus), on en passe et, beaucoup plus proches de nous, J.-P. A. Bernard, "Les Deux Paris" (2001), sans oublier Giovanni Macchia, "Paris en ruines" (1988) et la somme des textes référencés par Marc Madouraud en 1994 et Philippe Ethuin dernièrement.
Dans tous ces travaux, il faudra donc ajouter une ligne pour 1822 et le texte de Félix Bodin (1795-1837), "Paris en 5839 (songe)", dont le pouvoir avait tenté de faire taire le récit lors de sa publication dans Le Miroir. C'est Le Constitutionnel du 9 octobre qui évoquait l'affaire (éteinte par la justice qui renvoie les plaignants sans qu'ils aient l'occasion de griffer leur proie) et le dossier est désormais publié qui montre combien les censeurs n'avaient pas apprécié les sous-entendus d'une anticipation de trois ou quatre feuillets...
Peur de la prophétie autocréatrice ? Déjà ?
Le plaisant de l'affaire est que Le Constitutionnel se faisait un malin plaisir de relater par le menu les propos incriminés, citant complaisamment le texte de Bodin, lui assurant de fait une excellente promotion. Sacrés journaux.
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Quoi qu'il en soit, c'est une excellente raison de relire Félix Bodin, l'auteur avec son ami Gérard de Nerval de la Complainte de la mort de haut et puissant seigneur le Droit d'aînesse, déconfit au Luxembourg, faubourg S.-Germain, et enterré dans toute la France en l'an de grâce 1826, accompagnée de notes... et précédée d'une préface, par Cadet Roussel et une société de publicistes, jurisconsultes et gens de lettres...


Félix Bodin Paris en 5839 (Songe). — "Les Cahiers archéobibliopgraphiques", 24 pages, H.C.

mercredi 19 octobre 2016

Plus que quatre jours

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Adeptes du financement participatif, n'oubliez pas que le projet Regen Box a besoin de votre soutien : il s'agit de permettre la mise en œuvre d'un petit appareil qui permettde réutiliser vos piles jetables jusqu'à vingt fois !

Ce projet est soutenu par Paléo-Énergétique
Soyez de l'avenir.

Soyez technofilous.

jeudi 6 octobre 2016

La paix selon Charles Flahault

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A ceux qui doutent de l'avenir, aux décourages, aux attristés, - la vie a pour tous ses heures de douleur, - je dis volontiers : Étudiez la vie dans la nature ! Voyez s'épanouir les bourgeons et les fleurs ! Voyez l'insecte qui butine ou qui dévore ! Ne demandez pas aux livres la réponse aux problèmes que vous découvrirez ! Regardez, observez, cherchez à saisir par vous-même l'harmonie de la nature ; elle vous récompensera largement de vos premiers efforts ; et pour peu que vous lui donniez vos loisirs, elle vous vaudra des joies toujours plus grandes ; vous comprendrez alors que nous aimions la solitude des montagnes, que les préoccupations et les plaisirs des cités nous laissent insensibles ; vous comprendrez nos passions ; vous saurez d'où nous vient la paix ! Et peut-être en viendrez-vous, après tnat d'autres, à proclamer l'incomparable symphonie de la nature et de la vie. Et, vous aussi, vous jouirez d'une grande paix.



Charles Flahault Introduction à La Flore de la France, de la Corse et des contrées limitrophes de l'Abbé H. Coste, 1900.

mardi 4 octobre 2016

Le GPS du livre (Pour n'en pas finir avec une technologie inouïe)

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Propos de saison : le GPS du livre.

Des propos de saison, il en vient lorsque la fraîcheur s'abat sur la terre et que les sous-bois répandent des senteurs de champignon.
Dans les villes, tandis que partout s'activent les promoteurs du fluide informatique et du "contenu" coulant, tandis que s'enferrent parmi eux les promoteurs de la tablette et de l'e-truc (book, pub, etc.), l'Alamblog souhaite avant d'en dire un jour plus long sur un sien projet qui verra le jour au printemps 2018, préciser sa position sur un point spécifique de la doxa numérique qui, depuis plusieurs lustres maintenant, lui tanne doucement le cuir.
Qu'il a sensible.
En particulier lorsque l'on tente de lui faire prendre des vessies pour des raku.
Cela concerne le livre sous sa forme commune de codex, celle qui nous entoure généralement et dont on voudrait nous faire croire qu'elle pourrait être, un jour, effacé par le livre numérique.
Outre que cette proposition est grotesque, elle ne peut être le fruit que d'esprits aux visées idéologiques, ou de gens mal avisés pour ne pas saisir l'évidence (1).
Nous allons tout d'abord reprendre l'explication simple d'Umberto Eco pour planter le décor.
En effet, Umberto Eco avait une prédilection pour l'analogie de la cuillère (2) : objet à la technologie aboutie, indépassée, même si une technologie concurrente, la baguette, coexiste, Eco expliquait qu'un codex au même titre qu'une cuillère — ou qu'une fourchette — était le fruit d'une technologie aboutie et correspondant précisément à un "usage", qu'elle était donc indétrônable (3).
C'est simple.
Même un critique peut comprendre.
Un critique qui se la pète geek aussi.
Dans le cas de la roue, de la fourchette ou du livre, ne cherchez donc pas : la fourchette électronique n'existera pas plus que le codex électronique - et je ne parle pas là du livre d'artiste qui intègre déjà, comme le livre pour enfants, puces ou fichiers sonores, graphiques, etc.
Et pourquoi donc le codex n'est pas remplaçable ?
Et bien parce que.
Et en particulier parce qu'on ne peut pas disqualifier une technologie adaptée à ses usages.
C'est une principe technico-anthropologique de base.
On voudrait que l'on ne pourrait point.
C'est comme ça.
La générosité étant une pierre de touche de la civilisation de l'île du Préfet maritime, l'autre étant la sieste, nous allons vous expliquer tout ça derechef (après vous avoir donné en (4) un néologisme très utile dans le cas qui nous occupe) : en fait, la grande réussite du codex, au-delà de ses capacités de résistance et de stockage, disons donc plutôt l'une de ses grandes réussites, involontaire celle-ci, réside dans sa faculté unique à permettre à l'être humain une topographie mémorielle très précise. Et même très très précise...
Cela repose sur la mise en œuvre de ce que l'on peut appeler le "GPS du livre".
Et qu'est-ce donc que le "GPS du livre", me direz-vous ? La faculté n'en a pas parlé ! Les historiens du livre n'ont pas traqué l'espèce !
Très simplement, ce "GPS du livre" est l'outil inné, apporté en toute innocence par les inventeurs du codex comme une prime fonctionnelle inestimable, qui permet la conjonction de plusieurs organes et objets, lesquels offrent une triangulation inouïe et manifestement radicale dans la formation de la mémoire.
De fait, vous allez constater son effet sur vous-même lorsque je vous aurais dit ceci : l'Homme parvient à se souvenir à des décennies de distance de l'endroit où se trouvait la note concernant bidule dans le livre qu'il lisait à quinze ans, ou l'image de la page sur Carthage de Tout l'Univers qu'il avait en main à l'âge de dix. (Et il n'avait pas encore lu Salammbô, le bougre).
Cela n'arrivera jamais dans le cas de la tablette, et du texte électronique mis — assez maladroitement reconnaîtront les typographes — "en page" sous le nom d'e-pub ou d'e-book.
La triangulation du cerveau, de l’œil et de la pulpe du pouce permet donc grâce à ce mystérieux GPS et à la forme du codex ce travail magnifique du cerveau.
Et qu'est ce GPS ?
Très simplement, c'est l'épaisseur du livre, donc sa tranche.
Oui, vous avez bien lu : la conjonction de la tranche répartie aux confins de la page de gauche et aux confins de la "belle page" permet de stocker sans effort des données apparemment inutiles et cependant capitales.
Voici ce qu'est le GPS du livre selon le Préfet maritime.
D'où l'importance de cette notion d'ouvrage "pagineux" : l'épaisseur du livre constitue aussi le livre.
En ce qui concerne la lecture papier/écran, les spécialistes des sciences cognitives arrivent tous aujourd'hui au constat que faisaient déjà entre 1992 et 1999 ceux qui s'intéressaient à la question de la numérisation des livres, des textes et qui avaient déjà pu argumenter l'évidente résistance du modèle codex. Face à la déferlante médiatique des tenants du "progrès" numériques et d'experts à la mie de pain aussi vite disparus que les entreprises innovantes qu'ils inspiraient, le discours méthodique fut inaudible. Depuis, Alain Giffard du groupe "Ars Industrialis" (5) a travaillé la notion de la "lecture pour soi" (pendant que Jean Bollack prônait la "lecture insistante" pour l'analyse des textes).
Tout est dit : la tablette pour les lectures éphémères, comme la presse l'a très bien compris, le codex pour la lecture qui insiste, pour la lecture qui a besoin d'accueillir le lecteur afin qu'il soit en capacité de mettre en œuvre ses incroyables ressources.
C'est au prix de ce distinguo bien compris que l'on cessera de diffuser des inepties idéologiquement contestables et anthropologiquement fausses. Oui la tablette permet de lire vite, en diagonale même, des écrits dont on n'a pas besoin de se souvenir longtemps.
Non le codex ne cèdera pas un pouce de son terrain.
Les lecteurs qui ne sont pas des ânes le savent bien qui boudent les e-books et jouent sur leurs tablettes plutôt que de découvrir les nouveautés de la rentrée ou d'y lire Rabelais.
C'est ainsi que le codex est grand.
L'être humain un peu aussi.

C'était le GPS du livre, par le Préfet maritime.





Notes
(1) Le paradoxe est que l'évidence de la pertinence du codex crève les yeux au point que chaque lecteur, dans son lit, à la plage ou dans le métro, sait bien, lui, avec ses simples paumes de lecteur, que ces propos tiennent de l'erreur, si ce n'est de la bêtise, pour ne pas parler dans certains cas de malhonnêteté intellectuelle à visée carriériste.

(2) Nous utilisons plutôt celle de la fourchette.

(3) Malicieux qu'il était, Il disait aussi au Nouvel Obs dans les années 1990 (ou 2000 ?) que c'est avec "le trou du cul" que l'on lit le mieux, phénomène qu'il expliquait, en l'illustrant avec la lecture de cabinet - ou de chiottes s'il l'on n'est pas pudibond -, par le rapport entre les matières entrantes et sortantes. Après tout, Bernard Pivot ne nous a jamais rien appris d'autre en dégueulant ses commentaires petit-bourgeois sur ce qui le dépassait (il a toujours préféré le fouteballe et le beaujolpif et confondrait Henri Simon Faure et César s'il les croisait). (Henri qui ?).

(4) Comme nous allons en profiter pour expliciter gratuitement (dans tous les sens du terme), ce néologisme qui a fait florès chez les bibliothéconomes : "pagineux". En effet, dans le cadre de ses activités numériques, le Préfet s'est autorisé, pour des raisons pratiques et fonctionnelles, le néologisme de "pagineux", mot qui sert désormais à désigner un livre riche en pages, lequel n'est pas forcément plus épais qu'un livre moins pagineux mais composé d'éléments plus épais, donc plus volumineux.

(5) Ars industrialis (« Association internationale pour une politique industrielle des technologies de l'esprit ») : Bernard Stiegler, Alain Giffard et Christian Fauré, Pour en finir avec la mécroissance. - Paris, Flammarion, 2009.

samedi 1 octobre 2016

Bog sort de chez lui

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Le mercredi 16 août 1939, "Bog" est logé par les roussins.
Son vol de "L'Indifférent" de Watteau au Louvre n'est pas passé inaperçu...
Paris-Journal publie son portrait avec plusieurs commentaires assez drôles, et notamment sa sortie à un badaud au moment même du vol :

— j'emporte ce tableau pour travailler.
— Comment ? vous travaillez même le dimanche ?

Chez nous, comme on voit, le génie court les rues.
Ce sacré Bog, qui se nourrit de cafés et de sandwichs pour l'amour de l'art, n'avait pas fini d'en faire. On retrouve ses aventures dans ses souvenirs, magnifiquement écrits, même si les ineptes Bernard Pivot et la Luc Lang y ont trouvé à redire. Comme disait Dubuffet, l'art est toujours où on ne l'attend pas. "Bog" y écrivait ceci :

J'ai été roi. Un tout petit, un roi-morpion, mais roi quand même. La preuve ? Pendant plus de vingt ans j'ai battu monnaie, privilège royal, comme on le sait.


Paris-soir poursuivait le récit de son aventure de 1939 le 12 décembre suivant :

La Cour d'Appel a doublé la peine de « Bog », le voleur de « L'Indifférent »

Trop parler nuit, dit-on, trop protester contre les jugements des tribunaux aussi. Cette amère réflexion doit hanter l'esprit de Serge Bogousslavsky, le voleur de « l'Indifférent ».




Timour-Sergueï Bogousslavski La Morue de Brixton. — Arléa, 1998, 460 pages, 23 €


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