L'Alamblog

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vendredi 25 août 2017

Sigurd Wendland expose


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Sigurd Wendland expose à Zürich, à l'Aquarium-Galerie (Max Frisch Kunst Bad, Letzigraben, Edelweisstrasse 5) jusqu'au 17 septembre. En prime, des oeuvres de Gabriel Magos.



mercredi 23 août 2017

Jubilé Marcel Schwob

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Marcel Schwob est né il y a tout juste cent cinquante ans, le 23 août 1867.
Pour l'occasion ses amis montrent un étonnant portrait inconnu dont ils cherchent l'original. C'est une toile de Jean Veber de 1893.
Toute information sera bonne à transmettre à l'adresse suivante : societe.marcel.schwob@gmail.com



mardi 1 août 2017

Petit manuel de la ville d'eau par André Dahl

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Voici les vacances !

Petit manuel de la ville d'eau

Indispensable à ceux qui y vont (pour s'y préparer), à ceux qui n'y vont pas (pour s'en consoler).

Demande. - Qu'est-ce qu'une ville d'eau ?
Réponse. - Une ville d'eau, c'est un robinet par lequel arrive de l'eau. Autour de ce robinet, il y a un grand crachoir qu'on appelle la buvette ; autour de la buvette, un grand bâtiment, mi-palais, mi-hôpital, qu'on appelle l'établissement thermal ; autour de l'établissement des docteurs ; autour des docteurs, de grands hôtels ; et dans les hôtels, de pauvres bougres qu'on appelle les baigneurs.
D. — Tout cela ne fait pas une ville ?
R. — Pardon ! J'oubliais... Il y a encore le magasin des souvenirs du pays, le bureau des autos-cars avec le plan en relief de la région, le casino et surtout la gare.
D. — Pourquoi : "surtout la gare" ?
R. — Parce que c'est le monument le plus important. On y va quatre fois par jour pour voir la tête des gens qui arrivent, pour attendre les journaux de Paris, pour regarder d'un oeil jaloux les rescapés qui s'en vont et pour digérer le repas du soir. Les baigneurs s'approchent des grilles, comme les bêtes dans les ménageries ; ils voudraient bien partir. Mais on les tient enfermés pour vingt-et-un jour.
D. — Qui ?
R. — Les docteurs ! Ce sont les seigneurs féodaux de la ville d'eau. Leurs noms sont affichés dans les hôtels, comme dans les chambrées la liste des officiers supérieurs. Ils habitent de belles villas avec de grandes plaques de cuivre qui brillent au soleil.
Attiré par l'éclat, le baigneur ouvre la porte ; il est dans le salon d'attente où des journaux de 1910 le rajeunissement déjà de dix ans. Le voici dans le cabinet du médecin, il s'assied... C'en est fait de lui ! Le docteur le fait déshabiller pour regarder l'adresse de son tailleur et savoir ainsi les honoraires qu'il pourra demander. Il lui trouve, après, vingt maladies que les sources guériront. Il rédige une longue ordonnance. Le baigneur s'en va content ; il n'a plus une minute à perdre. De course en source, tout son temps est pris.
D. — Entrez dans les détails.
R. — Il y faudrait des jours et des jours !
C'est le verre qu'il faut acheter, le peignoir-éponge, le bol à gargarisme, les pantoufles à piscine, le gant de flanelle, le bonnet de caoutchouc, l'écharpe pour la gorge, le molleton pour les reins, le taffetas pour le nombril et le linoleum pour les fesses, la canule spéciale, le cure-oreilles gradué et la brosse nasale. Tout ce que l'imagination de Diafoirus peut concevoir, tout ce que la crédulité d'Argent peut accepter, le baigneur doit se le procurer sans délai.
D. — Du mois, se senti-il soulagé ?
R. — Oui. Il est soulagé immédiatement d'un beau billet de cent francs. Après, il doit songer aux cartes.
D. — Quelles cartes ?
R. — Toutes les cartes. Dans la ville d'eau, les cartes sont indispensables : cartes d'abonnement à la buvette, aux douches, au casino, aux chaises du parc et à la pêche à la ligne ; cartes postales pour faire croire aux amis qu'on s'amuse dans le pays ; cartes au 1/320.000e pour voir à quel endroit exact le sentier pointillé se perd dans les bouses de vaches, et, enfin, cartes à jouer.
D. — Ces dernières ne sont peut-être pas très tuiles ?
R. — Elle sont indispensables. Seules, elles peuvent sauver le baigneur. Grâce à elles, il peut perdre dès le premier soir tout l'argent avec lequel il devait vivre pendant vingt-et-un jours. Alors, il rentre chez lui le lendemain, complètement guéri.
D. — La ville d'eau l'aurait peut-être guéri plus sûrement ?
R. — Non. La ville d'eau ne guérit pas ! Les docteurs le savent bien. Ils vous préviennent : "Vous savez ! Vous n'en sentirez les heureux effets que l'hiver prochain ! " Parbleu ! Ils s'en fichent ; l'hiver prochain, ils ne seront pas là pour y voir.
D. — Mais que mettre à la place ?
R. — Que mettre à la place ? Mais, monsieur, sommes-nous en France, oui ou non ? C'est bien simple ; Une ville de VIN ! Un Lyonnais de génie n'aura-t-il pas cette idée de créer une station où, pendant vingt-et-un jours, on fera une cure de bonne chère, avec buvette de Beaujolais, d'Anjou et de Pouilly ? Où les poulardes, les écrevisses, les truffes et les grillades à point redonneront aux malades le goût de vivre ! Où le costume ample et simple sera de rigueur ! Et où, surtout, les médecins ne pourront pas séjourner plus de deux heures ! Car, regardez-les ! Ils n'en boivent jamais, eux, des eaux ! C'est qu'ils savent que les Thermes, les Thermes qu'ils ont inventés, ne sont trop souvent que les termes... de la vie des clients.

André Dahl.

Le Merle blanc, 1er juillet 1922.


Et aussi : André Dahl Le Soleil ne se leva pas. — Talence, L'Arbre vengeur, collection Exhumarante, 2017.

mercredi 19 juillet 2017

Chez Maurice Beaubourg (1924)

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En guise d'apéritif à une prochaine réédition de deux ouvrages de Maurice Beaubourg (informations plus riches cet automne), cette petite visite au "méconnu" d'alors...


Chez Maurice Beaubourg, lauréat du « Prix des Méconnus »

« Dans le train qui me ramenait à Paris, j’eus le temps dé réfléchir sur le cas de Maurice Beaubourg. Pourquoi cet écrivain était-il méconnu ? Sans doute était-il resté durant toute sa vie à l’écart des combinaisons de la vie littéraire s’était-il abstenu de toutes ces démarches que l’on dit nécessaires, peut-être même de toute ambition. Cet homme qui tous les matins depuis trente ans, s’installe à sa table de travail, couvre d’une écriture appliquée des feuilles qu’il déchire comme Mirbeau, s’il y fait la moindre rature, a toujours été de son époque, mais n’a guère songé à la nôtre.
« En effet, nous avons maintenant perdu toute pitié et tout indulgence pour ces petits boutiquiers, ces gros petits potards ventripotent, ces petites dames à yeux perdus à bouche en espoir de boule de gomme qui prenaient la ligne de Vincennes parce qu’il s’y trouvait plus de tunnels que sur les autres, et qu’il s’est plu à décrire.
Les « canotiers » qui, le dimanche, fuyaient la capitale, ces parisiens promus banlieusards, ces employés en costumes d’alpaga accompagnés de femmes chapeaux fleuris, ou ces ménages qui se rendaient en tandem à la Grenouillère, ne nous intéressent plus. Toutes ces passions politiques aussi qui troublaient le silence des chefs-lieux de cantons, ces luttes religieuses aujourd’hui éteintes appartiennent pour nous à la préhistoire. C’est ce qui fait que certains contes de Beaubourg datent comme ces photographies que l’on retrouve dans un album de famille. Mais il ne faut pas se laisser rebuter par quelques chapeaux « Niniche » ou les culottes de cyclistes qui faisaient le bonheur des jeunes femmes d’autrefois. Dans vingt ans l’on reprendra Beaubourg… les modes, d’il y a 50 ans nous paraissent moins ridicules que celles de l’année dernière. L’on découvrira alors que sous cette ironie à laquelle il n’a jamais manqué de faire droit, se déruise la plus fine sensibilité, qu’il a non seulement mis à nu l’âme du bourgeois de 1900 mais celle des hommes en proie depuis toujours à cette quotidienne que livrent dans leur vie la réalité et le rêve.
(…) Le jury du prix des méconnus ne s’est pas trompé : Beaubourg aura sa place dans la littérature contemporaine à côté de Jules Renard et de Maupassant. Les toiles de banlieue et les bals puvlics de Renoir ne son-elles pas entrées dans l’immortalité au même titre que les bergères de Watteau ?

Jacques Guenne.

Nouvelles littéraires, 1er octobre 1927

mercredi 7 juin 2017

Gaston Criel promu par Miller

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A propos de La Grande Foutaise, l'excellent roman de Gaston Criel, Henry Miller écrivait ceci dans Arts sous la forme d'une lettre à l'auteur :

"Il m'a donné l'impression de revivre ma propre vie, à New York, à Paris ou dans un de ces culs-de-sac abandonnés de Dieu, où on se retrouve quand on est inconnu, méconnu et indésirable, et quand on ne sait pas soi-même ce qu'on demande à la vie, à part le vivre et le couvert. (...) Quant au langage dans lequel l'histoire est contée, quel autre langage pourrait-on choisir, j'aimerais le savoir ? C'est un langage vivant, plein de mordant et des sortilège de la misère qui l'a produit.




Gaston Criel La Grande Foutaise. - Paris, Fasquelle, 1953 ; réédition Plasma, 1979.

Les éditions du Sonneur annoncent pour la rentrée une nouvelle édition de L'Os quotidien de Gaston Criel équipée d'une préface de Jacques Josse, n'est-ce pas parfait ?



dimanche 30 avril 2017

Se casser les dents

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Pour saluer la situation politique du moment, ce magnifique ex libris dessiné pour Josef Klüber (1873-1936) par l'Allemand Willi Geiger (1875-1971), qui n'ignorait rien de l'Expressionnisme.
Il fut d'ailleurs classé par les nazis parmi les artistes "dégénérés" et mis à l'index.
Il survécut à la guerre et consacra dix planches ravageuses à Hitler et à ses sbires en 1947 sous le titre d'Eine Abrechnung.
Son travail dans le monde de l'édition le place parmi les premiers graphistes du siècle dernier.
Louons l'art de ce peintre et graveur magnifique que les fascistes n'ont pu empêcher de créer.



samedi 1 avril 2017

Les couvertures de notre siècle (25)

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Gaspard Delanoë Autoportrait (remake). — Paris, Plein Jour, "Les Invraisemblables", 2017. Couverture de Stéfani de Loppinot.



samedi 11 mars 2017

Les couvertures de notre siècle (24)

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Blaise Cendrars The Bloody Hand. Préface by Nicolas Beaupré. Translation by Graham macLachlan. — Pont-Aven, Vagamundo, 2017, 382 pages, 39 €.



lundi 26 décembre 2016

Digestion



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dimanche 25 décembre 2016

Promo d'Henry Poulaille

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Henry Poulaille, le spécialiste des noëls anciens méritait bien d'apparaître ce jour.



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