L'Alamblog

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dimanche 30 avril 2017

Se casser les dents

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Pour saluer la situation politique du moment, ce magnifique ex libris dessiné pour Josef Klüber (1873-1936) par l'Allemand Willi Geiger (1875-1971), qui n'ignorait rien de l'Expressionnisme.
Il fut d'ailleurs classé par les nazis parmi les artistes "dégénérés" et mis à l'index.
Il survécut à la guerre et consacra dix planches ravageuses à Hitler et à ses sbires en 1947 sous le titre d'Eine Abrechnung.
Son travail dans le monde de l'édition le place parmi les premiers graphistes du siècle dernier.
Louons l'art de ce peintre et graveur magnifique que les fascistes n'ont pu empêcher de créer.



samedi 1 avril 2017

Les couvertures de notre siècle (25)

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Gaspard Delanoë Autoportrait (remake). — Paris, Plein Jour, "Les Invraisemblables", 2017. Couverture de Stéfani de Loppinot.



samedi 11 mars 2017

Les couvertures de notre siècle (24)

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Blaise Cendrars The Bloody Hand. Préface by Nicolas Beaupré. Translation by Graham macLachlan. — Pont-Aven, Vagamundo, 2017, 382 pages, 39 €.



lundi 26 décembre 2016

Digestion



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dimanche 25 décembre 2016

Promo d'Henry Poulaille

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Henry Poulaille, le spécialiste des noëls anciens méritait bien d'apparaître ce jour.



jeudi 1 décembre 2016

De la compréhension selon Robert Walser

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« Qui que tu sois, toi qui lis ces lignes, je te supplie de toute mon âme de ne pas me considérer comme digne de pitié, mais plutôt comme enviable. On croit qu'il faut se comprendre mutuellement, ce qui n'est absolument pas nécessaire. Car il y a beaucoup plus d'intelligence à se satisfaire les uns des autres. Il n'y a aucun avantage à comprendre autrui, mais on a tout à gagner si on aime le voir, et si nos paroles le vivifient. »



Robert Walser « Il m'est difficile de vous décrire... », Le Territoire du crayon. — Zoé, 2013.



Illustration du billet : Efroimson Illya Yakovlevich (1913-1992), huile sur toile, 59/49 cm.



vendredi 19 août 2016

Un squeletté de Doré

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On nous fait voir des cadavres que dévorent les loups et aussi le squelette blanchi d'une mère sans qu'on retrouve la moindre trace de son enfant, ce qui autorise toutes les hypothèses sur le sort de celui-ci. Les gravures, en hors-texte, sont affreusement réalistes, les os de la mère font une pleine page.



Arthur Bernard Tout est à moi, dit la poussière. - Champ Vallon, 2016, p. 150.
A propos de L'Habitation du désert, ou Aventures d'une famille perdue dans les solitudes de l'Amérique. Ouvrage du capitaine Mayne-Reid traduit de l'anglais par Armand Le François et illustré par Gustave Doré (Paris, L. Hachette, 1859).


vendredi 12 août 2016

Chez un mandarin

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Chez un Mandarin

M. Francis de Miomandre qui pour relier ses plus beaux livres choisit un satin fleurs et du crêpe de Chine, aime trop les plaisirs délicats, et ces petits bonheurs subtils dont notre temps n'a plus guère la notion pour qu'on s'étonne de lé voir porter chez lui un pyjama-pagode dont les manches dociles à ses gestes décrivent mille arabesques. M. de Miomandre habite rue Théophile-Gautier, et, de chez lui, l'on s'étonne qu'en vérité Auteuil soit un quartier qui ressemble si fort à l'Extrême-Orient. Les fenêtres encadrent un paysaqe où 1l y a des cyprès et mille arbres capricieux comme sur les estampes japonaises que M. Francis de Miomandre a mises au mur, sur sa bibliothèque, sur son pyjama même, fallait dire sur son visage. Mais chaque soie, chaque estampe cache les livres les plus graves et les plus beaux. Ce qu'on pourrait appeler le nipponisme familier de Francis de Miomandre n'est point signe de quelque goût frivole, et si l'auteur de "La Naufragée" est sensible aux plaisirs à fleur de peau et se réjouit de la panne mauve de son salon et d'une étoffe sablonneuse qui fait de son bureau de travail une charmante place, où pour ne pas avoir la tentation de se promener pieds nus, il a mis une plaque de verre, si M. de Miomandre aime tant à jouer avec les manches de son pyjama-pagode, il n'en est pas moins l'un des plus graves et des plus avertis ; il va chercher dans sa bibliothèque un exemplaire des Chants de Maldoror et rappelle qu'il fut un des premiers à admirer le fameux comte de Lautréamont condamné (sans appel, semblait-il en d'autres temps), et que M. Francis de Miomandre défendit alors envers et contre tous.
M. Francis de Miomandre. assez sage pour ne point se jeter au milieu (le toutes ces petites manœuvres turbulentes qui font, seIon lui, des simples agités de ceux qui furent d'abord de vrais artistes et de vrais hommes sensibles, n'en est pas moins capable d'une action directe. C'est lui qui, par un article dans Paris-Soir, a déclenché la campagne en faveur d'Unamuno. Aussi Espagnol que Chinois et écrivain bien parisien, M. Francis de Miomandre trouve une surprenante gravité pour parler de la malheureuse condition faite aux intellectuels espagnols, et surtout au Recteur le l'université de Salamanque envoyé aux Canaries, et il précise : « Il y a deux sortes de Canaries, les Canaries portugaises, qui sont un paradis terrestre, et les Canaries espagnoles qui sont un enfer terrestre. Bien entendu, le Dictatoriat n'a pas envoyé Unamuno au paradis terrestre, et le déporté se trouve dans un vrai cachot. où il n'a pas d'eau à boire, où. les conditions de vie sont épouvantables."
M. Francis de Miomandre, assez mandarin, répéterai-je, pour ne se point soucier des agitations politiques, insiste néanmoins sur la misérable existence actuellement réservée aux écrivains espagnols ; il oublie la panne mauve, les grandes manches, les cyprès, les estampes, Auteuil, et parle avec une véritable ferveur.
Il n'est point facile de quitter un écrivain qui a tant de gestes. de mots, de paroles et de souvenirs, il a mille livres à montrer, mille histoires à raconter, mille auteurs à présenter ; et c'est ainsi qu'il ne quitte une bibliothèque que pour se précipiter sur une autre et va de Claudel à Rimbaud, de Lautréamont à Max Elscamp (sic) et de Montherlant à un de ses précurseurs ignorés, Jean Reutlinger, mort pour la France, dont il réunit, lui-même les écrits. Il ouvre ce livre à une page souvent lue et montre un morceau intitulé : Bouin parcourt dans la demi-heure 9 k. 721 m. record du monde, et etxplique-t-il, ces pages furent écrites en un temps o l'on ne parait pas encore de jeux olympiques.

Les Nouvelles littéraires, 5 avril 1924.


lundi 8 août 2016

Trop d'objets en fer...

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Ici, en prison, les autres ne prennent pas mon histoire au sérieux. Ils disent que je suis fou, que j'ai dû boire trop de lègmi. Mais moi, je sais de quoi je parle. Pas étonnant qu'ils refusent de me croire : gardiens ou détenus, ce sont presque tous des gens de la ville. Aujourd'hui les citadins ne comprennent plus rien aux jnouns. En ville, il y a trop d'automobiles, trop d'objets en fer. ça éloigne les gnous, c'est bien connu. Chez nous, à la campagne, nul n'ignore ce qu'est un djinn. Nous savons que le monde des gnous se trouve à quelques mètres de profondeur au-dessous du nôtre, dont il est le double exact, la copie fidèle. A chaque palmier, chaque maison, chaque caillou de notre monde, correspond son jumeau dans le monde des jnouns. La seule différence, c'est la voûte céleste. Elle n'est pas faite d'air, mais de terre. Ainsi fait-il aussi sombre dans le monde des gnous que dans un chaudron.
Moi, je suis d'un petit village au nord-ouest de Tozeur, dans la région des gorges de Goum El Khango. Vous ne connaissez pas, le nom de nous dirait rien. J'habite une maison au bord de l'Oued Sendess. C'est une très anciens demeure. Ses fondations se trouvent sous le niveau des eaux. C'est pourquoi, dans ma famille, nous craignons les gnous. Je suis né dans cette maison, tout comme mon père et mon grand-père, et je les ai toujours entendus dire que l'eau est le meilleur véhicule pour les gnous qui veulent rejoindre notre monde. Là, le djinn prend une forme humaine ou animale. Pourquoi le fait-il ? Je me suis souvent posé la question, et il me semble que seule une intention mauvaise peut pousser un djinn ou une djinniya à quitter son monde pour le nôtre, et y vivre sous une apparence qui n'est pas la sienne. Les gnous sont comme les hommes : il y en a de bons et de méchants. Parmi les jnouns, il y a des musulmans, des juifs et des chrétiens, tout comme chez nous. Mais je crois que si Dieu a créé le monde des gnous, et l'a créé tel qu'il est , c'est que ce monde doit leur convenir. Si certains d'entre eux le désertent, ce ne peut être que pour faire le mal. Il n'est pas facile de reconnaître un djinn, de le repérer. Vous y parvenez en étant attentif aux détails, aux petites choses qui vous font penser, dans le comportement d'une humaine ou d'une bête : "Quelque chose ne va pas." Les chiens aboient et les ânes braient lorsqu'ils qu'ils s'entent un djinn, mais ce n'est pas une preuve irréfutable. Moi, j'ai mis longtemps à me rendre compte que ma seconde épouse était une djinniya (la première est morte noyée dans l'Oued Sendess) (...)





Raymond Marchand, "La Djinniya", issu de L'Hospitalité des voleurs de Truxton Orcutt , édition revue et augmentée par l'auteur, Suivie de Réponse à Brandon Andrews. Traduit de l'angais (USA), préfacé et annoté par Jérôme Delclos. — Forcalquier, HB éditions, 2006, coll. "Antipodes", 288 p.ages 18 €


Curiosité éditoriale de 2006, ce livre composite et cependant homogène mériterait de connaître une nouvelle édition. A bon entendeur, salut.

lundi 1 août 2016

Escalier


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Illustration du billet : bois de Raymond Frizza.



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