L'Alamblog

Accueil | Contre-feux, revue littéraire | Les espaces de l'édition indépendante

vendredi 28 août 2015

Josse pousse Pantani


JossePantani.jpg


Infatigable Jacques Josse qui enchaînes les parutions à un rythme de sprinter.
Il y va à fond, et avec entrain. Un gaillard.
Dans son dernier opus, rédigé très sobre sous une couverture de bouton d'or des bords de route, il rend hommage au coureur cycliste Marco Pantani, mort à trente-quatre ans d'une overdose.
Pantani, dit Il Pirata, c'était un sacré grimpeur au crâne chauve, avec bouc, un spécialiste des cotes alpines et pyrénéennes, un fils de pauvres brûlé dans l'ascension de sa propre existence au moment où le vélocipède devenait la grande foire télévisuelle que l'on sait, maquerellée par les chimistes et les cyniques tenants du spectacle et leurs commentateurs stupides comme des jantes.
Il avait décroché (débranché la prise), mais à l'instar de Maradona, il s'était esquinté.
Jacques Josse détaille en 98 moments cette vie agile et douloureuse qui s'est inscrite sur les murs du panthéon des sports, puisqu'on y souffre et qu'on y meurt aussi.


Jacques Josse Marco Pantani a débranché la prise. — Lille, La Contre-Allée, 128 pages, 14 €

jeudi 27 août 2015

Timbre-poste, par Émile Malespine

BabelMalespine.jpg


Timbre-poste



J'AI
dans une enveloppe fantaisie
avec la date d'émission
toute une collection de timbres autentiques (1) la série complète des couleurs qui monte
l'escalier jusqu'au violet En diagonale dans le coin
où parfois au milieu du coeur l'encre noire
l'oblitère d'un morceau de deuil.

5 Centimes petite enfant tenu au bras de sa maman
fais un sourire au gros monsieur
sérieux qui croque
la pomme d'un coup d'oeil en ouvrant
l'oeil de la boîte noire à gros ventre
TU ne valais pas plus d'un sou, d'un petit sou
tu pleurais criais salissais tes doigts blanc de lait et ta robe blanche
en buvant du lait.
afin de ne pas dépasser 20 grammes de poids
maximum.
au-dessus de préjugés de toutes les personnes âgées
ou sinon
on retourne à l'envoyeur toutes les aspirations avec la surtaxe
attention
Timbre de quittance à cheveux gris
On t'a mis sur la tête une couronne
de lauriers décolorés chapelet de choses udées
qui tourne en rond au milieu des souvenirs d'un temps blond
où tout était bon
On va t'allonger sans façon au bas de la page
jeter sur la dale une date
signature sépulture
pour solde de tout compte.


(1) Sic (NdE).


Émile Malespine Mon âne a les quatre pieds blancs. — Lyon, Les Editions du Fleuve, 1926.

mercredi 26 août 2015

Lindon et les petits dessins

lindon1937.jpg



Avant de devenir l'éditeur que l'on sait, Jérôme Lindon écrivait aux journaux.

Et en substance à Marianne (n° 222 du 20 janvier 1937) à propos de rébus.

On comprend mieux maintenant pour quelle raison Minuit n'a pas fait dans le noir.

Une question de rentabilité.

Vous n'irez pas dire que l'Alamblog ne vous informe pas en matière d'histoire de l'édition !

mardi 25 août 2015

Regard sur Agathe Eristov Gengis Khan

EristovA.jpg


Dans le nouveau numéro de la revue Regard, consacrée comme chacun sait ici à l'art qu'on aime, Marie Morel lançait un appel inhabituel :

Agathe Eristov aimerait donne toute son oeuvre à un musée, une fonction, une bibliothèque... ou à tout autre lieu prêt à accueillir ce don.
C'est principalement une oeuvre sur papier, donc qui ne prend pas trop de place. Je suis passée chez Agathe en début d'année, et elle m'a montré des choses magnifiques (...) j'ai surtout été très sensible à sa série de squelettes, aux rouleaux de dessins et peintures, à beaucoup de personnages peints, cousus, mais tout est très beau, très intéressant et franchement ça vaudrait le coup de faire quelque chose pour Agahte et de tourner un lieu pour son oeuvre.


Agathe Eristov, qui signait aussi Agathe Eristov Gengis Khan, disparue le 8 mai dernier, était illustratrice, photographe, poète et distinguée adepte de l'art postal.

La revue de Marie Morel, "minuscule", poursuit bien vaillamment son aventure et a également donné récemment des livraisons consacrées à Frédéric Couraillon et Alain Bresson.

On adore ça.



Regard, n° 128, avril 2015
3 euros, abonnement 15 € 2, place de l'église
01260 Le Petit Abergement

lundi 24 août 2015

Alfred Machard feuilletonise

AmAchard4.jpg




Lecteur, je vous vois venir... Vous souriez déjà de mépris... Le feuilleton ! C'est un genre à faire vomir les moins délicats... C'est entendu ! Que de fois ne l'ai-je point proférée, moi aussi, cette imprécation... Mais attendez un peu ! Un jour, au hasard d'une oisiveté pesante, vous risquez un oeil sur un journal qui traîne...Ô imprudence !
L'enfant perdu (ou l'enfant trouvé, comme vous voudrez) sur une marche de la Madeleine, dont les langes brodés contiennent cent dix mille livres en banknotes et un biberon Robert ; la midinette qui guette un prince russe à la sortie du bal de l'Opéra, en serrant convulsivement (c'est le mot consacré) sur sa poitrine la croix de sa mère et un bol de vitriol ; le jeune apache qui se convertit au bien en épousant la douairière, sa victime, grâce au vicaire de Saint-Sulpice ; l'ancien chef de la Sûreté qui trouve des fémurs anonymes (!) dans un pot au lait et l'index droit du duc de Saint-Victor du Pont de la Haute-Chaîne sur le fauteuil d'un académicien ; le cocher de fiacre qui a promené l'assassin, le mort-vivant ou le cataleptique passionné, tous et toutes sont là, avec ce mystérieux sourire au coin de leurs lèvres scellées, sourire captieux qui vous trouble, vous attire, vous retient...
Allez, vous achèterez ce journal-là demain matin !
Ciel ! quel mystérieux pouvoir recèlent donc, sans en avoir l'air, les phrases innocentes des romans-feuilletons...




Alfred Machard Poucette ou le plus jeune détective du monde. — Paris, Bibliothèque Plon, 1919.

dimanche 23 août 2015

Dorothy Parker en chanson

gendronParker.jpg



A paru ce mois l'album de la québécoise Myriam Gendron consacré à des poèmes de Dorothy Parker. C'est sobre, et même minimaliste, c'est doux, c'est agréable.
Très proches de l'esprit de ce qu'a produit il n'y a pas si longtemps Julien Grandjean, ses interprétations pleines de douceur et de mélancolie viennent de se compléter d'un 45 tours
Toutes choses qui nous donnent l'envie en ce dimanche matin gris d'entendre aussi le solitaire Pério.

Myriam Gendron Not so deep as a well : Feeding Tube Records (vinyl) Mama Bird Recording Co. (digital & CD)
notsodeep/at/openmailbox.org

samedi 22 août 2015

Le nouveau jeu de l'Alamblog

Jeulalamblog.jpg



Allez, la récréation est terminée, on va se remettre au travail. Et pour se rameuter les neurones, ce petit jeu de l'Alamblog.
Oui, un autre !

Saurez-vous dire d'où sort cette illustration, quel est son auteur ou quel est l'auteur du livre dans lequel elle figure ?

Vous avez quinze jours.
Interdiction de pomper sur les voisins.

Naturellement, le lot est le suivant : un volume tout neuf de la collection L'Alambic gracieusement offert par les éditions L'Arbre vengeur.




Leon_Bonneff_Couv.jpg



vendredi 21 août 2015

Emile Chautard cliché

Emile_Chautard.jpg


Voici enfin grâce à Gallica la bouille à moustaches d’Émile Chautard, fameux typographe et auteur de La Vie étrange de l'argot et du Glossaire typographique, ouvrages que René-Louis Doyon, qui n'appréciait guère le bonhomme à moustaches, tenait en piètre estime, bien qu'il soit responsable de l'édition - voire de la réécriture - du second de ses livres pour la maison Denoël. Pour l'argot, c'est vrai, autant choisir de bons accès, il n'en manque pas.
On nous rappelle naturellement que Chautard a aussi commis les Goualantes de la Villette et d'ailleurs, avec des images, don un portrait en majesté mais c'est ici qu'on le voit au turbin. Recueil de miscellanées un peu bancal qui tient moins du recueil de chansons populaires que de la compilation de fait-divers sanglants. Une curiosité néanmoins.




Émile Chautard La Vie étrange de l'argot. Préface d'Henri Godard. - Paris, Bartillat, 2013, 645 pages, 29 €

jeudi 20 août 2015

Achab deuxième

achabSenges.jpg



Après avoir biné et béché les alentours de Kafka, de Montesquieu ou de Lichtenberg, Pierre Senges a pris appui sur l’œuvre d'Hermann Melville pour nous proposer un roman de l'automne dépaysant, ludique et savant, comme à son habitude.
En 624 pages.
Le livre paraît aujourd'hui.
Ce sera assurément l'une des belles pièces (du pêcheur) de la rentrée - ce moment dont on espère chaque année, et désormais deux fois par an, la sortie...
A l'instar de Céline Minard, Pierre Senges a le don d'attraper son lecteur par la peau du cou et de le conduire (avec délicatesse) où il souhaite l'amener, sans barguigner mais sans se laisser attendrir.
Pour l'heure, Achab a à faire avec l'entertainment anglo-saxon et son fameux cachalot n'a pas dit son dernier mot.
Probable qu'on y reviendra ici même.


Pierre Senges Achab (séquelles). - Paris, Verticales, 624 pages, 24 €



mercredi 19 août 2015

Schwob Schwob Schwob (air connu)

MarSchwob.jpg


Il n'y a pas de saison pour lire Marcel Schwob. C'est ce que nous disent et redisent ses thuriféraires de Spicilège, les "cahiers Marcel Schwob".
On saute sur l'occasion pour leur donner raison, d'autant plus qu'ils font, sous la direction de Bruno Fabre et Agnès Lhermitte, un très beau boulot (dont leur site témoigne). A l'occasion de la parution de l'anthologie de la librairie d'Otrante consacrée aux mains, Schwob apparaît avec "La Main de gloire", un conte fantastique qui n'avait pas été repris dans ses oeuvres, publié qu'il avait été le 11 mars 1893 dans L'Echo de Paris.
Dans le plus récent numéro de Spicilège, on trouve bien d'autres occasions de se réjouir et de si'nstruire, d'abord un dossier sur La Légendes gueux, plus articles sur les premiers contes et l'imprégnation de ses lecteurs Claude Cahun et Eugène Montfort et puis tout un tas de lettres retrouvés et de manuscrits qui sont remontés à la surface. C'est passionnant parce que Schwob est un gaillard passionnant. On y découvre avec un étrange ravissement les lettres que son proche ami Maurice Beaubourg lui adressa.
- Qui ça ?
- Maurice Beaubourg... On va en reparler très bientôt...



''Spicilège'', 184 p., 15 €

Florian Balduc (éd.) Mains enchantées, et autres mains du diable. Anthologie. De Hauff à Conan Doyle, 1825-1899. Editions Otrante, 2015, 198 p.

- page 1 de 253