L'Alamblog

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jeudi 31 juillet 2014

Le conte, par Henri Duvernois

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Il reste entendu que le journalisme seul, mais pratiqué librement, peut servir une vocation littéraire. Une ressource s'est créée vers 1892 : le conte. Beaucoup, et de merveilleux — je l'ai constaté moi-même — n'ont jamais été réunis en volumes et dorment à tout jamais dans de vieilles collections où nul ne s'avise de les réveiller. J'ai eu l'occasion, récemment, d'écrire un avant-propos sur ce genre littéraire à la fois adoré et décrié. Nul ne le soutient, d'ailleurs, et dans les controverses littéraires il n'en est jamais question. C'est pourtant par le conte que le grand public a été amené à la littérature (...)




Henri Duvernois Mes apprentissages. Souvenirs des années 1885-1900. — Paris, Hachette, 1930, 219 p. coll. "C'était hier".

Toujours disponible : L'Homme qui s'est retrouvé (L'Arbre vengeur, 2009).

mercredi 30 juillet 2014

Couacs dis donc !

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Tout à ses recherches en poétique amusante, Alain Chevrier, psychiatre ès-lettres déjà bien connu des lecteurs de l'Alamblog a fait parvenir jusqu'à notre île son nouvel opus : un généreux Couacs publié par les éditions des Vanneaux de Cécile Odartchenko à Bordeaux — label sous lequel paraît la revue Première Ligne.
Explorant cette fois les vertus de la syllabe et en particulier du mot monosyllabique, Alain Chevrier s'en donne à coeur joie.

Tu n'as plus dans ton stock que les mots les plus courts et qui n'ont qu'un seul son.


A travers proses, listes de lectures monosyllabiques (titres d'oeuvres et noms d'auteurs), poèmes à vers unique, etc. Alain Chevrier exploite jusqu'au bout les capacités du mot à une syllabe et nous prouve qu'il a de la ressource — le mot monosyllabique, mais lui aussi au fond.

L'ours est fou de miel et ne craint pas les dards.


Alain Chevrier nous montre que le français peut se développer avec autant de vivacité que l'anglais. Voilà qui devrait faire réfléchir. Cela réjouira d'abord tous ses lecteurs, puis tous les manieurs de langue qui vont déguster ces exercices beaucoup plus lisibles et nourrissants que beaucoup d'exercices oulipiens finalement frappés de stérilité. Chez Chevrier on déguste et on se réjouit.



Alain Chevrier Couacs. — Bordeaux, Éditions des Vanneaux (8 rue Teulère, 33000), 240 pages, 17 € odartchenkocecile@gmail.com

dimanche 27 juillet 2014

Des Paresseux plein la revue...

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Déjà très cool quoi que n'habitant pas encore son île paradisiaque, le Préfet maritime avait il y a un double-lustre coinché ou à peu près une dilection particulière pour une revue gracieuse qui se présentait au format d'un petit journal et qui, illustrée par Dominique Hérody, répondait au doux nom de Paresseux. Après avoir mis la clé sous la porte, il y a quelque temps déjà, voici l'équipe du Paresseux redescendu de sa branche et Brèves qui lui ouvre ses portes en publiant entretien et nouvelles, certaines inédites. La belle initiative que voilà !
Avec les illustrations d'Hérody et les nouvelles de l'équipe (Jean-François Nivet dont on a déjà parlé ici, Catherine Ternaux, Ingrid Auriol, Eric Bachelier, etc.), équipe qui a toujours l'air de ne pas y toucher, ou de le faire avec délicatesse, avec succès et presque sans intention, cette livraison de Brèves est un délice redoublé.
Et même un plaisir retriplé puisqu'on y trouve outre un dossier (avec photos) sur l'hallucinant concepteur de livres/graveur/estampeur Augustus Kleweta — une sorte d'allumé ésotériste dont on n'oublie pas la production une fois qu'on l'a croisée —, d'excellentes autres nouvelles inédites, dont celle de Gilles Marie consacrée à un pianiste d'autrefois remarqué à son époque, ou celle de Claire Galand qui synthétise en une note bleue magistrale la clôture de maints récits :

Ensuite, on perd sa trace.


Pour ne pas perdre le fil de ce superbe numéro de Brèves, le Sommaire :
Encouragé par toute la Bourgogne viticole — Par Éric Bachelier
Fatale — Par Ingrid Auriol
L’amant cra-cra — Par Lika Launay-Spitzer
Une amitié modèle — Par Dominique Hérody
Presque Pamela passe à la télévision suisse — Par Catherine Ternaux
Sarah — Par Patrice Granadel
Tout doit disparaître — Par Catherine Ternaux
Ciel de traîne — Par Jean-François Nivet
Ainsi Monsieur Blanrocher trouva la mort en chutant dans l’escalier — Par Dominique Hérody
Les objet perdus — Par Lika Launay-Spitzer
Je ne veux pas finir comme Tolstoï — Par Jean-Paul Chabrier
Big father — Par Alain Absire
Six questions à Alain Absire — Par Christine Bini
Le récital de Verdun — Par Gilles Marie
Je tricote — Par Corinne Vuillaume
Promenade à Venise — Par Janine Gdalia
L’auditoire — Par Claire Garand
Relire Marcel Moussy — Par Éric Dussert
La rue d’El Affroun — Par Marcel Moussy
Raphaël Augustinus Kleweta, graveur, peintre et éditeur
Pas de roman, bonne nouvelle — Par George Rose, Emmanuelle Urien, Bérangère Deprez



Brèves, n° 104, 18 €
L'Atelier du Gué, 11300 Villelongue d'Aude
editionsATatelierdugue.com
Pour les branchés de la tablette, une version électronique existe, qu'ils la trouvent.

L'Atelier du gué, éditeur de Brèves, annonce la double parution de Touché !, les inattendus Souvenirs d'un blessé de guerre du pédagogue Célestin Freinet (poumon droit) en souscription à 10 € - on vous en reparlera - ainsi que du Tango d'Alzheimer de Jean Soublin dont on n'aura pas besoin de vous expliquer le sujet. Peut-être. En tout cas, on ne vous en reparlera pas.
De quoi on vous reparlera pas ?


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samedi 26 juillet 2014

Bautru battu

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Bien des gens, du reste, se chargèrent de riposter de cette façon à Bautru, qui reçut presque autant de coups de bâton qu'il avait donné de coups de langue. Sans la reine mère, qui jugea à propos de le protéger en cette circonstance, le pied de M. de Montbazon - et quel pied ! comme disait le pauvre bouffon effrayé, - eût vengé sur lui les traits piquants de l'"Onosandre" dirigés contre l'épaisse stupidité de ce personnage. On vit même un jour madame de Vertus se placer commodément à l'une des fenêtres du pont Neuf, pour contempler le marquis de Sourdis qui administrait en son nom, et par suite d'une délégation officielle, une rude volée de bois vert à l'infortuné.
Le pont Neuf ! Combien d'exécutions de ce genre n'a-t-il pas dû voir ! C'était la patrie favorite des faiseurs de gazettes, de pasquins et de couplets satiriques : ce devait être aussi la terre classique te la patrie des coups de bâton. Combien d'autres, si le pont Neuf parlait, n'en pourrait-il pas citer encore, à côté de Bautru et de ce bon gros Saint-Amant qu'on y trouva un matin roué, moulu, à moiti mort, tant les laquais de M. le prince, qu'il avait eu l'imprudence de chansonner, mettaient de zèle à venger leur maître !



Victor Fournel Du rôle des coups de bâton dans les relations sociales et, en particulier, dans l'histoire littéraires (Paris, A. Delahays, 1858, p. 58-59).



Illustrant parfaitement les dangers de la satyre au XVIIe siècle - autrement plus violent que le nôtre -, Guillaume Bautru (1588-1655), comte de Serrant, fut un conseiller d'état et un ministre plénipotentiaire que n'appréciait guère Victor Fournel : "une espèce de bouffon qui avait plus de malignité que d'esprit" dit-il). Bautru fut cependant aussi membre fondateur de l'Académie Française (élu en 1634) et l'auteur de L'Onozandre ou le grossier satyre (s. l. n. d.).

vendredi 25 juillet 2014

Pour les autres, la mort...

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Bénéfices pour les uns. Pour les autres : la mort. Il faut abolir la fabrication privée des armements (Jean Carlu, André Vigneau).



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