L'Alamblog

Accueil | Contre-feux, revue littéraire | Les espaces de l'édition indépendante

vendredi 19 décembre 2014

Cette fille a la peau verte (Macquet le débouleur)

captMacquet.jpg



Le 8 décembre dernier, Christophe Macquet annonçait sur son blog Obscures la parution de trois nouveaux "livres muets".
C'est peu de dire que ce photographe-écrivain-globe-trotter a quelque chose de fascinant.
Plus véloce que les amateurs de traîneaux ou de cabanes sibériennes, il va imprimer ses livres de photographies en Arménie ou au Kerala, shoote des tombes en Terre de feu, use de pratiques solitaires comme la "réinjection" (photographie de l'un de ses clichés via l'écran d'un ordinateur, la nuit de préférence et toujours dans l'obscurité pour maintenir un cadre noir) ou, plus récemment de la maréidolie. Il a bien fallu qu'il nous explique ce qu'était ce mot-valise composé de marée et paréidolie (illusion d'optique donnant à voir une forme, un visage, dans un objet, un rocher, etc.). « Et "le mot "paréidolie" est beaucoup utilisé en psychanalyse jungienne (on s'en fout) », s'empresse-t-il d'ajouter.
Frappé par la qualité des images et des textes de cet habitué de l'Alamblog (souvenez-vous de Luna Western), la parution des Sélénogrammes de la solitude avine où il tangote, assez incantatoire, prenant...

Et Macquet-la-tête-noire écrivait dans son noir (sur la voûte dans son noir, sur la voûte dans son noir) (...)

ou de L'Oiseau, récit physique, album de photographies prises en Amérique latine durant la décennie qui vient de s'écouler, soulignent encore l'importance de ses gestes.
Littérairement comme graphiquement, frappe d'abord l'immense liberté de Christophe Macquet. Pas de postulats, de dogmes, de formes "à s'y tenir". Liberté grande. L'écharpe de vent autour de la tête, on passe de la macrophotographie au flou derrière la vitre ou aux complicités dans le tunnel. On est sans cesse surpris. On se prend à penser, à moins d'être subjugué, à penser qu'il est si rare d'être surpris ainsi... Mais n'est-ce pas normal puisqu'

"En cette trente-huitième année de l'incarnation du phosphène de rien"

tout apport de Christophe Macquet vient bouleverser par son caractère autonome, énergique, international et assez certainement social, le panorama culturel prévisible et prévu ?
C'est un franc-tireur au pied léger, un indépendant armé d'imagination jusqu'aux dents qui bousille les têtes de gondole sans l'avoir toutefois bien remarqué. Un débouleur. Un ruineur de commerce diront les gens du métier, un punk apatride, un électron libre.
Il convient donc de prêter attention à cette œuvre étrange et attirante, rendue plus précieuse encore par les mystères de sa conception et de ses pérégrinations. La façon dont elle arrive jusqu'à nous est, pour commencer, le premier de ses enjeux, partant de ses charmes.
Enfin de l'air frais.


Christophe Macquet Cette fille à la peau verte (maréidolies). — Kerala, DC Press, 2014, 28 pages. ISBN 978-93-84786-07-6
Sélénogrammes de la solitude avine. — Arménie, Actual Art, 2013, 28 pages. ISBN 978-9939-816-40-1
L'Oiseau, récit physique. 82 photographies couleurs — Toulouse, Le Grand Os, 2014, 88 pages, cartonnage illustré éditeur, tirage à 100 exemplaires, 32 € (port 1,50 €).



OiseauMacquet.jpg

jeudi 18 décembre 2014

Scienteux et littérâtres (1929)

cagayousses.jpg



Scienteux et littérâtres

Comme un grouillis de vers hors des vases saumâtres
Etale en plein soleil à nos yeux révoltés
Ses lourds paquets glaireux, ses replis agités
De danses à la fois macabres et folâtres.

Scienteux boursouflés, arrogants littérâtres,
Voilant leur néant strict de spasmes éhontés,
S’offrent à l’ignorance et aux lubricités
Du bétail abondant des Sots et des Bellâtres.

Innommable régal de tous ceux qu’un dégoût
Ne garde pas intacts des périls du bagout
Ou dont le cerveau n’est que boîte à salissures,

Primaires et Pédants, Ratés, Larves, Rinçures,
Cuistres outrecuidants et Tripoteurs d’égout
Abreuvent leurs cheptels d’un flot de vomissures !

G. Espé de Metz



G. Espé de Metz Thèmes prosodiques. — Paris, Berger-Levrault, 1929.


N. de l’E. : Sonnet rédigé en défense du père Robin et de Musette, père des Cagayous.

mercredi 17 décembre 2014

Patricia Grace rompt les silences

graceSilence.jpg


Tandis que le jury suédois s'amuse à faire des blagues, plusieurs grands lecteurs ont jugé bon de signaler des oeuvres qui auraient décemment pu obtenir ce prix au bénéfice de tous les lecteurs.
Sur notre île, nous sont parvenus très rapidement les noms de Vladimir Charov et celui de Patricia Grace dont une merveille avait été signalée ici même, "Les papillons", nouvelle publiée en français par la revue Brèves.
Lauréate du Prix Neustadt, dit le « petit Nobel », la romancière et nouvelle néo-zélandaise Patricia Grace n'a rien à prouver au monde, mais les lecteurs français ont à entreprendre un gros travail de rattrapage quant à eux, s'ils ne souhaitent passer pour des ânes...
Les éditions Au vent des îles dont le siège à est Tahiti, comme pour nous faire rêver un peu plus, publient depuis des années son oeuvre traduite en français, rien ne s'oppose donc à cette lecture rétrospective à entreprendre dare-dare. Et pour commencer son nouveau recueil de nouvelles, Des petits trous dans le silence, constitue une très bonne manière d'aborder son univers à la fois poétique et engagé.
Engagée dans la vie politique de son île dans les années 1970 — elle signe en 1975 Waiariki, toute première publication d'un recueil de nouvelles par une femme maorie —, Patricia Grace, fille d'une mère irlandaise et d'un père maori, s'est hissée au rang de figure majeure de la littérature contemporaine du pacifique en publiant des écrits remarquables au fil des ans.
Ses nouvelles qui cristallisent les moments précis où les solitudes fruits de la pauvreté, de l'acculturation, du racisme à la nouvelle société néo-zélandaise rencontrent l'humanité en la personne d'un frère ou d'une sœur humains, prêts à entendre leur désarroi. On ne fait guère plus simple en guise d'argument, on ne fait pas plus probant en guise de nouvelles non plus.
La parole occasionne des petits trous dans la solitude. La leçon est valable pour tous.
Et l'oeuvre de Patricia Grace, pour causer comme on cause en décembre, est un must absolu.



Patricia Grace Des petits trous dans le silence. — Tahiti, Au vent des îles, 224 pages, 15 €

lundi 15 décembre 2014

Petite Bibliographie lacunaire de la collection Floréal-roman

florealromanMerlet.jpg



Après une tentative curieuse datée de l'automne 1922 - nous en parlerons bientôt -, tentative orchestrée à propos d'un livre dont on n'a pas fini de multiplier les éditions, mais nous y reviendrons disais-je, le Floréal, journal illustré du monde ouvrier, hediomadaire et mensuel, auquel collaboraient quelques pointures comme Rosny, Descaves et des journalistes de bonne force comme Merlet, le Floréal disions-nous lança en 1923 la collection "Floréal-Roman".
Celle-ci, diffusée en supplément, proposa apparemment douze titres en 1923, des volumes de 112 pages puis de 64 pages (à partir du n° 3), imprimés par les Dernières nouvelles de Strasbourg. imprimerie des Dernières nouvelles de Strasbourg (gérant : Émile Henry). Il y a tout lieu de remarquer les couvertures d'un rare sens graphique de ces volumes.


Catalogue
Pierre Valdagne Le Meilleur des maris, 112 p. (n° 1).
FlorealGhilini.jpg Hector Ghilini Agapit Ladoucette, manchot. Histoire lamentable Illustrations de Raymond Pallier, 112 p. (n° 2). Réédition d'un roman des éditions Figuière, 1914.
Tchernichevsky Jalousie. Traduction de Vera Starkoff, 64 p. (n° 3, mars 1923). Extrait du roman "Que faire ?"
Edmond Rocher La Petite Cour (n° 4).
FLorealMeteor1.jpgPierre Guitet-Vauquelin Le Météore, 62 p. (n° 5).
FLorealMeteor2.jpg
FlorealLarguier.jpgLéo Larguier La Jambe de bois (n° 6).
J.-F. L. Merlet Samba, l'homme au doigt coupé (n° 7).
J. H. Rosny Mieux que l'amour (n° 8).
Jean Psichari L'Anneau de Gypès Trimythie (n° 9).
Jean Petithuguenin Gil et son modèle (n° 10).
Emile Magne Les Vaincus (n° 11).
FlorealBringer.jpgRodolphe Bringer Quand nous serons riches (n° 12).




dimanche 14 décembre 2014

Les pamphlets graphiques de Lucien Laforge

laforgueFilm.jpg


Dessinateur du premier Canard enchaîné, celui qui avait encore aux pieds les boues de tranchées, Lucien Laforge (1889-1952) n'avait pas le caractère doux de la bergère. C'était à tout prendre un caractère qui, à l'instar de Jossot (récemment réédité par Finitude), trancha sa voie sans dévier. Un insoumis, un irréductible, un raide dont un roman graphique, si l'on peut dire, et une charge contre les profiteurs de guerre, c'est-à-dire deux pamphlets, viennent de paraître à l'enseigne de Prairial.

Au sortir de la guerre, en 1922, une fois les affaires d'Anastasie taries, les éditions Clarté publiaient Le Film 1914, une anthologie de dessins de presse dont Paul Vaillant-Couturier fait l'éloge dans l'''Humanité'' du 27 février 1992 (on vous laisse découvrir le détail). Soulignons seulement ceci :

La bourgeoisie française redoute l'esprit, la vigueur de pensée, comme la peste.
Si elle avait de grands satiriques de crayons ou de plume pour le défendre, elle les étoufferait, leur rognerait les ongles, leur limerait les dents. Elle est une classe installée au pouvoir et qui présent s'y décomposer confortablement.
Cham, Gavarni, Daumier, Gill qui la servirent du temps qu'elle était dans l'opposition, ne la défendirent pas sans l'égratigner, et le souvenir lui en cuit encore.
***
Je viens de parcourir l'album de Lucien Laforge, Le "Film 1914".
On sort de là comme étourdi, comme assommé.
C'est un réquisitoire massif, impitoyable, contre la guerre, ses causes et ses suites.
(...) Dans cet album, Lucien Laforge passe la polémique. Il atteint à l'oeuvre d'art du grand pamphlétaire.

Qu'ajouter ? Que ses danseurs mondains et leurs mondaines chaloupant, ses curés de l'arrière prêchant et ses bons pères prenant leur jaune au "café du com" sont bons à battre ? Les légendes inspirées par leur penser sont assassines sous la plume de Laforge. Ce dernier souligne admirablement la bêtise de leurs propos en ôtant quelque lettre de leurs tirades, ce b de Boche en particulier, et il martèle la "comerie" générale en s'appuyant sur des dessins répétitifs stigmatisant les foules à front de bête, les bourgeois ou les mercanti assis dans leur cynisme satisfait et leur bêtise crasse. Un régal d'esprit, Vaillant-Couturier avait raison.

Le Fim 1914 est à rapprocher des contestations de Jossot et de Masereel, même si Laforgee se rapprocherait graphiquement moins de ces deux derniers que de Félix Vallotton. Le trait de Laforge est très souple et efficace en effet, tandis que son propos fait immédiatement songer à celui d'Aurèle Patorni contondant les planqués au point que la réédition de Ronge-Maille vainqueur, recueil d'aphorismes rats, si l'on peut dire, de Lucien Descaves, mis en image par Laforge, évoque irrésistiblement les Notes d'un embusqué de Patorni (Mille et une nuits, 2013).

Là, le dessinateur s'autorise tout lorsqu'il s'agit d'illustrer le pire cauchemar du poilu, le rat — et par métaphore les profiteurs de guerre —, jusqu'au monstrueux tableau d'un groupe de ces bestiaux fouaillant le ventre d'un poilu à terre...

laforgueRats.jpg
Un mot encore de la maison Prairial qui revendique de sa marque fleurie tout l'utopique émanant du calendrier républicain dont Fabre d'Eglantine a établi la table. Si on en croit ces deux productions, parions que le programme rencontrera ici quelques échos... :

c’est le 1er prairial an III que le peuple parisien se soulève pour reprendre un pouvoir qu’on lui a volé. Semblablement nous voulons que Prairial, la maison d’édition, soit celle des délirants, des révoltés et des prophètes.



Lucien Laforge Le Film 1914. — Paris, Prairial, 62 pages, 16 €
Lucien Descaves et Lucien Laforge Ronge-maille vainqueur. — Paris, Prairial, 48 pages, 14 €

laforgueRonge.jpg

samedi 13 décembre 2014

Paris et ses Folies

expoUParis1937.jpg


Très riche catalogue (n° 121) de la librairie Léon Aichelbaum où nous piochons, au hasard ou presque, parmi les rubriques Paris — quelques pièces consacrées aux Folies-Bergères —, Architecture, Design, Curiosa et Varia :

56. FEGDAL (Charles). Coins curieux de Paris. Librairie Stock, 1924. In-8 br. Bois originaux de Emile Alder. E.O. Exemplaire hors-commerce. Bel envoi de Charles Fegdal à Fernand Divoire. 70 €

150. WARNOD (André) et MOREAU (Serge-Henri). Les «Fortifs ». Promenades sur les anciennes fortifications et la zone. Éditions de l’Epi, 1927. In-8 br. Texte d’A. Warnod. 40 lithographies de S.-H. Moreau. E.O. 1/25 exemplaires sur Madagascar paraphé par l’auteur et l’artiste, comprenant un des dessins originaux ayant servi à l’illustration de l’album et le frontispice aquarellé par l’artiste. 400 €

174. LE CORBUSIER. L’unité d’habitation de Marseille. Revue LE POINT no 38, novembre 1950. In-4 br. Jaquette à rabats. Important texte de Le Corbusier, suivi de Description systématique par A. Wogenscky. Photos de L. Hervé, R. Doisneau, etc. Bibliographie. E.O. 70 €

219.BASQUE (Jean) pseudonyme de Léon PIERRE-QUINT. Journal d’une double Libération. La table ronde, 1954. In-8 br. Coll. «Le choix ». Sous le pseudonyme de Jean Basque, Léon Pierre-Quint (autre pseudonyme de Léopold-Léon Steindecker) publie une partie de son journal autobiographique mettant en lumière sa cure de désintoxication à l’opium et la libération de Paris durant l’été 1944. E.O. ex. num. sur Alfa. 150 €

CAILLOIS (Roger). La communion des forts. Etudes de sociologie contemporaine. Mexico. Ediciones Quetzal, 1943. In-8 br. Coll. «Renaissance ». E.O. de l’édition mexi- caine, avec couverture de relais des Editions Bernard Valiquette, diffuseur de ce livre au Canada. 80 €

249. FOMBEURE (Maurice). Silences sur le toit. E.S.M. 1930. In-12 agrafé. Collection des Cahiers 1930. Premier Cahier de la troisième série. Préface de Julien Lanoë. E.O. Premier livre de Maurice Fombeure. 60 €

283. LAFORGE (Lucien). Le film 1914. Ed. Prairial, 2014 In-8 carré br. Très beau reprint de ce «roman graphique» publié en 1920. Dessins de L. Laforge, pacifiste viscéral, dessinateur et peintre, collaborateur de publications communistes et libertaires, puis un des premiers dessinateurs du Canard Enchaîné. Dessins suivis d’une courte chronologie de 1914. 16 €


Et du ‘‘Film 1914’’ de Laforge, nous reparlerons vite. En attendant, voici encore un photomontage de Jacques Yonnet offert aux éditions Denoël :
envoiYonnetauxe_ditionsDenoe_l.jpg
Le catalogue n’est pas encore en ligne, mais à demander à cette adresse.


Librairie Les Autodidactes
53, rue du Cardinal-Lemoine
75005 Paris
01 43 26 95 18

vendredi 12 décembre 2014

Gospodinov et l'artefact bulgare

gospodRevue.jpg


La tour Eiffel, nous la vîmes pour la première fois sur un petit thermomètre-souvenir, pour mesurer la température intérieure, si bien que l'histoire drôle sur le Bulgare qui, se heurtant à la véritable tour Eiffel, part longuement à la recherche de son thermomètre ne nous faisait pas encore rire.
Pour nous, les gondoles vénitiennes étaient des lampes musicales, quand à l'Acropole, c'était un cendrier de porcelaine réservé aux invités. Tous possédaient une "Mona Lisa" dans leur chambre à coucher, "La Cène "dans leur salon et une nature morte avec des fruits et des tranches de pastèque dans leur cuisine.
C"était un siècle d'or pour notre culture générale.
C'est ce qui explique la curiosité avide avec laquelle nous accueillîmes ensuite Baudrillard et "l'antériorité du simulacre". Nous n'avions plus besoin d'aller voir la tour Eiffel : ce n'était qu'une énième copie, sans thermomètre.



Gheorghi Gospodinov L'Alphabet des femmes. Traduit du bulgare par Marie Vrinat. — Arléa, 184 pages, 8 €

jeudi 11 décembre 2014

Non à la suprématie du saumon !




ObsMaq.jpg




La tenue du croquemort, par Fanny Clar

croque-mort.jpg


Et lui, ne fait-il pas partie du décorum, un décorum funèbre continuant l'autre, dans l'au-delà ?
Chaque année, les journalistes nous ont reparlé de sa tristesse, à l'époque des grandes chaleurs. C'est le moment où le malheureux croque-mort, victime d'un respect mal interprété, succombait à demi sous une livrée qui manquait de noblesse esthétique.
Cet été, enfin, on accorda à l'infortuné un équipement plus conforme, non seulement à la température, mais aussi a la logique de l'existence moderne.
Malgré la parole célèbre, les morts ne vont pas si vite qu'il est dit. A travers notre vertige du mouvement, on accorde aux trépassés une majesté d'allure dont ils n'usèrent que fort peu, la plupart du temps, quand ils étaient vivants.
Le pauvre diable qui courut chaque jour après le pain quotidien, se voit promené à pas lents, alors qu'il ne possède plus le loisir d'apprécier cette revanche. S'il pouvait donner son avis, il est probable qu'instruit des vanités humaines, il déclarerait que ces attentions posthumes contiennent à son égard, une dose importante d'ironie. Et sans doute approuverait-il les officiants du dernier cortège d'avoir exigé un vêtement d'un macabre moins pesant.
Puis aussi, ajouterait-il, que la terme d'un croque-mort, fut-elle de fantaisie, sera toujours aussi respectueuse de la solennité funéraire, que la désinvolture de certains assistants, profitant des rencontres d'un enterrement, pour discuter leurs affaires ou prendre rendez-vous.

Fanny Clar




mercredi 10 décembre 2014

A partager

partPartPartCommune.jpg



Écrits de jeunesse peu fréquentés de Melville s'essayant au gothique et au burlesque (ainsi qu'à l'éloge de la femme, et notamment d'une beauté lilliputienne !), récit d'exil de Jean de La Fontaine en découverte du Limousin (son protecteur Fouquet vient d'être disgracié...), texte peut-être apocryphe d'Oscar Wilde, mais sans doute pas, premier texte connu de Victor Segalen consacré à sa Bretagne natale, voici en quatre charmants petits livres bien dans le ton de l'époque une idée de cadeau adaptée à tous — et même aux ados rétifs à la lecture (non, madame, ils ne sont pas allergiques au papier ni à l'encre) : ensemble varié, graphismes charmants, textes sobrement mais efficacement présentés, volumes agréables à lire basés sur des choix éditoriaux à la fois subtils et malins.
Le petit paquet idéal...


Victor Segalen A-Dreuz an Arvor. — Rennes, La Part commune, 80 pages, 6 €
Herman Melville Fragments trouvés dans un bureau. Traduction de Pierre Bacha. — R., La Part commune, 54 pages, 6 €
Jean de La Fontaine Lettres à sa femmes. — R., La Part commune, 80 pages, 6 €
Oscar WIlde La Chasse à l'opposum. — R., La Part commune, 44 pages, 6 €

- page 1 de 232