L'Alamblog

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mardi 1 septembre 2015

Poser son cul et regarder des dessins

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Vous ne savez pas comment vous faire plaisir ces temps-ci ?
L'automne se pointe et vous déprimez ?
La rentrée littéraire vous ballonne et la chair est triste ?
Pointez donc votre nez dans le catalogue de la Clef d'argent et offrez-vous pour six euros le portfolio de 12 dessins à l'encre de Fernando Goncalvès-Félix
Son inspiration qui le situe exactement entre Rabelais et Arslan (Y.) ou Orhan (E.) en passant par Grandville, le désigne comme un parfait remède à vos mélancolies.



Fernando Goncalvès-Félix J'étais assis sur une chaise et je ne faisais rien. — La Clef d'Argent, 2015, 12 cartes postales, 6 euros.

lundi 31 août 2015

Malédiction !

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A rangé sa bibliothèque.
A encore paumé un tome II...




dimanche 30 août 2015

Les repas de Léon Vérane

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Parmi les personnages importants du siècle dernier, il en est un qui n'est pas assez mis en évidence : Léon Vérane (1886-1954), beau poète gourmet, animateur des Facettes, plaque tournante de Provence et membre majeur des Fantaisistes. On nous a bien instruit des Cahiers du Sud, c'est parfait, maintenant concentrons-nous un peu sur Les Facettes et sur le biographe de Germain Nouveau.




Toulon, les Facettes et Léon Vérane

Il faut sans doute se dépêcher de venir en Provence. Certaines beautés provençales sont menacées ou atteintes. Les vrais Aixois et les Aixois d'adoption (les premiers ne chérissent pas toujours les seconds) vous diront qu'Aix va « perdre son caractère ». On y a en effet cosntruit un casino hideux et déjà mélanolique. Mais par contre, voici un bon hôtel, qui ne pleure pas le pipi de rat ou de commis-voyageur. A Aix, Marcel Provence se promène vétu comm un berger des santons de Noël; à la Méjanes (bibliothèque), Edouard Aude vous conduit avec une brusque gentillesse devant le buste du Marquis (par) le plus beau fantôme d'un type de Français à peu près disparu.
Lorsqu'on arrive à Toulon, Vérane nous vante le vin de Malgue, cru local. La vigne qui donne ce vin pousse dans un terrain schisteux et sur lequel se jette le vent de mer. Il s'agit d'un vin blanc sec, mais à goût de fleur. On nous en a beaucoup parlé, mais l'on n'en boit, paraît-il, que « dans les familles.
Léon Vérane est un poète fantaisiste. Il dirige depuis près de quinze ans une jolie petite revue, Les Facettes, où nous croyons que ne paraît jamais une ligne de prose. D'ailleurs, Vérane parle en vers, écrit en vers. Lorsqu'il est mécontent, il se fâche en vers et rédige douze épigrammes vengeresses. Lorsqu'il est heureux, des chansons à boire. Il n'écrit jamais d'élégies : lorsqu'il est triste, il se tait.
On pour(r)ait citer dix poètes, à l'heure actuelle, qui ignorent Lamartine (et même Millevoye), mais qui savent par coeur les pièces ravissantes des poètes-buveurs du temps de Louis XIll. Vérane a pour amis Vion d'Alibray et Maynard, Cottelet, Tristan, Théophile. Il pense à eu lorsqu'il écrit à ses amis vivants : Carco, Derême (autre Tristan), Muselli et Albert Marchon que vous connaîtrez demain. Il va publier Le Promenoir des Amis. Nous n'étions pas son ami, mais nous venons de passer quelques semaines avec lui : nous le somes devenu.
Il y a. à Toulon, un garçon de quarante ans qui passe ses journées dans une salle de l'Hôtel-de-Ville, où il s'agit de s'intéresser l'état civil de son prochain ; mais ce garçon ne .s'intéresse qu'à la poésie. Ajoutons que la poésie est pour lui le moyen de donner une forme plastique à ses plaisirs : l'amour, la chasse, les promenades, les bonnes choses qui ornent la fable de la salle à manger. Nous vîmes (et dégustâmes) chez Vérane. un aïoli qui occupait douze plats devant nos assiettes et qui rend, paraît-il, Eugène Montfort éloquent. Vérane nous a longuement parlé d'un civet qui est composé mi-partie d'écureuil et mi-partie de lapin de garenne, et d'un "stocofi à la génoise", qu'on lie avec des noix fraiches. Il rêve de retourner chez une dame où l'on accommode un certain poisson d'une certaine manière ; mais cette dame ne le réinvite point.
Toulon n'est pas seulement une ville de marins. Oui, Les Petites Alliées et Consolata. fille du Soleil. Mais il faudrait que Léon Vérane nous dépeignît, un jour le Toulon des civils, et. cette admirable campagne, derrière la ville, vers les Maures, dont Jean Aicard a maçonné d'insupportables parodies. Il y a entre les fumeries d'opium de Tamaris et les chasseurs de casquettes de Tarascon une Provence à la fois gaie et noble, famillière et sérieuse, dont les provençaux (gens discrets) ne nous ont jamais parlé. Pourquoi une montagne comme le Coudon n'est-elle pas célèbre ? Il est vrai, que, à défaut de Poussin, Othon Friesz vient de faire son portrait, au Salon d'Automne. Pourquoi va-t-on pas au Bruse, où l'on vous sert des langoustes flambées au rhum, et qui est un petit port où Ulysse aborde le soir, pour apprendre que Giraudoux a retrouvé Elpénor ?...
Va-t-on abîmer Toulon ? Il s'agit d'y installer un port marchand et d'élargir la vieille Darse, où Claude Lorrain eût reconnu ses rêves. On veut aussi « dégager » l'Hôtel-de-Ville et refaire autour des cariatides de Puget une façade nouvelle, grandiose : un sinistre « projet d'Ecole ». En attendant, le café de la Rade veste un endroit délicieux, l'un de ces endroits de France qui, d'abord, paraissent tout à fait simples, presque ordinaires, mais qui bientôt, vous plaisent et vous retiennent à peu près comme un vers de Racine. A trois mètres de vous, la mer bat à fleur de quai ; plus loin, de qrand caps s'élancent dans la lumière et des personnages fantasques passent et repassent : des demoiselle brunes et musclées, des retraités aux joues soigneusement enveloppées de lichen, le chanteur hémiplégique, le pâtissier maigre qui a été pétomane et qui rend des brioches en riant. Parfois l'un des trois cuirassés de l'escadre (si diminuée !) fait un lâcher de matelots : ils s'abattent sur le quai, cols battants, pour gagner (dit-on) ce quartier réservé qu'un préfet maritime pudibond a privé de tout caractère, mais où il y a Christinel traiteur.
On peut égaler, à Christinel. « le Grand Cerf » à côté des abattoirs. Les endroits où l'on mange bien, à Toulon, sont drôlement placés, et assez secrètement. Mais le secret ne durera pas si Vérane le chante, entre une promenade pastorale sous les figuiers du Gapeau et quelque chassa aux champignons : l'oreillette, l'agaric ou le coulomelle. qui croit au pied des pinss-pignons.

Jean-Louis Vaudoyer


Les Nouvelles littéraires, 19 avril 1924.


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Vérane par Henri Olive-Tamari (1898-1980).


samedi 29 août 2015

Pas Liev bientôt

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Bientôt en lecture sur l'Alamblog



Philippe Annocque Pas Liev. — Meudon, Quidam, parution le 20 octobre 2015, 138 pages, 16 €

vendredi 28 août 2015

Josse pousse Pantani


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Infatigable Jacques Josse qui enchaînes les parutions à un rythme de sprinter.
Il y va à fond, et avec entrain. Un gaillard.
Dans son dernier opus, rédigé très sobre sous une couverture de bouton d'or des bords de route, il rend hommage au coureur cycliste Marco Pantani, mort à trente-quatre ans d'une overdose.
Pantani, dit Il Pirata, c'était un sacré grimpeur au crâne chauve, avec bouc, un spécialiste des cotes alpines et pyrénéennes, un fils de pauvres brûlé dans l'ascension de sa propre existence au moment où le vélocipède devenait la grande foire télévisuelle que l'on sait, maquerellée par les chimistes et les cyniques tenants du spectacle et leurs commentateurs stupides comme des jantes.
Il avait décroché (débranché la prise), mais à l'instar de Maradona, il s'était esquinté.
Jacques Josse détaille en 98 moments cette vie agile et douloureuse qui s'est inscrite sur les murs du panthéon des sports, puisqu'on y souffre et qu'on y meurt aussi.


Jacques Josse Marco Pantani a débranché la prise. — Lille, La Contre-Allée, 128 pages, 14 €

jeudi 27 août 2015

Timbre-poste, par Émile Malespine

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Timbre-poste



J'AI
dans une enveloppe fantaisie
avec la date d'émission
toute une collection de timbres autentiques (1) la série complète des couleurs qui monte
l'escalier jusqu'au violet En diagonale dans le coin
où parfois au milieu du coeur l'encre noire
l'oblitère d'un morceau de deuil.

5 Centimes petite enfant tenu au bras de sa maman
fais un sourire au gros monsieur
sérieux qui croque
la pomme d'un coup d'oeil en ouvrant
l'oeil de la boîte noire à gros ventre
TU ne valais pas plus d'un sou, d'un petit sou
tu pleurais criais salissais tes doigts blanc de lait et ta robe blanche
en buvant du lait.
afin de ne pas dépasser 20 grammes de poids
maximum.
au-dessus de préjugés de toutes les personnes âgées
ou sinon
on retourne à l'envoyeur toutes les aspirations avec la surtaxe
attention
Timbre de quittance à cheveux gris
On t'a mis sur la tête une couronne
de lauriers décolorés chapelet de choses udées
qui tourne en rond au milieu des souvenirs d'un temps blond
où tout était bon
On va t'allonger sans façon au bas de la page
jeter sur la dale une date
signature sépulture
pour solde de tout compte.


(1) Sic (NdE).


Émile Malespine Mon âne a les quatre pieds blancs. — Lyon, Les Editions du Fleuve, 1926.

mercredi 26 août 2015

Lindon et les petits dessins

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Avant de devenir l'éditeur que l'on sait, Jérôme Lindon écrivait aux journaux.

Et en substance à Marianne (n° 222 du 20 janvier 1937) à propos de rébus.

On comprend mieux maintenant pour quelle raison Minuit n'a pas fait dans le noir.

Une question de rentabilité.

Vous n'irez pas dire que l'Alamblog ne vous informe pas en matière d'histoire de l'édition !

mardi 25 août 2015

Regard sur Agathe Eristov Gengis Khan

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Dans le nouveau numéro de la revue Regard, consacrée comme chacun sait ici à l'art qu'on aime, Marie Morel lançait un appel inhabituel :

Agathe Eristov aimerait donne toute son oeuvre à un musée, une fonction, une bibliothèque... ou à tout autre lieu prêt à accueillir ce don.
C'est principalement une oeuvre sur papier, donc qui ne prend pas trop de place. Je suis passée chez Agathe en début d'année, et elle m'a montré des choses magnifiques (...) j'ai surtout été très sensible à sa série de squelettes, aux rouleaux de dessins et peintures, à beaucoup de personnages peints, cousus, mais tout est très beau, très intéressant et franchement ça vaudrait le coup de faire quelque chose pour Agahte et de tourner un lieu pour son oeuvre.


Agathe Eristov, qui signait aussi Agathe Eristov Gengis Khan, disparue le 8 mai dernier, était illustratrice, photographe, poète et distinguée adepte de l'art postal.

La revue de Marie Morel, "minuscule", poursuit bien vaillamment son aventure et a également donné récemment des livraisons consacrées à Frédéric Couraillon et Alain Bresson.

On adore ça.



Regard, n° 128, avril 2015
3 euros, abonnement 15 € 2, place de l'église
01260 Le Petit Abergement

lundi 24 août 2015

Alfred Machard feuilletonise

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Lecteur, je vous vois venir... Vous souriez déjà de mépris... Le feuilleton ! C'est un genre à faire vomir les moins délicats... C'est entendu ! Que de fois ne l'ai-je point proférée, moi aussi, cette imprécation... Mais attendez un peu ! Un jour, au hasard d'une oisiveté pesante, vous risquez un oeil sur un journal qui traîne...Ô imprudence !
L'enfant perdu (ou l'enfant trouvé, comme vous voudrez) sur une marche de la Madeleine, dont les langes brodés contiennent cent dix mille livres en banknotes et un biberon Robert ; la midinette qui guette un prince russe à la sortie du bal de l'Opéra, en serrant convulsivement (c'est le mot consacré) sur sa poitrine la croix de sa mère et un bol de vitriol ; le jeune apache qui se convertit au bien en épousant la douairière, sa victime, grâce au vicaire de Saint-Sulpice ; l'ancien chef de la Sûreté qui trouve des fémurs anonymes (!) dans un pot au lait et l'index droit du duc de Saint-Victor du Pont de la Haute-Chaîne sur le fauteuil d'un académicien ; le cocher de fiacre qui a promené l'assassin, le mort-vivant ou le cataleptique passionné, tous et toutes sont là, avec ce mystérieux sourire au coin de leurs lèvres scellées, sourire captieux qui vous trouble, vous attire, vous retient...
Allez, vous achèterez ce journal-là demain matin !
Ciel ! quel mystérieux pouvoir recèlent donc, sans en avoir l'air, les phrases innocentes des romans-feuilletons...




Alfred Machard Poucette ou le plus jeune détective du monde. — Paris, Bibliothèque Plon, 1919.

dimanche 23 août 2015

Dorothy Parker en chanson

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A paru ce mois l'album de la québécoise Myriam Gendron consacré à des poèmes de Dorothy Parker. C'est sobre, et même minimaliste, c'est doux, c'est agréable.
Très proches de l'esprit de ce qu'a produit il n'y a pas si longtemps Julien Grandjean, ses interprétations pleines de douceur et de mélancolie viennent de se compléter d'un 45 tours
Toutes choses qui nous donnent l'envie en ce dimanche matin gris d'entendre aussi le solitaire Pério.

Myriam Gendron Not so deep as a well : Feeding Tube Records (vinyl) Mama Bird Recording Co. (digital & CD)
notsodeep/at/openmailbox.org

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