Le Bloc-notes de Lekti-ecriture.com

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samedi, novembre 22 2008

Peut-on critiquer librement l'Internet ?

Internet rassemble un certain nombre de techniques liées aux technologies des réseaux et de l'informatique.

Par nature, comme toute technique, Internet est « neutre ». En revanche, les usages d'une technique, par un groupe humain ou un individu, ne le sont jamais.
André Leroi-Gourhan a consigné ces éléments dans des livres qui demeurent précieux. Un bistouri, qui est en lui-même un outil déjà très évolué, peut être une chance s'il est mis entre les mains d'un chirurgien adroit qui peut sauver des vies avec cet outil, en même temps qu'il peut être un outil létal, qui porte un coup fatal à un homme dans la rue.

Il en est de même pour l'Internet : l'ensemble des techniques liées à ce que nous appelons l'Internet peut être une chance pour l'homme, un outil d'émancipation, notamment par sa capacité à mettre le savoir à disposition d'une majorité d'hommes et de femmes, en même temps que l'Internet peut être un outil très performant de contrôle et de surveillance des hommes, d'assujettissement extrême.

Or, il semble qu'il soit de plus en plus difficile d'exercer une capacité critique à l'égard de l'Internet et des technologies liées au numérique. La tendance actuelle est d'affirmer — comme le fait en ce moment chaque jour Eric Besson, chargé dans le gouvernement Fillon de la fonction de « secrétaire d’Etat chargé de la Prospective, de l’Evaluation des politiques publiques et du Développement de l’économie numérique, auprès du Premier ministre » (ouf) — qu'Internet est un outil extraordinaire, démocratique, ouvert vers les autres. Il n'est nullement besoin d'interroger les usages et les modèles économiques et sociaux des grands acteurs de l'Internet. D'où ce plan formidable, « France numérique 2012 », présenté en octobre dernier par le gouvernement français.



De manière générale, tout discours critique envers les usages et les pratiques de l'Internet est exclu et le plus souvent, les quelques personnes qui se risquent à critiquer l'outil Internet sont rabrouées de manière souvent violente avec un argument unique et définitif : « vous n'acceptez pas l'évolution, vous êtes rétrograde. »

Tout individu qui se risque désormais à s'interroger, voire pire, c'est-à-dire critiquer, l'évolution des usages ou les acteurs de l'Internet, et les problématiques liées à la « révolution numérique », semble devoir être voué aux gémonies.

Nous disposons désormais de véritables « chiens de garde », au sens où employait ce terme Paul Nizan, dans un texte majeur écrit en 1932 qui s'assurent, bien à l'abri du haut de leur tour de verre numérique, en verre dépoli, que toute réflexion critique envers les usages et les acteurs de l'Internet, ne puisse aboutir.

En réalité, nous n'avons jamais eu tant besoin d'un regard critique envers l'Internet et le numérique.

Parce qu'il est nécessaire de s'interroger sur les modèles sociaux qu'entraîne la montée en puissance de l'économie numérique, basée le plus souvent sur l'association entre des informaticiens et des cadres bien payés, intéressés aux bénéfices par le biais de Stock options, une masse laborieuse pour la logistique, recrutée en contrats précaires, qui travaille dans de vastes entrepôts dont nous ne savons pas grand chose, hors leur existence, des plate-formes d'appel situées dans des pays pauvres (ou marqués comme étant « en développement »), et des « petites mains » chargées du référencement des grands sites Internet, à Madagascar ou ailleurs, avec des salaires que l'on peut qualifier d'indécents.

Parce qu'il est tout aussi essentiel d'interroger les pratiques des grandes firmes de l'Internet, dont assez peu (pour ne pas dire aucune), ne respecte des droits élémentaires liés à la confidentialité ou à la vie privée (voir les passes d'armes, depuis deux ans, par exemple, entre Google et l'Union Européenne en la matière).

Parce qu'il est vital de poser certaines questions élémentaires sur l'utilisation des contenus générés par les utilisateurs, qui deviennent la propriété (presque) exclusive de grandes firmes sans que les individus en soient la plupart du temps informés (voir dans ce cas l'exemple de la réutilisation des données d'un cite comme Cityvox, vendues et exploitées par Google dans le cadre de l'accord Cityvox-Google Maps).

Parce qu'au moment où d'immenses chantiers de numérisation des « contenus », que cela soit du texte, du son ou de la vidéo, s'ouvrent, aucune réflexion n'est portée sur des enjeux majeurs, tels que la pérennité des formats numériques.

Tout ceci, et bien d'autres choses encore, mérite des interrogations approfondies. D'où la mise en place d'une nouvelle catégorie sur le bloc-notes Lekti-ecriture.com, intitulée « Internet, espace critique », destinée à accueillir certains textes publiés dans les prochaines semaines.

mardi, septembre 2 2008

Le livre numérique en train de se faire : l'exemple des « Pragmatic Programmers »

Dans un billet publié très récemment sur le bloc-notes de Lekti-ecriture.com, Benoît Berthou plaidait, en fin d'article, pour que le livre, sous sa forme numérique, ne soit pas une simple reproduction d'un contenu papier, mais permette de se rendre plus loin, de prendre en compte les spécificités de l'Internet, pour une richesse accentuée.

Là-dessus, une expérience mérite d'être citée et même étudiée en détail, celle des ''Pragmatic Programmer''. Cette maison d'édition anglo-saxonne, qui édite des livres dans le domaine de l'informatique, ne se contente pas seulement de proposer des livres papier, ou leurs équivalents numériques (format PDF), mais propose à l'ensemble des développeurs qui souscripteurs de l'offre pour un livre de participer, réellement, à l'élaboration du livre. Chaque livre de cette maison d'édition est proposé tout d'abord en bêta, ce qui signifie que chacun de ceux qui souscrivent à l'achat du livre peuvent participer à l'élaboration du livre, notamment en signalant aux auteurs certains points qu'ils estiment obscurs, ou pas assez développés. Ainsi, chaque livre est construit non pas de manière collective (il ne faudrait pas confondre avec une approche de type " wiki ") par des auteurs bien identifiés, spécialistes dans leurs domaines informatiques, mais qui tiennent compte de l'avis de l'ensemble des lecteurs afin de produire des textes encore plus clairs, complets, et parfois aussi plus concis. À l'heure où j'écris ces lignes, près d'une douzaine de livres sont ainsi disponibles en bêta et les livres papier, au moment de leurs rééditions, passent également par un stade bêta. L'ensemble de ce processus est complété par de nombreuses ressources « compagnon » (vidéo, podcasts...) mis en ligne sur le site des Pragmatic Programmers.

Évidemment, cet exemple est particulier, propre dans cet exemple à l'univers du livre technique. Il n'empêche, il s'agit là d'une piste qui a tenu ses promesses, puisque le nombre de programmeurs de haut niveau attachés à cette maison d'édition est très élevé, et que la pérennité économique de cette approche est depuis de longues années éprouvé.

À titre personnel, ce que je retiens de ces initiatives, mais également d'autres (voir le dispositif Safari d'O'Reilly) demeure que ce genre d'initiatives trop mal connues, et qu'il ne s'agit sans doute pas d'un hasard si la majorité de ces projets nous parviennent du monde anglo-saxon. En effet, au cours des dernières années et tout particulièrement des derniers mois, l'articulation papier-numérique n'a cessée de faire l'objet d'études ou de colloques en France. Mais il nous manque certainement, en France, ce fameux esprit anglo-saxon qui porte vers l'expérimentation, avant l'analyse. Expérimenter, inventer, voir ce qui « prend », porter de vrais projets (tel que celui de Publie.net conçu par François Bon), avant de produire des actes de colloques, procéder de manière empirique et pragmatique, ce pragmatisme anglo-saxon qui nous manque tant parfois, voilà certainement la manière manière d'accueillir le numérique.

dimanche, août 31 2008

La numérisation des savoirs : une anti-communauté ?

Nos deux billets consacrés aux DOI ont donné lieu, sur Lekti et ailleurs, à nombre de commentaires intéressants, et notamment celui de Pierre Vautherin (répondant au sobriquet de freak et menant une recherche sur le marché des revues en ligne que nous serions enchantés de diffuser sur notre site) qui affirme que plus de 50.000 articles scientifiques publiés pour une large part sur Internet bénéficient du concours d’un DOI « qui permet de les identifier, et donc de les sauvegarder ! »

Ce chiffre (qui reste à vérifier) illustre un état de fait qu’il nous revient d’interroger : le livre n’est plus le vecteur privilégié de diffusion du savoir et est même largement déconsidéré au sein des procédures d’évaluation de la recherche (et donc de son financement) comme le souligne Françoise Benhamou sur son blog de Livres Hebdo. « Un Tristes Tropiques vaudrait moins qu'une publication dans la revue International Journal of Anthropology » : cette belle formule met en évidence un mode de production scientifique dans lequel la notion même d’ouvrage de référence, point focal autour duquel divergent et convergent l’attention des chercheurs, devient problématique et cède le pas devant des connaissances répondant à un ensemble de requêtes (puisqu’archivées dans des bibliothèques numériques ou sites de « littérature grise » permettant des recherches très précises).

Sur le plan scientifique ou politique, « le livre ne fait plus pleinement sens » ainsi que nous l’écrivons dans notre second billet et les DOI (et plus largement l’Internet) semblent marquer la fin d’un modèle philosophique (un ouvrage consignant l’ensemble des savoirs et luttant ainsi contre l’obscurantisme) et économique (des livres imprimés dans plusieurs pays, faisant l’objet d’un plan de communication et de commandes) hérité de l’Encyclopédie. Permettant un accès individualisé à l’information, ces nouvelles technologies inaugurent sans doute une édition scientifique dans laquelle la notion de communauté et la forme du « tour complet des connaissances » (encyclopaedia) auraient une importance réduite : la parcellisation du savoir esquissée en 1979 par Jean-François Lyotard dans La Condition postmoderne serait ainsi complète.

Fragilisant un livre pensé comme possible point de ralliement des connaissances et de ceux qui les produisent, les DOI ne se font également pas les alliés d’un savoir conçu comme partage communautaire d’analyses et d’idées : adaptant le cadre légal de la propriété intellectuelle à un environnement numérique, ils font en effet la promotion d’une recherche produisant ce que Jean-Max Noyer, Gabriel Gallezot Olivier Ertzscheid et Ghislaine Chartron nomment dans un article très inspiré des « objets éditoriaux finis » et non des travaux en devenir offerts au commentaire. Se situant aux antipodes d’archives ouvertes, qui entendent diffuser des productions scientifiques quels que soient leurs formats (comme HAL-SHS) ou les présenter avec des contributions de leurs différents lecteurs (comme ArXiv), l’usage de DOI tourne le dos à une redéfinition de l’édition scientifique comme possibilité « d’habiter les communautés d’œuvres, les agencements qui produisent et font circuler les documents, comme “incomplétude en procès de production” » pour reprendre les termes des chercheurs sus-cités.

Nonobstant les libertés qu’offre l’Internet de commenter et mettre en relation avec d’autres documents des réflexions offertes à la communauté scientifique, cette nouvelle forme de commercialisation tombe en fait sous le coup de la remarque qu’une universitaire assistant aux premières Assises de l’édition numérique adressa à plusieurs intervenants : « Chercheurs et étudiants sont en attente de possibilité d’accès et de relation à un savoir en train de se faire : ne transposez pas dans le nouveau monde numérique les structures du vieux monde de l’édition scientifique. »

jeudi, août 14 2008

« La dématérialisation du livre, c'est sa fragmentation »

Présentant son ''Rapport sur le livre numérique'' lors des Assises du livre numérique, Bruno Patino eut une phrase lourde de sens : « La dématérialisation du livre, c’est avant tout sa fragmentation ». L’analyste aux airs de jeune premier mit ainsi fort judicieusement le doigt sur l’un des effets les plus étranges de l’environnement numérique : la mise en cause des unités qui avaient jusqu’ici cours dans le monde du livre et le développement de services présentant de façon isolée ce qui est traditionnement regroupé. Ce raisonnement est vrai tant des contenants (et notamment des livres électroniques qui ne proposent qu’une offre éditoriale partielle en signant des contrats d’exclusivité avec organes de presse ou éditeurs) que des contenus (avec la mise en place de DOI à qui nous avons récemment consacré un billet).

Cet identifiant, se situant à une autre échelle que le livre tel que nous le connaissons, permet en effet de constituer des unités logiques regroupant plusieurs livres (série, collection…) ou, à l’inverse, d’isoler les parties constitutives d’un livre afin de les proposer à la vente. À l’aide de cet outil, les bases de données comme Electre ou les librairies en ligne comme Amazon pourront opérer dans un cadre qui ne sera plus normé par un ISBN, qui fait de la publication la seule unité viable, ce qui pose un problème tout juste esquissé par les rares personnes s’intéressant au sujet : brouillant les frontières existant entre livre et document, les DOI tendent à confondre plus qu’à distinguer ce qui relève du fait d’une publication (faire paraître un écrit possédant un sens et une unité) et de la constitution d’un système d’information (permettre l’accès à un ensemble de données quel que soit leur mode d’organisation et de diffusion).

Au regard de cet identifiant, le livre ne fait plus pleinement sens : la reliure, et plus largement tout ce qui vient conférer une unité à la « liasse » de papier, n’est plus que l’un des modes de présentation d’écrits se prêtant à d’autres configurations en fonction des attentes de ceux qui se les approprient. L’usage pourrait à l’avenir définir la forme que prend la publication : celle-ci pourrait être organisée de manière linéaire afin de répondre à une volonté « d’immersion » propre à la fiction, de manière fragmentaire afin de s’inscrire dans une lecture proche du « picorage » ou de la consultation, de manière transversale afin de constituer un itinéraire au sein d’un ensemble d’écrits d’ores et déjà constitué… La lecture prendrait alors presque le dessus sur l’imprimé en décidant non seulement de la valeur qu’il s’agit de lui prêter mais également de la forme qu’adopterait l’objet auquel elle entend se consacrer.

Dans le cadre de ce livre « fragmenté », l’auteur et l’éditeur deviendraient des pourvoyeurs de données susceptibles d’être assemblés selon des modes qu’ils se devraient de tenter d’imaginer. Faut-il dès lors craindre la généralisation du « digest », de la publication d’œuvres ramenées à un ensemble de morceaux de bravoure, et rester méfiant envers une technologie qui institutionnalise les pratiques de zapping et de « collage » qui sont, selon Jean Caune, au fondement d’une démocratisation culturelle et d’une diffusion moins encadrée des œuvres de l’esprit ? Faut-il à l’inverse considérer ces craintes comme des cris d’orfraies faisant fi des libertés du lecteur (au premier rang desquelles figurent, selon Daniel Pennac, les droits de « sauter des pages » et de « grappiller ») et négligeant les complexités de pratiques de lecture que Michel de Certeau compare à un « braconnage » inventant continuellement les usages d’un livre restant à « habiter » ?

Quelle que soit la position de chacun, force est de constater que l’usage du DOI pose problème et que cet identifiant qui prendra prochainement place à côté de l’ISBN esquisse pour le livre de nouvelles fonctions et pour ceux qui le produisent et le commercialisent de nouvelles missions. Le « bloc-note » et la librairie Lekti entendent les cerner au mieux.

mardi, août 12 2008

Les DOI : vers un au-delà du livre ?

Lors des Assises du livre numérique qui se sont tenues à Paris le 8 juillet dernier sous l’autorité de Christine de Mazières (directrice générale du Syndicat National de l’Édition), Alain Gründ (ancien président des éditions du même nom et actuel directeur général d’Electre) a esquissé le schéma de la réorganisation de la base de donnée de référence de l’édition française.

À l’heure actuelle entièrement organisée autour de la publication et de ses identifiants historiques (auteur, titre, éditeur, ISBN…), celle-ci va évoluer afin de référencer ensembles d’œuvres (multiples publications formant une unité) et parties d’œuvres (chapitres ou les articles dans le cas d’un ouvrage collectif…). Même s’il demeurerait le mètre-étalon du « trésor de guerre » que constituent les 1120000 notices d’ouvrages de la société du Cercle de la Librairie, le livre ne serait plus l’unique échelle de ses activités et prendrait place au sein d’un système d’informations se situant au-delà et en deçà de la publication. La recherche pourrait ainsi s’opérer à partir d’un identifiant ne correspondant précisément à aucun imprimé (l’intitulé d’une « série » de bande dessinée ou d’une « suite » d’ouvrages thématiques) et la commande pourrait porter de façon très précise sur l’un des constituants de ces mêmes ouvrages.

Le bras armé de ce nouveau mode de référencement est un « Digital Object Identifier » composé d’un préfixe (10.XXX) identifiant l’autorité de nommage ainsi que l’éditeur puis d’un suffixe (précédé un slash : « 10.1000/123456 ») identifiant l’objet. L’ensemble du numéro est placé sous la tutelle de l’International DOI Foundation, société à but non lucratif répondant à une règle d’or : « Un DOI peut être attribué à tout objet lorsque se fait sentir le besoin de le présenter comme une entité à part entière. »

On le voit, ce code d’un nouveau type n’a donc rien d’anodin : il entend constituer une forme d’unité ne se fondant pas sur un support (comme le papier cher au livre, le carbone propre au CD ou le silicium de nos disques durs puisque le DOI peut être utilisé pour des objets aussi bien « réels » que « virtuels »), sur un type d’informations (textes, images, sons, logiciels, séquences peuvent être référencés) ou sur un objet (un livre possédant un DOI peut être constitué de parties possédant des DOI et comportant elles-mêmes des sous-parties possédant des DOI et ainsi de suite…).

Le produit culturel n’est ainsi plus caractérisé par son vecteur de circulation (comme c’est le cas pour un ISBN propre au livre et changeant donc à chaque nouvelle édition d’une même œuvre) ou de la spécificité de ses informations (comme pour l’ISSN des journaux et revues qui ne tient absolument pas compte du support de la publication) : seul l’intérêt que présente la consultation ou l’échange d’ « entités » décide de la demande et de l’attribution d’un DOI permettant d’intégrer pleinement celle-ci dans le monde numérique (car constituant un numéro susceptible d’être utilisé comme adresse Internet donnant accès à services ou présentations).

L’intérêt des DOI semble ainsi évident : s’inscrivant dans le temps (puisque constituant des identifiants permanents, contrairement aux URL) et concernant toutes sortes d’objets, ils permettent une meilleure articulation entre circuits de l’édition numérique et « papier » et inaugurent un mode de commercialisation qui semble pouvoir constituer une planche de salut pour une édition scientifique à l’agonie ou pour des revues qui voient dans la vente d’articles à l’unité (comme le pratique le portail CAIRN) un salutaire moyen de diffusion.

Telle est l’une des questions à laquelle tente de répondre l’enquête sur les modes diffusion des revues qu’a lancée en mai dernier Lekti et ce « bloc-note » se fera prochainement l’écho de réflexions concernant cette technologie qui, on le pressent d’emblée, nous invite à nous interroger sur le devenir du livre à l'ère numérique.

mardi, juin 3 2008

Lekti-ecriture.com rejoint l'AFUL

Lekti-ecriture.com est devenu hier officiellement membre de l'AFUL ([Association Francophone des Utilisateurs de Linux et des logiciels libres).

Avec une envie, celle de promouvoir l'utilisation de standards et et l'interopérabilité au niveau du monde du livre, qui connaît souvent (trop) mal l'ambition et la philosophie du logiciel libre.

Au moment où les bibliothèques, patrimoniales ou locales, sont approchées par de nombreux groupes qui souhaitent leur vendre leur solution de numérisation de livres, à l'instant où de nombreux éditeurs et/ou libraires choisissent, par méconnaissance, des solutions « fermées » de diffusion de livres numériques, verrouillées par des DRM, aussi inefficaces du point de vue de la protection des œuvres, que dangereuses dans leurs conceptions (une œuvre, dans un système fermé tel que celui proposé par la plupart des plate-formes de téléchargement de livres, qu'elles s'appellent ebookstore de Sony, Numilog ou Amazon Kindle, devient un objet qu'il faut protéger contre sa diffusion), il paraissait nécessaire de s'associer aux groupes de travail de l'AFUL, et de dessiner des ponts entre l'univers du livre et celui du logiciel libre, deux écosystèmes qui se connaissent décidément trop mal, et qui auraient intérêt à travailler ensemble, afin de dessiner les esquisses de nouveaux moyens de diffusion pour les œuvres de l'esprit.

Pour en savoir plus, quelques liens :

Le site officiel de l'AFUL.

Le site ressource Eucd.info, édité par l'APRIL, autre association francophone de promotion du logiciel libre.

DefectiveByDesign, le site (en anglais), de la campagne de la Free Software Foundation contre les DRM.

samedi, mai 3 2008

Retard

L'ouverture de la librairie générale Lekti-ecriture.com était prévue au cours du mois d'avril 2008. Nous sommes au début du mois de juin, et trois semaines de retard dans les dates initialement prévues doivent être prévues.

Nulle inquiétude en cela. Simplement, le mois d'avril a été une période dense, au niveau de Lekti-ecriture.com, et certains dossiers interprofessionnels (notamment celui des frais postaux pour les libraires et les éditeurs), nous ont éloigné quelques temps du projet de mise en place de la librairie Lekti-ecriture.com.

Par ailleurs, nous avons voulu, au moment de lancer la librairie générale, libérer le logiciel libre que nous avons conçu en partenariat avec la société No Parking (Lille, France), à partir du logiciel libre Drupal, et le mettre à la disposition des groupements d'éditeurs, librairies, auteurs et bibliothécaires, afin de leur permettre de construire leur projet. Nous sommes donc en train de préparer cette libération, et l'ensemble des modules Dupal développés au cours des derniers mois seront disponibles, en libre accès, sur drupal.org, d'ici quelques semaines.

Nous espérons être en mesure de construire une communauté autour de ce logiciel libre, afin de développer certaines fonctionnalités, de promouvoir l'utilisation de Drupal en tant que logiciel libre prompt, nous l'avons voulu ainsi, à répondre aux attentes des auteurs, éditeurs, libraires et communautés de lecteurs. Un logiciel libre également apte à vendre des textes dématérialisés, quelques soient leurs formats. Un logiciel libre pour que pour que les gens du livre puissent avoir des outils techniques puissants qui leur permettent de s'organiser de manière efficace. Le logiciel libre Drupal, malheureusement moins connu en France que dans les pays anglo-saxons, bénéficie d'une communauté de développeurs particulièrement impressionnante, rigoureux dans leur travail, et d'une architecture très souple, particulièrement modulaire, apte à répondre à des besoins assez différents, qui pourraient être ceux de groupements de librairies, d'éditeurs, d'auteurs et de libraires.

Lekti-ecriture.com a rejoint l'AFUL (Association Francophone des Utilisateurs de Linux et des Logiciels Libres) cette semaine. Avec l'envie de promouvoir le logiciel libre au sein du monde du livre, notamment au moment où les bibliothèques publiques décident de numériser en masse leur fonds, en privilégiant les formats propriétaires et les DRM, ces fameux verrous numériques, ce qui ne cesse d'inquiéter tous ceux qui se préoccupent de maintenir certaines libertés fondamentales, notamment celle d'un accès au savoir.

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