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Tag - la vie du livre

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samedi, avril 25 2009

« De l’affaire Coupat à l’affaire Hazan ? », un texte de François Gèze à diffuser et signer ?

François Gèze, PDG des éditions La Découverte, a publié dans le Monde, en date du 20 avril 2009, un texte qui dénonce « la paranoïa d’État » — nous reprennons ses termes —, dans l’affaire dite « Coupat », avec ses nombreux soubresauts, le dernier en date étant qu’Eric Hazan, responsable des éditions La Fabrique, a été auditionné le 9 avril dernier pendant plus de trois heures par la sous-direction de l’antiterrorisme (SDAT) de la Police judiciaire, en vue de savoir qui avait écrit le livre « Le comité invisible », livre considéré comme une preuve à charge dans ce dossier, et qui a pourtant été vendu par plus d’un millier de libraires depuis sa sortie, depuis maintenant deux ans.
Des libraires et des lecteurs, donc, qui n’avaient pas sans doute compris (à l’inverse de la Direction de l’Antiterrorisme), qu’ils diffusaient et lisaient ainsi un livre hautement toxique.
Ceux qui le souhaitent peuvent lire et/ou signer le texte de François Gèze (signé par de très nombreux éditeurs), à cette adresse :

http://www.editionsladecouverte.fr/actu/articles-editeurs.php?id=1084

Vous pouvez également aller voir la fiche signalétique de l’objet du délit sur l’espace éditeur des éditions La Fabrique, sur Les Espaces de l’édition indépendante de Lekti-ecriture.com :

http://www.lekti-ecriture.com/editeurs/L-insurrection-qui-vient.html

samedi, décembre 6 2008

Espaces de l'édition indépendante / De nouveaux éditeurs

Les Espaces de l’édition indépendante de Lekti-ecriture.com ont accueilli, en l’espace de quelques semaines, quatre nouveaux éditeurs : Absalon, Ginkgo, Rue des Cascades et l’Altiplano.

Ces quatre éditeurs sont très différents :

  • Absalon travaille la littérature, notamment allemande. Créées en fin 2006, sous le signe de William Faulkner (Absalon, Absalon !), les Editions Absalon ont pour vocation première de promouvoir une littérature de création, d’expression tant française qu’étrangère.

Cliquez ici pour rejoindre leur espace éditeur.

  • Ginkgo, dont le catalogue étoffé couvre des domaines assez variés puisque Ginkgo éditeur est né de la double volonté de faire découvrir par leurs livres des régions, des pays, et les hommes et les femmes qui les peuplent ; d’aborder leur histoire passée et contemporaine sous l’angle original des destins individuels, en réunissant et présentant les œuvres d’écrivains, les témoignages d’historiens… ou de simples gens, qui furent ou sont les témoins privilégiés de leur époque.

Cliquez ici pour rejoindre leur espace éditeur.

  • L’Altiplano, maison d’édition généraliste, populaire, et engagée. L’Altiplano souhaite contribuer à la déconstruction du sens commun, vecteur des pensées dominantes ; à se placer à contre-courant du politiquement correct ; à ne chercher pour autant à proposer ni réponses, ni solutions, ni alternatives ; à poser surtout des questions nouvelles. Signe du temps (incertain), le livre ”Face à la police / Face à la justice”, publié par l’Altiplano, est en train de devenir un best-seller, en terme de vente, sur Les Espaces de l’édition indépendante.

Cliquez ici pour rejoindre l’espace éditeur de L’Altiplano.

  • Rue des Cascades est également une maison d’édition militante. Rue des Cascades, née au printemps 2007, cherche à allier la critique sociale au souci littéraire. C’est comme port d’attache qu’a été choisie l’enseigne de la rue des Cascades… pour mieux s’ouvrir sur le monde à travers les livres. Dans cette petite rue de Ménilmontant, au cœur du « Paris apache » il y a un siècle, il n’est pas si étonnant que se croisent aujourd’hui la résistance des Indiens du Mexique, la mémoire de la Commune et les fantômes des compagnons de Jules Bonnot.

Cliquez ici pour rejoindre l’espace éditeur de Rue des Cascades.

Ces quatre maisons d’édition, comme toutes les autres qui sont associées aux Espaces de l’édition indépendante de Lekti-ecriture.com, témoignent de la richesse et de la vitalité des « petits éditeurs » ou « éditeurs indépendants » francophones, qui nous permettent de découvrir des textes et des auteurs originaux.
Soyez donc nombreux à partir à la découverte de leur catalogue, ainsi que ceux des autres éditeurs associés au projet Espaces de l’édition indépendante de Lekti-ecriture.com.

jeudi, juillet 3 2008

Pour le livre (bis)

Les lecteurs et professionnels peuvent désormais signaler leur solidarité avec le texte publié hier sur le bloc-notes Lekti-ecriture.com, porté par l'interprofession du livre en France, en cliquant sur cette adresse : http://www.lekti-ecriture.com/signezpourlelivre/?petition=2.

Nous invitons évidemment les lecteurs et les professionnels à diffuser le plus largement ce texte, qui nous concerne tous.

mercredi, juillet 2 2008

« Pour le livre »

Nous reproduisons ici l'appel pour le livre paru dans Le Monde du 2 juillet à l'initiative du Syndicat de la Librairie Française. Celui-ci peut être signé en ligne sur le site http://pourlelivre.net qui contient aussi des informations précieuses et des argumentaires pour sensibiliser aux enjeux de la loi de 1981 et à la défense de la librairie. N’hésitez pas à en faire le plus large usage possible !

Des amendements proposés par des députés de la majorité parlementaire lors de l’examen du projet de loi de modernisation de l’économie ont ouvert un large débat sur la loi du 10 août 1981 relative au prix du livre, dite « loi Lang ».
Les professionnels du livre, auteurs, traducteurs, éditeurs et libraires, rejoints par les bibliothécaires et de nombreux acteurs du livre en régions, ont expliqué d’une même voix que ces amendements remettaient en cause la loi de 1981 et menaçaient les équilibres du marché du livre, ainsi que la diversité de la création et de l’édition françaises. Leur mobilisation a été relayée par des membres du gouvernement. Madame Christine Albanel, ministre de la culture et de la communication, a souligné combien cette loi restait un outil indispensable pour protéger la littérature. Madame Christine Lagarde, ministre de l’économie, de l’industrie et de l’emploi, quant à elle, a indiqué ne vouloir changer ni la politique du livre ni le système législatif actuel.
Les acteurs du livre sont néanmoins inquiets car beaucoup d’idées fausses sont colportées sur la loi par quelques multinationales du commerce culturel. Le lobbying qu’elles exercent auprès des parlementaires est à l’origine de ces amendements. Il vise à déréguler le marché du livre afin d’imposer un modèle commercial basé sur une volonté d’hégémonie et une stratégie purement financière. Derrière leurs arguments démagogiques mêlant modernité, défense du pouvoir d’achat et même écologie se cache un combat contre la création, la diversité, la concurrence et l’accès du plus grand nombre au livre.
Ce modèle culturel français, nous y sommes pour notre part indéfectiblement attachés. Ses vertus sont multiples. Avec plus de 2500 points de vente, le réseau des librairies est dans notre pays l’un des plus denses au monde. Il permet, aux côtés du réseau de la lecture publique, un accès au livre aisé et constitue un atout important pour l’aménagement du territoire et l’animation culturelle et commerciale des centres-villes. Ce réseau de librairies indépendantes cohabite avec d’autres circuits de diffusion du livre, les grandes surfaces culturelles, la grande distribution, les clubs de livres ou Internet. Depuis de nombreuses années et à l’inverse d’autres secteurs culturels comme le disque ou la vidéo, le marché du livre se développe sans qu’aucun circuit n’écrase ses concurrents. Chaque circuit joue son rôle et le consommateur bénéficie d’un véritable choix.
Pour la création et l’édition, cette densité et cette variété des circuits de vente du livre offrent à chaque auteur et à chaque livre le maximum de chances d’atteindre son public, qu’il s’agisse d’un premier roman, d’un ouvrage de recherche, d’un livre pour enfant, d’une bande dessinée, d’une œuvre traduite, du dernier roman d’un auteur connu, d’un livre pratique ou d’un ouvrage scolaire. Tous les livres pour tous les publics, voilà notre modèle.
Ce modèle, c’est la loi du 10 août 1981 sur le prix du livre qui en est le pivot et le garant. En permettant d’infléchir les règles du marché afin de tenir compte de la nature culturelle et économique particulière du livre, elle passe aujourd’hui pour l’une des premières véritables lois de développement durable. Elle confie à l’éditeur la fixation du prix des livres qu’il publie. Les livres se vendent au même prix quel que soit le lieu d’achat, dans une librairie, une grande surface ou sur Internet, durant au moins deux ans. Ce système évite une guerre des prix sur les best-sellers qui ne permettrait plus aux libraires de présenter une offre de titres diversifiée ni aux éditeurs de prendre des risques sur des ouvrages de recherche et de création qui ont besoin de temps et de visibilité dans les librairies pour trouver leur public.
De surcroît, le prix unique fait baisser les prix. Contrairement aux idées reçues, les chiffres de l’INSEE montrent en effet que depuis une dizaine d’années les prix des livres ont évolué deux fois moins vite que l’inflation.
En favorisant la richesse, la diversité et le renouvellement de la création et de l’édition, en lieu et place d’une standardisation si courante dans de multiples secteurs aujourd’hui, en permettant une variété et une densité de points de vente du livre particulièrement remarquables, en privilégiant une véritable concurrence au détriment de la « loi de la jungle » et en maintenant des prix beaucoup plus accessibles que dans la majorité des autres pays développés, le prix unique du livre est une chance pour le consommateur, pour le lecteur et pour notre culture.
La loi du 10 août 1981 n’est ni obsolète ni corporatiste. Si elle mérite un débat, c’est pour la rendre plus vivante et plus forte encore.

jeudi, juin 26 2008

Amendements à la Loi Lang, etc

La loi Lang ne sera pas modifiée, du moins pas encore. Les deux amendements qui visaient à faire passer les délais de soldes pour tout livre de deux ans à six mois ont finalement été retirés de la loi de modernisation de l'économie. Le premier amendement, du député UMP Christian Kert, l'avait été avant la séance par le député. Quant au second, de Jean Dionis du Séjour (député du Nouveau Centre), il a été maintenu mais repoussé lors du vote de la loi à l'Assemblée Nationale, le 13 juin dernier. Ce qui a valu à Jean Dionis du Séjour, il y a trois semaines, lors d'un débat sur France Inter, de se faire traiter d' « idiot », en direct sur l'antenne, par Alberto Manguel (merci à lui pour cette saine réaction !).

Mais nous n'en sommes qu'au début, et les lobbyistes de l'Assemblée Nationale, habiles à préparer des amendements ou des projets de loi pour des députés en mal d'idées, se sont apparemment renforcés de quelques nouveaux membres ces derniers mois (on susurre bruyamment que certains d'entre eux viennent d'outre-Atlantique, je n'ai pu vérifier l'information), bien décidés à enterrer la loi sur le prix unique du livre, au motif évident qu'une loi qui a vingt-cinq ans d'âge est forcément caduque. Je ne savais pas (encore) qu'une loi était tel un camembert, qu'il existait une date de prescription qu'il ne fallait pas dépasser.

Mais nous allons tous commencer bientôt à l'apprendre, ces ces deux amendements ne sont, selon la plupart d'entre nous, auteurs, éditeurs ou libraires, que deux tentatives modestes, avortées, qui annoncent une offensive plus générale contre des « archaïsmes » (la loi Lang) contre lesquels il faut forcément lutter.

Étrange impression, puisqu'il suffit de traverser la Méditerranée pour se rendre compte que les pays du Maghreb sont en train de mettre en place leur propre loi sur le prix unique du livre, que cela soit en Algérie, en Tunisie ou au Maroc. Notre loi archaïque est présentée comme d'un modernisme incroyable dans certains pays riverains de la Méditerranée.

Étrange paradoxe.

mercredi, novembre 28 2007

Amazon France, version populiste et démagogique (mais pas populaire)

Nous aurions aimé travailler tranquillement, au cours du dernier week-end.

Ce ne fut pas le cas, et la crispation se fit sentir à la réception d'un E-Mail d'Amazon France, envoyé à tous les clients, avec le contenu suivant :

Chers Clients d’Amazon,

Vous faites partie de nos meilleurs clients et nous vous remercions chaleureusement de votre fidélité. Depuis son lancement, Amazon.fr consacre toute son énergie à vous proposer la plus large offre de produits qui soit, au meilleur prix. Par exemple, nous appliquons en permanence la remise maximum autorisée de 5 % sur les livres français. Afin de faciliter la découverte des millions de livres qu’Amazon.fr propose sur son site, la livraison est gratuite en France métropolitaine pour tous les livres, sans minimum d’achats. Ceci autorise un accès plus facile et plus direct à la création littéraire, notamment pour ceux d’entre vous qui sont éloignés des points de vente physiques, ou qui ne peuvent s’y rendre facilement.

Aujourd’hui, votre droit à la livraison gratuite est menacé. Le Syndicat de la Librairie Française (SLF) a intenté une action en justice contre Amazon, et contre d’autres libraires sur le Net, visant à nous faire renoncer à la gratuité des frais de port sur les livres. Amazon.fr ne pense pas que cette action aille dans l’intérêt des lecteurs, ni d’ailleurs dans celui des auteurs et écrivains. Aussi allons-nous continuer à défendre vigoureusement votre droit à bénéficier de la livraison gratuite.

En tant que lecteur, votre opinion en la matière est très importante, et nous sommes persuadés que les libraires du Syndicat de la Librairie Française apprécieraient aussi de connaître votre avis. Si vous tenez à la livraison gratuite, merci de nous le dire et de le faire savoir au SLF. Vous pouvez ainsi envoyer votre point de vue à Amazon (pour-la-livraison-gratuite@amazon.fr) et au SLF (slf@…).

A bientôt sur www.amazon.fr

Xavier Garambois Directeur Général

Amazon France, et son directeur Xavier Garambois, fait montre dans cette lettre d'un populisme insoupçonné. Nous nous demandons s'il n'aurait pas suivi les mêmes séminaires, au cours des dernières semaines, qu'un certain Michel Edouard Leclerc.

Certes, les frais de port offerts sans prix plancher sont une heureuse initiative pour les lecteurs, elles le sont moins pour les petits éditeurs.

Lorsque dans ce courriel, Xavier Garambois parle d'un accès plus facile et plus direct à la création littéraire, il oublie bien évidemment de mentionner que les services d'Amazon France sont en train, par le biais d'incitations (d'injonctions ?) faites aux petits éditeurs de rejoindre le programme Partenaires , d'augmenter de manière inique les marges qu'ils demandent aux petits éditeurs (50 % de remise dans le cadre du programme Partenaires, soit 10% à 17% de plus que pour les autres points de vente), et d'étouffer peu à peu ces derniers, selon la logique bien connue par ailleurs de la grande distribution.

Alors, Amazon France, défenseur de la création littéraire alors que leurs conditions commerciales « étouffent » les plus petits éditeurs, ceux-là même qui portent de manière privilégiée la création littéraire ?

Non, nous n'y croyons pas vraiment. Puisque c'est bien là le nœud du problème : qui finance les frais de port offerts sans prix plancher ? Certainement pas Amazon. En revanche, de plus en plus de petits éditeurs, qui sont obligés, pour obtenir une certaine visibilité sur Amazon.fr, d'accorder 50% de remise à la société de Xavier Garambois. Certains « petits » distributeurs (en terme économique), ont été également obligé de rejoindre le programme Partenaires d'Amazon, de céder une marge de 50 %, afin que les livres des éditeurs diffusés/distribués par ces derniers obtiennent une visibilité décente sur la plate-forme.

J'ai été personnellement contacté, ces dernières semaines, par de très nombreux « petits » éditeurs, inquiets devant l'injonction qui leur est faite de rejoindre le programme Partenaires, de concéder 50 % de marge à Amazon, pour avoir une véritable présence sur la plate-forme. Et je tiens l'ensemble des échanges avec ces éditeurs à la disposition de Xavier Garambois, s'il le souhaite. En tant que personne impliquée, avec sa société, dans la valorisation de la création littéraire, ainsi qu'il l'affirme dans le courriel envoyé aux lecteurs, je suis certain qu'il sera sensible à ma démarche.

En attendant, cette attaque frontale d'Amazon France ne semble pas avoir eu l'effet escompté. Le « buzz » autour de l'envoi de cette lettre est marginal, et les sites Internet qui en font mention ne sont pas forcément défavorables au procès intenté par le Syndicat de la Librairie Française.

L'opération de ce week-end est donc un échec pour Amazon.fr. Xavier Garambois espérait enflammer la blogosphère, occuper l'espace, c'est en réalité l'indifférence qu'il a recueilli. Avec certainement plus d'un million de comptes sur Amazon France, obtenir seulement la réaction d'une dizaine d'internautes, cela fait peu, très peu même...

Nous avons pensé un moment, comme se l'est permis Xavier Garambois, mettre dans ce billet l'adresse E-mail personnelle de Xavier Garambois, comme il s'est permis de le faire pour celle du SLF. Après réflexion, nous avons pensé qu'il s'agissait là de méthodes qui ne pouvaient que nous déshonorer. Nous ne l'avons donc pas fait.

Nous attendons le 4 décembre, date à laquelle le jugement concernant le procès Amazon vs SLF devrait être rendu.

Et le service juridique d'Amazon peut me contacter directement, si le besoin s'en faisait sentir, à l'adresse suivante : joel.faucilhon@lekti-ecriture.com.

mardi, novembre 20 2007

Pétition La Poste, où en sommes-nous ?

Certains d’entre vous le savent, Lekti-ecriture.com s’est associé à la démarche de l’Atelier du Gué éditeur qui a mis en place une pétition en faveur de tarifs postaux moins prohibitifs, concernant les envois de livres, qui devrait permettre aux particuliers comme aux professionnels d’effectuer des envois de livres à des tarifs préférentiels, à la manière de ce qui se passe en Allemagne ou en Espagne.

Depuis cet été, le dossier a été pris en main par les députés, de toutes tendances, et c’est près de vingt questions au gouvernement qui ont été posées au Ministre de la Culture, mais également à celui de l’Industrie (dont dépend La Poste).

La semaine dernière, les premières réponses de notre actuelle Ministre de la Culture ont été publiées au Journal Officiel, pour chaque question posée.

Nous reproduisons ci-dessous le texte de ces réponses, identique pour chaque question posée :

Le ministère de la culture et de la communication accorde chaque année son concours, via le Centre national du livre, à plus de 300 maisons d’édition et revues littéraires et scientifiques, dont la diversité fait toute la richesse du paysage éditorial français. Plusieurs de ces maisons d’édition et de ces revues ont alerté le ministère de la culture et de la communication sur les effets, préoccupants pour leur pérennité économique, de la hausse des tarifs postaux résultant de la disparition de tarifs spécifiques ou adaptés à l’acheminement des livres. Cette augmentation touche principalement les petits éditeurs distribuant eux-mêmes leur production, soit directement auprès de leurs lecteurs avec des frais de port élevés, soit à travers le réseau des librairies par des envois ponctuels et le plus souvent unitaires qui entraînent également des frais de port élevés. Ces derniers peuvent être à la charge de l’éditeur ou répercutés sur le détaillant, qui s’acquitte alors souvent de frais de port supérieurs à la marge qu’il peut dégager sur la vente de l’ouvrage commandé. Dans le circuit classique de distribution du livre, les frais de port sont le plus souvent majoritairement à la charge des détaillants mais, surtout, sont nettement diminués du fait du regroupement des commandes et des envois par des distributeurs professionnels. A cet égard, le projet Calibre, mis en oeuvre par le syndicat national de l’édition et le syndicat de la librairie française, vise à proposer une solution de distribution aux petits éditeurs autodistribués et un accès facilité des détaillants à cette production. Ce projet doit en outre permettre aux éditeurs d’effectuer des envois groupés à Calibre, ce qui fera sensiblement baisser le coût d’envoi par ouvrage. L’augmentation des tarifs postaux a des répercussions économiques importantes pour de nombreuses maisons d’édition et pour les librairies. Elle peut constituer un véritable frein à la diffusion du livre. C’est la raison pour laquelle le ministère de la culture et de la communication a saisi la direction de La Poste afin de la sensibiliser à ces problématiques et de l’inciter à mettre à l’étude, dans le cadre de la réglementation applicable, des conditions tarifaires favorables à une meilleure circulation des oeuvres.

Nous ne parlerons pas du renvoi vers le projet Calibre, dans la mesure où il nous semble que la structure Calibre a besoin elle-même de tarifs postaux plus attractifs, pour effectuer son travail et intégrer de nouveaux éditeurs (sept éditeurs cet été).

Il semble, en revanche, que la fin de la réponse de Madame la Ministre, Christine Lagarde, soit intéressante, dans la mesure où il est assuré que le ministère de la culture et de la communication a saisi la direction de La Poste afin de la sensibiliser à ces problématiques et de l’inciter à mettre à l’étude, dans le cadre de la réglementation applicable, des conditions tarifaires favorables à une meilleure circulation des oeuvres.

La coordination qui s’occupe de porter la pétition va remettre celle-ci aux ministères concernés au début du mois de décembre prochain, et nous sommes dans l’attente de rendez-vous avec les Ministères concernés.

Rappelons pour information que la pétition a été signée par plus de 7 600 professionnels et particuliers, dont de grands éditeurs, des écrivains, et beaucoup de structures liées au monde du livre. La mobilisation a donc été massive, elle témoigne d’une véritable problématique sur laquelle personne ne peut désormais faire l’impasse.

Joël Faucilhon

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