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Mot clé - la vie du livre

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mercredi, novembre 28 2007

Amazon France, version populiste et démagogique (mais pas populaire)

Nous aurions aimé travailler tranquillement, au cours du dernier week-end.

Ce ne fut pas le cas, et la crispation se fit sentir à la réception d'un E-Mail d'Amazon France, envoyé à tous les clients, avec le contenu suivant :

Chers Clients d’Amazon,

Vous faites partie de nos meilleurs clients et nous vous remercions chaleureusement de votre fidélité. Depuis son lancement, Amazon.fr consacre toute son énergie à vous proposer la plus large offre de produits qui soit, au meilleur prix. Par exemple, nous appliquons en permanence la remise maximum autorisée de 5 % sur les livres français. Afin de faciliter la découverte des millions de livres qu’Amazon.fr propose sur son site, la livraison est gratuite en France métropolitaine pour tous les livres, sans minimum d’achats. Ceci autorise un accès plus facile et plus direct à la création littéraire, notamment pour ceux d’entre vous qui sont éloignés des points de vente physiques, ou qui ne peuvent s’y rendre facilement.

Aujourd’hui, votre droit à la livraison gratuite est menacé. Le Syndicat de la Librairie Française (SLF) a intenté une action en justice contre Amazon, et contre d’autres libraires sur le Net, visant à nous faire renoncer à la gratuité des frais de port sur les livres. Amazon.fr ne pense pas que cette action aille dans l’intérêt des lecteurs, ni d’ailleurs dans celui des auteurs et écrivains. Aussi allons-nous continuer à défendre vigoureusement votre droit à bénéficier de la livraison gratuite.

En tant que lecteur, votre opinion en la matière est très importante, et nous sommes persuadés que les libraires du Syndicat de la Librairie Française apprécieraient aussi de connaître votre avis. Si vous tenez à la livraison gratuite, merci de nous le dire et de le faire savoir au SLF. Vous pouvez ainsi envoyer votre point de vue à Amazon (pour-la-livraison-gratuite@amazon.fr) et au SLF (slf@…).

A bientôt sur www.amazon.fr

Xavier Garambois Directeur Général

Amazon France, et son directeur Xavier Garambois, fait montre dans cette lettre d'un populisme insoupçonné. Nous nous demandons s'il n'aurait pas suivi les mêmes séminaires, au cours des dernières semaines, qu'un certain Michel Edouard Leclerc.

Certes, les frais de port offerts sans prix plancher sont une heureuse initiative pour les lecteurs, elles le sont moins pour les petits éditeurs.

Lorsque dans ce courriel, Xavier Garambois parle d'un accès plus facile et plus direct à la création littéraire, il oublie bien évidemment de mentionner que les services d'Amazon France sont en train, par le biais d'incitations (d'injonctions ?) faites aux petits éditeurs de rejoindre le programme Partenaires , d'augmenter de manière inique les marges qu'ils demandent aux petits éditeurs (50 % de remise dans le cadre du programme Partenaires, soit 10% à 17% de plus que pour les autres points de vente), et d'étouffer peu à peu ces derniers, selon la logique bien connue par ailleurs de la grande distribution.

Alors, Amazon France, défenseur de la création littéraire alors que leurs conditions commerciales « étouffent » les plus petits éditeurs, ceux-là même qui portent de manière privilégiée la création littéraire ?

Non, nous n'y croyons pas vraiment. Puisque c'est bien là le nœud du problème : qui finance les frais de port offerts sans prix plancher ? Certainement pas Amazon. En revanche, de plus en plus de petits éditeurs, qui sont obligés, pour obtenir une certaine visibilité sur Amazon.fr, d'accorder 50% de remise à la société de Xavier Garambois. Certains « petits » distributeurs (en terme économique), ont été également obligé de rejoindre le programme Partenaires d'Amazon, de céder une marge de 50 %, afin que les livres des éditeurs diffusés/distribués par ces derniers obtiennent une visibilité décente sur la plate-forme.

J'ai été personnellement contacté, ces dernières semaines, par de très nombreux « petits » éditeurs, inquiets devant l'injonction qui leur est faite de rejoindre le programme Partenaires, de concéder 50 % de marge à Amazon, pour avoir une véritable présence sur la plate-forme. Et je tiens l'ensemble des échanges avec ces éditeurs à la disposition de Xavier Garambois, s'il le souhaite. En tant que personne impliquée, avec sa société, dans la valorisation de la création littéraire, ainsi qu'il l'affirme dans le courriel envoyé aux lecteurs, je suis certain qu'il sera sensible à ma démarche.

En attendant, cette attaque frontale d'Amazon France ne semble pas avoir eu l'effet escompté. Le « buzz » autour de l'envoi de cette lettre est marginal, et les sites Internet qui en font mention ne sont pas forcément défavorables au procès intenté par le Syndicat de la Librairie Française.

L'opération de ce week-end est donc un échec pour Amazon.fr. Xavier Garambois espérait enflammer la blogosphère, occuper l'espace, c'est en réalité l'indifférence qu'il a recueilli. Avec certainement plus d'un million de comptes sur Amazon France, obtenir seulement la réaction d'une dizaine d'internautes, cela fait peu, très peu même...

Nous avons pensé un moment, comme se l'est permis Xavier Garambois, mettre dans ce billet l'adresse E-mail personnelle de Xavier Garambois, comme il s'est permis de le faire pour celle du SLF. Après réflexion, nous avons pensé qu'il s'agissait là de méthodes qui ne pouvaient que nous déshonorer. Nous ne l'avons donc pas fait.

Nous attendons le 4 décembre, date à laquelle le jugement concernant le procès Amazon vs SLF devrait être rendu.

Et le service juridique d'Amazon peut me contacter directement, si le besoin s'en faisait sentir, à l'adresse suivante : joel.faucilhon@lekti-ecriture.com.

mardi, novembre 20 2007

Pétition La Poste, où en sommes-nous ?

Certains d'entre vous le savent, Lekti-ecriture.com s'est associé à la démarche de l'Atelier du Gué éditeur qui a mis en place une pétition en faveur de tarifs postaux moins prohibitifs, concernant les envois de livres, qui devrait permettre aux particuliers comme aux professionnels d'effectuer des envois de livres à des tarifs préférentiels, à la manière de ce qui se passe en Allemagne ou en Espagne.

Depuis cet été, le dossier a été pris en main par les députés, de toutes tendances, et c'est près de vingt questions au gouvernement qui ont été posées au Ministre de la Culture, mais également à celui de l'Industrie (dont dépend La Poste).

La semaine dernière, les premières réponses de notre actuelle Ministre de la Culture ont été publiées au Journal Officiel, pour chaque question posée.

Nous reproduisons ci-dessous le texte de ces réponses, identique pour chaque question posée :

Le ministère de la culture et de la communication accorde chaque année son concours, via le Centre national du livre, à plus de 300 maisons d'édition et revues littéraires et scientifiques, dont la diversité fait toute la richesse du paysage éditorial français. Plusieurs de ces maisons d'édition et de ces revues ont alerté le ministère de la culture et de la communication sur les effets, préoccupants pour leur pérennité économique, de la hausse des tarifs postaux résultant de la disparition de tarifs spécifiques ou adaptés à l'acheminement des livres. Cette augmentation touche principalement les petits éditeurs distribuant eux-mêmes leur production, soit directement auprès de leurs lecteurs avec des frais de port élevés, soit à travers le réseau des librairies par des envois ponctuels et le plus souvent unitaires qui entraînent également des frais de port élevés. Ces derniers peuvent être à la charge de l'éditeur ou répercutés sur le détaillant, qui s'acquitte alors souvent de frais de port supérieurs à la marge qu'il peut dégager sur la vente de l'ouvrage commandé. Dans le circuit classique de distribution du livre, les frais de port sont le plus souvent majoritairement à la charge des détaillants mais, surtout, sont nettement diminués du fait du regroupement des commandes et des envois par des distributeurs professionnels. A cet égard, le projet Calibre, mis en oeuvre par le syndicat national de l'édition et le syndicat de la librairie française, vise à proposer une solution de distribution aux petits éditeurs autodistribués et un accès facilité des détaillants à cette production. Ce projet doit en outre permettre aux éditeurs d'effectuer des envois groupés à Calibre, ce qui fera sensiblement baisser le coût d'envoi par ouvrage. L'augmentation des tarifs postaux a des répercussions économiques importantes pour de nombreuses maisons d'édition et pour les librairies. Elle peut constituer un véritable frein à la diffusion du livre. C'est la raison pour laquelle le ministère de la culture et de la communication a saisi la direction de La Poste afin de la sensibiliser à ces problématiques et de l'inciter à mettre à l'étude, dans le cadre de la réglementation applicable, des conditions tarifaires favorables à une meilleure circulation des oeuvres.

Nous ne parlerons pas du renvoi vers le projet Calibre, dans la mesure où il nous semble que la structure Calibre a besoin elle-même de tarifs postaux plus attractifs, pour effectuer son travail et intégrer de nouveaux éditeurs (sept éditeurs cet été).

Il semble, en revanche, que la fin de la réponse de Madame la Ministre, Christine Lagarde, soit intéressante, dans la mesure où il est assuré que le ministère de la culture et de la communication a saisi la direction de La Poste afin de la sensibiliser à ces problématiques et de l'inciter à mettre à l'étude, dans le cadre de la réglementation applicable, des conditions tarifaires favorables à une meilleure circulation des oeuvres.

La coordination qui s'occupe de porter la pétition va remettre celle-ci aux ministères concernés au début du mois de décembre prochain, et nous sommes dans l'attente de rendez-vous avec les Ministères concernés.

Rappelons pour information que la pétition a été signée par plus de 7 600 professionnels et particuliers, dont de grands éditeurs, des écrivains, et beaucoup de structures liées au monde du livre. La mobilisation a donc été massive, elle témoigne d'une véritable problématique sur laquelle personne ne peut désormais faire l'impasse.

Joël Faucilhon

jeudi, juillet 26 2007

Ouverture du Bloc-notes « Les Ongles Noirs »

Saïd Mohamed est professeur à l'école supérieure d'arts appliqués Estienne de Paris, l'une des plus prestigieuses écoles françaises, qui a formé des générations en industrie graphique.

Saïd Mohamed a beaucoup à nous apporter, nous livrer. Sur son métier, qu'il exerce depuis plusieurs dizaines d'années, sur la chaîne graphique, l'évolution des métiers de l'édition, mais également sur lui-même, puisque Saïd Mohamed est écrivain. Son dernier livre, Ciel de lune, est paru aux éditions L'Arganier en juin dernier.

Il devrait donc être disponible dans toutes les bonnes librairies françaises (distribution : Vilo).

Nous sommes donc heureux d'inviter les internautes et tous les curieux à découvrir le bloc-notes de Saïd Mohamed, à l'adresse suivante : http://www.lekti-ecriture.com/blogs/ongles-noirs.

Et pour ceux qui auraient manqué cet épisode, nous recommandons aux lecteurs de lire le texte de Saïd Mohamed, concernant l'Impression à la Demande, très remarqué, publié sur Contre-feux, la revue littéraire de Lekti-ecriture.com. Cela se passe ici : http://www.lekti-ecriture.com/contrefeux/Et-si-l-avenir-des-petits-editeurs.html

mardi, juillet 17 2007

Désordre

Nous sommes certainement à l'aune d'une période charnière, à la manière de ce qui s'est passé entre 1978 et 1981, et qui a conduit à la mise en place d'un ensemble de dispositifs (dont le prix unique n'est qu'une des facettes) qui ont permis le déploiement (ou le maintien) d'un véritable réseau pour le livre et la diffusion des idées, par l'imprimé.

En 1978-1981, le contestataire principal s'appelait la FNAC. Aujourd'hui, il est rentré dans les rangs, et ce sont des acteurs qui portent le nom d'Amazon ou d'Alapage qui bousculent le monde du livre.

Mais il nous manque quelques guides, et un peu de solidarité. L'absence de personnalités fortes, telles que celles d'un Jérôme Lindon, capables de creuser un sillon, se fait cruellement ressentir.

Du côté de Lekti-ecriture.com, je compte bien prendre mes responsabilités, et je prends acte du désordre ambiant. Et je me réserve le droit de revenir à la pratique commerciale antérieure (frais de port offerts), s'il n'était pas possible de trouver la porte de sortie assez rapidement.

En souhaitant, également, que les auteurs soient systématiquement associés aux évolutions en cours. Comme le signale régulièrement François Bon, les auteurs (alors même qu'il s'agit du devenir de leurs textes dont il s'agit, et qu'ils prennent une place accrue, notamment sur Internet), sont systématiquement écartés des discussions sur le devenir du livre. C'est aussi cela, le désordre.

mardi, juillet 10 2007

Avis de naissance : C.A.R.T.E.L diffusion

Nous reproduisons ci-dessous les informations liées à la naissance d'une association de diffusion qui regroupe quatre maisons d'édition françaises (éditions Le Mort-Qui-Trompe, Hermaphrodite, La Maison Close et Maelström), toutes situées dans le nord-est de la France.

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mercredi, juin 20 2007

Le livre numérique : les deux modèles proposés (pour l'instant)

En l'absence de terminal de lecture propre à la lecture en ligne (les e-readers ne nous ont pas encore envahis, malgré les efforts de Sony et d'autres constructeurs chinois), deux formules sont en train de s'opposer en ce qui concerne le livre numérique :

1) Le choix de Google (et d'autres plate-formes telles que Cyberlibris), est de mettre le navigateur Internet au centre de la démarche. La consultation des ouvrages numérisés s'effectue donc en ligne, sur abonnement (formule de Cyberlibris), ou de manière gratuite (Google Recherche de Livres, avec seulement des extraits de livres en lecture pour l'internaute).

2) D'autres plate-formes, telles que Numilog ou Sony, parient eux sur l'achat d'un livre avec une lecture en mode " déconnecté " (de l'Internet), avec l'achat de livres que l'on peut lire sur son ordinateur, la plupart du temps au format pdf.

Il est difficile de dire, pour l'instant, lequel de ces deux modèles risque de s'imposer à terme. Nous pouvons simplement signaler que Google va continuer à investir de manière massive dans le livre (en tant que contenu qui peut être monétisé, au même titre qu'une vidéo, cf les propos de Sergey Brin au forum économique de Davos en 2005), et le leadership de la firme californienne peut peser fortement, à terme, sur le modèle qui va s'imposer en matière de lecture numérique.

A ne pas oublier d'ailleurs, Google va bientôt franchir un cap, en proposant aux éditeurs un accès complet à leurs livres numérisés, moyennant une rétribution pour l'éditeur, et un paiement dont la forme et le modèle (abonnement, paiement à la page consultée ?) reste à définir, pour l'internaute. De plus en plus, les responsables de Google France affirment devant leurs interlocuteurs qu'ils seront bientôt prêts à monétiser le contenu des éditeurs, selon leurs propres termes.