Les éditions Chandeigne, dirigées par Anne Lima et Michel Chandeigne, viennent de publier un ouvrage exceptionnel au sein de la prestigieuse collection Magellane, sur le voyage de Magellan (1519-1522).
Pour rappel, voici quelques mots de présentation de la collection Magellane :
La collection Magellane rassemble les récits, souvent oubliés, de grands voyageurs du XIVe au début du XVIIIe siècle écrits par des Français ou des Portugais, mais aussi des Allemands, des Anglais, des Danois, des Hollandais, etc., ils deviennent aujourd’hui les rares témoignages d’un monde où la terre était encore vierge et d’une infinie diversité, et l’humanité à découvrir.
Ils sont, tout au long de pages décrivant sans complaisance les terribles conditions de vie de l’époque, les moments privilégiés ou des individus et des peuples qui s’ignoraient s’entredécouvrent soudain.
Textes d’un intérêt à la fois littéraire, historique et ethnographique, ils sont présentés, annotés, transcrits ou traduits par les meilleurs connaisseurs. Ces ouvrages s’adressent tant au grand public qu’aux spécialistes, lesquels trouveront un appareil critique trés fourni en fin d’ouvrage, ainsi que de nombreuses illustrations, cartes et autres documents d’époque.
Cette collection au long cours souhaite combler les amateurs de littérature de voyage et d’Histoire, en offrant, à côté de grands classiques, des raretés bibliographiques et de nombreux inédits - toujours en version intégrale. Certains ouvrages de référence se retrouvent aussi dans la collection Magellane poche.

Pour en revenir au coffret de deux livres intitulé Le voyage de Magellan, qui sort en librairie aujourd'hui, il est nécessaire de signaler qu'il s'agit de l'aboutissement de plusieurs années de travail, pour donner aux lecteurs, en deux volumes, l'ensemble des documents d'époque qui ont traité du voyage de Magellan.
Il faut rappeler que Magellan avait pour ordre exprès de rejoindre par l’ouest les Moluques et de revenir par la même voie. Il n’a sans doute jamais projeté de faire un tour du monde. Son décès prématuré ne lui permettra pas de le réaliser, et Juan Sebastián Elcano en recevra les honneurs au retour à Séville de la Victoria, seul navire rescapé. L’exploit du navigateur est d’avoir résisté à ses hommes et aux éléments pour découvrir le détroit sud-américain qui portera son nom, et d’avoir traversé pour la première fois le Pacifique. Ce faisant, il n’a pas voulu prouver que la Terre était ronde – connaissance acquise depuis les Grecs –, mais il a montré qu’elle était circumnavigable, ce qui n’est pas la même chose...
La traversée du Pacifique fut très longue et éprouvante : plus de trois mois sans toucher terre. La surprise de Magellan ne fut pas de découvrir un océan aussi vaste, mais de naviguer sur une mer déserte. Par chance, grâce à l’ingestion d’un puissant anti-scorbutique récolté dans le détroit de Magellan, le nombre des décès fut très faible. Parvenu aux Mariannes, puis aux Philippines, Magellan surprend alors par son comportement : au lieu de se diriger droit sur les Moluques, comme les instructions royales l’exigeaient, il remonte vers le nord, erre d’île en île, et désobéit une nouvelle fois aux ordres en combattant les indigènes de l’île de Mactan. Dans cet épisode, Magellan trouve une mort que l’on qualifierait aujourd’hui d’« idiote ». Mais ne l’a-t-il pas provoquée sciemment ? A-t-il compris à ce moment qu’il n’était déjà plus dans l’hémisphère espagnol, que son voyage était un échec et qu’il ne pouvait rentrer ni chez lui, où il était un « traître », ni en Espagne après avoir maté dans le sang une mutinerie sur la côte patagonique ? Ou bien cherchait-il simplement à affermir les liens politiques avec les souverains de la région, voire à conquérir des domaines dont la gouvernance lui serait revenue ? Quoi qu’il en soit, la confrontation des sources et des commentaires s’avère passionnante sur ces questions cruciales qui n’auront jamais de réponses définitives...
Rappelons enfin que sur les 237 marins embarqués sur les quais de Sanlúcar, à bord de cinq navires, 90 revinrent vivants : 55 sur le San Antonio, dont l’équipage déserta dans le fameux détroit, et 35 qui firent effectivement le tour du monde ; les autres moururent en route ou disparurent dans les îles de l’Extrême-Orient. Parmi ces survivants, les principaux furent interrogés par des juges ou des chroniqueurs qui transcrivirent leurs déclarations ; certains laissèrent de brefs récits manuscrits.
C’est l’ensemble de ces textes qui sont ici publiés, accompagnés des cartes de l’époque et d’une riche iconographie.
Nous sommes heureux de proposer aux internautes de découvrir ce livre sur l'espace éditeur des éditions Chandeigne, sur Les Espaces de l'édition indépendante de Lekti-ecriture.com. Cliquez ici pour en savoir plus sur ce livre.
En octobre 2007, les éditions La Fabrique publiaient un livre de Gilles Sainati et Ulrich Schalchli intitulé La décadence sécuritaire.
Nous avions parlé, il y a de cela quelques semaines, des « Secondes rencontres de Tourtrès » qui viennent de se tenir les 13 et 14 octobre derniers, à Tourtrès, rencontres totalement dédiées à l'étude d'Armel Guerne.

Le second livre dont il nous paraît essentiel de parler s'intitule Des os dans le désert, de Sergio González Rodríguez. Paru aux éditions 
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