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Tag - Logiciel libre

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mercredi, novembre 26 2008

Portrait du pirate en conservateur de bibliothèque (3/3)

Je l'avais souligné dans le texte précédent, les pirates qui mettent à disposition des internautes un certain nombre de « collections » ou de textes sur des sites privés ou semi-privés sont apparemment conscients de la fragilité du numérique, et cherchent à tout prix l'emploi des formats ouverts, qu'ils estiment « pérennes » dans le temps. Voilà une raison de plus de les comparer à des « conservateurs de bibliothèque », puisque ces derniers doivent veiller, s'assurer que « toute mesure de surveillance, de protection, de reproduction et de communication propre à préserver l’intégrité du document » soit prise (Extrait de La charte des bibliothèques adoptée par le Conseil supérieur des bibliothèques le 7 novembre 1991).

Or, assurer la conservation et la pérennité des documents, lorsqu’ils sont numériques, est une tâche difficile, voire impossible en l’état actuel des techniques. Je me souviens encore avoir posé la question, lors du colloque Livre 2010, en 2007, à Jean-Pierre Cendron, alors délégué à la stratégie pour le projet Gallica, à ce propos. Sa réponse, telle que consignée dans le compte-rendu de la table ronde, fut la suivante : Se plaçant sur le terrain de la conservation, Jean-Pierre Cendron a rappelé que contrairement au papier et au microfilm, nous ne connaissions pas, encore aujourd’hui, quelle pouvait être la pérennité du support numérique. (voir ici pour la source)

Une réponse honnête, qui sous-tend une réalité peu amène. Nous sommes en train de procéder à une numérisation massive de notre savoir, sans avoir la moindre idée des délais pendant lesquels notre patrimoine restera disponible, en raison même de la nature du numérique. Avec donc, un risque accru de perdre l’ensemble des savoirs, qui sont de plus en plus « numériques dès le départ » (photographies, films, audio, manuscrits d’auteurs et copies d’éditeurs, etc.). Ce risque immense de la page blanche, des savoirs perdus de manière irrémédiable en raison de la fragilité intrinsèque du support numérique, nous en voyons déjà parfois, timidement, les conséquences. Tel ou tel chercheur du CNRS ou d’un autre centre se plaint que la copie numérique qui a été confiée à l’INA (dont la mission principale est pourtant la conservation !) soit perdue. Cela arrive de plus en plus souvent…

En réalité, la fragilité du numérique est extrême, pour deux raisons principales :

  • l’extrême hétérogénéité des formats employés, souvent propriétaires, avec lesquels le savoir numérique est construit. Du côté du livre, par exemple, beaucoup d’éditeurs sont obligés de refaire les maquettes de leurs livres déjà composés il y a parfois cinq ans, mais sous des logiciels qui n’existent plus, ou dont la compatibilité avec les versions actuelles n’est qu’apparente. Il faut remercier ici des firmes telles que Quark ou Adobe, qui n’organisent aucune compatibilité ascendante entre leurs familles de produits, qu’il s’agisse respectivement de Quark ou Indesign. Et quelle différence, de ce point de vue, avec les méthodes employées par bien des éditeurs scientifiques ou techniques, notamment anglo-saxons, qui s’appuient au moment de composer leurs livres sur des standards ouverts et cohérents tels que LaTex, ce qui leur permet de reprendre leurs épreuves plus de vingt ans après, sans aucun souci…
  • Le numérique est également fragile en raison de la nature des supports. Que cela soit l’optique (CD-ROM, etc), ou les supports magnétiques tels que les disques durs, il s’agit d’éléments extrêmement fragiles, prompts à s’effacer rapidement, et pas seulement de manière intentionnelle. Pour parer à cela, il n’existe qu’un moyen : la duplication, que l’on voudrait (presque) à l’infini, en permanence, pour s’assurer que sur dix baies remplies de disques durs contenant les mêmes données, dans quinze ans, il existe au moins un disque dur qui fonctionne encore et contienne les éléments qu’il a fallu conserver un jour. Un marché s’est donc fortement développé ces dernières années, celui du stockage. Avec un coût extraordinaire pour les bibliothèques. Mais cela, les équipes de Gallica ou de la British Library le savent bien que moi, eux qui doivent sans cesse, chaque jour, organiser des « stratégies » de réplication des données, lancer des appels d’offre pour obtenir, chaque jour, toujours plus de pétaoctets de stockage…

Mais ce qu’une Bibliothèque patrimoniale peut envisager, en matière d’efforts financiers pour pérenniser le savoir numérique, et sans pour autant obtenir des certitudes, aucune autre structure ne peut le faire.

Le risque de la page blanche, d’un effacement partiel ou total du savoir conservé sous forme numérique, est donc bien réel.

Numériser N’EST PAS conserver.

En réalité, la seule issue, compte tenu de la fragilité du support numérique, reste de disséminer le savoir numérique. Et c’est là où les « groupes de pirates », qui échangent sans cesse leurs fichiers (textes, vidéos...) en essayant de conserver l’accès à leurs fichiers le plus longtemps possible, jouent un rôle majeur. Étant donné qu’ils ont tendance (du moins, pour certains groupes privés ou semi-privés, via le protocole Bitorrent), à archiver, organiser des collections sous des formats ouverts, à les diffuser sur des milliers de machines qui restent éloignées les unes des autres, physiquement, ils accentuent les chances d’éviter ce risque fou d’une « page blanche », au niveau du savoir numérique.

Il existe donc là un vrai paradoxe : les pirates qui bafouent, violent chaque jour les législations sur le droit d’auteur et le Copyright sont peut-être, en même temps, la seule chance de survie du savoir numérique. Et il est plausible d’imaginer qu’un jour, pas si lointain, certains auteurs, éditeurs ou producteurs, aillent chercher la seule copie encore existante de leur travail auprès des pirates. Voilà encore le pourquoi du titre, qui semble provocateur : « portrait du pirate en conservateur de bibliothèque ». Le but n’est pas de donner une image idyllique du « pirate » sur Internet, puisqu’il enfreint de manière systématique les lois sur le droit d’auteur, mais de mettre en relief certaines réalités qu’il semble absurde d’ignorer plus longtemps…

mercredi, septembre 3 2008

La Free Software Foundation fête ses 25 ans !

La Free Software Foundation (en français, Fondation pour le Logiciel Libre) fête ces jours-ci ses vingt-cinq ans. Il est certainement utile de rappeler ici, en quelques phrases, le rôle majeur de la Fondation pour le Logiciel Libre, dirigée par la figure charismatique de Richard Stallman, dans l'évolution de notre environnement de vie. Sans la rédaction de la licence GNU, licence dite des « logiciels libres » ou « Free software », le mot Free signifiant avant tout libre, et non pas seulement gratuit, le système d'exploitation libre GNU/Linux n'existerait pas, mais l'ensemble du mouvement pour les archives ouvertes, qui nous permet chaque jour de lire des thèses et documents d'une grande valeur, que l'on soit sociologue ou mathématicien, n'aurait certainement pas pu le jour. Pas plus que l'ensemble des sites Internet littéraires, qui utilisent des systèmes de gestion de contenus tels que SPIP, diffusé sous licence GNU. Les licences Creative Commons n'auraient également pas été imaginées sans le travail préparatoire effectué par la FSF. Notre dette à l'égard de la Free Software Foundation (FSF) est immense, bien au-delà de ce que nous imaginons souvent. Pour fêter avec dignité cet anniversaire, la Free Software Foundation nous invite à regarder un film de l'acteur, nouvelliste et metteur en scène Stephen Fry. Cette vidéo de Stephen Fry, en anglais mais bientôt traduite en français, nous invite à reconsidérer nos positions par rapport aux logiciels propriétaires, avec beaucoup d'humour.

Cliquez ici pour rejoindre le site Internet de la Free Software Foundation et regarder la vidéo de Stephen Fry.

mardi, juin 3 2008

Lekti-ecriture.com rejoint l'AFUL

Lekti-ecriture.com est devenu hier officiellement membre de l'AFUL ([Association Francophone des Utilisateurs de Linux et des logiciels libres).

Avec une envie, celle de promouvoir l'utilisation de standards et et l'interopérabilité au niveau du monde du livre, qui connaît souvent (trop) mal l'ambition et la philosophie du logiciel libre.

Au moment où les bibliothèques, patrimoniales ou locales, sont approchées par de nombreux groupes qui souhaitent leur vendre leur solution de numérisation de livres, à l'instant où de nombreux éditeurs et/ou libraires choisissent, par méconnaissance, des solutions « fermées » de diffusion de livres numériques, verrouillées par des DRM, aussi inefficaces du point de vue de la protection des œuvres, que dangereuses dans leurs conceptions (une œuvre, dans un système fermé tel que celui proposé par la plupart des plate-formes de téléchargement de livres, qu'elles s'appellent ebookstore de Sony, Numilog ou Amazon Kindle, devient un objet qu'il faut protéger contre sa diffusion), il paraissait nécessaire de s'associer aux groupes de travail de l'AFUL, et de dessiner des ponts entre l'univers du livre et celui du logiciel libre, deux écosystèmes qui se connaissent décidément trop mal, et qui auraient intérêt à travailler ensemble, afin de dessiner les esquisses de nouveaux moyens de diffusion pour les œuvres de l'esprit.

Pour en savoir plus, quelques liens :

Le site officiel de l'AFUL.

Le site ressource Eucd.info, édité par l'APRIL, autre association francophone de promotion du logiciel libre.

DefectiveByDesign, le site (en anglais), de la campagne de la Free Software Foundation contre les DRM.

mercredi, octobre 17 2007

Hackulturation. Culture libre, Culture hacker

Les 25, 26 et 27 octobre 2007, les Les Rencontres Place Publique organisent sur trois jours, à Marseille, une série de manifestations autour du thème Hackulturation. Culture libre, Culture hacker, dont le programme, reproduit ci-dessous, mérite toute notre attention.

Nous invitons tous les internautes, proches de la ville de Marseille, à la fin du mois, à se rendre à cette belle manifestation.

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vendredi, août 3 2007

Le mouvement des archives ouvertes

En quelques mots — un livre serait nécessaire pour poser les bases, sans pour autant épuiser le sujet — il serait intéressant de parler d'un mouvement dont l'ampleur est immense dans le monde anglo-saxon, mais qui rencontre (semble-t-il), quelques retards au démarrage en France.

Il s'agit du mouvement des Archives Ouvertes, autrement appelé l'Accès Ouvert, et l'Open Access dans le monde anglo-saxon. L'une des plus belles réussites du mouvement de l'Open Access est PLoS (Public Library of Science), fondé en 2001 par des chercheurs de Stanford et de Berkeley. PLoS, projet fondé en réaction au comportement de nombreux éditeurs anglo-saxons qui ne mettaient pas forcément à la disposition du public des chercheurs les articles dont ils étaient l'auteur, permet aux auteurs (généralement des chercheurs associés à des universités ou à des institutions), de publier leurs textes scientifiques en ligne, et de permettre ainsi une meilleure diffusion et un partage des connaissance, qui assure la base des progrès dans les sciences.

PLoS est l'exemple le plus abouti, d'Archives Ouvertes. Nous aurions pu citer d'autres exemples.

En France, le mouvement des Archives Ouvertes, qui vise au partage des connaissances afin d'améliorer la circulation des informations et des connaissances, est encore embryonnaire, malgré quelques belles réussites. Il faudrait citer, notamment le site des Archives Ouvertes en Sciences de l'Homme et de la Société (HAL-SHS), qui regroupe plus de 8 000 documents en sciences humaines (cliquez ici pour rejoindre le site Internet). D'un point de vue plus général, le site Internet archives-ouvertes.fr présente de nombreux documents liés au mouvement, à son histoire (quinze ans d'histoire...), et à l'actualité. Une visite à compléter avec celle du site http://openaccess.inist.fr/, maintenu par l'Institut de l'Information Scientifique et Technique du CNRS.

Bonnes découvertes à tous.