Le Bloc-notes de Lekti-ecriture.com

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mercredi, mai 20 2009

Menaces sur le livre gay et lesbien

À l’heure où les mauvaises nouvelles s’accumulent, on aurait pu espérer que le drapeau arc-en-ciel (symbole du mouvement Gay et Lesbien) nous donne du baume au cœur. Ce fut le cas lors de la dernière décennie, avec une floraison de maisons d’éditions menant des projets tous plus originaux les uns que les autres : alors que Textes Gais réinventait le roman porno tout en publiant le très inspiré Hardcorps de Jimmy Sabater, les Éditions Gays et Lesbiennes (fondée par Anne et Marine Rambach, auteurs du très pertinent Les Intellos précaires) proposaient une collection de romans sentimentaux intitulée Le bonheur est à tout le monde afin de dôter l’homosexualité de sa littérature sentimentale, et les éditions H&O lançaient une série de Comics résolument homo tout en publiant une monumentale Histoire des sodomites.

Las ! Cette édition faisant preuve d’une indéniable imagination rencontre aujourd’hui bien des problèmes. La Cerisaie ou Cylibris durent ainsi mettre la clef sous la porte alors que les Éditions Gay et Lesbiennes furent rachetées par les éditions Gisserot. Les derniers indépendants du secteur sont contraints de réduire grandement leurs rythmes de production, les éditions Bonobo ne publiant plus ou presque, alors que H&O et Textes Gais se stabilisent autour de respectivement 12 et 6 titres par an mais voient leurs tirages baisser dangereusement et leurs ventes se concentrer autour de certains titres (la série des Dolko pour H&O, les ouvrages d’Alexandre Delmar pour Textes Gais) au risque de devenir des maisons mono-produit.

Cette triste situation relève de causes qui sont sans doute à chercher du côté d’une librairie que l’on pourrait dire à l’agonie dans le monde francophone puisque Serge et Réal (située à Montréal), Page 69 (Bruxelles) et Au Mots doux (Genève) ont dû cesser leurs activités. En France, seuls Les Mots à la bouche, Violette and co et Etats d’esprit (Lyon) semblant pour l’instant avoir les moyens de continuer à afficher une identité gay et lesbienne sur le territoire français, et ce malgré la contraction de leur chiffre d’affaire (les ventes de Textes Gais aux Mots à la bouche étant par exemple passées de 1500 à 800 euros par mois en l’espace d’une année). Et il n’y a apparemment pas de salut à chercher du côté d’autres canaux de distribution car (à part une FNAC référençant impeccablement sur son site Internet tous les livres estampillés gay et tenant toujours, dans le magasin des Ternes, un rayon gay) des sociétés comme A la page ou adventice.com fonctionnent sans aucun stock et opposent donc aux éditeurs des refus de commander en dessous d’un certain montant d’achat de la part de leurs clients.

Ces faits nous invitent à poser une question : pourquoi l’édition gay et lesbienne enregistre-t-elle une telle baisse d’activité (de près de 50% pour Textes Gais) et rencontre-t-elle d’extrêmes difficultés quant à ses structures de commercialisation ? Invoquer la « Crise » ne semble pas constituer une réponse suffisante puisque ce secteur est en proie à des difficultés sans commune mesure avec celles que rencontre le reste de la profession (le baromètre de Livres Hebdo étant pour l’instant en hausse de 1% en terme de ventes de livres sur l’année 2009). Affirmant que « le gay ne paye plus », Pedro Torres (fondateur de Textes Gais) pose directement la question d’une indépendance tout autant financière qu’intellectuelle : est-il possible aujourd’hui d’être une petite maison d’édition et de ne pas opérer au sein de ce que Monique Wittig nomme une Pensée straight ?

Reposant (en littérature comme ailleurs) sur une volonté de ne pas bouleverser le mode d’organisation des relations entre hommes et femmes, celle-ci récuse l’affichage de tout genre sexuel et refuse plus largement de considérer l’identité sociale comme un lieu de création. En paraphrasant l’une des plus célèbres phrases de La Pensée straight, on pourrait affirmer que, sur le plan social, « on ne naît pas gay, lesbienne (ou autre), on le devient » en inventant les signes de sa singularité et en les explicitant afin de faire en sorte que les acceptent ceux qui se disent peut-être un peu vite tolérants. En s’emparant de genres éditoriaux extrêmement codifiés (proches des Harlequin ou du Manga dans les exemples que nous citons ci-dessus) et en réinventant une sexualité n’ayant plus rien de « normé » ou de « propret » (comme dans le Fucking Berlin récemment publié par Textes Gais), l’édition gay et lesbienne a ainsi démontré qu’elle avait quelque chose à dire à l’ensemble de notre société : en a-t-elle encore aujourd’hui la possibilité ?

mercredi, mars 18 2009

Les libraires de Montauban : poétiques forces de l'ordre

L’Association des Libraires de Montauban et leurs amis, à laquelle nous avons déjà consacré un article, ne rend pas les armes ! Afin de célébrer le printemps des poètes, celle-ci a en effet constitué une véritable brigade menant une opération intitulée « Les 7 PV capitaux ». Furent ainsi distribuées d’étranges contraventions aux automobilistes présents au centre-ville qui, furent-ils en règle quant au stationnement de leurs véhicules, tombèrent sous le coup d’une implacable sanction : la lecture à haute voix du poème inscrit au verso du « papillon » et la cordiale invitation à compléter sa collection de PV en faisant le tour des 7 librairies indépendantes de la ville. Là, l’innocent contrevenant s’est vu adressé une nouvelle peine car, ainsi que le déclare Hugues Dedit dans le reportage que France 3 consacre à l’événement : « On peut verbaliser les clients parce qu’ils achètent peu de livres, parce qu’ils achètent beaucoup de livres, parce qu’ils achètent des livres petits ou des livres épais. Tout est bon à verbalisation ». Ce parfait arbitraire est parfaitement incarné, dans un autre reportage, par une Danielle Deloche qui, coiffée d’un képi et vêtue d’une capeline, invite l’un de ses clients à clamer à haute voix le contenu de la contredanse, et si le cœur lui en a dit à en établir une puisque les librairies se proposent de collecter les poèmes de quiconque souhaite de la sorte s’exprimer.

Le thème de ce 11e Printemps des poètes (« l’humour ») fut ainsi l’occasion de rencontres complices avec une population découvrant tout autrement, dans ce même reportage, un Jacques Griffault (« Le Scribe ») ou Maurice Baux (« Baux livres ») qui n’imaginaient sans doute pas qu’embrasser le commerce du livre les mèneraient à intégrer de fantasques forces de l’ordre : nous sommes ici bien loin d’une librairie indépendante empreinte de l’esprit de sérieux qu’arbore trop souvent la défense du livre et de ses métiers. Incarner une maréchaussée faisant montre d’une tendre autorité (« Ne verbalisez pas sous mon tendre essuie-glace / Aujourd’hui, je remplace un manche au pied levé / Ce quatrain séducteur palliera le pévé », comme écrit sur l’amende signée par Guy Reydellet) permet ainsi d’inaugurer un autre mode d’action culturel et de s’inscrire dans un dispositif inverse de celui des lectures ou des animations conviant un public à se rassembler autour de la parole d’un auteur ou d’un éditeur. Ce choix est d’autant plus réfléchi que les libraires de l’ALMA disposent en ce domaine d’un réel savoir-faire (les Rencontres du Scribe ont par exemple convié plus de 50 personnalités en un peu plus de 4 ans) qui semble aujourd’hui, selon madame Deloche, ne plus faire pleinement recette.

Baisse de fréquentation de ces « rencontres », complexité des dossiers de subventions : face à la désaffection d’une librairie pensée comme espace d’hospitalité, choix est ainsi fait d’une librairie « hors les murs », soucieuse d’intervenir au sein de l’espace public et s’inscrivant ainsi dans la droite lignée de l’action d’une Association des Libraires de Montauban et leurs amis fondée afin de lutter contre l’implantation d’un Espace culturel Leclerc en plein centre-ville. Pétitions, interventions auprès de la municipalité et organisation d’une « parade littéraire » emmenant les habitants « d’une librairie l’autre », permirent de mettre en évidence le maillage culturel existant au sein de cette ville moyenne et de démontrer que celle-ci ne ressemble en rien au « désert culturel » auquel Michel-Edouard Leclerc entend prétendument porter secours à travers ses magasins. Démontrer sa vitalité, sa diversité et désormais son humour : tels furent les réponses d’une librairie indépendante quelque peu ignorée par les pouvoirs publics, tant au niveau de la région que de la profession, et ce depuis la création d’une ALMA dont le mode opératoire semble entrer en contradiction avec les politiques publiques du livre. Les subventions accordées par le Centre National du Livre visent en effet principalement la mise en valeur du fonds de la librairie, alors que le Syndicat de la Librairie Française ou l’Association pour le DEveloppement de la Librairie de Création entendent aider toutes sortes d’aménagement et d’extensions (y compris numériques).

Quel que soit le caractère louable de ces actions, force est de constater que celles-ci s’organisent autour d’un commerce pensé comme « un espace de théâtralité du livre dans lequel les libraires développent divers moyens de mettre en scène physiquement les livres ayant reçu leur approbation » (comme expliqué à la page 491 d’une Histoire de la librairie française récemment publiée au Cercle de la librairie). L’article signé par Elise Henry et Frédérique Leblanc (« Reconnaissance sociale et professionnelle du métier de libraire ») met ainsi l’accent sur un « devenir spectaculaire » du métier de libraire, que ce soit en retenant l’hypothèse que le numérique ne peut qu’accentuer cette tendance ou en s’achevant sur l’évocation « des manifestations organisées (salon du livre, « Lire en fête », forum et journées de réflexion, etc.) pour garantir leur pérennité » (Idem, p. 493). Ce faisant, ces propos esquissent un paradoxe : la « reconnaissance » du libraire passe par un repli sur les « compétences de sélection des textes et de connaissances bibliographiques » (Idem, p. 491) ou de « manière de présenter et faire découvrir aux clients/lecteurs un patrimoine culturel » (Idem, p. 492) mais nullement par une capacité à s’imposer au sein d’un espace urbain qui s’enorgueillit pourtant (telle la mairie de Montauban) du dynamisme culturel de son centre-ville. Faisant le choix d’une tout autre « théâtralité » en singeant des forces de l’ordre battant le pavé à coup de « pévés » et en démontrant leur capacité à instaurer des liens autour de la Place Nationale, les libraires de Montauban posent ainsi un problème que peu semblent pleinement cerner.

mardi, mars 3 2009

Actualités de la librairie Lekti-ecriture.com

Nous sommes heureux de présenter une nouvelle version des livres associés, sur la librairie Lekti-ecriture.com.
Pendant deux années, nous avons travaillé dur, et tout particulièrement es derniers mois avec l’équipe de No Parking (merci notamment à Jean-François Berroyer), pour mettre en place un système qui vous permette, à partir de la fiche de présentation de chaque livre, sur la librairie Lekti-ecriture.com, de « rebondir » et de partir à la découverte d’autres livres, selon une approche qu’il serait possible de qualifier de « libraire », et pas forcément liée aux associations de livres construites à partir des achats des livres des internautes, comme c’est le cas sur les grands superstores en ligne.
Lorsque vous consultez la fiche d’un livre, sur la librairie Lekti-ecriture.com, il vous est proposé de découvrir 24 livres associés selon des critères qui tiennent aux « conseils de libraires ».
Nous espérons que cette approche paraisse pertinente pour tous les lecteurs qui se rendent sur la librairie Lekti-ecriture.com (les premiers retours enthousiastes nous donnent du bonheur), et nous continuons à travailler dur pour construire une belle librairie indépendante en ligne, en partenariat avec un réseau de librairies physiques qui va considérablement s’étoffer au cours des prochains mois.
Tous nos remerciements vont également aux lecteurs qui nous témoignent leur confiance, et achètent leurs livres sur la librairie Lekti-ecriture.com. C’est grâce à eux que le projet Lekti-ecriture.com va continuer à se développer, et nous leur sommes donc extrêmement reconnaissants.

Pour aller plus loin : rejoindre la librairie Lekti-ecriture.com.

lundi, décembre 22 2008

La librairie Lekti-ecriture.com continue d'évoluer...

Six mois après son lancement, la librairie Lekti-ecriture.com continue d’évoluer et de monter en charge.

Cela ne veut pas seulement dire que le nombre de livres présentés à la vente augmente chaque jour, mais surtout que les fonctionnalités offertes évoluent sans cesse.

Il est recommandé à tous les lecteurs/internautes de faire attention aux livres présentés avec chaque fiche de présentation d’une livre. Lorsque vous consultez un livre, 24 livres, en association avec celui que vous consultez, vous sont présentés.
Contrairement, aux grands superstores en ligne, ces liens vers d’autres livres ne sont pas générés en fonction des achats des autres internautes, mais construits à partir d’une « approche libraire », d’une base de calcul (on dit « algorithmes » dans le milieu) qui vise à démultiplier la force et la pertinence de liens établis par des libraires. Et nous faisons évoluer ces bases de calcul chaque jour, afin d’être toujours le plus pertinent possible.

Ce dispositif a une ambition : permettre aux lecteurs de découvrir de très nombreux livres, en relation avec la personnalité de chacun, évidemment unique.

En cette fin d’année, l’équipe de Lekti-ecriture.com tient très sincèrement à remercier tous les lecteurs, chaque jour plus nombreux, qui achètent leurs livres sur la librairie Lekti-ecriture.com, en partenariat avec de grandes librairies physiques françaises. Vous êtes également sans cesse plus nombreux à parcourir les grands espaces de Lekti-ecriture.com, que cela soit la revue littéraire Contre-feux, ou Les Espaces de l’édition indépendante, qui rassemblent désormais plus de soixante éditeurs.

Nous vous remercions tous, très sincèrement, de votre confiance, et nous travaillons dur, chaque jour, pour vous proposer de nouveaux textes, de nouveaux auteurs à découvrir.
Puisque nous savons que votre capacité de curiosité reste intacte, pour beaucoup d’entre vous, malgré une ambiance difficile, et l’impression personnelle qu’Internet perd chaque jour de ses vertus, surtout en matière de diffusion du savoir, pour la raison évidente que ce médium devient un « média de masse », au sens où l’entendait un certain sociologue qui s’appelait Marshall McLuhan, dont les travaux pourtant anciens restent d’une grande actualité…

Vous ne connaissez pas encore la librairie Lekti-ecriture.com ? Cliquez ici pour la rejoindre.

mardi, décembre 9 2008

Point librairie

La librairie Lekti-ecriture.com continue de vivre, et le nombre de livres présentés en vente est chaque jour plus important.
L’originalité de la librairie Lekti-ecriture.com reste le travail effectué en étroite collaboration avec certaines librairies françaises associées au projet. Le stock des librairies associées au projet est mis à jour de manière quotidienne. De la sorte, vous pouvez savoir si le ou les livres que vous souhaitez commander sont présents dans une librairie, et peuvent vous être envoyés sous 24 à 48 heures par la librairie, ou si ce délai doit être porté entre 2 et 7 jours, dans le cas où aucune des librairies associées au projet ne dispose des livres en stock (un cas de plus en plus rare).
Les librairies associées au projet sont choisies pour leur professionnalisme, et l’esprit d’indépendance qui guide leurs responsables.
Outre l’efficacité qui guide notre projet (vous permettre de recevoir chez vous le plus rapidement possible les livres que vous commandez), nous avons choisi de travailler avec un certain nombre de librairies physiques pour favoriser la mise en réseau d’acteurs indépendants, et éviter (à notre niveau, qui est celui du commerce du livre sur l’Internet), que le commerce sur Internet ne se réduise à de vastes plate-formes, certes très efficaces pour certaines d’entre elles, mais qui sont la source de nombreuses interrogations sur le modèle de société qui nous est proposé. En effet, ces grandes plate-formes reposent sur l’association étroite entre un petit nombre de cadres intéressés aux bénéfices et une masse de manutentionnaires en contrats (très) précaires, disposés dans de grands entrepôts.
C’est un autre modèle que nous vous proposons sur la librairie Lekti-ecriture.com, et nous remercions tous les lecteurs, de plus en plus nombreux, qui nous font confiance et achètent leurs livres désormais sur la librairie Lekti-ecriture.com. Et si vous ne connaissez pas encore la librairie Lekti-ecriture.com, nous vous invitons à une petite visite, cela se passe ici : http://www.lekti-ecriture.com/librairie.

mercredi, novembre 5 2008

Délais de paiement en librairie : danger !

La loi de modernisation de l’économie, qui fut votée le 5 mai dernier par l’Assemblée Nationale, fait grand bruit dans le monde du livre, notamment à travers l’une de ses dispositions les plus spectaculaires : la réduction du délai de paiement entre entreprises à 45 jours fin de mois ou 60 jours calendaires. Est ainsi déclarée caduque la règle des « 90 jours » au terme desquels il est nécessaire de s’acquitter de la somme due, temporalité remise en cause pour des raisons louables : moraliser les relations entre acteurs économiques de tailles fort différentes (grands distributeurs et Petites et Moyennes Entreprises) et revisiter les modalités de leurs rapports de force forcément inégaux. Un petit prestataire de service peut-il impunément relancer l’un de ses plus gros clients afin d’obtenir paiement de sommes nécessaires au bon fonctionnement de son activité ? La chose n’est pas aisée et l’esprit de la loi semble ici apporter un semblant de solution.

Le ministère de la culture, en la personne de Christine Albanel dans un communiqué daté du 15 octobre dernier, ainsi que le Syndicat de la Librairie Française et le Syndicat National de l’Édition (à travers la mise en ligne d’une pétition http://sne.fr/pages/informations/communiques/petition.html), clament à juste raison que la modernisation de l’économie ainsi conçue est inadaptée à un commerce de la librairie ne rentrant pas dans le cadre décrit ci-dessus. En effet, les termes du rapport de force sont ici inverses, une poignée de grandes entreprises réclamant paiement de sommes auprès d’une myriade de petites entreprises qui n’ont pas toujours les moyens de s’acquitter de ces sommes dans un temps aussi court. Le déséquilibre manifeste entre partenaires commerciaux prend ainsi d’autres formes : celles d’une extrême concentration (les parts des 5 plus gros distributeurs représentant, selon l’enquête Situation économique des librairies de 1er niveau réalisée en 2003, plus de 72% des approvisionnements de livres en moyenne pondérée, chiffre encore revu à la hausse dans le récent communiqué du SLF) et celles d’une non-concurrence (éditeurs et distributeurs entretenant des partenariats exclusifs, ces derniers prenant donc entièrement en charge la gestion logistique et financière de la production de ces premiers).

L’amendement proposé par Hervé Gaymard, qui sera examiné le 13 novembre prochain, fait valoir la spécificité du commerce de la librairie et propose que le gouvernement présente au Parlement « au plus tard le 31 janvier 2009, un rapport sur l’incidence de l’application des nouveaux délais de paiement aux fournisseurs pour les opérations d'achat, de vente, de livraison, de commission, de courtage ou de façon de livres et, le cas échéant, les mesures de soutien ou les mesures dérogatoires qu’il compte mettre en œuvre pour ces opérations ». Le document qu’il s’agit d’élaborer s’annonce d’autant plus intéressant qu’il va poser directement le problème d’une relation qui est au cœur du monde du livre et essentielle à la définition même du métier de libraire.

La maîtrise de ses approvisionnements est en effet la première condition d’un commerce entendant détailler, c’est-à-dire constituer une forme d’interface entre une production sans cesse plus pléthorique et des clients aux profils variés. Cette « modernisation économique » rendrait plus difficile semblable objectif et creuserait encore un peu plus le fossé, que ne peut que constater le rapport sur la Situation économique de la librairie indépendante de 2007, entre « gros » commerces de niveau A et B et petites librairies déclarant majoritairement ne pas avoir totalement le choix des ouvrages proposés en magasins, du fait des relations commerciales distantes qu’elles entretiennent avec leurs fournisseurs. Espérons que les « mesures de soutien » qui seront soumises à l’assemblée relèveront de l’esprit et non du texte de ce projet de loi en tenant compte de cet état de fait : plus grand est le contraste entre la taille des deux acteurs économiques partenaires, plus leur relation rime avec aliénation.

samedi, septembre 20 2008

Un métier d'artisan

Lekti-ecriture.com s'est doté cette semaine d'une nouvelle page d'accueil qui met en valeur de manière plus importante la librairie Lekti-ecriture.com.

Cette page d'accueil va encore considérablement évoluer, afin que les lecteurs/internautes puissent dès l'entrée se rendre compte de la richesse du projet Lekti-ecriture.com, ce qui n'était pas toujours le cas. La librairie Lekti-ecriture.com, quant à elle, connaît une montée en puissance importante, avec un nombre de livres présentés chaque jour plus important.

Les outils communautaires à destination des lecteurs vont apparaître peu à peu sur la librairie Lekti-ecriture.com, avec un peu de retard puisque nous sommes une micro-structure, une équipe d'artisans qui apprend, en forgeant le projet Lekti-ecriture.com, pourrait-on dire. Et cette situation nous convient bien. Nous revendiquons avec force cette idée d'être des artisans de l'Internet.

Au moment où les médias Internet connaissent des mouvements de concentration majeurs, liés à la montée en puissance inexorable (et quelque peu effroyable) de la publicité sur l'Internet, et du transfert des budgets publicité des supports papier vers l'Internet, nous espérons que nous serons toujours en mesure de mener notre métier d'artisan, de proposer toujours plus de textes, de documents audio et/ou vidéo, de confier des blogs à des écrivains, dans des espaces vierges de publicité.
Inventer, chaque jour, pour être en mesure d'être un outil de découverte de la littérature et des sciences humaines sur l'Internet.

Notre modèle économique : vendre des livres en association avec des librairies physiques, que cela soit à travers Les Espaces de l'édition indépendante ou maintenant, avec la librairie Lekti-ecriture.com pour financer l'ensemble du projet, est périlleux. Nous le savons. C'est une démarche beaucoup plus difficile que celle qui consiste à prendre des accords avec une ou plusieurs régies publicitaires, ou encore de vendre nos fichiers d'abonnés aux lettres d'information (proposition qui nous est faite désormais chaque semaine ou presque, par des acteurs du monde du livre ou d'autres groupes industriels).

Notre démarche est périlleuse, mais nous pensons qu'elle est féconde, et le nombre de lecteurs, toujours plus nombreux, qui se connectent sur le portail Lekti-ecriture.com chaque jour nous laissent à penser que nous avons raison, même si les difficultés demeurent.

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