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mardi, avril 29 2008

Les éditions Jean-Michel Place disparaissent

Seul un article du Monde, quelques 318 mots alignés dans un coin de l'édition de vendredi dernier, ont permis au grand public de savoir.

Les éditions Jean-Michel Place, qui nous ont livré pendant trente ans de très beaux livres en poésie et en architecture, nous ont notamment permis de redécouvrir l'univers des surréalistes à travers revues et fac-similés, sont en liquidation judiciaire. Autrement dit, plus aucun recours n'existe, cette maison d'édition, après plus de trente ans d'un travail, disparaît de manière définitive du paysage.

Sans mobilisation, sans plaintes.

Nous savions que les éditions Jean-Michel Place étaient en sursis. Un premier dépôt de bilan, en 2003, avait été une alerte sérieuse, et les derniers mois passés furent apparemment très difficiles.

Les éditions Jean-Michel Place, leur catalogue désormais perdu, les exemplaires dispersés au cours des prochaines semaines à " prix de gros " auprès de soldeurs, ou d'éditeurs " malins ", mais pas forcément exemplaires (voir le cas de Farrago, à ce propos).

Reste un goût amer.

vendredi, avril 25 2008

Deux études pour les professionnels, l'une pour les revues, la seconde pour le sac postal de librairie

Si vous représentez une revue, nous vous invitons à suivre le lien ci-dessous, afin de répondre à un questionnaire mis en place à la demande du Ministre de la Culture, afin de mieux connnaître l'impact de l'augmentation des tarifs postaux sur la situation économique des revues. Il vous suffit de cliquer sur le lien ci-dessous pour remplir le questionnaire interactif.

http://www.lekti-ecriture.com/etudes/index.php?sid=54648&lang=fr

D'autre part, si vous êtes éditeur, revuiste ou libraire, La Poste s'est engagée à remettre en place l'offre "sac postal de librairie", particulièrement économique. Mais certains professionnels rencontrent des difficultés pour envoyer leurs livres avec cette offre, au sein de certains bureaux de Poste. Si c'est le cas, nous vous invitons à suivre le lien ci-dessous, et à répondre aux différentes questions qui vous seront posées au sein de ce second questionnaire.

http://www.lekti-ecriture.com/etudes/index.php?sid=92916

Nous vous remercions par avance de répondre à ces deux questionnaires, s'ils vous concercent. Ils nous permettront de faire valoir la situation difficile des éditeurs, revuistes et libraires, en ce qui concerne les tarifs postaux, auprès de La Poste.

Nous vous remercions également, par avance, de faire circuler l'information autour de vous, en tant que professionnel du livre, afin que le nombre de participants à cette enquête soit le plus important possible.

La coordination des indépendants du Livre

lundi, avril 7 2008

La collection Penser/Croiser aux éditions Les Prairies ordinaires

Logo Les Prairies Ordinaires

Les Prairies ordinaires, éditeur associé aux Espaces de l'édition indépendante de Lekti-ecriture.com, viennent de connaître une année particulièrement féconde, avec notamment la parution des premiers livres issus de la collection Penser/Croiser.

Nous laissons Les Prairies Ordinaires présenter cette collection :

Les Prairies ordinaires enrichissent leur catalogue d'une nouvelle collection de traductions, dirigée par François Cusset et Rémy Toulouse, intitulée Penser/Croiser : des livres de 96 à 160 pages, accueillant le meilleur de la pensée mondiale (anglo-saxonne, indienne, hispanophone, japonaise...), classiques contemporains inédits en français ou interventions novatrices de jeunes auteurs, portés par une même exigence théorique et critique - celle de rendre compte du présent dans l'unité de la pratique et de la pensée.

POUR UN RENOUVEAU DE LA THÉORIE CRITIQUE Alors que la pensée critique redevient peu à peu audible et que sa diversité nouvelle lui permet d'échapper aux dogmatismes d'avant-hier, la collection Penser/Croiser se donne à son tour comme objectif de s'engager, radicalement, dans l'analyse du présent. Plus spécifiquement, son ambition est d'explorer cette zone d'intersection entre le travail théorique des sciences humaines (au sens large) et le combat politique ou culturel, dans l'université ou du côté des mondes artistique, contre-culturel… Chaque texte de cette collection sera «posté» en quelque sorte à la rencontre de ces deux espaces, là où les textes théoriques peuvent susciter des effets, nommer des expériences, faire l'objet d'usages effectifs, de la contestation à l'expertise critique ou à des explorations plus subjectives. Car cette zone-tampon est aussi celle qui connecte (et sépare) aujourd'hui subjectivité et communauté, luttes politiques et créations imaginaires, et qui inspire à beaucoup d'intellectuels étrangers des textes-hybrides défiant les genres convenus. Il ne s'agit pas pour autant d'un corpus de textes «militants» ; il s'agit avant tout de textes théoriques rigoureux et audacieux, qui transgressent les frontières disciplinaires, les cloisons culturelles, le vieil antagonisme entre pratique et théorie. Ainsi la première salve de parutions sera-t-elle constituée d'un texte culte du célèbre philosophe américain Fredric Jameson, La Totalité comme complot (avec une introduction de Nicolas Vieillescazes, l'un de ses meilleurs spécialistes français, et une postface de Emmanuel Burdeau), d'un texte de Wendy Brown sur la «rationalité» néolibérale et néoconservatrice, Les Habits neufs de la politique mondiale, (accompagné d'une préface de sa main à l'édition française et d'une introduction de Laurent Jeanpierre), d'un texte d'intervention percutant de Mike Davis sur Dubaï, Le Stade Dubaï du capitalisme (avec un texte de François Cusset, contrepoint théorique à celui de Davis), et d'un recueil de textes du célèbre théoricien littéraire Stanley Fish, Quand lire c'est faire (avec une postface inédite de Stanley Fish et une introduction de Yves Citton).

LE TEXTE COURT, UNE FORME ACTIVE Le choix de ce format repose d'abord sur le constat d'un manque : de nombreux textes courts - articles, livres, interventions - ayant marqué le champ théorique de ces trente dernières années n'ont jamais été traduits. Ces textes sont devenus, partout dans le monde, des références essentielles pour la recherche et le débat intellectuels, au centre d'engagements et d'affrontements qui influent de manière décisive sur les évolutions de la pensée. La brièveté de ces «interventions théoriques» est aussi le signe d'une époque de combat où les brèches les plus percutantes dans le discours dominant sont suscitées par des désirs, des déplacements, qui n'ont plus besoin de se réfugier derrière la caution de l'exhaustivité universitaire, mais sont cependant caractérisés par une forte exigence théorique.

UNE POLITIQUE DE TRADUCTIONS Le retard qu'avait pris l'édition française pour la traduction des grands courants internationaux en sciences humaines, pour des raisons à la fois culturelles (importation de romans plus que d'essais, apanage franco-français pour nombre d'éditeurs) et idéologiques, commence enfin d'être comblé - avec la parution de textes-clés de Judith Butler, Slavoj Zizek ou Paul Gilroy, connus depuis longtemps des lecteurs de langues allemande, espagnole ou italienne. Mais il reste beaucoup à faire, à la mesure de l'infinie richesse et de la vivacité actuelle du débat théorique mondial, dans l'université mais aussi au-delà. Pour cela, nous nous sommes attachés à travailler sur deux corpus de textes: d'un côté, des textes fondamentaux écrits au cours de ces trente dernières années et qui continuent d'animer actions et débats, engagements théoriques et pratiques; de l'autre, des textes écrits aujourd'hui qui tentent de bouleverser les frontières établies…

Actuellement, après les quatre premiers livres publiés en octobre 2007, et ceux publiés en début d'année, la collection Penser/Croiser des éditions Les Prairies ordinaires compte six livres.

Nous vous invitons à les découvrir sur l'espace éditeur des Prairies Ordinaires, au sein des Espaces de l'édition indépendante de Lekti-ecriture.com : cliquez ici.

vendredi, janvier 25 2008

Les éditeurs et La Poste

Suite au travail mené par la Coordination des Indépendants du livre, autour de Daniel Delort de l'Atelier du gué, le dossier concernant les tarifs postaux pour les revues et les éditeurs a subi quelques avancées importantes ; La Poste a notamment confirmé au Ministère de la Culture l'existence du tarif « sac postal de libraire », pour la France.

Vous trouverez joint à ce billet, à l'attention notamment des professionnels, un document PDF, envoyé à tous ceux qui se sont mobilisés pour ce dossier, l'historique de la mobilisation et surtout un maximum d'informations pratiques concernant les envois par sacs postaux de librairie, mais également l'utilisation du tarif « Lettres ».

Nous remercions sincèrement les quarante parlementaires qui se sont mobilisés depuis juin dernier sur ce dossier, ainsi que le Ministère de la Culture, pour l'écoute et le soutien qu'ils nous ont su nous apporter.

mercredi, janvier 23 2008

En ce début d'année...

En ce début d'année, nous n'avons pas particulièrement utilisé le bloc-notes Lekti-ecriture.com pour vous faire suivre l'actualité du livre en France, ou celle de Lekti-ecriture.com.

En réalité, nous sommes occupés à vous préparer de nouveaux outils, un nouveau " Lekti ", qui va être progressivement mis en place dès le mois de mars/avril prochain, c'est-à-dire... demain.

En attendant, j'ai voulu, en concertation avec de nombreux éditeurs, lecteurs, écrivains, réagir avec force et détermination au discours d'Amazon, qui demande depuis une semaine le " soutien de ses clients ", à travers une pétition dont les termes nous ont semblé, à beaucoup, relever du populisme.

Amazon a été condamné en décembre pour « vente à prime, éventuellement vente à perte », et prend à parti ses clients. La posture voulue par Amazon, celle d'une victime de quelques libraires rétrogrades, alors qu'eux-mêmes voudraient apporter la culture et le livre à tous, est selon nous inexacte et dangereuse. Inexacte, parce que de nombreux éditeurs me contactent, semaine après semaine, inquiets des nouvelles conditions commerciales très agressives exigées par Amazon (programme Partenaire, avec 50% de remise accordée à la firme de Jeff Bezos) pour les petits éditeurs. Dangereuse, parce qu'Amazon souhaite opposer les librairies physiques et la vente sur Internet, deux canaux qui ne sont nullement contradictoires, mais complémentaires en tout point.

Internet est une chance pour le livre, et nous ne voudrions pas que cette opportunité, cette promesse d'un accès plus important des lecteurs aux livres soit confisquée par une société qui tente de s'ériger en monopole.

D'où l'action que nous avons lancé à la fin de la semaine dernière : l' « Appel pour le livre », texte placé sur Contre-feux, la revue littéraire de Lekti-ecriture.com. Un texte que chacun d'entre nous peut signer, un texte qui est en train d'être très largement diffusé sur Internet, au travers les blogs, les réseaux sociaux, par courriel, et maintenant repris par les journaux.

Vous pouvez accéder à l' « Appel pour le livre », le signer si vous le souhaitez, en cliquant sur le lien suivant : http://www.lekti-ecriture.com/contrefeux/Appel-pour-le-livre,316.html

N'hésitez pas à faire circuler cet appel sur l'Internet, si vous en partagez les termes. Nous avons besoin de vous. Parce que nous ne voulons pas renoncer à la promesse de l'Internet en tant que « société ouverte », pour reprendre le titre d'un livre de Karl Popper.

lundi, décembre 17 2007

Le Temps qu'il fait, suite

Nous avons été nombreux, sur l'Internet, à relayer les informations inquiétantes qui nous sont parvenues au cours de l'année 2007 concernant les incertitudes sur l'avenir de la maison d'édition Le Temps qu'il fait, qui développe depuis plus de trente ans un travail autour de la littérature, la poésie, la littérature et la photographie.

Nous reproduisons ci-dessous le texte qui nous est parvenu du Temps qu'il fait, par lequel les responsables de la maison d'édition nous apportent des précisions sur leur situation actuelle, et la manière dont ils ont vécu l'année qui vient de s'écouler :

Si nous avons, au cours de cette année difficile, consacré toute notre énergie et nos faibles ressources à publier plus de vingt nouveautés — alors même que la raison nous dictait de nous mettre à l’abri —, ça n’est pas tant pour honorer des engagements, que parce que nous avions la certitude d’avoir entre nos mains des livres du plus grand intérêt, qui nous permettraient de maintenir le cap dans la tempête avec honneur et constance. Il y a là des marques de constance déclarée (Chauviré, Trassard, Montebello, Commère, Dilasser, Farasse, Cloux), ou de fidélité souterraine (Fred Deux), des découvertes en langue française (Beauvoir, Bonnet, Girerd) et en traduction (Romer, Hirson, Siscar, Meckel), des ouvrages en vers ou en prose et des livres visuels (Berry, Gilson, Texier, Marfaing) qui découvrent ou consacrent également. Ces livres s’adressent à des lecteurs de sensibilités, de cultures ou d’âges différents ; et certains sont accessibles à tous. Ce sont des livres qui pensent, qui rêvent, qui donnent à voir ou à entendre, qui proposent d’envisager le monde autrement. Ces livres dont on aura parlé plus ou moins, ou pas du tout, nous ne les destinons pas à rejoindre sitôt parus la foule confuse des produits imprimés, tous peu ou prou destinés à dispenser l’oubli ou à se faire oublier. Car ils sont la poursuite — pour certains le début — d’une aventure vitale : pour leurs auteurs d’abord, pour l’éditeur ensuite, et il se pourrait bien que les lecteurs partagent cette aventure qui est aussi, dans nos intentions, pleinement la leur. Cette année plus que jamais, le lecteur (muet par définition et combien insaisissable) aura contribué à nos choix : nous n’avons certes pas voulu répondre à sa demande, ni même prévenir ses désirs, mais il a été sans cesse présent à notre esprit, à proportion inverse de son silence ou de sa rareté. On le sait bien, les amateurs véritables ne sont guère nombreux ni, par conséquent, très bruyants. On les reconnaît, n’est-ce pas, à leur faculté d’aimer — qui est à peine visible. La « visibilité » n’est pas non plus le fort des livres que nous soumettons à leur goût ; leur vertu est ailleurs. Fruits d’une longue patience, ils sont faits pour rencontrer la patience de ceux qui les liront. Il y faut de l’obstination de part et d’autre.

Nous invitons tous les lecteurs curieux à découvrir les dernières nouveautés du Temps qu'il fait, sur leur espace éditeur, au sein des Espaces de l'édition indépendante de Lekti-ecriture.com. Cliquez ici.

mardi, décembre 4 2007

Communiqué : remise de la pétition « Appel pour un tarif postal livres et revues »

Organisé par l’Atelier du Gué éditeur, maintenu depuis plusieurs mois par la Coordination des indépendants du livre, l’appel pour un tarif postal « Livres et revue », a reçu un très large soutien du grand public et des professionnels, avec près de 8 000 signataires.

La presse et les radios publiques s’en sont fait largement l’écho, et depuis trois mois, le dossier a été pris en main par de très nombreux députés, de toute tendance politique. C'est près de vingt questions au gouvernement qui ont été posées au Ministre de la Culture, mais également à celui de l'Industrie (dont dépend La Poste).

Christine Albanel, ministre de la Culture, a signalé dans ses réponses aux députés, ces dernières semaines, que « que le ministère de la culture et de la communication a saisi la direction de La Poste afin de la sensibiliser à ces problématiques et de l'inciter à mettre à l'étude, dans le cadre de la réglementation applicable, des conditions tarifaires favorables à une meilleure circulation des œuvres .»

Lundi prochain, 10 décembre, le texte de la pétition, assorti de la liste des signataires, va être remis au Ministère de la Culture, et à celui de l'Industrie.

Vous disposez d'un dossier complet au format pdf, à télécharger, sur le dossier La Poste, réalisé par la coordination, en cliquant sur le lien suivant : http://www.lekti-ecriture.com/bloc-notes/public/DOSSIER_POSTE.pdf

Vous pouvez également consulter la série d'articles concernant l'initiative à cette adresse : http://www.lekti-ecriture.com/bloc-notes/index.php/tag/La%20Poste

Nous vous remercions de votre attention.

La coordination des indépendants du livre.

vendredi, octobre 26 2007

Le Voyage de Magellan, livre exceptionnel paru chez Chandeigne

Les éditions Chandeigne, dirigées par Anne Lima et Michel Chandeigne, viennent de publier un ouvrage exceptionnel au sein de la prestigieuse collection Magellane, sur le voyage de Magellan (1519-1522).

Pour rappel, voici quelques mots de présentation de la collection Magellane :

La collection Magellane rassemble les récits, souvent oubliés, de grands voyageurs du XIVe au début du XVIIIe siècle écrits par des Français ou des Portugais, mais aussi des Allemands, des Anglais, des Danois, des Hollandais, etc., ils deviennent aujourd’hui les rares témoignages d’un monde où la terre était encore vierge et d’une infinie diversité, et l’humanité à découvrir.

Ils sont, tout au long de pages décrivant sans complaisance les terribles conditions de vie de l’époque, les moments privilégiés ou des individus et des peuples qui s’ignoraient s’entredécouvrent soudain.

Textes d’un intérêt à la fois littéraire, historique et ethnographique, ils sont présentés, annotés, transcrits ou traduits par les meilleurs connaisseurs. Ces ouvrages s’adressent tant au grand public qu’aux spécialistes, lesquels trouveront un appareil critique trés fourni en fin d’ouvrage, ainsi que de nombreuses illustrations, cartes et autres documents d’époque.

Cette collection au long cours souhaite combler les amateurs de littérature de voyage et d’Histoire, en offrant, à côté de grands classiques, des raretés bibliographiques et de nombreux inédits - toujours en version intégrale. Certains ouvrages de référence se retrouvent aussi dans la collection Magellane poche.

Le voyage de Magellan

Pour en revenir au coffret de deux livres intitulé Le voyage de Magellan, qui sort en librairie aujourd'hui, il est nécessaire de signaler qu'il s'agit de l'aboutissement de plusieurs années de travail, pour donner aux lecteurs, en deux volumes, l'ensemble des documents d'époque qui ont traité du voyage de Magellan.

Il faut rappeler que Magellan avait pour ordre exprès de rejoindre par l’ouest les Moluques et de revenir par la même voie. Il n’a sans doute jamais projeté de faire un tour du monde. Son décès prématuré ne lui permettra pas de le réa­liser, et Juan Sebastián Elcano en recevra les honneurs au retour à Séville de la Victoria, seul navire rescapé. L’exploit du navigateur est d’avoir résisté à ses hommes et aux éléments pour découvrir le détroit sud-américain qui portera son nom, et d’avoir traversé pour la première fois le Pacifique. Ce faisant, il n’a pas voulu prouver que la Terre était ronde – connaissance acquise depuis les Grecs –, mais il a montré qu’elle était circumnavigable, ce qui n’est pas la même chose...

La traversée du Pacifique fut très longue et éprouvante : plus de trois mois sans toucher terre. La surprise de Magellan ne fut pas de découvrir un océan aussi vaste, mais de naviguer sur une mer déserte. Par chance, grâce à l’ingestion d’un puissant anti-scorbutique récolté dans le détroit de Magellan, le nombre des décès fut très faible. Parvenu aux Mariannes, puis aux Philip­pines, Magellan surprend alors par son comportement : au lieu de se diriger droit sur les Moluques, comme les instructions royales l’exigeaient, il remonte vers le nord, erre d’île en île, et désobéit une nouvelle fois aux ordres en combattant les indigènes de l’île de Mactan. Dans cet épisode, Magellan trouve une mort que l’on qualifierait aujourd’hui d’« idiote ». Mais ne l’a-t-il pas provoquée sciemment ? A-t-il compris à ce moment qu’il n’était déjà plus dans l’hémisphère espagnol, que son voyage était un échec et qu’il ne pouvait rentrer ni chez lui, où il était un « traître », ni en Espagne après avoir maté dans le sang une mutinerie sur la côte patagonique ? Ou bien cherchait-il simplement à affermir les liens politiques avec les souverains de la région, voire à conquérir des domaines dont la gouvernance lui serait revenue ? Quoi qu’il en soit, la confrontation des sources et des commentaires s’avère passionnante sur ces questions cruciales qui n’auront jamais de réponses définitives...

Rappelons enfin que sur les 237 marins embarqués sur les quais de Sanlúcar, à bord de cinq navires, 90 revinrent vivants : 55 sur le San Antonio, dont l’équipage déserta dans le fameux détroit, et 35 qui firent effectivement le tour du monde ; les autres moururent en route ou disparurent dans les îles de l’Extrême-Orient. Parmi ces sur­vivants, les principaux furent interrogés par des juges ou des chroniqueurs qui transcri­virent leurs déclarations ; certains lais­sèrent de brefs récits manuscrits.

C’est l’ensemble de ces textes qui sont ici publiés, accompagnés des cartes de l’époque et d’une riche iconographie.

Nous sommes heureux de proposer aux internautes de découvrir ce livre sur l'espace éditeur des éditions Chandeigne, sur Les Espaces de l'édition indépendante de Lekti-ecriture.com. Cliquez ici pour en savoir plus sur ce livre.

samedi, octobre 13 2007

Vous avez dit « Nouveautés » ?

Près d'une centaine de livres ont été placés au cours des trois dernières semaines sur Les Espaces de l'édition indépendante de Lekti-ecriture.com.

Tous ne sont pas des nouveautés, au sens strict du terme. Certains sont déjà publiés depuis cinq ans, voire plus. Il n'empêche, tous ces livres conservent leur actualité, leur nécessité, et n'ont rien perdu de leur valeur, qui ne saurait se réduire à un ISBN (faut-il rappeler que nous venons de passer à l'ISBN 13, autrement dit la nomenclature utilisée pour tous les produits) ou à un prix.

B17-GEn témoigne un livre comme B-17G, de Pierre Bergounioux, récit unique et devenu presque mythique, publié en 2001, que nous sommes heureux de présenter au public, au sein de l'espace éditeur des éditions Argol. Pour tous ceux qui s'intéressent aux formes contemporaines, en littérature française, nous ne saurions leur conseiller de découvrir le travail d'éditeurs comme Argol, Joca Seria, MF, Tristram, le Temps qu'il fait et bien d'autres.

Nous souhaitons d'heureuses découvertes à tous.

vendredi, septembre 21 2007

Rencontres d'éditeurs

Peu avant le début de l’été, se tenaient deux rendez-vous importants liés à l’édition indépendante — ou à la petite édition — selon le mot qui convient le mieux à chacun d’entre nous. Il s’agissait, de manière différente dans les deux cas, de réfléchir ensemble aux solutions qui pourraient être apportées à ce qu’il est maintenu convenu d’appeler une crise de la petite édition.

Dans un contexte global et international de concentration des maisons d’édition au sein de grands groupes de nature industrielle, quelle peut être la place de la « petite édition », autrement appelée par d’autres « édition indépendante », ou encore « édition de création », plus ou moins bien représentée dans les librairies, et presque totalement absente des autres circuits de diffusion du livre (grandes surfaces spécialisées, hypermarchés…) ?

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