L'ensemble des éditeurs marseillais relâchés
Par Joël Faucilhon le mardi, mai 19 2009, 21:47 - Le livre en France - Lien permanent
Héléna et Samuel Autexier, Johanna et François Bouchardeau, arrêtés hier matin à leur domicile, à Forcalquier, ont été relâchés en fin d’après-midi, aujourd’hui.
Un dénouement heureux, et une incompréhension réelle, dans la mesure où — contrairement à ce qu’avait affirmé la source AFP hier —, le tract pour lequel ils ont été arrêtés ne faisait aucune mention de l’adresse de la résidence secondaire du directeur de la DST.
Gageons que l’AFP va procéder dans les heures ou les jours qui arrivent à une mise au point sur cette erreur majeure, avec autant que célérité qu’il en a fallu pour diffuser l’information à l’ensemble des quotidiens français.
En réalité, dans ce tract, figurait seulement la photographie d’une caméra de surveillance de la résidence secondaire du directeur de la DST. L’auteur de cette photographie, Bruno Chiambretto, arrêté hier soir, est lui toujours en garde à vue à Marseille.
Un profond malaise parcourt le monde des éditeurs depuis hier, compte tenu de ces arrestations. L’impression générale, pour beaucoup d’entre nous, est qu’il existe une force actuellement à l’œuvre, — consciente ou non — qui vise à stigmatiser la production d’écrits critiques, sur notre société.
Beaucoup d’éditeurs, d’auteurs et de librairies souhaitent donc poursuivre une mobilisation engagée depuis hier, malgré ce dénouement heureux.
Commentaires
Nous ne nous tairons pas !
Une accumulation de “petits faits” (jusqu’à la condamnation, symbolique, d’un passant ayant exprimé de façon peu attaquable - voici Sarkozy ! - son mécontentement lors d’une opération de police) montre que, malheureusement, l’Etat a comme souci de mettre l’appareil de répression à l’abri des critiques. Sachant que la misère sociale va considérablement s’accroître dans les mois qui viennent, il a besoin de pouvoir déployer ses actions avec le minimum de critiques et de réactions organisées. Ce n’est pas n’importe quelle “liberté d’expression” qui est en jeu.