Disparition de Dominique Autié
Par Lekti-ecriture.com le samedi, mai 31 2008, 16:00 - Le livre en France - Lien permanent
Dominique Autié nous a quitté cette semaine, à Toulouse, emporté par une maladie foudroyante à l’âge de 59 ans. Connu de tous, il fit preuve durant toute sa vie d’une activité entièrement vouée au livre.
Auteur, il publia des essais (Approches de Roger Caillois, Privat) puis des romans (Le clavier bien tempéré et surtout Le Bec dans l’eau aux éditions Phébus) avant de développer un blog (la place de l’auteur étant selon lui tout autant sur Internet que dans le monde de l’imprimé).
Éditeur, il dirigea les éditions Privat avant de fonder InTexte avec sa compagne Sylvie Astorg. Travaillant avec le Muséum de Toulouse, il y mena également des projets qui lui tenaient à cœur comme la parution de L’Ensemble conventuel des Jacobins de Toulouse de Maurice Prin.
Formateur, il enseigna en BTS édition puis dans le Master « Système, pratique et diffusion de l’édition imprimée et électronique » de l’université Toulouse-Le Mirail. S’étant largement impliqué dans cette formation dès sa naissance et aux cours des trois années suivantes, il fut un enseignant disponible, jamais avare de son temps, ne mesurant pas ses efforts et contribuant activement au devenir des étudiants des différentes promotions.
Rappelons enfin que Dominique, fils et petit-fils d’ouvriers typographes, a patiemment constitué, au sein des locaux d’InTexte, une très belle bibliothèque à la hauteur de sa culture du livre. Passionné par l’œuvre de Georges Bataille, dont il faisait collection, gageons qu’il a rejoint sereinement cette mort dont le philosophe français parlait avec tant de justesse.
Le rapport qu’il entretenait aux livres et à ses contenus s’apparentait à celui d’un esthète qui nourrissait une véritable « amitié » comme aurait pu l’entendre un certain Maurice Blanchot. C’est à cette amitié que nous – communauté de lecteurs – souhaitons rendre un ultime hommage par-delà les mots et où qu’il soit désormais.
Benoît Berthou, Eric et Hervé Floury
Commentaires
Ce matin, à la lecture de Tire Lignes, j’ai appris la disparition de Dominique autié.
Les livres ne peuvent que regretter ce départ soudain. Dominique a été critique pour une de mes nouvelles. Par delà le voile de la mort, je l’en remercie….
J’appris, ce jour, son départ, le coeur mâché d’abord et puis des larmes et, le plaisir de mieux le connaitre à travers les sites, je ne crois pas que Dominique Autié a dû s’attendre à la fin,
au contraire, j’ai cru comprendre qu’il savait un ailleurs, un infini contemplatif, un lien éternel,
un reconnaissance inévitable, j’aurais voulu lui dire qu’il avait eu raison de passer deux heures avec moi, dans son bureau d’éditeur où je lui trouvais la “lumière d’un roi”, qu’il avait eu raison de croire en moi,je n’étais pas prête, le travail decrait enfin se faire.., et que si cette fois je ne ferai pas appel à lui, il sera là !! Je ne l’ai connu que deux heures, et ce fût assez de bonheur et de belle considératon pour une éternité.
Je viens de m'apercevoir que le blog de Dominique Autié (que j'avais découvert au titre d'une passion commune pour Ray Conniff) est sauvagement occupé par une kyrielle de messages foireux. C'est comme une forme d'insulte à sa mémoire. Il est dommage que son entourage ne puisse faire quelque chose.
Bien cordialement
FRANCOIS