Nous avons été nombreux, sur l'Internet, à relayer les informations inquiétantes qui nous sont parvenues au cours de l'année 2007 concernant les incertitudes sur l'avenir de la maison d'édition Le Temps qu'il fait, qui développe depuis plus de trente ans un travail autour de la littérature, la poésie, la littérature et la photographie.

Nous reproduisons ci-dessous le texte qui nous est parvenu du Temps qu'il fait, par lequel les responsables de la maison d'édition nous apportent des précisions sur leur situation actuelle, et la manière dont ils ont vécu l'année qui vient de s'écouler :

Si nous avons, au cours de cette année difficile, consacré toute notre énergie et nos faibles ressources à publier plus de vingt nouveautés — alors même que la raison nous dictait de nous mettre à l’abri —, ça n’est pas tant pour honorer des engagements, que parce que nous avions la certitude d’avoir entre nos mains des livres du plus grand intérêt, qui nous permettraient de maintenir le cap dans la tempête avec honneur et constance. Il y a là des marques de constance déclarée (Chauviré, Trassard, Montebello, Commère, Dilasser, Farasse, Cloux), ou de fidélité souterraine (Fred Deux), des découvertes en langue française (Beauvoir, Bonnet, Girerd) et en traduction (Romer, Hirson, Siscar, Meckel), des ouvrages en vers ou en prose et des livres visuels (Berry, Gilson, Texier, Marfaing) qui découvrent ou consacrent également. Ces livres s’adressent à des lecteurs de sensibilités, de cultures ou d’âges différents ; et certains sont accessibles à tous. Ce sont des livres qui pensent, qui rêvent, qui donnent à voir ou à entendre, qui proposent d’envisager le monde autrement. Ces livres dont on aura parlé plus ou moins, ou pas du tout, nous ne les destinons pas à rejoindre sitôt parus la foule confuse des produits imprimés, tous peu ou prou destinés à dispenser l’oubli ou à se faire oublier. Car ils sont la poursuite — pour certains le début — d’une aventure vitale : pour leurs auteurs d’abord, pour l’éditeur ensuite, et il se pourrait bien que les lecteurs partagent cette aventure qui est aussi, dans nos intentions, pleinement la leur. Cette année plus que jamais, le lecteur (muet par définition et combien insaisissable) aura contribué à nos choix : nous n’avons certes pas voulu répondre à sa demande, ni même prévenir ses désirs, mais il a été sans cesse présent à notre esprit, à proportion inverse de son silence ou de sa rareté. On le sait bien, les amateurs véritables ne sont guère nombreux ni, par conséquent, très bruyants. On les reconnaît, n’est-ce pas, à leur faculté d’aimer — qui est à peine visible. La « visibilité » n’est pas non plus le fort des livres que nous soumettons à leur goût ; leur vertu est ailleurs. Fruits d’une longue patience, ils sont faits pour rencontrer la patience de ceux qui les liront. Il y faut de l’obstination de part et d’autre.

Nous invitons tous les lecteurs curieux à découvrir les dernières nouveautés du Temps qu'il fait, sur leur espace éditeur, au sein des Espaces de l'édition indépendante de Lekti-ecriture.com. Cliquez ici.