Amazon France, version populiste et démagogique (mais pas populaire)
Par Joël Faucilhon le mercredi, novembre 28 2007, 13:26 - Le livre en France - Lien permanent
Nous aurions aimé travailler tranquillement, au cours du dernier week-end.
Ce ne fut pas le cas, et la crispation se fit sentir à la réception d'un E-Mail d'Amazon France, envoyé à tous les clients, avec le contenu suivant :
Chers Clients d’Amazon,
Vous faites partie de nos meilleurs clients et nous vous remercions chaleureusement de votre fidélité. Depuis son lancement, Amazon.fr consacre toute son énergie à vous proposer la plus large offre de produits qui soit, au meilleur prix. Par exemple, nous appliquons en permanence la remise maximum autorisée de 5 % sur les livres français. Afin de faciliter la découverte des millions de livres qu’Amazon.fr propose sur son site, la livraison est gratuite en France métropolitaine pour tous les livres, sans minimum d’achats. Ceci autorise un accès plus facile et plus direct à la création littéraire, notamment pour ceux d’entre vous qui sont éloignés des points de vente physiques, ou qui ne peuvent s’y rendre facilement.
Aujourd’hui, votre droit à la livraison gratuite est menacé. Le Syndicat de la Librairie Française (SLF) a intenté une action en justice contre Amazon, et contre d’autres libraires sur le Net, visant à nous faire renoncer à la gratuité des frais de port sur les livres. Amazon.fr ne pense pas que cette action aille dans l’intérêt des lecteurs, ni d’ailleurs dans celui des auteurs et écrivains. Aussi allons-nous continuer à défendre vigoureusement votre droit à bénéficier de la livraison gratuite.
En tant que lecteur, votre opinion en la matière est très importante, et nous sommes persuadés que les libraires du Syndicat de la Librairie Française apprécieraient aussi de connaître votre avis. Si vous tenez à la livraison gratuite, merci de nous le dire et de le faire savoir au SLF. Vous pouvez ainsi envoyer votre point de vue à Amazon (pour-la-livraison-gratuite@amazon.fr) et au SLF (slf@…).
A bientôt sur www.amazon.fr
Xavier Garambois Directeur Général
Amazon France, et son directeur Xavier Garambois, fait montre dans cette lettre d'un populisme insoupçonné. Nous nous demandons s'il n'aurait pas suivi les mêmes séminaires, au cours des dernières semaines, qu'un certain Michel Edouard Leclerc.
Certes, les frais de port offerts sans prix plancher sont une heureuse initiative pour les lecteurs, elles le sont moins pour les petits éditeurs.
Lorsque dans ce courriel, Xavier Garambois parle d'un accès plus facile et plus direct à la création littéraire, il oublie bien évidemment de mentionner que les services d'Amazon France sont en train, par le biais d'incitations (d'injonctions ?) faites aux petits éditeurs de rejoindre le programme Partenaires , d'augmenter de manière inique les marges qu'ils demandent aux petits éditeurs (50 % de remise dans le cadre du programme Partenaires, soit 10% à 17% de plus que pour les autres points de vente), et d'étouffer peu à peu ces derniers, selon la logique bien connue par ailleurs de la grande distribution.
Alors, Amazon France, défenseur de la création littéraire alors que leurs conditions commerciales « étouffent » les plus petits éditeurs, ceux-là même qui portent de manière privilégiée la création littéraire ?
Non, nous n'y croyons pas vraiment. Puisque c'est bien là le nœud du problème : qui finance les frais de port offerts sans prix plancher ? Certainement pas Amazon. En revanche, de plus en plus de petits éditeurs, qui sont obligés, pour obtenir une certaine visibilité sur Amazon.fr, d'accorder 50% de remise à la société de Xavier Garambois. Certains « petits » distributeurs (en terme économique), ont été également obligé de rejoindre le programme Partenaires d'Amazon, de céder une marge de 50 %, afin que les livres des éditeurs diffusés/distribués par ces derniers obtiennent une visibilité décente sur la plate-forme.
J'ai été personnellement contacté, ces dernières semaines, par de très nombreux « petits » éditeurs, inquiets devant l'injonction qui leur est faite de rejoindre le programme Partenaires, de concéder 50 % de marge à Amazon, pour avoir une véritable présence sur la plate-forme. Et je tiens l'ensemble des échanges avec ces éditeurs à la disposition de Xavier Garambois, s'il le souhaite. En tant que personne impliquée, avec sa société, dans la valorisation de la création littéraire, ainsi qu'il l'affirme dans le courriel envoyé aux lecteurs, je suis certain qu'il sera sensible à ma démarche.
En attendant, cette attaque frontale d'Amazon France ne semble pas avoir eu l'effet escompté. Le « buzz » autour de l'envoi de cette lettre est marginal, et les sites Internet qui en font mention ne sont pas forcément défavorables au procès intenté par le Syndicat de la Librairie Française.
L'opération de ce week-end est donc un échec pour Amazon.fr. Xavier Garambois espérait enflammer la blogosphère, occuper l'espace, c'est en réalité l'indifférence qu'il a recueilli. Avec certainement plus d'un million de comptes sur Amazon France, obtenir seulement la réaction d'une dizaine d'internautes, cela fait peu, très peu même...
Nous avons pensé un moment, comme se l'est permis Xavier Garambois, mettre dans ce billet l'adresse E-mail personnelle de Xavier Garambois, comme il s'est permis de le faire pour celle du SLF. Après réflexion, nous avons pensé qu'il s'agissait là de méthodes qui ne pouvaient que nous déshonorer. Nous ne l'avons donc pas fait.
Nous attendons le 4 décembre, date à laquelle le jugement concernant le procès Amazon vs SLF devrait être rendu.
Et le service juridique d'Amazon peut me contacter directement, si le besoin s'en faisait sentir, à l'adresse suivante : joel.faucilhon@lekti-ecriture.com.
Commentaires
J'achète régulièrement mes livres sur Amazon, et les frais de port gratuits y sont pour quelque chose.
Mais bon, je comprends que ce n'est pas facile pour ceux qui doivent traiter avec Amazon. Ca fait penser aux problèmes des petits producteurs face à la grande distribution.
Après Jeff Bezos qui se prend pour Stève Jobs au moment de lancer le Kindle, Xavier Garambois imite Michel Edouard Leclerc (bien vu pour la comparaison).
Amusant. Très amusant.
Etant un acheteur régulier de livres sur Amazon - surtout dans leur catalogue anglo-saxon - où je trouve peu ou prou tout ce que je cherche, je comprends la position de Xavier Garambois, il est vrai quelque peu démagogique et manquant considérablement de finesse. Sa lettre, que j'ai bien évidement reçue, m'amène à formuler quelques réflexions.
Les libraires traditionnels sont aujourd'hui en train de négocier un tournant crucial dans leur histoire. Face à des librairies en ligne qui n'envisagent le livre qu'en tant qu'élément d'un flux à gérer, mettant à cette fin en place d'imposant systèmes de gestion informatique des approvisionnement (amazon.fr possèderait dans ses stocks moins de 20% des titres qu'ils proposent à leur catalogue, il en irait de même pour la FNAC), ces libraires sont donc pénalisés par des stocks lourds, tant sur le plan physique qu'économique. Les libraires en ligne sont parvenus en quelques années à créer un système qui leur offre une grande souplesse de gestion. Malheureusement, une curieuse loi physique à l'oeuvre dans la grande distribution semble vouloir que toute flexibilité gagnée d'un côté se traduise par une augmentation des contraintes dans un autre secteur. Et ce sont les éditeurs qui en font les frais. Vous relevez justement dans votre billet les contraintes financières qu'impose Amazon aux petits éditeurs. En ce cas, il serait peut-être souhaitable que fut créée une structure de diffusion à l'image de ce que Calibre propose dans le domaine de la distribution. C'est peut-être un peu naïf de ma part, mais ils me semble que si 20 petits éditeurs, représentant individuellement 0.1% du CA livres d'Amazon se regroupaient pour négocier leur remise avec les grands distributeurs en ligne, ils auraient un poids (2%) tout autre lors des négociations.
D'autre part, la position des libraires classiques et des petits éditeurs ne me semble pas forcément pertinente. Le SLF et une certaine frange des membres du SNE (ceux qui ont le plus à perdre dans l'opération) s'accroche à une loi cadre qui date de vingt-cinq ans et dons les récents aménagements n'ont pas pris en compte la "révolution" numérique. je ne suis pas certain que ce soit en empêchant les autres d'avancer que l'on progresse soi-même. J'ai même l'impression que tout ce petit monde va un jour ou l'autre se retrouver seul sur la route, contemplant au loin le nuage de poussière des grands mastodontes du marché, s'éloignant inexorablement.
La deuxième réflexion me vient des propos d'un quelconque responsable de la FNAC en ligne qui avouait à Livres Hebdo souhaiter que la condamnation d'Alapage créât une jurisprudence, permettant ainsi à son enseigne de se retirer du jeu fort couteux des frais de port gratuits. Les coûts de transport étant à nouveaux endossés par le client, la FNAC verrait alors ses marges augmenter et cela pourrait alléger la pression sur les éditeurs. Sauf que ce monsieur ne mentionnait pas deux éléments déterminants dans son hypothèse : les actionnaires de la FNAC se foutent bien des petits éditeurs, ils veulent de la marge. Ces points de bénéfice ainsi gagnés ne soulageraient pas la pression sur les éditeurs, ils augmenteraient simplement le résultat net de l'entreprise et la rendraient plus rentable. Second point, pour jouer à un jeu, il faut que tout le monde respecte les mêmes règles. Hors, comme je l'ai mentionné plus haut, les grands marchands en ligne peuvent, s'ils le désirent et à moindre frais, s'affranchir de ces règles. Si amazon.fr se voit contraint à respecter ce qui pourrait s'appeler la jurisprudence Alapage, qu'est-ce qui l'empêcherait de déplacer son activité vers la Grande Bretagne ou le Bénélux. Amazon.co.uk ou Amazon.be serviraient alors de plateforme de distribution vers la Métropole, sous droit belge ou anglais et se verraient dispensés d'observer les règles françaises. Les sommes en jeu sont telles pour ces grands libraires que les coûts logistiques engendrés par une refonte de leur système logistique en deviennent acceptables. Souvenez vous que seulement 20% de leur offre se trouve stockées dans leurs entrepôts...
Comme je le disais plus haut, nous entrons dans une zone de grandes turbulences ou toute la chaîne du livre, de l'auteur au lecteur, va devoir repenser son rôle dans un système de diffusion des savoirs de plus en plus ouvert. Les Grenelles de ceci ou de cela sont en ce moment à la mode, il me semble urgent de réserver une place à un prochain Grenelle du livre qui permettrait un vrai débat et une mise à plat des rapports éditeurs/diffuseurs/libraires/libraires en ligne. Je crains que si nous avérons incapables d'entamer cette réflexion, si pénible puisse-t-elle se révéler, d'autres le feront à notre place, et en notre défaveur.
Etant libraire, je ne peux qu'être d'accord avec vous et soutenir que cette suppression des frais de ports engendre un réel problème pour tous libraires voulant s'implanter sur internet. Les prix des frais de ports est très rapidement extrèmement important, aucun petit libraire ne pourrais les faire gratuit, mais Amazon peut comme les supermarchés pouvaient avant la loi Lang brader les best-sellers.
Merci de me montrer le côté éditeur.
Cher Joël,
il y a de cela quinze ans, Mlle Pissaro, compagne de GLM, me disait que les FNAC ne souhaitaient plus accueillir ses ouvrages au prétexte qu'ils ne comportaient pas de code barre, et ce, alors qu'elle livrait à ses propres frais les ouvrages.
Durant ces mêmes années, Christian Molinier, éditions Anabase, me disait que ce même magasin exigeait pour chaque commande, même à l'unité, une livraison franco de port...
Je comprends la logique de ces raisonnements: diminuer les coûts, augmenter les marges.
Notre raisonnement a toujours été de maintenir un niveau de prix permettant d'entretenir le vivier de la création. Chaque lecteur y contribue. Le lecteur peut payer les frais de port (la loi Lang a prévu ce cas), il s'honore même à le faire. Les bons textes ont un prix. Les libraires savent l'expliquer, pas les magasiniers. Laissons leur le populisme ; travaillons dans la qualité.
Laissons à ce monsieur d'Amazonie son commerce de verroteries avec les indiens... attention à la rougeole!!!
cordialement
YP
Librairie Tschann
Je suis client régulier d'Amazon, client également de ma librairie favorite (Le livre, à Tours), et j'ai trouvé cet E-mail agressif et sauvage, bête et stupide, même si j'aime commander les livres sur Amazon. Je ne me doutais pas, en revanche, qu'Amazon demandait des conditions pareilles aux éditeurs.
Je ne peux qu'être d'accord avec Emile Secret. Une structure comme Amazon ne se laissera pas faire, et n'hésitera pas, considérant les marges faites, à se délocaliser dans un pays tiers proche de la France. En outre, que dire du fait que l'on puisse trouver sans difficulté des ouvrages étrangers soumis à d'autres règles au niveau des prix que ceux édités sur le territoire (cette remarque vaut pour une volonté d'application stricto sensu de la loi Lang)?
Je n'achète aucun livre sur Amazon, puisque je n'y trouve pas mon bonheur.
L'usage personnel est une chose, et la modification profonde des pratiques d'achat via internet en est une autre. Si nous observons le problème dans sa globalité, pouvons-nous vraiment croire qu'un arrêté contraindra Amazon à faire payer les frais de port ?
L'envoi d'un ouvrage à travers une plate-forme plus ou moins similaire serait-elle la solution ? Mais en ce cas, n'est-il pas déjà trop tard pour s'approcher de certains modèles économiques tellement les rapports de force sont disproportionnés ?
Je n'arrive pas clairement à me projetter, et pourtant je suis certain que la réponse réside dans une certaine forme de mutualisation entre les éditeurs indépendants (Définition : Tous ceux qui n'ont pas leur carte du SNE...) et les libraires indépendants. Quand ces frères ennemis travailleront un peu mieux (ne rêvons pas...) certaines situations figées devraient se résoudre d'elle-mêmes (Pourcentages de remise, supporter conjointement les frais de ports, etc.).
Être attentif à ces changements sans être terrorisé...
Quelques commentaires suite à la décision du tribunal .
Tout d'abord je tiens à préciser que je suis client d'amazon( gros client ) . Mais encore plus gros client des librairies traditionnelles .
Bref , un gros lecteur . Et je trouve sur amazon principalement ce que je ne trouve pas ailleurs ( un grand choix de VO, parfois des références françaises que je ne trouve plus en librairie , mais c'est rare ) .Ceci dit
1 / le débat sur les éditeurs me semble sans objet . La loi lang protège les libraires , et rien que les libraires . Qu'Amazon essaie de pressurer les éditeurs ne me surprend pas , toutes les grandes enseignes qui se sont développées énormément depuis les années 80 ( la FNAC, Virgin, voire Leclerc etc ...)et qui ont un CA autrement impressionnant , je pense , doivent le faire (au moins autant sinon plus). C'est d'ailleurs évoqué dans un post ci-dessus . La seule différence avec un secteur non régulé , c'est que toutes les remises obtenues des éditeurs iront grossir la marge et ne profiteront pas au lecteur final , prix fixe oblige.
2/ je pense également que si amazon estime ne pas pouvoir renoncer , pour des raisons commerciales , à cette offre de livraison gratuite , il lui suffira de se relocaliser en belgique ou allemagne pour continuer à fonctionner comme il l'entend . On en reviendra au problème initial .
3/ ce qui me gène un peu dans ce débat ( et c'est un parallèle intéressant avec la situation dans le domaine de la musique ) c'est la position qui se contente d'attaquer en justice . A mon sens , les pratiques se modifient profondément par rapport à internet . Amazon .fr est présent depuis plusieurs années en france , et la meilleure façon d'exister face à lui aurait été de proposer un service innovant qui puisse lui faire concurrence sur le net .Or , pour l'instant , seul un gros distributeur ( la FNAC) a fait l'effort de s'y installer , et de façon très conventionnelle. La meilleure façon de s'adapter à cette nouvelle donne sera d'inventer , pas de se recroqueviller !
Je ne poste que maintenant, alors que la décision finale a été rendue. Mais le même type de mail circule de nouveau : amazon lançant une pétition et demandant à ses clients de les aider... mon dieu ! Les pauvres chous...
Libraire travaillant à la mise en place d'un site internet de vente, je ne peux qu'être d'accord avec l'arrêt de la gratuité des frais de port, dans les conditions actuelles de coût du port en France.
Cependant, je crois qu'il faudrait réfléchir à d'autres alternatives et d'autres batailles (certaines d'ailleurs déjà engagées) : auprès de la Poste évidemment car ce sont quand même ces coûts-là qui nous plombent. Là, des démarches ont déjà été engagées dont j'attends beaucoup plus que la bataille actuelle avec Amazon après celle avec Alapage.
Ce qui m'inquiète quand même un petit peu, c'est la position de ces petits éditeurs et ce qu'ils sont obligés de concéder pour figurer sur amazon. Je crois qu'il y a quand même là un vrai problème. En clair, on ne peut se plaindre d'un côté et faire le jeu de l'autre... Bien que je comprenne la position des éditeurs en termes de diffusion...
Le succès d'amazon, ce n'est pas d'abord les frais de port, mais le choix de livres proposé. En renflouant ce choix, les éditeurs renflouent amazon, frais de port gratuits ou non. Je pense que ce qui plomberait vraiment amazon (et constituerait alors une vraie concurrence), c'est une véritable alternative plus respectueuse des éditeurs, à condition qu'alors les éditeurs retirent leurs contrats passés avec amazon. Je pense que c'est là-dessus qu'il faut mutualiser et travailler.
C'est vrai aussi pour les libraires tentés par la vente sur amazon...
Sinon, les combats me semblent un tout petit peu pervers et biaisés...
Le débat se poursuivant ,j'ai cherché à me renseigner un peu mieux sur la loi lang . Google m'ayant fort obligeamment orienté vers un site gouvernemental qui explique cette loi , je m'y suis donc précipité .
Il s'agit de ce site :
http://www.culture.gouv.fr/culture/...
A priori , que du sérieux, donc . Je tombe donc par hasard sur ceci , dans les explications de texte de l' ARTICLE 1ER, ALINEA 4.
"
L'envoi franco de port constitue-t-il une remise au sens de l'article 1er ?
La ristourne indirecte que constitue l'envoi franco de port et/ou d'emballage ne peut pas être assimilée à une remise au sens de la loi. Elle consiste en une compression volontaire de leur marge par les détaillants et est autorisée."
Si c'est un hoax , il est très bien fait parce que tous les articles de la loi sont passés au crible .
Si ce n'en est pas un , j'aimerais savoir pourquoi le gouvernement , qui a écrit la loi , dit une chose , et la justice son contraire ....
À props de cette brochure, voici les précisions du Ministère de la Culture :
« Concernant cette remarque sur la brochure "Prix du livre, mode d'emploi" (papier + en ligne), elle est tout à fait juste...
... mais celle-ci date de 1985 environ pour sa première édition, revue pour la dernière fois en 1995, soit bien avant l'internet et la vente en ligne !
Amazon ne s'est pas privé d'utiliser cette indication, mais elle a été réfutée par le juge du TGI de Versailles, qui écrit :
"En vain, la société Amazon.fr rappelle-t-elle un avis du Ministère de la Culture concomitant à la loi du 10 août 1981 selon lequel l'envoi franco de port ne peut être assimilé à une remise au sens de la loi, car cet avis est antérieur aux dispositions des articles R121-8 Code de la consommation issues du décret n° 2001-95 du 2 février 2001."
Cette brochure doit être remise à jour, mais il faut préalablement remettre à jour la circulaire de 1981, ce qui est en cours. »
Le problème n'est pas tant celui des frais de port que la bêtise incurable des politiques français qui ont imaginé le prix minimum du livre ! Il est plus que temps que la France se rende compte que le monde a changé, que la Net économie est une réalité non pas de demain, mais d'aujourd'hui. Au fait, comment expliquez-vous qu'un livre acheté sur Amazon UK revienne au même prix, port et change compris, que le même livre acheté sur Amazon France - port offert ?
Tant que ce pays restera la proie des corporatismes en tous genres, des libraires aux chauffeurs de taxi, nous continuerons à nous appauvrir collectivement. Si les libraires et les petits éditeurs veulent vivre, qu'ils aillent donc à la rencontre de leur marché, en offrant des services spécifiques, nouveaux, originaux !