Certains d'entre vous le savent, Lekti-ecriture.com s'est associé à la démarche de l'Atelier du Gué éditeur qui a mis en place une pétition en faveur de tarifs postaux moins prohibitifs, concernant les envois de livres, qui devrait permettre aux particuliers comme aux professionnels d'effectuer des envois de livres à des tarifs préférentiels, à la manière de ce qui se passe en Allemagne ou en Espagne.

Depuis cet été, le dossier a été pris en main par les députés, de toutes tendances, et c'est près de vingt questions au gouvernement qui ont été posées au Ministre de la Culture, mais également à celui de l'Industrie (dont dépend La Poste).

La semaine dernière, les premières réponses de notre actuelle Ministre de la Culture ont été publiées au Journal Officiel, pour chaque question posée.

Nous reproduisons ci-dessous le texte de ces réponses, identique pour chaque question posée :

Le ministère de la culture et de la communication accorde chaque année son concours, via le Centre national du livre, à plus de 300 maisons d'édition et revues littéraires et scientifiques, dont la diversité fait toute la richesse du paysage éditorial français. Plusieurs de ces maisons d'édition et de ces revues ont alerté le ministère de la culture et de la communication sur les effets, préoccupants pour leur pérennité économique, de la hausse des tarifs postaux résultant de la disparition de tarifs spécifiques ou adaptés à l'acheminement des livres. Cette augmentation touche principalement les petits éditeurs distribuant eux-mêmes leur production, soit directement auprès de leurs lecteurs avec des frais de port élevés, soit à travers le réseau des librairies par des envois ponctuels et le plus souvent unitaires qui entraînent également des frais de port élevés. Ces derniers peuvent être à la charge de l'éditeur ou répercutés sur le détaillant, qui s'acquitte alors souvent de frais de port supérieurs à la marge qu'il peut dégager sur la vente de l'ouvrage commandé. Dans le circuit classique de distribution du livre, les frais de port sont le plus souvent majoritairement à la charge des détaillants mais, surtout, sont nettement diminués du fait du regroupement des commandes et des envois par des distributeurs professionnels. A cet égard, le projet Calibre, mis en oeuvre par le syndicat national de l'édition et le syndicat de la librairie française, vise à proposer une solution de distribution aux petits éditeurs autodistribués et un accès facilité des détaillants à cette production. Ce projet doit en outre permettre aux éditeurs d'effectuer des envois groupés à Calibre, ce qui fera sensiblement baisser le coût d'envoi par ouvrage. L'augmentation des tarifs postaux a des répercussions économiques importantes pour de nombreuses maisons d'édition et pour les librairies. Elle peut constituer un véritable frein à la diffusion du livre. C'est la raison pour laquelle le ministère de la culture et de la communication a saisi la direction de La Poste afin de la sensibiliser à ces problématiques et de l'inciter à mettre à l'étude, dans le cadre de la réglementation applicable, des conditions tarifaires favorables à une meilleure circulation des oeuvres.

Nous ne parlerons pas du renvoi vers le projet Calibre, dans la mesure où il nous semble que la structure Calibre a besoin elle-même de tarifs postaux plus attractifs, pour effectuer son travail et intégrer de nouveaux éditeurs (sept éditeurs cet été).

Il semble, en revanche, que la fin de la réponse de Madame la Ministre, Christine Lagarde, soit intéressante, dans la mesure où il est assuré que le ministère de la culture et de la communication a saisi la direction de La Poste afin de la sensibiliser à ces problématiques et de l'inciter à mettre à l'étude, dans le cadre de la réglementation applicable, des conditions tarifaires favorables à une meilleure circulation des oeuvres.

La coordination qui s'occupe de porter la pétition va remettre celle-ci aux ministères concernés au début du mois de décembre prochain, et nous sommes dans l'attente de rendez-vous avec les Ministères concernés.

Rappelons pour information que la pétition a été signée par plus de 7 600 professionnels et particuliers, dont de grands éditeurs, des écrivains, et beaucoup de structures liées au monde du livre. La mobilisation a donc été massive, elle témoigne d'une véritable problématique sur laquelle personne ne peut désormais faire l'impasse.

Joël Faucilhon