Rencontres d'éditeurs
Par Lekti-ecriture.com le vendredi, septembre 21 2007, 09:39 - Le livre en France - Lien permanent
Peu avant le début de l’été, se tenaient deux rendez-vous importants liés à l’édition indépendante — ou à la petite édition — selon le mot qui convient le mieux à chacun d’entre nous. Il s’agissait, de manière différente dans les deux cas, de réfléchir ensemble aux solutions qui pourraient être apportées à ce qu’il est maintenu convenu d’appeler une crise de la petite édition.
Dans un contexte global et international de concentration des maisons d’édition au sein de grands groupes de nature industrielle, quelle peut être la place de la « petite édition », autrement appelée par d’autres « édition indépendante », ou encore « édition de création », plus ou moins bien représentée dans les librairies, et presque totalement absente des autres circuits de diffusion du livre (grandes surfaces spécialisées, hypermarchés…) ?
La première de ces rencontres, intitulée L’édition avec éditeurs, s’est tenue à Forcalquier (Alpes de Haute-Provence), du 31 mai au 2 juin dernier.
Sous la forme d’ateliers (cinq au total), la manifestation rassemblait des professionnels autour d’une problématique propre à chaque atelier (rapport entre librairies et « petits éditeurs », diffusion et distribution, création de réseaux de coopération, etc). En marge de ces ateliers, trois conférences eurent lieu, afin de nourrir les échanges, et d’ouvrir à un plus grand public les problématiques abordées en atelier : Christian Thorel a pu parler de l’exemple de la librairie Ombres Blanches à Toulouse, André Schiffrin, auteur de deux livres devenus des « classiques » traduits en une vingtaine de langues, a pu parlé de sa très longue expérience d’éditeur, alors que Sinadu Abebe & Yves Stranger ont pu parler de leur expérience d’éditeur en Ethiopie.
Certains des organisateurs de la manifestation avaient également souhaité que cette expérience débouche sur une « représentation de l’édition indépendante », propre à servir les intérêts des éditeurs indépendants. De ce point de vue, aucun consensus n’est venu s’établir entre les éditeurs présents, tant il semble que les problématiques et « la philosophie de l’édition » varient d’un éditeur à l’autre. De la même manière, le dialogue entre libraires et éditeurs présents s’est avéré difficile, les attentes des uns envers les autres étant assez différentes : alors que les libraires demandent plus de professionnalisme du côté des « petits éditeurs », les éditeurs répondent par la nécessité de leur dégager des espaces plus importants au sein de leurs espaces. Malgré ces difficultés, ces premières rencontres de Forcalquier peuvent être considérées comme un vraie réussite. En effet, ces trois jours ont concouru à une prise de conscience, de la part de l’ensemble des acteurs, de la nécessité d’un dialogue plus important, et une meilleure prise en compte de la position de l’autre, dans une chaîne du livre solidaire par nature. Les participants ont également pris conscience du besoin d’une plus grande professionnalisation, accompagné de la mise en place de réseaux interprofessionnels (libraires/éditeurs) à l’échelle du territoire français, et non plus seulement au niveau régional.
Le second rendez-vous lié à l’édition indépendante s’est déroulé à Paris du 1er au 4 juillet dernier, sous l’égide de l’UNESCO. Organisée par l’Alliance des Éditeurs Indépendants, qui regroupe depuis 2002 près de 80 éditeurs de plus de quarante nationalités, Les Assises Internationales de l’édition indépendante s’étaient avant tout donné pour ambition que les éditeurs membres de l’Alliance — présents sur les cinq continents — puissent se rencontrer, échanger au cours de ces quelques journées. L’objectif était également de tenir une « fête de la bibliodiversité », ce concept soutenu par l’UNESCO qui vise à maintenir et renforcer « la diversité culturelle pour le livre ».
La tenue des Assises internationales de l’édition indépendante a donné lieu, peu de jours après la clôture de la manifestation, à une déclaration internationale des éditeurs indépendants, pour la protection et la promotion de la bibliodiversité.
Ces deux manifestations, spécifiques et différentes dans leurs objectifs, manifestent bien évidemment l’envie et la nécessité des éditeurs indépendants de se regrouper au sein de réseaux, à l’échelle nationale ou internationale, afin de reprendre l’initiative, et d’assurer une plus grande visibilité de leur travail auprès du grand public et des professionnels.
Pour aller plus loin, nous inviton les internautes à parcourir les archives du blog de la manifestation L'édition avec l'éditeurs, à l'adresse suivante : http://www.lekti-ecriture.com/blogs/edition, à découvrir le texte de la déclaration internationale des éditeurs indépendants, à cette adresse : http://www.lekti-ecriture.com/contrefeux/Declaration-internationale-des.html. Nous invitons également les internautes à partir à la découverte des actions de l'Alliance des éditeurs indépendants, à partir de leur site Internet, à cette adresse : http://www.alliance-editeurs.org/.
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