Lundi dernier, s'est tenu sur Paris un colloque sur Paris (au cinéma Mk2 de la bibliothèque François Mitterrand) particulièrement important.

Intitulé Les nouveaux supports numériques du texte, le colloque a rassemblé près de trois cent personnes autour de quelques professionnels du livre, des nouveaux supports de lecture, ou encore d'histoire de l'écrit. Et nous devons remercier Eric Hardin, président de l'ALIRE, et Bernard de Fréminville (président de Dilicom), d'avoir permis qu'un colloque de cette envergure ait pu se tenir.

Le colloque fut dense, les présentations d'une très grande qualité, et il serait vain de vouloir ici faire état des communications du colloque, tant le nombre d'informations ramassées dans la journée était important.

Delphine Gardey, historienne, a pu présenter une brève histoire de l'écrit et des supports de l'écrit au cours de l'histoire. Catherine Forestier, coordinateur du pôle livres du projet Couperin, a incité les éditeurs français à donner accès à leurs ressources numériques ( il faut entendre, sur abonnement, à la manière de ce que fait le portail CAIRN ou Cyberlibris) pour constituer un fond documentaire numérique.

Jérôme Denoix (directeur du développement Hachette illustré) et Paul Carril (responsable marketing et éditorial chez Michelin), ont parlé de l'évolution de leur métier, et de la prise en compte toujours plus importante du support numérique, même s'il ne s'agit pas – selon eux – d'une révolution, mais plutôt d'une évolution.

C'est Julien Ulrich, Directeur Général de Virgin Méga, qui fut le plus incisif sur le numérique, en déclarant que le livre n'avait pas encore trouvé son Ipod, mais que cela ne devrait pas tarder, entraînant selon lui des dégâts comparables à ceux rencontrés par le marché de la musique sinistré, selon lui par la multiplication des téléchargements illégaux, qui doivent être sévèrement réprimés, selon ses propres mots.

Le programme de l'après-midi ne fut pas moins dense.

Jean-Michel Billaut, président de « The networking company », véritable troublion attentif à toutes les formes d'évolution du numérique, s'est largement attardé sur la naissance d'une intelligence commune, grâce à l'Internet.

Denis Zwirn, président de Numilog, a présenté sa plate-forme et son métier, désormais baptisé du nom quelque peu barbare d'agrégateurs de livres numériques.

Les deux interventions qui ont suivies, celle de Jacques Angele (co-fondateur de Nemoptic, fabricant de papier numérique), et de Bruno Rives (PDG de l'observatoire Tebaldo) furent plus techniques, avec la circulation habituelle et la présentation des dernières générations de E-Books.

Il était déjà 17 heures, et un intervenant devait conclure. Ce fut le rôle confié à John Mc Namee, Président de la Fédération Européenne des Libraires, qui a tenté de voir, de manière particulièrement lucide, de quelle manière les librairies pourraient s'insérer dans la nouvelle chaîne du livre numérique.

Comme chacun peut le voir, la journée fut chargée, très dense au vu du nombre d'informations que chacun devait assimiler. Avec une certitude, pour tous : la révolution numérique est en marche, et il y aura de la casse. En ligne de mire : les libraires, mais également les distributeurs de livres, dont la place dans cette nouvelle chaîne du livre n'est pas assurée.

Le compte-rendu de ces rencontres, et les communications des intervenants, sera si possible mis en ligne le plus tôt possible sur le site Internet de Dilicom, en fonction de la volonté de chacun des participants de rendre publique ou non son intervention. Nous espérons que ce sera le cas, et nous tiendrons évidemment les internautes informés.

Et encore une fois, merci à Eric Hardin et Bernard de Fréminville d'avoir organisé ce colloque.