Le monde du livre traverse une crise, tout le monde l'affirme depuis maintenant près d'un an.

Dans ce contexte difficile, un groupe (pas forcément cohérent), qui rassemble les plus grands éditeurs français (en terme de volumes de vente), avec Bernard Fixot à sa tête (le PDG de XO) a fait passer une lettre ouverte à l'hebdomaire Livres Hebdo, responsable du courroux. Selon ces éditeurs, les chiffres des meilleures ventes réalisées, communiqués chaque semaine par Ipsos et Livres Hebdo, seraient systématiquement sous-évalués. De près de 30% selon ces éditeurs.

À ceci près que les estimations d'Ipsos et de Livres Hebdo, comme l'a si bien précisé Catherine Ferrand, rédactrice en chef de Livres Hebdo, lors d'une réponse faite au Figaro, ne tiennent pas compte des " mises en place ", autrement dit du volume de livres expédiés vers les lieux de vente, mais se basent sur les " ventes réelles " (voir cet article des Echos).

En effet, il faut préciser un point important : dans le cadre des mises en place de nouveautés, les libraires, les superstores culturels ou les supermarchés, autrement dit l'ensemble des points de vente, bénéficient de la faculté de retourner les livres non vendus, trois mois seulement après leur mise en place. Et, en ces temps difficiles, les taux de retour sont souvent proches du tiers des livres mis en place.

Voilà sans doute l'explication à fournir à Serge Eyrolles, ou encore Bernard Fixot.

Il serait intéressant qu'ils regardent avec précision le taux de retour de leurs livres. Ils obtiendront sans doute des chiffres assez proches de ceux fournis par Ipsos et Livres Hebdo.

Et tant que nous y sommes, nous pouvons demander à Bernard Fixot, PDG de XO, d'éviter les pratiques de vente forcée, comme ce fut parfois le cas, dans certaines librairies, lors de la mise en place du livre de Nicholas Sarkozy (voir les témoignages de certains librairies, qui ont reçu le livre de Nicolas Sarkozy sans l'avoir demandé, de l'office sauvage comme on appelle cela dans la profession).

Certes, cela permet à certains éditeurs de " gonfler " artificiellement leurs chiffres de vente, mais cela ne laisse guère de place aux autres livres, parfois plus intéressants que ceux publiés par leurs soins.

Et il ne faut pas oublier que les librairies sont des lieux finis, clôs de murs.