Cet immense sentiment de solitude
Par Joël Faucilhon le mercredi, janvier 17 2007, 09:54 - Le livre en France - Lien permanent
Nous savions qu’une grande partie des éditeurs, quelles soient leur taille, avaient déjà enterré la librairie indépendante.
Nous savons maintenant que les auteurs pensent de manière identique.
Les reproches pleuvent, ils abondent : on reproche aux libraires leur manque de discernement, leur incapacité à s'organiser, à répondre aux défis posés par l'Internet, on parle de lieux qui ne suivent plus la littérature de fond, qui serait, en revanche, présente massivement sur les grands superstores en ligne.
Tous ceux - comme moi, comme d'autres - qui travaillent avec les libraires depuis de nombreuses années vivent un grand moment de solitude.
À titre personnel, je n'ai même plus envie de réagir à la multiplication des billets qui entérinent la mort de la librairie indépendante, multiplient les griefs. Nous avions peut-être seulement 300 librairies indépendantes dont l'avenir semble essentiel. Ce matin, je doute. Je ne sais même plus si nous serons en mesure d’assurer, ensemble, leur pérennité.
Tous ceux qui ont travaillé un jour en librairie, et qui connaissent le travail mené de l’intérieur, connaissent comme moi, je pense, ce matin, un grand moment de solitude.
Et nous maintenons notre Rendez-Vous, annoncé dans Le Monde, il y a de cela quelques semaines : l'ouverture d'espaces pour les librairies indépendantes françaises aura bien lieu, le premier juin 2007, sur Lekti-ecriture.com.
Commentaires
Bonsoir, nous découvrons aujourd'hui votre note.
Nous avons sur notre blog publié un article réagissant au lancement de la "librairie" du Tiers livre. Parle-t-on de la même chose ? on ne sait, cependant nous évoquions entre autres ces reproches adressés aux libraires - manque de fédération et d'organisation, de temps de réaction - dont F. Bon nous semblait surtout user dans l'idée de valider sa démarche de partenariat avec Amazon ("arguments" qui depuis, ont assez largement disparu de sa présentation très évolutive du projet)
L'article en question est à cette adresse : www.cynthia3000.info/blog...
Avec notre soutien...
Ce que je reproche aux grandes surfaces du livre c'est d'être des clones les unes des autres et le livre que vous ne trouvez pas dans une il y a peu de chance qu'il soit chez sa concurrente : c'est qu'il n'est pas rentable ! Le livre est devenu un yaourt : il a une date de péremption. Dès que vous sortez du vu-à-la-télé, il n'y a plus rien. Essayez de trouver : Ecrire de Duras à Belfort ou Montbéliard ! Deux heures dans une Fnac ou autre et vous sortez sans rien si vous êtes venu avec une liste.