Nous savions qu’une grande partie des éditeurs, quelles soient leur taille, avaient déjà enterré la librairie indépendante.

Nous savons maintenant que les auteurs pensent de manière identique.

Les reproches pleuvent, ils abondent : on reproche aux libraires leur manque de discernement, leur incapacité à s'organiser, à répondre aux défis posés par l'Internet, on parle de lieux qui ne suivent plus la littérature de fond, qui serait, en revanche, présente massivement sur les grands superstores en ligne.

Tous ceux - comme moi, comme d'autres - qui travaillent avec les libraires depuis de nombreuses années vivent un grand moment de solitude.

À titre personnel, je n'ai même plus envie de réagir à la multiplication des billets qui entérinent la mort de la librairie indépendante, multiplient les griefs. Nous avions peut-être seulement 300 librairies indépendantes dont l'avenir semble essentiel. Ce matin, je doute. Je ne sais même plus si nous serons en mesure d’assurer, ensemble, leur pérennité.

Tous ceux qui ont travaillé un jour en librairie, et qui connaissent le travail mené de l’intérieur, connaissent comme moi, je pense, ce matin, un grand moment de solitude.

Et nous maintenons notre Rendez-Vous, annoncé dans Le Monde, il y a de cela quelques semaines : l'ouverture d'espaces pour les librairies indépendantes françaises aura bien lieu, le premier juin 2007, sur Lekti-ecriture.com.