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  <title>Le Bloc-notes de Lekti-ecriture.com - Google Books</title>
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  <language>fr</language>
  <pubDate>Wed, 08 Oct 2008 10:50:43 +0100</pubDate>
  <copyright>Lekti-ecriture.com</copyright>
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  <item>
    <title>« Google recherche de livres » s'ouvre aux librairies physiques</title>
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    <pubDate>Wed, 10 Oct 2007 13:26:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Lekti-ecriture.com</dc:creator>
        <category>Livre et numérique</category>
        <category>Google Books</category><category>Librairie</category><category>livre numérique</category>    
    <description>    &lt;p&gt;&lt;em&gt;Google Recherche de livres&lt;/em&gt;, en tant que projet, a suscité de nombreuses réactions contradictoires.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Alors que certains éditeurs associés à Lekti-ecriture.com ont depuis le départ intégré le projet &lt;em&gt;Google Recherche de Livres&lt;/em&gt; (L'Éclat en premier lieu, puis kargo, Anacharsis, Passage du Nord-Ouest), Google est toujours en procès avec le Syndicat de l'Édition Française (concernant l'interprétation du droit de citation).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Jusqu'à récemment, &lt;em&gt;Google recherche de livres&lt;/em&gt; renvoyait de manière systématique vers les grands superstores en ligne, pour l'achat des livres présentés.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais le projet évolue. Depuis peu, le renvoi vers des libraires physiques est effectif, avec l'apparition de liens marchands vers les librairies suivantes (dans l'ordre alphabétique)&amp;nbsp;: Decitre, Librairie Dialogues, Mollat, Ombres Blanches, Sauramps.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Rien n'indique que cette liste soit définitive. Rien n'indique, &lt;em&gt;a contrario&lt;/em&gt;, qu'elle soit destinée à évoluer, avec plus de librairies physiques présentées en lien.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;À suivre...&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>La non-affaire Google Livres</title>
    <link>http://www.lekti-ecriture.com/bloc-notes/index.php/post/2006/06/13/29-la-non-affaire-google-livres</link>
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    <pubDate>Tue, 13 Jun 2006 11:50:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Lekti-ecriture.com</dc:creator>
        <category>Livre et numérique</category>
        <category>Google Books</category><category>Internet</category><category>Édition indépendante</category>    
    <description>&lt;p&gt;La parution du Rebond des éditions Kargo, dans Libération du 06/12/2006, sur Google Livres a suscité de nombreuses réactions, divers commentaires.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Alexandre Laumaunier apporte dans ce texte différentes précisions.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;- Ce Rebond a été écrit il y a plusieurs semaines, et sa parution était prévue avant que le groupe La Martinière n’attaque en justice Google. Si Libération s’est empressé de le publier au lendemain de la plainte de La Martinière, ce Rebond ne constitue en rien une “ réponse ” sur le vif (ou je ne sais quoi d’autre) pour “ défendre ” Google.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Par ailleurs, le titre de ce Rebond (“ Les petits éditeurs votent Google ”) n’était pas le titre que j’avais proposé. Le mien, mi-ironique, mi-sérieux, était “ Google and me ” – car il s’agissait avant tout d’expliquer comment et pourquoi un petit (si ce n’est micro) éditeur accepte de s’affilier au projet Google Livres, tout en exigeant (et en obtenant) certains aménagements la part de la société américaine. La publication de ce Rebond, globalement favorable au projet de la société américaine, était conditionnée à la réalisation de ces aménagements – j’y reviens ci-dessous.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Ce titre tend à laisser penser que mes propos reflètent les idées de tout ou partie des “ petits ” éditeurs (en opposition aux “ gros ” éditeurs). Ce n’est pas le cas. Car d’une part je ne prétends pas parler au nom de mes confrères (le texte reflétait une expérience toute personnelle), et d’autre part la majorité des éditeurs n’est pas favorable (on le sait) au projet Google Livres. Je constate toutefois qu’un bon nombre d’éditeurs (qui, en l’espèce, sont des “ petits ”) se sont, ou vont, s’affilier au projet Google Livres. Gros et petits éditeurs ne sont pas confrontés aux mêmes difficultés dans leur travail, et le rapport (de force, par exemple) qu’ils entretiennent avec Google en est le reflet. Aussi n’est-il pas étonnant de constater que plus le chiffre d’affaires d’une maison d’édition est important, plus grande est la méfiance envers Google… constatation valable en France, mais pas aux États-Unis.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- La plainte du groupe La Martinière, qui implique trois pays différents (France, Suisse, États-Unis), a le mérite de mettre en lumière des questions juridiques de fonds et non résolues quand à la relation entre un droit d’auteur national et une diffusion mondiale du savoir numérisé. Cela permettra (en tout cas espérons-le) de vraies discussions sur, par exemple, la différence entre le fair use américain et le droit de citation français – car derrière ces différences, au-delà du juridique, se trament des interrogations sur l’intérêt public et le bien commun. Par ailleurs, on peut légitimement comprendre qu’un éditeur mis devant le fait accompli (un livre de son fonds se retrouvant sur Google Livres) n’accepte pas la méthode employée (opt in versus opt out). C’est là toute la différence entre le programme Google Livres à destination des éditeurs (qui ont une maîtrise totale de la mise en ligne de leurs ouvrages) et le programme destiné aux bibliothèques (qui à mon sens est moins abouti et pose encore bien des problèmes).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Je maintiens que Google Livres n’est pas la panacée – les petits éditeurs peuvent au mieux en retirer quelques bénéfices. Le projet français en est à un stade que l’on pourrait qualifier d’expérimental – en jargon informatique, il s’agit d’une version beta. Je veux en revanche insister sur le fait qu’un dialogue intensif et précis avec la société américaine peut permettre, par exemple, de défendre la librairie (le discours dominant des “anti-Google” affirmant le contraire). Sans aller jusqu’à dire qu’un micro-éditeur comme Kargo a fait plier un géant mondial comme Google (quoi que), j’ai malgré tout réussi à obtenir que le premier lien “ Achetez ce livre ” (lien visible lorsqu’une page d’un livre est consultée) renvoie vers un site se fournissant auprès d’une librairie indépendante. Ce détail est d’importance: plutôt que d’inciter un internaute à acheter le livre consulté auprès de sites marchands reconnus (qui, dans la réalité, ne se résument qu’à des hangars où officient des préparateurs de colis sous-payés), les éditions Kargo renvoient vers Lekti-ecriture.com, qui est associé à’une librairie indépendante, Clair Obscur, à Albi. Obtenir ce résultat n’allait pas de soi – et les responsables de Google Livres France eux-mêmes ont dû batailler pour l’obtenir. Ce lien vers une librairie réelle était une condition sine qua non pour que Kargo accepte le programme Google Livres.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Les éditions Kargo ne “ votent ” pas Google, car pour voter encore faut-il qu’il y ait plusieurs candidats… Or il se trouve que pour le moment seul le moteur de recherche américain est capable d’offrir en France une visibilité online à des livres imprimés (en attendant le projet Open Content Alliance de Microsoft-Yahoo-Adobe, qui pose des questions techniques bien plus épineuses, aux conséquences bien plus dangereuses). Profiter de la solution apportée par une société américaine qui par ailleurs pratique une certaine forme de censure en Chine ne me réjouit pas. Mais de même que j’ai renoncé à me promener à poil dans la rue pour éviter d’acheter des vêtements fabriqués par les ouvriers du tiers-monde sous-payés, se servir de Google est moins un satisfecit qu’une solution (peut-être temporaire) aux problèmes de visibilité que connaît un petit éditeur. Aucun cynisme dans tout cela – juste un principe de réalité. Que les anti-Google commencent par ne plus s’en servir lorsqu’ils recherchent quelque chose sur internet! Comme le dit mon confrère des éditions de l’Éclat, on préférerait imprimer au plomb et ne pas perdre de temps à s’occuper de ces histoires de numérisation… mais les temps ont changé.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Tous les auteurs publiés par les éditions Kargo que j’ai sollicités ont donné leur accord pour que leurs ouvrages soient disponibles sur Google Livres. Par ailleurs, une grande majorité des versions originales anglaises des livres traduits par les éditions Kargo sont sur Google Books depuis belle lurette – et là il ne s’agit plus de petits éditeurs, mais de Beacon Press, Verso, Duke University Press, Oxford University Press, Chicago University Press, etc. Si Google Livres représentait un manque à gagner financier pour ces importants éditeurs anglo-saxons, gageons que leurs livres ne seraient pas consultables sur Google Books… Pour le moment, personne ne peut prouver qu’une consultation d’un livre sur internet nuit financièrement aux ventes de l’éditeur. Le discours dominant affirme que les auteurs, pour des questions de propriété intellectuelle, seraient contre cette mise en ligne numérique, mais pour l’instant, je n’en ai rencontré aucun.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Sur le fond, au-delà des discours et des rebonds, au-delà des problèmes juridiques à régler, au-delà des intérêts économiques et/ou corporatistes que chacun(e) essaie de défendre, au-delà des technologies encore balbutiantes, au-delà d’un antiaméricanisme primaire qui se révèle ici et là, au fond les véritables interrogations que posent les transformations technologiques, notamment lorsqu’elles impliquent certaines formes de savoir, sont celles du partage de l’information, du savoir en tant que bien commun, des qualités et des défauts de l’écriture numérique, qui permet désormais une maniabilité du savoir comme jamais cela n’avait été possible auparavant. Rarement trouve-t-on, dans les quelques discussions ici et là sur Google Livres, les mots “bien commun”, “ partage du savoir ”, “ démocratisation de l’écriture ”… Car c’est bien de cela dont il s’agit, au moment où l’on constate que l’objet-livre, qui symboliquement et dans les faits, était jusqu’à maintenant le seul garant d’une vérité, ne l’est plus (seulement). Le jour où le livre ne sera plus qu’une mise en ligne d’un savoir, je changerai de métier. En attendant, j’essaie de respecter une clause qui se trouve dans tous les contrats passés avec les auteurs que j’édite: faire le maximum pour que la visibilité de leurs livres soit la meilleure possible.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- Le matraquage de la “ pensée officielle ”, dont M. Jeanneney fut un porte-parole efficace, a pour l’instant obéré toute discussion de fond sur la diffusion numérique du savoir. Quelles que soient les positions, un très large débat sur ces questions devrait (ou plutôt aurait déjà dû) avoir lieu, réunissant à la fois éditeurs, libraires, juristes, spécialistes des technologies, bibliothécaires, lecteurs, chercheurs, enseignants, etc. Il est proprement incompréhensible qu’aucun lieu (institutionnel ou non) n’ait encore organisé de vraies rencontres sur le sujet… Les enjeux de la diffusion numérique du savoir impliquent moins ceux qui en parlent maintenant que la première génération née avec l’internet (et les suivantes) – celle des gamins qui à 15 ans savent comment télécharger un film à l’autre bout du monde, ceux-là même qui, au grand damne des enseignants, vont repiquer maladroitement ce qu’ils trouvent sur le web sans en juger de la pertinence. L’arrivée du savoir garanti par l’objet-livre dématérialisé pourrait ainsi faire des heureux… si l’on explique comment ça marche.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;- En dehors d’un hypothétique véritable débat qui (sait-on jamais) verra peut-être le jour, je ne souhaite pas me transformer en “ Monsieur pro-Google ” – cette affaire met en jeu des intérêts plus profonds que cela et ne concerne pas seulement la relation entre un petit éditeur et un géant américain de l’internet, relation sur laquelle tout est dit. Google Livres, je n’y pense pas le matin en me rasant… mais en revanche je pense au prochain livre que je vais imprimer. Parmi tous les commentaires reçus sur le Rebond de Libération (venant d’universitaires, de confrères, de traducteurs, de chercheurs, de lecteurs, etc.), pas un seul n’a été critique (ce qui signifie au passage que les “ anti-Google ” ont oublié de se manifester – sans doute par manque d’arguments?). Ces commentaires, de même que l’assentiment des auteurs des éditions Kargo, me confortent dans l’idée que défendre la pensée, quels qu’en soient les moyens, reste le premier travail d’un éditeur. Sous la forme d’un livre, bien entendu.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alexandre Laumonier, éditions Kargo.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Google and Me</title>
    <link>http://www.lekti-ecriture.com/bloc-notes/index.php/post/2006/06/12/28-google-and-me</link>
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    <pubDate>Mon, 12 Jun 2006 18:14:54 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Lekti-ecriture.com</dc:creator>
        <category>Livre et numérique</category>
        <category>Google Books</category><category>Internet</category><category>livre numérique</category>    
    <description>&lt;p&gt;Alexandre Laumaunier, éditeur et responsable des éditions Kargo, a fait paraître un Rebonds dans Libération, en date du 12 juin 2006, dans lequel il expliquait les raisons qui l'ont poussé à rejoindre le projet Google  Books.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L'ensemble du texte proposé par Alexandre Laumaunier à Libération est ici en ligne, grâce à l'aimable autorisation de l'auteur.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Nous n'avons pas repris le titre du Rebonds «&amp;nbsp;Lorsque les petits éditeurs votent Google », dans la mesure où ce titre a été choisi de manière unilatérale par la rédaction de Libération, sans consultation de l'auteur.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Les vociférations du milieu du livre contre Google Livres ont été légion, et les médias ont généreusement écouté les éditeurs qui s'y opposent, réduisant au silence les nombreux confrères qui accueillent ce projet positivement – ceux-là seraient-ils des imbéciles finis&amp;nbsp;? des fossoyeurs de la librairie française&amp;nbsp;? Comme souvent en Gaule, la polémique permet d'éluder les vraies questions. Paraît-il même que l'on en serait venu aux mains sur le stand Google lors du dernier Salon du livre&amp;nbsp;; ainsi les politiques n'ont-ils pas l'apanage des décisions hâtivement prises pour les autres sans débat aucun et dégénérant en pugilat.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Comment ça marche, Google Livres&amp;nbsp;? En résumé&amp;nbsp;: l’éditeur autorise la mise en ligne de ses ouvrages et choisit lui-même les paramètres de la consultation (c'est-à-dire le nombre de pages qu'un internaute peut lire). Il autorise Google à proposer des liens vers des sites marchands (Amazon, etc.) commercialisant l'ouvrage, l’éditeur pouvant proposer en priorité un site de son choix. Google ne prend pas de commission sur l’éventuelle vente de l’ouvrage, mais reverse à l’éditeur une somme symbolique si un internaute clique sur un lien publicitaire dont la présence et discrète. Et l'éditeur peut à tout moment se retirer du programme.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Rien de bien méchant, donc – mais les conséquences sont multiples. Écartons d’abord quelques arguments du clan «tous contre Google». Une société américaine, dont le but est «d'organiser le savoir mondial» et de faire du profit, aura la main mise sur le savoir&amp;nbsp;; certes, mais de toute manière l'internet est en soi américain de par la maîtrise du réseau. Le «monde du livre» se fera envahir de publicités parce qu'un lien vers un site commercialisant des madeleines apparaîtra si un internaute recherche «Proust»… Pour l'instant, ces liens commerciaux n'existent pas. Et puis l'internet est entièrement pourri de publicités (même le site d'une radio publique comme France Culture fait clignoter sur son site une publicité pour un opérateur téléphonique, pourquoi alors s'offusquer qu'une société privée refuse un lien publicitaire sur un site qui n'est pas même le sien ?) Autre argument fallacieux&amp;nbsp;: si l'on cherche &quot;Proust&quot; dans Google Livres, les réponses ne renvoient qu'aux éditions anglaises de la Recherche. C'est évident&amp;nbsp;: sans éditeurs français, une requête sur Proust n'aura aucune réponse française…&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le monde intellectuel s'émeut régulièrement de ce que l'internet offre à monsieur-tout-le-monde un savoir peu légitime, réitérant là la critique platonicienne de l'écriture démocratique, désormais errante, sans corps et sans père. On devrait donc se réjouir que le livre, objet (prétendument) garant d'un savoir, devienne numérique… La numérisation du livre (ou, pour être plus juste, la nouvelle matérialisation du savoir) est un pas immense dans l'histoire de l'accès à la connaissance, plus important même que l’invention de la presse par Gutemberg. Et ce parce que l'écriture numérique permet à ce monsieur-tout-le-monde de réaliser son propre index à partir d'un savoir mis à disposition. C'est le principe d'un moteur de recherche&amp;nbsp;: lorsqu'un internaute cherche «Cain et Abel» dans Google (Livres ou non), il crée son propre index à partir d'une multitude de pages web (ou d'ouvrages). Au XIIIe siècle, Hughes de Saint Cher embaucha 500 moines pour réaliser le premier index total de la Bible&amp;nbsp;; aujourd'hui, en quelques millisecondes, n'importe qui peut indexer n'importe quel(s) livre(s)…&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;C'est là qu'est irrecevable l'argument selon lequel Gallica aurait devancé Google Livres (1), puisque Gallica ne permet aucune indexation, les livres étant proposés en mode image et non en mode texte. Le sujet de l'indexation du savoir à l'heure de l'écriture numérique mériterait un colloque à lui tout seul. Car c'est là que réside un vrai danger&amp;nbsp;: partant de l'idée que celui qui maîtrise l'écriture maîtrise le savoir, alors celui qui maîtrise l'écriture informatique (i.e. la technologie d'un moteur de recherche) maîtrise le savoir numérique. C’est une question fondamentale.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pourquoi, malgré tout, signer avec Google Livres&amp;nbsp;? Tout d'abord parce que cela permet au livre de vivre autrement. La visibilité d'un livre en librairie, notamment dans le secteur (qui me concerne) des sciences humaines, est de plus en plus difficile. Faible mise en place des livres, retours de plus en plus précoces, donc vie du livre de plus en plus courte. Pourquoi dans ce cas s'opposer au feuilletage d'un livre sur internet, et ce pour des années, alors qu’on le permet en librairie… pour une durée de plus en plus brève&amp;nbsp;? Les éditions Kargo proposent la totalité de leur catalogue sur Google Livres, avec, au bout de quatre mois, ce résultat&amp;nbsp;: plus de 150 exemplaires vendus via cette consultation online, un chiffre loin d'être négligeable pour un éditeur spécialisé.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Et puis Google Livres n'est pas un concurrent de la librairie. Un internaute consultant un livre des éditions Kargo est invité à acheter en priorité l'ouvrage sur lekti-ecriture.com, site regroupant une quarantaine d'éditeurs indépendants(lesquels sont d'ailleurs, en grande majorité, sur le point de signer avec Google Livres) et se fournissant auprès d'une librairie… indépendante (Clair Obscur, à Albi). On rétorquera que le lien vers Amazon.com ne disparait pas (certes, mais Amazon étant désormais avec ou sans Google le premier libraire, en chiffre d'affaires, de bien des éditeurs, s'en passer serait suicidaire). Par ailleurs, le site américain va mettre en place sous peu son système «&amp;nbsp;Trouvez les librairies près de chez vous» (un internaute tape le code postal de sa ville, et Google donne les coordonnées des librairies où le livre peut être acheté), preuve que la feuilletage online et la vente réelle ne sont pas antinomiques.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Tout cela est certes loin d'être parfait. On regrettera par ailleurs qu'une institution publique comme la Bibliothèque nationale de France, dénuée de tout souci de rentabilité, n’ait été incapable intellectuellement et techniquement d'anticiper l'accès numérique à l'objet-livre (pourquoi un dépôt légal numérique du livre n'existe-t-il toujours pas ?) Quelle sera l'attitude de la Bibliothèque numérique européenne face à la question de la compatibilité des supports numériques du livre&amp;nbsp;? On regrettera enfin qu'outre M. Eyrolles (président du Syndicat national de l'édition), le seul éditeur membre du comité interministériel français chargé de réfléchir à ces questions soit Editis, qui partage avec le si décrié Google ce point commun d'être côté en bourse. Cela alors même que Google remporte les suffrages des (très) petits éditeurs, bien plus soucieux eux de sauvegarder la librairie indépendante… Comprenne qui pourra.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;(1)	En revanche, le concept de lyber de notre confrère et ami des éditions de l'Eclat anticipa réellement l'existence numérique du livre – &lt;a href=&quot;http://www.lyber-eclat.net/lyber/lybertxt.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;http://www.lyber-eclat.net/lyber/lybertxt.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alexandre Laumonier dirige les éditions Kargo (&lt;a href=&quot;http://www.editionskargo.com&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;http://www.editionskargo.com)&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Nous remercions Alexandre Lemaunier d'avoir autorisé la publication de son texte sur le bloc-notes de Lekti, et nous espérons que ce texte saura ouvrir la discussion et le débat, urgent à mener, sur la numérisation des savoirs.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Lorsque le SNE et La Martinière portent plainte contre Google</title>
    <link>http://www.lekti-ecriture.com/bloc-notes/index.php/post/2006/06/07/26-lorsque-le-sne-et-la-martiniere-portent-plainte-contre-google</link>
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    <pubDate>Wed, 07 Jun 2006 13:42:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Lekti-ecriture.com</dc:creator>
        <category>Livre et numérique</category>
        <category>Edition</category><category>Google Books</category><category>livre numérique</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Mardi 6 juin, dans la matinée, l’AFP annonçait que le groupe La Martinière allait porter plainte contre Google pour «&amp;nbsp;contrefaçon ». Et le même jour, le Syndicat National de l’Édition nous informait de sa volonté de poursuivre Google pour les mêmes raisons. L’acteur californien, leader mondial de la recherche d’informations sur l’Internet, apparaissait dès lors comme un acteur aux pratiques douteuses et scandaleuses.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pourtant, de nombreux éditeurs de Lekti-ecriture.com ont rejoint le projet Google Books. Au moment où l'initiative Google Books va faire l'objet d'une procédure judiciaire de la part de certains éditeurs français, nous souhaitons faire remarquer que la filiale française de Google a su instaurer un véritable dialogue avec les éditeurs indépendants, et prendre en compte les catalogues de ces maisons d’édition «&amp;nbsp;de création ».&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le projet Google Books reste sujet à de nombreuses réserves, et il serait irresponsable de faire une confiance aveugle en un acteur capable, nous l’avons vu ces derniers mois, de censurer les résultats issus de son moteur de recherche en Chine — les requêtes liées au terme «&amp;nbsp;droit de l’homme&amp;nbsp;» n’apparaissent pas — pour pénétrer le marché de l’Empire du Milieu.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais le projet Google Books reste, en l'état actuel des choses, le projet de numérisation des livres le plus ouvert et le seul, qui va organiser d'ici quelques semaines un renvoi vers le réseau de librairies physiques, implantées sur le territoire français. Cet élément-là du projet nous paraît essentiel, dans la mesure où tout projet de numérisation des savoirs qui ferait fi du maillage des librairies indépendantes françaises et renverrait de manière unique vers les superstores culturels en ligne apparaît comme un danger pour la pérennité de la chaîne du livre, en France, et le maintien de la diversité de l'offre culturelle.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Nous sommes, en revanche, particulièrement inquiets des projets de numérisation des livres à venir, tels que celui porté par Microsoft et Yahoo, qui devrait voir le jour en France d'ici quelques mois.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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