Le Bloc-notes de Lekti-ecriture.com

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Livre et numérique

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lundi, mai 11 2009

Éditions Sillages, Ebooks en libre accès

Parmi les éditeurs qui ont mis en place une politique volontariste d’accès gratuit à leur catalogue de livres électroniques, L’Éclat nous a bien évidemment montré la voie en 2000.
Depuis cette date, de nombreux éditeurs, surtout parmi les indépendants, plus prompts à vouloir faire découvrir leurs livres — dans la mesure où la couverture médiatique et la présence en librairie de leur production, est moindre — ont repris cette idée, qu’il s’agisse de La Fabrique, d’Agone et d’Amsterdam (pour certains de leurs titres), ou encore du label Zones de La Découverte.
Beaucoup de sciences humaines donc, une démarche plus timide en ce qui concerne le secteur de la littérature (à l’exception notable de certains textes de Publie.net, mis notamment en libre accès au moment du dernier Salon du Livre grâce à un partenariat avec Arte).
Les éditions Sillage, qui font un travail remarquable en littérature (notamment au niveau des textes du XIXe et début du XXe siècle), ont ouvert une page Internet à partir de laquelle il est possible de télécharger l’ensemble des livres de leur catalogue, au format PDF. Pour s’y rendre, il vous suffit de suivre le lien suivant :

http://editions.sillage.free.fr/livreelectronique.html

Une démarche heureuse pour tous les curieux, dans une optique de « don », comme toutes les précédentes, à ne surtout pas confondre avec certaines mises à disposition gratuites financées par la publicité, telles que Google Recherche de Livres. Dans le premier cas, il s’agit d’une politique délibérée d’abandon de la jouissance d’un bien, un effort, qui n’implique pas de retour (sauf la promotion du ou des catalogues). Dans le second cas, il s’agit d’une vraie logique économique à l’œuvre.

dimanche, mars 22 2009

« Portrait du pirate en conservateur de bibliothèque », version revue et augmentée

La série de trois billets intitulée « Portrait du pirate en conservateur de bibliothèque », de Joël Faucilhon, avait rencontré un succès étonnant et beaucoup de commentaires.

Il est désormais possible de lire une version actualisée et augmentée de ce texte sur Contre-feux, la revue littéraire de Lekti-ecriture.com.

Il vous suffit de suivre le lien suivant pour lire ce texte : http://www.lekti-ecriture.com/contrefeux/Portrait-du-pirate-en-conservateur.html.

mardi, septembre 2 2008

Le livre numérique en train de se faire : l'exemple des « Pragmatic Programmers »

Dans un billet publié très récemment sur le bloc-notes de Lekti-ecriture.com, Benoît Berthou plaidait, en fin d'article, pour que le livre, sous sa forme numérique, ne soit pas une simple reproduction d'un contenu papier, mais permette de se rendre plus loin, de prendre en compte les spécificités de l'Internet, pour une richesse accentuée.

Là-dessus, une expérience mérite d'être citée et même étudiée en détail, celle des ''Pragmatic Programmer''. Cette maison d'édition anglo-saxonne, qui édite des livres dans le domaine de l'informatique, ne se contente pas seulement de proposer des livres papier, ou leurs équivalents numériques (format PDF), mais propose à l'ensemble des développeurs qui souscripteurs de l'offre pour un livre de participer, réellement, à l'élaboration du livre. Chaque livre de cette maison d'édition est proposé tout d'abord en bêta, ce qui signifie que chacun de ceux qui souscrivent à l'achat du livre peuvent participer à l'élaboration du livre, notamment en signalant aux auteurs certains points qu'ils estiment obscurs, ou pas assez développés. Ainsi, chaque livre est construit non pas de manière collective (il ne faudrait pas confondre avec une approche de type " wiki ") par des auteurs bien identifiés, spécialistes dans leurs domaines informatiques, mais qui tiennent compte de l'avis de l'ensemble des lecteurs afin de produire des textes encore plus clairs, complets, et parfois aussi plus concis. À l'heure où j'écris ces lignes, près d'une douzaine de livres sont ainsi disponibles en bêta et les livres papier, au moment de leurs rééditions, passent également par un stade bêta. L'ensemble de ce processus est complété par de nombreuses ressources « compagnon » (vidéo, podcasts...) mis en ligne sur le site des Pragmatic Programmers.

Évidemment, cet exemple est particulier, propre dans cet exemple à l'univers du livre technique. Il n'empêche, il s'agit là d'une piste qui a tenu ses promesses, puisque le nombre de programmeurs de haut niveau attachés à cette maison d'édition est très élevé, et que la pérennité économique de cette approche est depuis de longues années éprouvé.

À titre personnel, ce que je retiens de ces initiatives, mais également d'autres (voir le dispositif Safari d'O'Reilly) demeure que ce genre d'initiatives trop mal connues, et qu'il ne s'agit sans doute pas d'un hasard si la majorité de ces projets nous parviennent du monde anglo-saxon. En effet, au cours des dernières années et tout particulièrement des derniers mois, l'articulation papier-numérique n'a cessée de faire l'objet d'études ou de colloques en France. Mais il nous manque certainement, en France, ce fameux esprit anglo-saxon qui porte vers l'expérimentation, avant l'analyse. Expérimenter, inventer, voir ce qui « prend », porter de vrais projets (tel que celui de Publie.net conçu par François Bon), avant de produire des actes de colloques, procéder de manière empirique et pragmatique, ce pragmatisme anglo-saxon qui nous manque tant parfois, voilà certainement la manière manière d'accueillir le numérique.

dimanche, août 31 2008

La numérisation des savoirs : une anti-communauté ?

Nos deux billets consacrés aux DOI ont donné lieu, sur Lekti et ailleurs, à nombre de commentaires intéressants, et notamment celui de Pierre Vautherin (répondant au sobriquet de freak et menant une recherche sur le marché des revues en ligne que nous serions enchantés de diffuser sur notre site) qui affirme que plus de 50.000 articles scientifiques publiés pour une large part sur Internet bénéficient du concours d’un DOI « qui permet de les identifier, et donc de les sauvegarder ! »

Ce chiffre (qui reste à vérifier) illustre un état de fait qu’il nous revient d’interroger : le livre n’est plus le vecteur privilégié de diffusion du savoir et est même largement déconsidéré au sein des procédures d’évaluation de la recherche (et donc de son financement) comme le souligne Françoise Benhamou sur son blog de Livres Hebdo. « Un Tristes Tropiques vaudrait moins qu'une publication dans la revue International Journal of Anthropology » : cette belle formule met en évidence un mode de production scientifique dans lequel la notion même d’ouvrage de référence, point focal autour duquel divergent et convergent l’attention des chercheurs, devient problématique et cède le pas devant des connaissances répondant à un ensemble de requêtes (puisqu’archivées dans des bibliothèques numériques ou sites de « littérature grise » permettant des recherches très précises).

Sur le plan scientifique ou politique, « le livre ne fait plus pleinement sens » ainsi que nous l’écrivons dans notre second billet et les DOI (et plus largement l’Internet) semblent marquer la fin d’un modèle philosophique (un ouvrage consignant l’ensemble des savoirs et luttant ainsi contre l’obscurantisme) et économique (des livres imprimés dans plusieurs pays, faisant l’objet d’un plan de communication et de commandes) hérité de l’Encyclopédie. Permettant un accès individualisé à l’information, ces nouvelles technologies inaugurent sans doute une édition scientifique dans laquelle la notion de communauté et la forme du « tour complet des connaissances » (encyclopaedia) auraient une importance réduite : la parcellisation du savoir esquissée en 1979 par Jean-François Lyotard dans La Condition postmoderne serait ainsi complète.

Fragilisant un livre pensé comme possible point de ralliement des connaissances et de ceux qui les produisent, les DOI ne se font également pas les alliés d’un savoir conçu comme partage communautaire d’analyses et d’idées : adaptant le cadre légal de la propriété intellectuelle à un environnement numérique, ils font en effet la promotion d’une recherche produisant ce que Jean-Max Noyer, Gabriel Gallezot Olivier Ertzscheid et Ghislaine Chartron nomment dans un article très inspiré des « objets éditoriaux finis » et non des travaux en devenir offerts au commentaire. Se situant aux antipodes d’archives ouvertes, qui entendent diffuser des productions scientifiques quels que soient leurs formats (comme HAL-SHS) ou les présenter avec des contributions de leurs différents lecteurs (comme ArXiv), l’usage de DOI tourne le dos à une redéfinition de l’édition scientifique comme possibilité « d’habiter les communautés d’œuvres, les agencements qui produisent et font circuler les documents, comme “incomplétude en procès de production” » pour reprendre les termes des chercheurs sus-cités.

Nonobstant les libertés qu’offre l’Internet de commenter et mettre en relation avec d’autres documents des réflexions offertes à la communauté scientifique, cette nouvelle forme de commercialisation tombe en fait sous le coup de la remarque qu’une universitaire assistant aux premières Assises de l’édition numérique adressa à plusieurs intervenants : « Chercheurs et étudiants sont en attente de possibilité d’accès et de relation à un savoir en train de se faire : ne transposez pas dans le nouveau monde numérique les structures du vieux monde de l’édition scientifique. »

jeudi, août 14 2008

« La dématérialisation du livre, c'est sa fragmentation »

Présentant son ''Rapport sur le livre numérique'' lors des Assises du livre numérique, Bruno Patino eut une phrase lourde de sens : « La dématérialisation du livre, c’est avant tout sa fragmentation ». L’analyste aux airs de jeune premier mit ainsi fort judicieusement le doigt sur l’un des effets les plus étranges de l’environnement numérique : la mise en cause des unités qui avaient jusqu’ici cours dans le monde du livre et le développement de services présentant de façon isolée ce qui est traditionnement regroupé. Ce raisonnement est vrai tant des contenants (et notamment des livres électroniques qui ne proposent qu’une offre éditoriale partielle en signant des contrats d’exclusivité avec organes de presse ou éditeurs) que des contenus (avec la mise en place de DOI à qui nous avons récemment consacré un billet).

Cet identifiant, se situant à une autre échelle que le livre tel que nous le connaissons, permet en effet de constituer des unités logiques regroupant plusieurs livres (série, collection…) ou, à l’inverse, d’isoler les parties constitutives d’un livre afin de les proposer à la vente. À l’aide de cet outil, les bases de données comme Electre ou les librairies en ligne comme Amazon pourront opérer dans un cadre qui ne sera plus normé par un ISBN, qui fait de la publication la seule unité viable, ce qui pose un problème tout juste esquissé par les rares personnes s’intéressant au sujet : brouillant les frontières existant entre livre et document, les DOI tendent à confondre plus qu’à distinguer ce qui relève du fait d’une publication (faire paraître un écrit possédant un sens et une unité) et de la constitution d’un système d’information (permettre l’accès à un ensemble de données quel que soit leur mode d’organisation et de diffusion).

Au regard de cet identifiant, le livre ne fait plus pleinement sens : la reliure, et plus largement tout ce qui vient conférer une unité à la « liasse » de papier, n’est plus que l’un des modes de présentation d’écrits se prêtant à d’autres configurations en fonction des attentes de ceux qui se les approprient. L’usage pourrait à l’avenir définir la forme que prend la publication : celle-ci pourrait être organisée de manière linéaire afin de répondre à une volonté « d’immersion » propre à la fiction, de manière fragmentaire afin de s’inscrire dans une lecture proche du « picorage » ou de la consultation, de manière transversale afin de constituer un itinéraire au sein d’un ensemble d’écrits d’ores et déjà constitué… La lecture prendrait alors presque le dessus sur l’imprimé en décidant non seulement de la valeur qu’il s’agit de lui prêter mais également de la forme qu’adopterait l’objet auquel elle entend se consacrer.

Dans le cadre de ce livre « fragmenté », l’auteur et l’éditeur deviendraient des pourvoyeurs de données susceptibles d’être assemblés selon des modes qu’ils se devraient de tenter d’imaginer. Faut-il dès lors craindre la généralisation du « digest », de la publication d’œuvres ramenées à un ensemble de morceaux de bravoure, et rester méfiant envers une technologie qui institutionnalise les pratiques de zapping et de « collage » qui sont, selon Jean Caune, au fondement d’une démocratisation culturelle et d’une diffusion moins encadrée des œuvres de l’esprit ? Faut-il à l’inverse considérer ces craintes comme des cris d’orfraies faisant fi des libertés du lecteur (au premier rang desquelles figurent, selon Daniel Pennac, les droits de « sauter des pages » et de « grappiller ») et négligeant les complexités de pratiques de lecture que Michel de Certeau compare à un « braconnage » inventant continuellement les usages d’un livre restant à « habiter » ?

Quelle que soit la position de chacun, force est de constater que l’usage du DOI pose problème et que cet identifiant qui prendra prochainement place à côté de l’ISBN esquisse pour le livre de nouvelles fonctions et pour ceux qui le produisent et le commercialisent de nouvelles missions. Le « bloc-note » et la librairie Lekti entendent les cerner au mieux.

mardi, août 12 2008

Les DOI : vers un au-delà du livre ?

Lors des Assises du livre numérique qui se sont tenues à Paris le 8 juillet dernier sous l’autorité de Christine de Mazières (directrice générale du Syndicat National de l’Édition), Alain Gründ (ancien président des éditions du même nom et actuel directeur général d’Electre) a esquissé le schéma de la réorganisation de la base de donnée de référence de l’édition française.

À l’heure actuelle entièrement organisée autour de la publication et de ses identifiants historiques (auteur, titre, éditeur, ISBN…), celle-ci va évoluer afin de référencer ensembles d’œuvres (multiples publications formant une unité) et parties d’œuvres (chapitres ou les articles dans le cas d’un ouvrage collectif…). Même s’il demeurerait le mètre-étalon du « trésor de guerre » que constituent les 1120000 notices d’ouvrages de la société du Cercle de la Librairie, le livre ne serait plus l’unique échelle de ses activités et prendrait place au sein d’un système d’informations se situant au-delà et en deçà de la publication. La recherche pourrait ainsi s’opérer à partir d’un identifiant ne correspondant précisément à aucun imprimé (l’intitulé d’une « série » de bande dessinée ou d’une « suite » d’ouvrages thématiques) et la commande pourrait porter de façon très précise sur l’un des constituants de ces mêmes ouvrages.

Le bras armé de ce nouveau mode de référencement est un « Digital Object Identifier » composé d’un préfixe (10.XXX) identifiant l’autorité de nommage ainsi que l’éditeur puis d’un suffixe (précédé un slash : « 10.1000/123456 ») identifiant l’objet. L’ensemble du numéro est placé sous la tutelle de l’International DOI Foundation, société à but non lucratif répondant à une règle d’or : « Un DOI peut être attribué à tout objet lorsque se fait sentir le besoin de le présenter comme une entité à part entière. »

On le voit, ce code d’un nouveau type n’a donc rien d’anodin : il entend constituer une forme d’unité ne se fondant pas sur un support (comme le papier cher au livre, le carbone propre au CD ou le silicium de nos disques durs puisque le DOI peut être utilisé pour des objets aussi bien « réels » que « virtuels »), sur un type d’informations (textes, images, sons, logiciels, séquences peuvent être référencés) ou sur un objet (un livre possédant un DOI peut être constitué de parties possédant des DOI et comportant elles-mêmes des sous-parties possédant des DOI et ainsi de suite…).

Le produit culturel n’est ainsi plus caractérisé par son vecteur de circulation (comme c’est le cas pour un ISBN propre au livre et changeant donc à chaque nouvelle édition d’une même œuvre) ou de la spécificité de ses informations (comme pour l’ISSN des journaux et revues qui ne tient absolument pas compte du support de la publication) : seul l’intérêt que présente la consultation ou l’échange d’ « entités » décide de la demande et de l’attribution d’un DOI permettant d’intégrer pleinement celle-ci dans le monde numérique (car constituant un numéro susceptible d’être utilisé comme adresse Internet donnant accès à services ou présentations).

L’intérêt des DOI semble ainsi évident : s’inscrivant dans le temps (puisque constituant des identifiants permanents, contrairement aux URL) et concernant toutes sortes d’objets, ils permettent une meilleure articulation entre circuits de l’édition numérique et « papier » et inaugurent un mode de commercialisation qui semble pouvoir constituer une planche de salut pour une édition scientifique à l’agonie ou pour des revues qui voient dans la vente d’articles à l’unité (comme le pratique le portail CAIRN) un salutaire moyen de diffusion.

Telle est l’une des questions à laquelle tente de répondre l’enquête sur les modes diffusion des revues qu’a lancée en mai dernier Lekti et ce « bloc-note » se fera prochainement l’écho de réflexions concernant cette technologie qui, on le pressent d’emblée, nous invite à nous interroger sur le devenir du livre à l'ère numérique.

mardi, juin 3 2008

Lekti-ecriture.com rejoint l'AFUL

Lekti-ecriture.com est devenu hier officiellement membre de l'AFUL ([Association Francophone des Utilisateurs de Linux et des logiciels libres).

Avec une envie, celle de promouvoir l'utilisation de standards et et l'interopérabilité au niveau du monde du livre, qui connaît souvent (trop) mal l'ambition et la philosophie du logiciel libre.

Au moment où les bibliothèques, patrimoniales ou locales, sont approchées par de nombreux groupes qui souhaitent leur vendre leur solution de numérisation de livres, à l'instant où de nombreux éditeurs et/ou libraires choisissent, par méconnaissance, des solutions « fermées » de diffusion de livres numériques, verrouillées par des DRM, aussi inefficaces du point de vue de la protection des œuvres, que dangereuses dans leurs conceptions (une œuvre, dans un système fermé tel que celui proposé par la plupart des plate-formes de téléchargement de livres, qu'elles s'appellent ebookstore de Sony, Numilog ou Amazon Kindle, devient un objet qu'il faut protéger contre sa diffusion), il paraissait nécessaire de s'associer aux groupes de travail de l'AFUL, et de dessiner des ponts entre l'univers du livre et celui du logiciel libre, deux écosystèmes qui se connaissent décidément trop mal, et qui auraient intérêt à travailler ensemble, afin de dessiner les esquisses de nouveaux moyens de diffusion pour les œuvres de l'esprit.

Pour en savoir plus, quelques liens :

Le site officiel de l'AFUL.

Le site ressource Eucd.info, édité par l'APRIL, autre association francophone de promotion du logiciel libre.

DefectiveByDesign, le site (en anglais), de la campagne de la Free Software Foundation contre les DRM.

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