Le Bloc-notes de Lekti-ecriture.com

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jeudi, juin 4 2009

Les Espaces de l'édition indépendante, évolution majeure

Les lecteurs réguliers le savent bien : # Les Espaces de l’édition indépendante, fondées fin 2003 (ou était-ce en 2004, je ne sais plus ?) continuent d’évoluer régulièrement : de nouveaux éditeurs nous rejoignent (ils sont plus d’une soixantaine maintenant), et les fonctionnalités proposées (telles que le feuilletage des livre en ligne, des extraits audio, etc), viennent enrichir progressivement l’expérience des particuliers et des professionnels, qu’ils soient bibliothécaires ou libraires, afin de leur proposer de découvrir de nouveaux livres, et une production éditoriale inédite.
J’ai pu dire, ici ou là, qu’il faudrait bientôt s’arrêter, cesser de faire grandir ces espaces, afin de demeurer dans des échelles raisonnables, et je n’ai pas toujours tenu parole. Je pensais que Les Espaces de l’édition indépendante accueilleraient au maximum une quarantaine d’éditeurs, et nous en sommes plus de soixante..
Depuis de nombreuses années, chaque jour, de nombreux éditeurs souhaitent rejoindre ces espaces, et la réponse est négative la plupart du temps. J’en suis désolé lorsqu’il s’agit de maisons d’édition qui ont un vrai projet éditorial, pérenne, ce qui est loin d’être toujours le cas, puisque le mot de « petite édition » ou d’ « édition indépendante » ne rime pas forcément avec qualité. Il faut tout de même avoir la lucidité de le reconnaître.

En attendant, Les Espaces de l’édition indépendante viennent de connaître une mise à jour majeure, en ce qui concerne l’apparence, avec une dominante verte qui donne désormais sa marque à cet espace. Certains apprécieront, d’autres moins, j’en suis certain, le plus important pour moi est que « cela fonctionne ».

L’occasion également de rendre hommage au travail de la librairie Clair-Obscur, située à Albi (Tarn, France), qui nous a suivi en 2005 dans cette aventure, puisque l’ensemble des livres commandés sur cet espace sont expédiés par une véritable librairie physique. La complicité avec cette librairie s’est encore accentuée au cours des années, ce qui est heureux… Et l’expérience accumulée nous a permis d’avancer plus rapidement sur le projet d’une librairie générale en ligne qui rassemble un ensemble de librairies physiques, une réalité sur Lekti-ecriture.com depuis moins d’un an (voir ici si vous ne connaissez pas encore…), et un nombre de librairies associées qui devrait s’accroître considérablement au cours des prochains mois, puisque nous sommes désormais sûrs de notre architecture.

Mais nous n’en avons pas encore terminé, et nous vous réservons encore de belles et grandes surprises au cours des prochaines semaines. Puisque Lekti-ecriture.com est vécu comme un projet, avec encore beaucoup de rêves plein la tête. Et une ambition unique depuis 2003, qui guide chaque jour nos actions : utiliser Lekti-ecriture.com comme d’un socle qui vous permette de partir à la découverte de la littérature, et plus généralement de l’ensemble de l’univers de la connaissance (et non celui de l’information, qui n’est pas le nôtre !).

mercredi, juin 3 2009

Max Aub, « Le labyrinthe magique » enfin disponible en français

Le labyrinthe magique de Max Aub représente une série de romans historiques publiés par Max Aub, grand auteur espagnol réfugié au Mexique après la guerre civile espagnole, écrits durant les trente années qui suivirent.
Malheureusement, cette vaste fresque sur la guerre civile espagnole n’était pas encore accessible aux lecteurs francophones.

Les éditions Les Fondeurs de briques, qui avaient déjà publié en 2007 un premier recueil de nouvelles de Max Aub, viennent de publier les deux premiers tomes qui composent Le labyrinthe magique de Max Aub, une édition qui intervient au moment où l’on fête les 70 ans de la Retirada (exode et exil des Républicains d’Espagne en janvier et février 1939).

Le cycle romanesque « Le Labyrinthe magique » est une fresque sur la tragédie de la guerre civile espagnole. Les références au labyrinthe, image symbolique de l’enfermement infernal dans lequel se déroule le conflit, parcourront le cycle tout entier.

Dans cette épopée tragique, les débats idéologiques ont une importance de premier ordre et, comme dans une oeuvre théâtrale, le narrateur s’efface pour laisser la parole aux personnages.

Le « Labyrinthe » peut être considéré comme une suite de romans historiques, de la même façon que « Guerre et paix » de Tolstoï. Dans ce mélange entre personnages de fiction et personnages réels, Max Aub ne fait que suivre une pratique initiée au XIXe siècle, et perpétuée par Jules Romains dans « Les hommes de bonne volonté ». Il s’agit de mettre au premier plan les personnages imaginaires et reléguer à l’arrière-plan, avec des apparitions sporadiques et brèves, les personnages historiques, en fonction de leur importance. L’oeuvre d’André Malraux se situe dans cette lignée (La condition humaine et L’Espoir sont des exemples où la fiction se met au service de la réalité).

Les lecteurs peuvent découvrir et acheter ces deux premiers volumes du Labyrinthe magique sur l’espace éditeur des éditions Les Fondeurs de Briques, un éditeur dont l’ensemble du catalogue reste à découvrir, et qui travaille tout particulièrement les lettres hispaniques.

Cliquez ici pour en savoir plus.

En souhaitant de bonnes découvertes à toutes et tous…

jeudi, mai 28 2009

Le joli mois de mai des éditions Anacharsis

Les éditions Anacharsis publient ce mois-ci deux livres importants :

The middle Ground, Richard White Richard White
Le Middle Ground,
Indiens, empires et républiques dans la région des Grands Lacs, 1650-1815
Sur la librairie Lekti depuis le 22 mai

Immense fresque narrative, ce chef-d’oeuvre de la littérature historique raconte comment, près de deux siècles durant, les Blancs et les Indiens de la région des Grands Lacs ont tâché de construire ensemble, malgré des logiques conflictuelles et divergentes, un monde mutuellement compréhensible. Mais il est aussi une chronique de la disparition de ce monde commun, du rejet des significations partagées et de la réinvention des Indiens comme Autres et exotiques.

Finaliste du Prix Pulitzer 1992, le Middle Ground renverse les perspectives de l’histoire coloniale et reconsidère l’histoire fondatrice des États-Unis.

Traduit de l’anglais par Frédéric Cotton Avant-propos de Catherine Desbarats

POUR EN SAVOIR PLUS

Fontan Crusoé, Jules Vallès

Jules Vallès
Fontan Crusoé
Aventures d’un déclassé racontées par lui-même
Sur la librairie Lekti depuis le 22 mai

Hymne à la dignité humaine.
Dénonciation cinglante de la criminalisation de la misère.
Plus que jamais, Jules Vallès porte ici l’ironie aux dents comme un sabre.

POUR EN SAVOIR PLUS

Et pour découvrir l’ensemble du catalogue des éditions Anacharsis, ça se passe ici : http://www.lekti-ecriture.com/editeurs/-Anacharsis,2-.html

mercredi, mai 27 2009

« Novembre 1918, Une révolution allemande », d'Alfred Döblin, enfin disponible en France

Novembre 1918, une révolution allemande. Alfred Döblin.En mois d’un an, les éditions Agone ont publié les quatre volumes qui composent la tétralogie « Novembre 1918, Une révolution allemande », d’Alfred Döblin, écrivain allemand surtout connu pour son livre Berlin Alexanderplatz.

Médecin de formation, forcé de fuir l’Allemagne nazie en 1933, Alfred Döblin a composé cette tétralogie durant les années 1940.
Une vaste fresque sur l’Allemagne de 1918, sortie exsangue de la première guerre mondiale, qui écrase la révolution Spartakiste l’année suivante (1919), un geste qui prélude selon Döblin à l’arrivée au pouvoir d’Hitler.
Une œuvre considérable, traduite par Yasmin Hoffmann et Maryvonne Litaize, présentée par Michel Vanoosthuyse, à découvrir avec les autres textes d’Alfred Döblin sur la librairie Lekti-ecriture.com :

Cliquez ici pour rejoindre la librairie Lekti-ecriture.com.

mardi, mai 26 2009

Le Cantique des Cantiques de Casantchis, de Tedbabe Tilahoun

En mars dernier, les éditions L’Archange Minotaure publiaient le livre Le cantique des cantiques de Casantchis, traduit de l’amharique (éthiopien) par Brook Beyene Tesfatsion et Jean-Pierre Thorens.

« Livre scandaleux et bouleversant », Le cantique des cantiques de Casantchis, de l’écrivain éthiopien Tedbabe Tilahoun, est d’abord un document de première main qui rend compte de la vie nocturne d’un quartier populaire d’Addis-Abeba, Casantchis, de ses boîtes de nuit et de ses hôtels de passe. Pour tout lecteur, éthiopien ou français, cet ouvrage a donc comme mérite de dévoiler ce dont on ne parle pas. Un sociologue pourra y trouver matière à étude sur la vie urbaine et de ce qui subsiste en elle de la culture rurale, sur les mécanismes de l’exclusion sociale ou sur la propagation du sida.

À l’aide du lecteur ci-dessous, vous pouvez écouter une lecture, en amharique, du début du roman, par l’éditrice éthiopienne du livre, Sinedu Abede.

Ce livre est précieux, et nous invitons les lecteurs à découvrir différents extraits audio et vidéo de l’auteur sur la page qui présente ce livre, au sein des Espaces de l’édition indépendante de Lekti-ecriture.com. Il vous suffit de suivre le lien suivant :

http://www.lekti-ecriture.com/editeurs/Le-cantique-des-cantiques-de.html

Par ailleurs, les éditions l’Archange Minotaure ont axé une partie de leur catalogue sur l’Éthiopie, que cela soit au niveau de la littérature, des livres d’art et de photographies. Pour découvrir l’ensemble des livres du domaine éthiopien, aux éditions l’Archange Minotaure, il vous suffit de suivre le lien suivant :

http://www.lekti-ecriture.com/editeurs/-Aux-Abyssinies-.html

Évidemment, comme d’habitude, ce livre peut être commandé facilement sur l’espace éditeur de l’Archange Minotaure, ou sur la librairie Lekti-ecriture.com.

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mercredi, mai 20 2009

Menaces sur le livre gay et lesbien

À l’heure où les mauvaises nouvelles s’accumulent, on aurait pu espérer que le drapeau arc-en-ciel (symbole du mouvement Gay et Lesbien) nous donne du baume au cœur. Ce fut le cas lors de la dernière décennie, avec une floraison de maisons d’éditions menant des projets tous plus originaux les uns que les autres : alors que Textes Gais réinventait le roman porno tout en publiant le très inspiré Hardcorps de Jimmy Sabater, les Éditions Gays et Lesbiennes (fondée par Anne et Marine Rambach, auteurs du très pertinent Les Intellos précaires) proposaient une collection de romans sentimentaux intitulée Le bonheur est à tout le monde afin de dôter l’homosexualité de sa littérature sentimentale, et les éditions H&O lançaient une série de Comics résolument homo tout en publiant une monumentale Histoire des sodomites.

Las ! Cette édition faisant preuve d’une indéniable imagination rencontre aujourd’hui bien des problèmes. La Cerisaie ou Cylibris durent ainsi mettre la clef sous la porte alors que les Éditions Gay et Lesbiennes furent rachetées par les éditions Gisserot. Les derniers indépendants du secteur sont contraints de réduire grandement leurs rythmes de production, les éditions Bonobo ne publiant plus ou presque, alors que H&O et Textes Gais se stabilisent autour de respectivement 12 et 6 titres par an mais voient leurs tirages baisser dangereusement et leurs ventes se concentrer autour de certains titres (la série des Dolko pour H&O, les ouvrages d’Alexandre Delmar pour Textes Gais) au risque de devenir des maisons mono-produit.

Cette triste situation relève de causes qui sont sans doute à chercher du côté d’une librairie que l’on pourrait dire à l’agonie dans le monde francophone puisque Serge et Réal (située à Montréal), Page 69 (Bruxelles) et Au Mots doux (Genève) ont dû cesser leurs activités. En France, seuls Les Mots à la bouche, Violette and co et Etats d’esprit (Lyon) semblant pour l’instant avoir les moyens de continuer à afficher une identité gay et lesbienne sur le territoire français, et ce malgré la contraction de leur chiffre d’affaire (les ventes de Textes Gais aux Mots à la bouche étant par exemple passées de 1500 à 800 euros par mois en l’espace d’une année). Et il n’y a apparemment pas de salut à chercher du côté d’autres canaux de distribution car (à part une FNAC référençant impeccablement sur son site Internet tous les livres estampillés gay et tenant toujours, dans le magasin des Ternes, un rayon gay) des sociétés comme A la page ou adventice.com fonctionnent sans aucun stock et opposent donc aux éditeurs des refus de commander en dessous d’un certain montant d’achat de la part de leurs clients.

Ces faits nous invitent à poser une question : pourquoi l’édition gay et lesbienne enregistre-t-elle une telle baisse d’activité (de près de 50% pour Textes Gais) et rencontre-t-elle d’extrêmes difficultés quant à ses structures de commercialisation ? Invoquer la « Crise » ne semble pas constituer une réponse suffisante puisque ce secteur est en proie à des difficultés sans commune mesure avec celles que rencontre le reste de la profession (le baromètre de Livres Hebdo étant pour l’instant en hausse de 1% en terme de ventes de livres sur l’année 2009). Affirmant que « le gay ne paye plus », Pedro Torres (fondateur de Textes Gais) pose directement la question d’une indépendance tout autant financière qu’intellectuelle : est-il possible aujourd’hui d’être une petite maison d’édition et de ne pas opérer au sein de ce que Monique Wittig nomme une Pensée straight ?

Reposant (en littérature comme ailleurs) sur une volonté de ne pas bouleverser le mode d’organisation des relations entre hommes et femmes, celle-ci récuse l’affichage de tout genre sexuel et refuse plus largement de considérer l’identité sociale comme un lieu de création. En paraphrasant l’une des plus célèbres phrases de La Pensée straight, on pourrait affirmer que, sur le plan social, « on ne naît pas gay, lesbienne (ou autre), on le devient » en inventant les signes de sa singularité et en les explicitant afin de faire en sorte que les acceptent ceux qui se disent peut-être un peu vite tolérants. En s’emparant de genres éditoriaux extrêmement codifiés (proches des Harlequin ou du Manga dans les exemples que nous citons ci-dessus) et en réinventant une sexualité n’ayant plus rien de « normé » ou de « propret » (comme dans le Fucking Berlin récemment publié par Textes Gais), l’édition gay et lesbienne a ainsi démontré qu’elle avait quelque chose à dire à l’ensemble de notre société : en a-t-elle encore aujourd’hui la possibilité ?

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