Le Bloc-notes de Lekti-ecriture.com

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dimanche, mai 11 2008

La gratuite des frais de port : une prime ?

La bataille juridique autour de la gratuité des frais de port concernant la vente de livres sur Internet connaît un nouveau rebondissement avec le jugement rendu le 6 mai dernier par la Cour de cassation. Après Amazon (dont la peine avait été levée le 7 mars dernier par la Cour d’appel de Versailles), c’est ainsi Alapage qui s’active pour combattre une décision de justice favorable au Syndicat de la Librairie Française.

La clé de voûte de ce nouveau jugement semble résider dans la notion de « prime ». Celles-ci sont en effet interdites par une loi Lang jugeant que toute pratique de vente assortie d’un cadeau pourrait, si elle était généralisée, favoriser les plus gros acteurs du secteur. La Cour d’appel de Paris avait repris cette position en jugeant que la livraison gratuite était susceptible d’inciter à l’achat et s’apparentait ainsi à une prime. C’est ce que récuse une cour de cassation pour qui une prime serait constituée d’un produit ou d’un service possédant en soi une valeur marchande et qui est donc susceptible d’être acquis indépendamment de l’objet avec lequel elle est proposée. Telle ne serait pas le cas dans une librairie en ligne pour laquelle le livre constituerait la seule valeur marchande.

On le voit, le débat pose le problème des limites de ce qui est marchandise : s’agit-il uniquement du produit éditorial ou des services qui lui sont afférents ? Et ceux-ci possèdent-ils ainsi une valeur susceptible d’inciter à l’achat ? À cette dernière question, Thierry Wolton (auteur d’une violente attaque contre le SLF et pour la librairie en ligne), répondrait certainement par « oui » puisqu’il écrit : « Peu importe, l'essentiel pour moi, comme pour tous les amateurs de livres sans doute, est de pouvoir trouver quand je veux, où je veux, les ouvrages qui m'intéressent. Cette liberté-là n'a pas de prix ».

C’est bien le service (« pouvoir trouver quand je veux, où je veux ») tout autant que le livre qui possèdent ici une valeur, et nous nous situons aux antipodes d’une Cour de cassation jugeant qu’il s’agit du seul livre. Dans le même esprit, il est intéressant de visiter les pages d’accueil des sites engagés dans cette bataille juridique : si Alapage accueille le visiteur avec une voyante banderole sur laquelle figurent un poing dressé et l’inscription « frais de port en révolte », Amazon va encore plus loin en plaçant sur toute la largeur de l’écran un message plus explicite (« Livraison gratuite pour des millions d’articles »).

Existe-t-il le moindre doute quant à la fonction de ces voyants messages et peut-on réellement nier qu’ils incitent à l’achat ? La chose ne semble guère possible : ces pratiques entrent ainsi selon nous clairement dans le cadre de la « prime » et poursuivent des objectifs que rappelle judicieusement le communiqué du SLF publié ici.

mercredi, mai 7 2008

Nouvelle décision de justice concernant les frais de port sur Internet

Nous reproduisons ci-dessous le communiqué du Syndicat de la Librairie Française (SLF), qui fait suite au jugement rendu hier par la Cour de cassation, et qui concerne les frais de port sur Internet.



Gratuité des frais de port, vers un monopole de la vente de livres sur Internet ?

La Cour de cassation, saisie par la société France Télécom e-commerce, a rendu le 6 mai 2008 son arrêt relatif à la décision de la Cour d’appel de Paris du 23 mai 2007.

La Cour de cassation confirme qu’en faisant bénéficier ses acheteurs d’un bon d’achat pour tout achat de livres d’un montant égal ou supérieur à la valeur de ce bon, la société France Télécom e-commerce a enfreint la loi du 10 août 1981 relative au prix du livre. La reconnaissance définitive du caractère illicite de cette pratique consistant à offrir des rabais sur le prix des livres sous la forme de bons d’achat est d’une grande importance. Elle renforce l’application de la loi de 1981 et consacre la position défendue depuis de nombreuses années par le Syndicat de la librairie française.

En revanche, concernant la gratuité des frais de port pour la vente de livres sur Internet, la Cour de cassation a estimé qu’il ne s’agissait pas d’une prime interdite par la loi de 1981, position affirmée successivement par trois juridictions. Cela ne signifie nullement que la gratuité des frais de port sur Internet soit devenue définitivement une pratique légale. En effet, il revient maintenant à la Cour d’appel de Paris désignée comme Cour de renvoi de statuer de nouveau sur cette question.

Par ailleurs, dans l’affaire opposant, sur le même sujet, le Syndicat de la librairie française à la société Amazon, la Cour d’appel de Versailles devra à son tour rendre sa décision à l’automne, après un jugement en première instance favorable au SLF.

Le SLF entend donc plus que jamais poursuivre son action en justice pour faire reconnaître ces infractions à la loi de 1981 et les positions anti-concurrentielles qu’elles engendrent.

Il est à cet égard nécessaire de rappeler les objectifs de l’action engagée par le SLF. Il ne s’agit pas d’opposer la vente de livres en librairie à la vente de livres sur Internet. Bien au contraire, les libraires sont déjà présents sur Internet et souhaitent l’être davantage. Encore faut-il que le marché de la vente de livres sur Internet soit un marché ouvert. Or, la stratégie de quelques acteurs puissants vise, au contraire, à évincer leurs concurrents afin d’imposer une position de monopole. Contrairement aux libraires indépendants, ces acteurs ont en effet les moyens de perdre aujourd’hui beaucoup d’argent pour rester les seuls, demain, à en gagner. Faut-il rappeler qu’offrir les frais de port sur Internet signifie vendre à perte ? Pourquoi certains acteurs puissants choisissent-ils de perdre durablement de l’argent sinon pour empêcher l’émergence d’une véritable concurrence ?

La loi du 10 août 1981 relative au prix du livre, qui a posé le principe d’un prix unique du livre quel que soit le lieu de vente, a permis que se développe en France une réelle diversité des circuits de diffusion du livre. Notre pays dispose en effet de l’un des réseaux de librairies indépendantes les plus développés au monde. Mais le lecteur a également la liberté d’acheter ses livres dans les grandes surfaces culturelles, dans la grande distribution, par correspondance… C’est cette diversité, ce choix, cette liberté que le SLF défend, pour les libraires qu’il représente mais également pour l’ensemble des autres circuits de vente et, au-delà, dans l’intérêt du consommateur, de l’internaute, sans oublier les éditeurs et les auteurs. Chacun de ces acteurs a tout à gagner à la diversité, à la libre concurrence et tout à perdre à laisser le marché entre les mains d’une poignée d’acteurs qui, demain, s’entendront pour leur dicter leur loi.

Agissons ensemble, avec les pouvoirs publics, les éditeurs et les auteurs, pour garantir sur Internet des conditions d’accès au livre aussi libres et ouvertes qu’elles le sont dans l’univers « physique » grâce au prix unique du livre.

samedi, mai 3 2008

Retard

L'ouverture de la librairie générale Lekti-ecriture.com était prévue au cours du mois d'avril 2008. Nous sommes au début du mois de juin, et trois semaines de retard dans les dates initialement prévues doivent être prévues.

Nulle inquiétude en cela. Simplement, le mois d'avril a été une période dense, au niveau de Lekti-ecriture.com, et certains dossiers interprofessionnels (notamment celui des frais postaux pour les libraires et les éditeurs), nous ont éloigné quelques temps du projet de mise en place de la librairie Lekti-ecriture.com.

Par ailleurs, nous avons voulu, au moment de lancer la librairie générale, libérer le logiciel libre que nous avons conçu en partenariat avec la société No Parking (Lille, France), à partir du logiciel libre Drupal, et le mettre à la disposition des groupements d'éditeurs, librairies, auteurs et bibliothécaires, afin de leur permettre de construire leur projet. Nous sommes donc en train de préparer cette libération, et l'ensemble des modules Dupal développés au cours des derniers mois seront disponibles, en libre accès, sur drupal.org, d'ici quelques semaines.

Nous espérons être en mesure de construire une communauté autour de ce logiciel libre, afin de développer certaines fonctionnalités, de promouvoir l'utilisation de Drupal en tant que logiciel libre prompt, nous l'avons voulu ainsi, à répondre aux attentes des auteurs, éditeurs, libraires et communautés de lecteurs. Un logiciel libre également apte à vendre des textes dématérialisés, quelques soient leurs formats. Un logiciel libre pour que pour que les gens du livre puissent avoir des outils techniques puissants qui leur permettent de s'organiser de manière efficace. Le logiciel libre Drupal, malheureusement moins connu en France que dans les pays anglo-saxons, bénéficie d'une communauté de développeurs particulièrement impressionnante, rigoureux dans leur travail, et d'une architecture très souple, particulièrement modulaire, apte à répondre à des besoins assez différents, qui pourraient être ceux de groupements de librairies, d'éditeurs, d'auteurs et de libraires.

Lekti-ecriture.com a rejoint l'AFUL (Association Francophone des Utilisateurs de Linux et des Logiciels Libres) cette semaine. Avec l'envie de promouvoir le logiciel libre au sein du monde du livre, notamment au moment où les bibliothèques publiques décident de numériser en masse leur fonds, en privilégiant les formats propriétaires et les DRM, ces fameux verrous numériques, ce qui ne cesse d'inquiéter tous ceux qui se préoccupent de maintenir certaines libertés fondamentales, notamment celle d'un accès au savoir.

mardi, avril 29 2008

Les éditions Jean-Michel Place disparaissent

Seul un article du Monde, quelques 318 mots alignés dans un coin de l'édition de vendredi dernier, ont permis au grand public de savoir.

Les éditions Jean-Michel Place, qui nous ont livré pendant trente ans de très beaux livres en poésie et en architecture, nous ont notamment permis de redécouvrir l'univers des surréalistes à travers revues et fac-similés, sont en liquidation judiciaire. Autrement dit, plus aucun recours n'existe, cette maison d'édition, après plus de trente ans d'un travail, disparaît de manière définitive du paysage.

Sans mobilisation, sans plaintes.

Nous savions que les éditions Jean-Michel Place étaient en sursis. Un premier dépôt de bilan, en 2003, avait été une alerte sérieuse, et les derniers mois passés furent apparemment très difficiles.

Les éditions Jean-Michel Place, leur catalogue désormais perdu, les exemplaires dispersés au cours des prochaines semaines à " prix de gros " auprès de soldeurs, ou d'éditeurs " malins ", mais pas forcément exemplaires (voir le cas de Farrago, à ce propos).

Reste un goût amer.

vendredi, avril 25 2008

Deux études pour les professionnels, l'une pour les revues, la seconde pour le sac postal de librairie

Si vous représentez une revue, nous vous invitons à suivre le lien ci-dessous, afin de répondre à un questionnaire mis en place à la demande du Ministre de la Culture, afin de mieux connnaître l'impact de l'augmentation des tarifs postaux sur la situation économique des revues. Il vous suffit de cliquer sur le lien ci-dessous pour remplir le questionnaire interactif.

http://www.lekti-ecriture.com/etudes/index.php?sid=54648&lang=fr

D'autre part, si vous êtes éditeur, revuiste ou libraire, La Poste s'est engagée à remettre en place l'offre "sac postal de librairie", particulièrement économique. Mais certains professionnels rencontrent des difficultés pour envoyer leurs livres avec cette offre, au sein de certains bureaux de Poste. Si c'est le cas, nous vous invitons à suivre le lien ci-dessous, et à répondre aux différentes questions qui vous seront posées au sein de ce second questionnaire.

http://www.lekti-ecriture.com/etudes/index.php?sid=92916

Nous vous remercions par avance de répondre à ces deux questionnaires, s'ils vous concercent. Ils nous permettront de faire valoir la situation difficile des éditeurs, revuistes et libraires, en ce qui concerne les tarifs postaux, auprès de La Poste.

Nous vous remercions également, par avance, de faire circuler l'information autour de vous, en tant que professionnel du livre, afin que le nombre de participants à cette enquête soit le plus important possible.

La coordination des indépendants du Livre

mercredi, avril 23 2008

Un nouveau blog sur Lekti : Radiozonzon

Nous signalions il y a une semaine l’existence de Radiozonzon, un « blog satirique de l’édition » entendant traiter du livre et de ses métiers de façon ironique. Une intéressante discussion avec l’auteur de ces articles s’engagea à la suite de billet et nous lui avons ainsi proposé de rejoindre Lekti.

L’humour constitue en effet une forme d’indépendance, surtout lorsqu’il entend pratiquer le décalage et porter sur le livre un regard neuf, et il nous a semblé que ces propos avaient ainsi vocation à rejoindre notre projet. L’auteur a accepté en posant deux conditions : garder l’anonymat (nous ne connaissons donc toujours pas son identité et il préfère répondre au nom de « zonzon ») et disposer d’une entière liberté de publication.

Celle-ci lui est garantie et il en use d’ores et déjà en publiant un billet (romancé, précisons-le) expliquant les raisons de sa venue sur Lekti.

lundi, avril 7 2008

La collection Penser/Croiser aux éditions Les Prairies ordinaires

Logo Les Prairies Ordinaires

Les Prairies ordinaires, éditeur associé aux Espaces de l'édition indépendante de Lekti-ecriture.com, viennent de connaître une année particulièrement féconde, avec notamment la parution des premiers livres issus de la collection Penser/Croiser.

Nous laissons Les Prairies Ordinaires présenter cette collection :

Les Prairies ordinaires enrichissent leur catalogue d'une nouvelle collection de traductions, dirigée par François Cusset et Rémy Toulouse, intitulée Penser/Croiser : des livres de 96 à 160 pages, accueillant le meilleur de la pensée mondiale (anglo-saxonne, indienne, hispanophone, japonaise...), classiques contemporains inédits en français ou interventions novatrices de jeunes auteurs, portés par une même exigence théorique et critique - celle de rendre compte du présent dans l'unité de la pratique et de la pensée.

POUR UN RENOUVEAU DE LA THÉORIE CRITIQUE Alors que la pensée critique redevient peu à peu audible et que sa diversité nouvelle lui permet d'échapper aux dogmatismes d'avant-hier, la collection Penser/Croiser se donne à son tour comme objectif de s'engager, radicalement, dans l'analyse du présent. Plus spécifiquement, son ambition est d'explorer cette zone d'intersection entre le travail théorique des sciences humaines (au sens large) et le combat politique ou culturel, dans l'université ou du côté des mondes artistique, contre-culturel… Chaque texte de cette collection sera «posté» en quelque sorte à la rencontre de ces deux espaces, là où les textes théoriques peuvent susciter des effets, nommer des expériences, faire l'objet d'usages effectifs, de la contestation à l'expertise critique ou à des explorations plus subjectives. Car cette zone-tampon est aussi celle qui connecte (et sépare) aujourd'hui subjectivité et communauté, luttes politiques et créations imaginaires, et qui inspire à beaucoup d'intellectuels étrangers des textes-hybrides défiant les genres convenus. Il ne s'agit pas pour autant d'un corpus de textes «militants» ; il s'agit avant tout de textes théoriques rigoureux et audacieux, qui transgressent les frontières disciplinaires, les cloisons culturelles, le vieil antagonisme entre pratique et théorie. Ainsi la première salve de parutions sera-t-elle constituée d'un texte culte du célèbre philosophe américain Fredric Jameson, La Totalité comme complot (avec une introduction de Nicolas Vieillescazes, l'un de ses meilleurs spécialistes français, et une postface de Emmanuel Burdeau), d'un texte de Wendy Brown sur la «rationalité» néolibérale et néoconservatrice, Les Habits neufs de la politique mondiale, (accompagné d'une préface de sa main à l'édition française et d'une introduction de Laurent Jeanpierre), d'un texte d'intervention percutant de Mike Davis sur Dubaï, Le Stade Dubaï du capitalisme (avec un texte de François Cusset, contrepoint théorique à celui de Davis), et d'un recueil de textes du célèbre théoricien littéraire Stanley Fish, Quand lire c'est faire (avec une postface inédite de Stanley Fish et une introduction de Yves Citton).

LE TEXTE COURT, UNE FORME ACTIVE Le choix de ce format repose d'abord sur le constat d'un manque : de nombreux textes courts - articles, livres, interventions - ayant marqué le champ théorique de ces trente dernières années n'ont jamais été traduits. Ces textes sont devenus, partout dans le monde, des références essentielles pour la recherche et le débat intellectuels, au centre d'engagements et d'affrontements qui influent de manière décisive sur les évolutions de la pensée. La brièveté de ces «interventions théoriques» est aussi le signe d'une époque de combat où les brèches les plus percutantes dans le discours dominant sont suscitées par des désirs, des déplacements, qui n'ont plus besoin de se réfugier derrière la caution de l'exhaustivité universitaire, mais sont cependant caractérisés par une forte exigence théorique.

UNE POLITIQUE DE TRADUCTIONS Le retard qu'avait pris l'édition française pour la traduction des grands courants internationaux en sciences humaines, pour des raisons à la fois culturelles (importation de romans plus que d'essais, apanage franco-français pour nombre d'éditeurs) et idéologiques, commence enfin d'être comblé - avec la parution de textes-clés de Judith Butler, Slavoj Zizek ou Paul Gilroy, connus depuis longtemps des lecteurs de langues allemande, espagnole ou italienne. Mais il reste beaucoup à faire, à la mesure de l'infinie richesse et de la vivacité actuelle du débat théorique mondial, dans l'université mais aussi au-delà. Pour cela, nous nous sommes attachés à travailler sur deux corpus de textes: d'un côté, des textes fondamentaux écrits au cours de ces trente dernières années et qui continuent d'animer actions et débats, engagements théoriques et pratiques; de l'autre, des textes écrits aujourd'hui qui tentent de bouleverser les frontières établies…

Actuellement, après les quatre premiers livres publiés en octobre 2007, et ceux publiés en début d'année, la collection Penser/Croiser des éditions Les Prairies ordinaires compte six livres.

Nous vous invitons à les découvrir sur l'espace éditeur des Prairies Ordinaires, au sein des Espaces de l'édition indépendante de Lekti-ecriture.com : cliquez ici.

samedi, avril 5 2008

Blogs littéraires

Il est rare, sur le bloc-notes de Lekti-ecriture.com, que nous signalions l'apparition de nouveaux blogs littéraires. L'exception arrive ce jour, où il est agréable de signaler la présence de deux blogs littéraires d'une très grande tenue, bien que très différents.

  • Radio Zonzon, tout d'abord. Ce blog se présente comme un blog satirique de l'édition. Pour l'instant, nous ne sommes pas à même de déterminer (nous aimerions pourtant le savoir, et nous espérons le découvrir prochainement) quel est l'homme ou la femme (ou le collectif ?) qui se cache derrière cette entité. Reste que ceux qui tiennent ce blog sont très au fait de l'actualité de livre, et il est difficile de croire qu'il ne s'agit pas de professionnels. L'actualité de la vie du livre en France est traitée sous un angle décalé, décapant, satirique, mordant, souvent juste et plein d'intelligence. Radiozonzon est au livre ce que Le Canard Enchaîné est au monde politique. Nous invitons les internautes à découvrir cet espace à l'adresse suivante : http://radiozonzon.blogspot.com/.
  • William Irigoyen, bien connu des lecteurs qui écoutent les informations d'Arte à 19h45 - un journal toujours d'une très grande qualité, et il faut en remercier l'ensemble de la rédaction -, puisqu'il les présente une semaine sur deux, vient d'ouvrir un blog littéraire sur Arte.info. William Irigoyen nous invite à découvrir certains livres, lus, commentés avec beaucoup d'attention et le désir de faire partager ses découvertes. Vous pouvez retrouver le blog littéraire de William Irigoyen à cette adresse : http://blogs.arte.tv/Le_poing_et_la_plume.

Nous souhaitons une longue route à ces deux espaces, qui nous permettent de suivre l'actualité littéraire.

mardi, mars 18 2008

Amazon condamné : en toute gratuité ?

L’appel pour le livre qu’a lancé Lekti le 1er février dernier est plus que jamais d’actualité ! Alors qu’Amazon a été condamné le 11 décembre dernier à cesser ses expéditions non tarifées au lecteur, et alors que le soutien de Thierry Wolton au site de vente en ligne fut unanimement condamné par toute la profession (voir à ce sujet les réactions d’Antoine Gallimard, de Christophe Dupuis, et d’un amusant nouveau blog appelé radiozonzon), l’action en justice intentée par le Syndicat de la Librairie Française connaît un nouveau rebondissement. La peine prononcée contre le site Internet a en effet été levée le 7 mars par la cour d’appel de Versailles, permettant de facto la poursuite de livraisons franco de port. Amazon est donc libre de poursuivre en toute légalité des activités pourtant reconnues illégales, et ce jusqu’au 9 octobre prochain, date à laquelle le jugement en appel sera examiné.

Alors que s’accumulent lentement des menaces sur la loi Lang dite du « prix unique du livre », cette décision ne peut que paraître inquiétante tant sur la forme que sur le fond. Elle se fonde en effet sur un vice de procédure qui en dit long : « L’exécution de la mesure d’interdiction de livraison gratuite des livres prononcée par les premiers juges apparaît impossible, seul le prestataire de service, la Sasu Amazon.fr, ayant été condamnée, à défaut pour le SLF d’avoir attrait à la procédure la société Amazon EU, seule propriétaire du site » (voir Livres Hebdo du 7 mars). Jamais, en matière de livre, justice ne ressembla autant à une mythologie : vaincre une hydre suppose, comme chacun sait, de s’attaquer à sa racine et non à l’une de ses têtes susceptibles de sans cesse repousser.

Nul doute qu’avec un tel jugement, Amazon pourrait reprendre à son compte l’emblème de la « pieuvre », surnom de la société Hachette à la fin du XIXe siècle, car la seule erreur qu’ait commise le SLF fut de viser une seule des tentacules du grand céphalopode. Ceci prouve, si besoin est, combien le rapport de forces est disproportionné. D’un côté, une société indiquant un chiffre d’affaires de 7 milliards de dollars et œuvrant sur 4 continents ; de l’autre une organisation dont la mission est de défendre l’intérêt des libraires nationaux et qui fit donc jusqu’au bout son devoir. Fatalité de la mondialisation ? Dans le livre, comme ailleurs, preuve est faite en tout cas que les structures permettant de se mesurer aux multinationales de la culture ne sont pas encore nées et restent à inventer.

La messe est loin d’être dite, mais tirons en les leçons.

lundi, mars 17 2008

Une pause

L'activité du bloc-notes Lekti-ecriture.com a été fortement ralentie au cours des dernières semaines, et certains s'en sont émus.

Nulle inquiétude en cela.

Simplement, la volonté d'achever le projet d'une vaste librairie générale associée à Lekti-ecriture.com, en partenariat avec de grandes librairies physiques. Et nous sommes heureux d'annoncer qu'après deux ans de travail, nous sommes enfin prêts. La librairie générale Lekti-ecriture.com ouvre ses portes dans moins d'un mois, au cours du mois d'avril prochain, comme annoncé sur les quelques 18 000 marque-pages distribués en ce moment même sur le Salon du Livre, sur l'ensemble des stands des régions — merci à tous les éditeurs associés à Lekti-ecriture.com qui se prêtent au jeu — pour diffuser cette information.

Nous invitons tous les éditeurs (et leurs distributeurs) qui souhaiteraient être référencés sur la librairie Lekti-ecriture.com de manière privilégiée à se rapprocher de nous, afin de faire parvenir le maximum d'éléments (argumentaires, couvertures, etc). Cette procédure est évidemment gratuite. Une seule adresse à retenir pour nous faire parvenir les éléments concernant la publication des livres : livres@lekti-ecriture.com.

Merci à tous.

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